Adolphe de Barrau

Adolphe Edouard de Barrau, né en 1803 et mort en 1884 à Carcenac-Salmiech dans l'Aveyron, est un médecin et naturaliste français.

Sommaire

Le médecin

Après avoir obtenu son doctorat de médecine à la faculté de Montpellier, il est chirurgien de la marine royale, et à ce titre il participe[1] à la conquête d'Alger en juin 1830. Par la suite, il entre au séminaire à Paris mais il n'y reste que quelques années.

Parallèlement à des travaux de botanique, Adolphe de Barrau poursuit son activité de médecin. Le docteur A. Dassier, professeur de matière médicale et de thérapeutique à l’école préparatoire de médecine et médecin de l’hôtel-Dieu de Toulouse, dans sa brochure intitulée « De la vertu fébrifuge du Variolaria Amara » rapporte ceci :

« (…). Action thérapeutique. – Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on a eu l’idée d’utiliser l’amertume de ce lichen pour combattre les fièvres intermittentes. En Allemagne, M. Cassebéer publia, il y a quelques années, une note sur ses propriétés fébrifuges ; M. le docteur de Barrau, qui ne connaissait pas probablement le travail du médecin d’outre-Rhin, eut l’idée lui aussi d’expérimenter la variolaire qu’il avait souvent trouvée dans ses promenades botaniques. Il s’est maintes fois convaincu qu’elle jouissait des propriétés toniques, fébrifuges, antipériodiques et anthelmentiques, et il a guéri radicalement plusieurs individus attaqués de fièvres intermittentes, ou de névralgies intermittentes et d’affections vermineuses. C’est donc à ce savant et modeste confrère que je fais remonter l’honneur de nous avoir donné un remède nouveau pour nous au moins, et qui peut rendre de si grands services. (…) »[2]

Le naturaliste

"(...), le docteur Adolphe de Barrau, herborisa non seulement dans l'Aveyron, mais successivement, de 1820 à 1845, aux environs de Paris, à Montpellier, à Toulouse, aux Baléares, en Algérie. Il faisait partie de la commission chargée d'explorer l'Algérie ; mais sa santé ayant été éprouvée par le climat de notre colonie, il dut rentrer en France en 1840. Les études géologiques et minéralogiques eurent dans la suite ses préférences. (...). Il fut membre de la société botanique de France dès l'année de sa fondation en 1854."[3]

La botanique

Il herborise[3] de 1820 à 1845 :

  • Aux environs de Paris, à Montpellier, à Toulouse, en Aveyron où passionné par l'étude des plantes - avec son frère Hippolyte de Barrau - ils rédigent ensemble un catalogue : "(...) . Ce catalogue, qui contenait environ 2 260 espèces, dont 500 cryptogames, fut communiqué à la société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron en 1856, sous ce titre : Catalogue des plantes observées dans le département de l'Aveyron jusqu'à ce jour par MM. de Barrau et autres botanistes. (...)"[3]
  • Il profite de ses années de voyage pour étudier les plantes le long des côtes de l'Afrique du Nord et aux Baléares

L'exploration de l'Algérie

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En 1839 et 1840, il est membre[4] en tant que botaniste de la Commission d'exploration scientifique d'Algérie présidée par le colonel Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846) et l'une des héritières de la célèbre Commission d'Égypte. Il travaille notamment avec Messieurs Baccuet, Aimé, Berbrugger, Guichenot, Deshayes, Ravergié, Vaillant et le commandant Pellissier dans le centre de la province de Constantine.

Sa correspondance

À son retour en France, il entretiendra une correspondance suivie avec des savants de son temps. Voici à cet égard une lettre de l'un de ses fils : « (…) ma sœur me remet un très gros stock de lettres reçues par mon père de plusieurs botanistes, minéralogistes, naturalistes, avec lesquels il fut en correspondance suivie pendant plus d'un quart de siècle. Je passe mes journées à lire ces lettres. Mon intérêt se porte spécialement sur celles des savants tels que Marcel de Serres (v. 1780-1862), Dunal (1789-1856), Moquin-Tandon (1801-1863), Girou de Buzareingues (1773-1856), le colonel Bories Saint-Vincent. Celui-ci était président de la Commission scientifique exploratrice de l'Algérie, dont mon père fit partie en 1839 et 1840. Monsieur Moquin-Tandon, membre de l'Institut (mort subitement à Paris en avril 1863), conserva des relations très amicales avec mon père pendant toute sa vie. Il avait beaucoup de science et pas mal d'esprit. (…) »[1].

Écrits

  • Essai sur le scorbut (Thèse d'État)

Membre de sociétés savantes

Autres fonctions

Anecdote

Alors étudiant à la Faculté de médecine de Montpellier, il lui est demandé un jour de donner des soins à une personne qui se présente. Une fois ses soins terminés on lui dit que cette personne n'est autre que François Guizot (1774-1887).

Notes

  1. a et b Fernand de Barrau, Notes, tome 15, page 89, et tome 12, page 21, S.L.S.A.A.
  2. Page 9, De la vertu fébrifuge du Variolaria Amara, docteur Dassier.
  3. a, b et c Emile Vigarié, Les frères de Barrau (dans Esquisse générale du département de l'Aveyron, page 236, géographie physique, second fascicule).
  4. Monique Dondin-Payre, La Commission d'exploration scientifique d'Algérie, pages 42, 43 et 81. Archives historiques du Rouergue, 27, pages 52 et 55.

Bibliographie

  • Monique Dondin-Payre, La Commission d'exploration scientifique d'Algérie : une héritière méconnue de la Commission d'Égypte. Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Nouvelle série : 14 : 142 p.
  • Centre des archives d'Outre-mer, à Aix-en-Provence
  • Emile Vigarié, Les frères de Barrau (dans Esquisse générale du département de l'Aveyron)
  • Brochure imprimée du docteur A. Dassier sur la Vertu fébrifuge du Variolaria Amara
  • Archives historiques du Rouergue, 27

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