100 m

100 mètres (athlétisme)

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Mens 100m finals British Champs and Olympic Trials.jpg
Départ d'un 100 mètres
Catégorie Sprint
Apparition aux JO 1896 (hommes) ; 1928 (femmes)
Records du monde
Hommes
9 s 58
Usain Bolt
16 août 2009, Berlin
Femmes
10 s 49
Florence Griffith-Joyner
16 juillet 1988, Indianapolis
Champions en titre
Jeux olympiques
Hommes
Usain Bolt
Femmes
Shelly-Ann Fraser
Championnats du monde
Hommes
Usain Bolt
Femmes
Shelly-Ann Fraser

Le 100 mètres est une épreuve d'athlétisme consistant à parcourir, en ligne droite, un sprint. Il est couru au haut niveau en moins de 10 secondes pour les hommes et 11 secondes pour les femmes. Historiquement, la course de vitesse est l'une des plus anciennes de l'athlétisme puisque on en retrouve la trace plusieurs siècles avant l'organisation des premiers Jeux olympiques antiques. Considérée comme l'épreuve reine de ce sport, le 100 mètres a supplanté le marathon en tant que discipline la plus prestigieuse des compétitions d’athlétisme, du fait du nombre accru de concurrents et de l'intérêt qu'elle suscite auprès des spectateurs. Des sprinteurs de renom, pour la plupart américains, ont marqué l'histoire de la discipline : Thomas Burke, premier vainqueur d'une finale olympique en 1896, à Jesse Owens dans les années 1930, ou Bob Hayes à la carrière fulgurante, en passant par Jim Hines, premier homme à descendre sous les 10 secondes. Plus récemment, Carl Lewis a assis sa domination durant les années 1980, Donovan Bailey et Maurice Greene dans les années 1990. Aujourd'hui, Usain Bolt, succédant à son compatriote Asafa Powell, règne en maître sur la discipline, et détient le record du monde en 9,58 secondes. Chez les femmes, Florence Griffith-Joyner est l'actuelle détentrice du record mondial avec un temps de 10,49 secondes.

Sommaire

Historique

Hommes

XIXe siècle : les précurseurs

Course de 100 yards au Detroit Athletic Club en 1888. Les couloirs sont délimités par des cordes.

Les premières courses sont recensées dans les universités du Royaume-Uni dans le milieu du XIXe siècle. Les mesures de performances correspondent alors à la généralisation du chronométrage. Le premier enregistrement date de mars 1864 lorsque B.S. Darbyshire, étudiant à Oxford réalise 10,5 secondes sur 100 yards. Quatre ans plus tard, à Cambridge, le champion de cricket Charles Absalom est crédité de 10 secondes tout juste (soit environ 10,9 s au 100 mètres). Parallèlement à l'émulation naissante du sprint en Grande-Bretagne, les premières compétitions se déroulent aux États-Unis. William B. Curtis est considéré comme le pionnier du sprint chronométré, même si sa performance supposée de 9 secondes au 100 yards n'est jamais prise au sérieux, en raison notamment de l'inexactitude de la distance, et d'un départ anticipé (le coup de feu du starter n'existant pas encore à l'époque)[1]. En 1887, lors d'une compétition universitaire, un général américain du nom de Charles Sherill innove dans la discipline en creusant légèrement la piste derrière la ligne de départ dans le but d’obtenir une meilleure impulsion au démarrage après un départ en position accroupie[2]. Cette innovation, appelée alors le « crouch start » est à l’origine de l’invention du starting blocks. Avec son temps de 9,8 secondes sur 100 yards, l'américain John Owen remporte en 1890 le Championnat des États-Unis[3]. Ce record reste invaincu durant plusieurs années.

En cette fin de siècle, l'athlétisme est partagé entre compétitions amateurs et professionnelles de chaque côté de l'Atlantique. En Grande-Bretagne, Harry Hutchens, un ancien livreur, concourt dans des défis rémunérés et donnant lieu à des paris[4]. Les courses de 100 yards sont alors disputées sur des pistes en herbe au sein d'hippodromes. En 1891, le premier chronomètre sur la distance métrique est réalisé à Paris par l'Américain Luther Cary en 10,75 secondes. D'autres athlètes s'illustrent par ailleurs, notamment le Britannique Charles Bradley (quatre fois champion d'Angleterre de 1892 à 1895), ou l'Américain Bernie Wefers qui ne dispose d'aucun rival dans son pays durant trois années[5]. Sa modeste université de Georgetown n'a cependant pas les moyens de financer le voyage de ses athlètes pour se rendre aux Jeux olympiques d'Athènes en 1896. L'épreuve est remportée par son compatriote Thomas Burke dans le modeste temps de 12 secondes, sur une piste sablonneuse en mauvais état[6].

1900-1945 : la fin du professionnalisme

Jesse Owens remporte la finale du 100 mètres des Jeux olympiques de 1936 à Berlin

À Paris, lors des Jeux olympiques de 1900, Frank Jarvis remporte le titre du 100 mètres, devançant son compatriote américain Arthur Duffy, titulaire pourtant à l'époque des meilleures performances chronométriques sur le sprint. Quelques années plus tard, ce dernier est destitué par la Fédération internationale pour cause de professionnalisme[7]. Archie Hahn décroche le titre olympique en 1904[8] avant qu'un Sud-africain ne vienne stopper la domination américaine. En 10,8 secondes, Reginald Walker s'impose en finale des Jeux olympiques de Londres de 1908[9]. Quatre ans plus tard, le premier record du monde officiellement reconnu par l’IAAF est détenu par Donald Lippincott en 10,6 secondes. Ce dernier est cependant battu par Ralph Craig lors des Jeux de Stockholm. En cette même période, le monde de l'athlétisme assiste à l'avènement de Howard Drew, premier sprinteur noir de classe mondiale[10], puis de Charlie Paddock, coureur petit et musculeux, qui décroche la médaille d'or du 100 mètres aux Jeux olympiques d'Anvers en 1920. Il s'adjuge par ailleurs les records du monde du 100 yards et du 100 mètres. Entre 1924 et 1935, des athlètes non-américains parviennent à contester la suprématie des États-Unis dans le sprint, à l'image du Britannique Harold Abrahams, vainqueur des Jeux de Paris[11], et de Percy Williams de ceux d'Amsterdam en 1928. Les premiers starting-blocks sont mis au point à cette époque et seront officialisés dès 1937[12]. Leurs inventeurs prétendent alors que leur utilisation permet de faire gagner 34 centièmes de secondes à un athlète lors du départ. À partir 1929, l'athlète noir-américain Eddie Tolan redore le blason du sprint des États-unis. Il remporte la finale des Jeux de Los Angeles en 1932[13], mais se voit concurrencé rapidement par son compatriote Ralph Metcalfe qui devance Tolan aux Championnats universitaires américains. En 1935, Jesse Owens, un autre noir-américain, parvient à mettre fin à la domination sans partage de Metcalfe. Lors d'un meeting à Ann Harbor, dans le Michigan, Owens améliore ou égale six records du monde. Parmi ceux-ci, celui du 100 yards en 9,4 secondes. Quelques mois plus tard, lors des Championnats nationaux, il établit un nouveau record du monde du 100 mètres en 10,2 secondes. Au sommet de son art, il remporte la finale des Jeux de Berlin (10,3 secondes)[14]. Face aux performances des coureurs noirs, Adolf Hitler voit une preuve d'une différence raciale, en l'occurrence une supériorité des Noirs pour ce qui est de la course à pied[15].

À partir de 1938, année de la retraite d'Owens et de Metcalfe, une nouvelle règlementation impose une limite de vent inférieure à 2 mètres par seconde pour qu'une performance soit officiellement validée. L'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale marque le ralentissement des compétitions d’athlétisme, notamment en Europe. Seuls les États-Unis parviennent à faire éclore de nouveau talents. On peut citer notamment Clyde Jeffrey (10,2 secondes au 100m en 1940), ou Harold Davis qui domine les épreuves de sprint durant la guerre.

1946-1967 : l'émulation américaine

En 1948, le trentenaire Barney Ewell se rapproche inexorablement des performances de Jesse Owens en égalant son record du monde lors des sélections américaines pour les Jeux olympiques de 1948[16]. À Londres, il est battu par son compatriote Harrison Dillard, spécialiste des haies, dans une course très relevée. Le début des années 1950, période de transition dans le sprint court, est marqué par l'émergence de nombreux athlètes universitaires américains, à l'instar de Lindy Remigino, champion olympique surprise à Helsinki en 1952, en l’absence de quelques uns des meilleurs sprinters du moment[17]. Deux ans plus tard, le champion d'Europe Ouest-allemand Heinz Fütterer égale à son tour le record du monde (10,2 secondes). L'année précédant les Jeux olympiques de 1956 correspond au début de la domination mondiale de Bobby Morrow qui s'exerce jusqu'en 1958. Morrow remporte la médaille d'or des Jeux de Melbourne[18]. Surnommé la « La flèche blonde du Texas », il égale le record du monde à trois reprises. Dès l'âge de vingt ans, il courait déjà le 100 yards en 9,1 secondes. Le 3 août 1956, l'Américain Willie Williams améliore à son tour le record du monde du 100 mètres en réalisant 10,1 secondes lors des championnats militaires mondiaux de Berlin. Bobby Morrow remporte la finale olympique de Melbourne en 10,5 secondes. En Europe, l'Allemand de l'Ouest Armin Hary, champion d'Europe en 1958, établit un nouveau record mondial en 1960 dans le temps de 10 secondes. Un mois plus tard, le Canadien Harry Jerome réédite cette performance. Malgré un faux départ lors de la finale, Hary devient champion olympique des Jeux de Rome[19], devançant un de ses plus féroces adversaires du moment, l'Américain David Sime dans une des courses les plus serrées de l'histoire. Les Américains n’avaient plus été battus sur la distance depuis les Jeux de 1928. À partir de 1961, l'Américain Bob Hayes, issu du circuit universitaire, règne en maître dans les épreuves du 100 yards et du 100 mètres. Flirtant souvent avec le record du monde d'Hary, Hayes assoit sa domination de 1962 à 1964 en restant invaincu pendant vingt-huit mois, et en remportant cinquante-quatre victoires consécutives. Il devient le premier athlète à descendre officieusement sous les 10 secondes au 100 m en 9,9 secondes (temps manuel)[20]. La finale des Jeux de Tokyo de 1964 est la dernière course de Hayes avant sa reconversion dans le Football américain. Après avoir réalisé 9,91 secondes en demi-finale (record du monde non homologué pour cause de vent trop favorable), il s'impose avec près de deux mètres d'avance sur tous ses concurrents en améliorant le record du monde de 19 centièmes (10,06 secondes dans des conditions règlementaires).

1968-1980 : la barrière des 10 secondes

Premiers franchissements par 1/10e de seconde
Barrière Athlète Date Temps
10 s 7 Don Lippincott 06/07/1912 10 s 6
10 s 5 Charles Paddock 23/04/1921 10 s 4
10 s 4 Percy Williams 09/08/1930 10 s 3
10 s 3 Jesse Owens 20/06/1936 10 s 2
10 s 2 Willie Williams 03/08/1956 10 s 1
10 s 1 Armin Hary 21/06/1960 10 s 0
10 s 0 Jim Hines 20/06/1968 9 s 95
9 s 9 Carl Lewis 25/08/1991 9 s 86
9 s 8 Maurice Greene 16/06/1999 9 s 78
9 s 7 Usain Bolt 16/08/2008 9 s 69
9 s 6 Usain Bolt 16/08/2009 9 s 58

La période précédant les Jeux olympiques de 1968 est marquée par une forte concurrence dans le 100 mètres, à l'image du Jamaïcain Lennox Miller, du Français Roger Bambuck ou des Américains Jim Hines et Charles Greene. Le 20 juin 1968, lors des Championnats des États-unis de Sacramento, Hines devient le premier homme à parcourir 100 mètres en moins de dix secondes (9,9 secondes)[21]. Lors des séries, Greene et Bambuck égalaient tour à tour, sur une piste ultra-rapide, le record du monde en 10 secondes, alors que Hines réalisait 9,8 secondes en demi-finale (record non homologué en raison du vent trop favorable)[22]. Cette soirée d'athlétisme aux multiples records fut surnommée par les spécialistes « The Night of Speed » (La nuit de la vitesse). Jim Hines confirme son statut de favori quelques semaines plus tard en remportant la finale des Jeux de Mexico. Il établit alors un nouveau record mondial en 9,95 secondes (temps électrique)[23]. Cet exploit est réalisé dans des conditions idéales : une piste en matière synthétique, un temps chaud et sec, une altitude supérieure à 2 000 mètres et un vent favorable de 1,6 m/s. Pour la première fois de l'histoire, aucun blanc ne figure au départ de la finale. Comme Bob Hayes en 1964, Jim Hines abandonne sa carrière d'athlète au lendemain des Jeux pour passer footballeur professionnel.

Après l'arrêt de plusieurs ténors du sprint, John Carlos fait figure de rescapé dans le camp américain. Il égale en 1969 le record du monde du 100 yards en 9,1 secondes. Le renouveau du 100 mètres vient alors d'Union soviétique lorsque Valeriy Borzov, champion d'Europe en 1969, réalise plusieurs courses en 10 secondes. Dominant tous ses adversaires européens au début des années 1970[24], il remporte la finale olympique des Jeux de Munich en 1972 en devançant de plus d'un mètre Robert Taylor et Lennox Miller. De nouveaux grands sprinteurs apparaissent après les Jeux de Moscou, notamment les Américains Steve Williams et Harvey Glance, le Jamaïcain Don Quarrie ou le Trinidadien Hasely Crawford. Lors des Jeux olympiques de Montréal, Borzov ne termine que troisième de la finale, derrière Crawford et Quarrie[25]. Pour la première fois depuis 1928, aucun américain ne figure sur le podium d'un 100 mètres olympique. Le 1er janvier 1977, l’IAAF abandonne le chronométrage manuel, les performances ne peuvant désormais être validées qu'à l’aide d'un chronomètre électronique.

La fin des années 1970 est marquée par les duels livrés en Europe par Valeriy Borzov avec l'Écossais Allan Wells et l'Italien Pietro Mennea. Ce dernier réalise en altitude 10,01 secondes sur 100 m, peu avant son record du monde du 200 mètres. Aux Jeux olympiques de Moscou, en l'absence des américains pour cause de boycott, Wells devient à 28 ans le médaillé d'or sur 100 mètres le plus âgé[26]. En 10,25 secondes, il réalise le même temps que son dauphin, le Cubain Silvio Leonard.

1981-1991 : le règne de Carl Lewis

Carl Lewis en 2009.

Le début des années 1980 marque l'arrivée d'une nouvelle race d'athlètes se consacrant entièrement à leur carrière sportive professionnelle. L'américain Carl Lewis en est l'une des incarnations.

En 1981, Carl Lewis n'est âgé que de 19 ans lorsqu'il réalise 10 secondes au 100 mètres. Après de multiples titres universitaires, il passe professionnel en 1983, année des premiers Championnats du monde. À Helsinki, Lewis remporte son premier titre mondial et possède un record personnel proche du vieux temps de Jim Hines[27]. L'année suivante, aux Jeux de Los Angeles, il remporte la finale olympique du 100m en 9,99 secondes, devançant ses plus dangereux adversaires du moment, l'Américain Sam Graddy et le Canadien Ben Johnson[28]. Surmédiatisé, et bénéficiant de confortables revenus publicitaires[29], Lewis surclasse ses adversaire durant trois ans. Seul Ben Johnson parvient à contester la suprématie de « King Carl » à partir du milieu des années 1980. Le musculeux canadien l'emporte au meeting de Zurich 1985, et par deux autres fois en 1986. Il réalise cette année-là le temps de 9,95 secondes. Aux Mondiaux de Rome en 1987, le duel Lewis-Johnson est l'un des plus attendu. Ben Johnson remporte la médaille d'or en battant le record du monde de près d'un dixième de secondes (9,83 secondes contre 9,92 pour Lewis)[30]. Les deux hommes se retrouvent l'année suivante aux Jeux olympiques de Séoul. Lewis, qui a égalé le record de Johnson durant l'année 1988, se voit néanmoins devancé une nouvelle fois par ce dernier qui réalise une nouvelle marque mondiale en 9,79 secondes, nouveau record mondial. Pour cause de dopage, la performance de Ben Johnson est annulée et ses titres mondiaux et olympiques lui sont retirés[31]. En conséquence, Carl Lewis devient le nouveau détenteur du record du monde du 100 mètres en 9,92 secondes et récupère les titres de Johnson.

Après avoir levé le pied en 1989, Lewis observe dès le début des années 1990 l'éclosion de nouveaux talents. Parmi eux, figure son compatriote Leroy Burrell, numéro un mondial en 1990 et ayant couru à cinq reprises sous les dix secondes[32]. D'autres athlètes s'avèrent également de sérieux concurrents du Roi Carl, notamment les Américains Dennis Mitchell, Mike Marsh et Andre Cason, le Britannique Linford Christie, le Canadien Bruny Surin ou le Namibien Frankie Fredericks. Aux Championnats du monde de Tokyo en 1991, Lewis parvient néanmoins à remporter son troisième titre mondial consécutif, en établissant en 9,86 secondes, nouveau record mondial. Burrell et Mitchell complètent le podium d'une des courses les plus rapides de l’histoire. Les six premiers de l'épreuve courent en moins de 9,96 secondes, fait toujours inégalé.

1992-2004 : le renouveau

Maurice Greene lors des Jeux olympiques de Sydney

En 1992, lors des Jeux olympiques de Barcelone, le recordman d'Europe Linford Christie devient, à 32 ans, le plus âgé des vainqueurs olympiques du 100 m[33]. Il devance, avec le temps de 9,96 secondes, Fredericks et Surin, et succède au palmarès à ses compatriotes Harold Abrahams et Alan Wells. Il confirme l'année suivante en s'adjugeant le titre des Championnats du monde de Stuttgart, devançant Andre Cason, Dennis Mitchell et Carl Lewis, quatrième seulement. Christie égale le record d'Europe en 9,87 secondes. En cette année 1993, le Britannique réussit l'exploit de remporter treize courses dans la saison. Leroy Burell revient en forme dès les premiers mois de 1994. Au meeting de Lausanne, il établit un nouveau record du monde de l'hectomètre en 9,85 secondes[34]. Quelques semaines plus tard, Lindford Christie remporte son troisième titre de champion d'Europe à Helsinki.

Le milieu des années 1990 coïncide avec le déclin momentané des sprinteurs des États-Unis, contrasté par l'ascension des athlètes canadiens[35]. Donovan Bailey remporte la finale des Championnats du monde de Göteborg en devançant son compatriote Bruny Surin et le jeune espoir trinidadien Ato Boldon[36]. En 1996, Frankie Fredericks réalise 9 s 86 à Lausanne, mais la finale du 100 mètres des Jeux olympiques d'Atlanta est remportée par Bailey en 9,84 secondes, nouveau record du monde de la distance. Au tournant du siècle, c'est l'Américain Maurice Greene qui obtient les meilleures performances avec trois titres de champion du monde à Athènes en 1997 (9,86 s), à Séville en 1999 (9,80 s) et à Edmonton en 2001 (9,82 s), et une médaille d'or lors des Jeux de Sydney en 2000 (9,87 s)[37]. Il s'agit du premier titre olympique obtenu par un Américain sur 100 m depuis douze ans. Greene établit enfin un nouveau record du monde, au meeting d'Athènes en juin 1999, en 9,79 secondes. En 2002, Tim Montgomery s'empare du record mondial, à Paris (Stade Charléty), en 9,78 secondes. Derrière lui, le Britannique Dwain Chambers égale le record d'Europe de Lindford Christie. Montgomery est très vite rattrapé par des affaires de dopage liées au laboratoire Balco[38]. Son record du monde est effacé des tablettes en 2005 par l'IAAF[39]. Lors des Championnats du monde 2003, la surprise vient de Kim Collins, ressortissant de l'île de Saint-Christophe-et-Niévès, qui s'impose en 10,07 secondes, dans une finale ouverte (Greene, Boldon et Jon Drummond en furent écartés dans les tours précédents). En 2004, l'Américain Justin Gatlin devance, en 9,85 secondes, Francis Obikwelu et Maurice Greene en finale des Jeux olympiques d'Athènes.

Depuis 2005 : les Jamaïcains au pouvoir

Usain Bolt, vainqueur des Jeux olympiques de 2008 et actuel détenteur du record du monde

Révélé l'année précédente, le Jamaïcain Asafa Powell réalise en début d'année 2005 plusieurs temps autour de 9,85 secondes. Le 14 juin, au meeting d'Athènes, il court en 9,77 secondes, battant du même coup le record du monde de Maurice Greene réalisé six ans auparavant[40]. Blessé quelques semaines avant la compétition, Powell ne fait pas le déplacement aux Championnats du monde d'Helsinki. La médaille d'or revient à Justin Gatlin, vainqueur en 9,88 secondes, avec 17 centièmes d'avance sur son dauphin Michael Frater[41]. En 2006, Gatlin égale le record mondial de Powell au meeting de Doha. Powell reprend la main par deux fois en réalisant à nouveau 9,77 secondes à Gateshead et à Zurich. En août 2006, Gatlin se fait rattraper par une affaire de dopage et est dépossédé de son record du monde[42]. Il est suspendu de compétitions sportives pour huit années. Débarrassé d'un très sérieux adversaire, Powell ne prend cependant que la troisième place des Mondiaux d'Osaka 2007 qui couronnent l'Américain Tyson Gay (9,85 secondes)[43]. Quelques jours plus tard, au meeting de Rieti, Asafa Powell bat son propre record du monde en 9,74 secondes[44].

Au début de la saison 2008, le Jamaïcain Usain Bolt réalise 9,76 secondes sur son sol. Lors du meeting de New York, et pour la cinquième course de sa carrière sur 100 mètres, il établit un nouveau record du monde en 9,72 secondes (vent +1,7 m/s), améliorant de deux centièmes le temps de son compatriote Asafa Powell[45]. Ce dernier réalise en juillet 2008 une série de courses remarquables (9,88 secondes à Stockholm, 9,84 secondes à Londres, puis 9,82 secondes à Monaco). Le duel entre les deux Jamaïcains est l'un des plus attendus des Jeux olympiques de Pékin. En finale, le 16 aout 2008, Usain Bolt écrase la course en réalisant un nouveau record du monde en 9,69 secondes[46]. Il se permet même de couper son effort à une vingtaine de mètres de l'arrivée[47]. Son entraîneur estime qu'il aurait pu courir ce jour là en 9,54 secondes. Richard Thomson et Walter Dix complètent le podium, alors qu'Asafa Powell ne prend que la cinquième place, en dépit d'un excellent temps de 9,95 secondes. Après les Jeux, les deux hommes se livrent un duel à distance. Powell s'impose à Lausanne en 9,72 secondes, Bolt remporte le meeting de Bruxelles en 9,77 secondes. Durant les mondiaux à Berlin, Bolt remporte la finale avec un nouveau record du monde ahurissant[48] : 9,58 secondes le 16 août 2009, un an jour pour jour après sa course de Pékin. En pulvérisant son précédent record, Bolt devient le premier homme à descendre sous les 9,60 secondes.

Femmes

1928-1947 : la reconnaissance féminine, les pionnières

Course de 100 yards féminin disputée dans les pays anglo-saxons dans les années 1930

Côté féminin, des réunions sportives soutenues par des organisations féministes sont disputées pour la première fois en Europe durant la Première Guerre Mondiale. Le CIO étant hostile à l'arrivée des femmes aux Jeux olympiques, des Jeux mondiaux féminins sont disputés dès 1921. La Britannique Mary Lines remporte le 100 yards en 1922. Des Jeux olympiques féminins, non reconnus par les instances sportives internationales, incluent également l'épreuve du 100 yards au programme. Les athlètes féminines sont autorisées à concourir pour la première fois aux Jeux olympiques en 1928. Le 100 mètres figure parmi les cinq épreuves sélectionnées par l'IAAF et le CIO. À Amsterdam, la médaille d'or est remportée par l'Américaine Betty Robinson en 12,2 secondes. Les Jeux Mondiaux féminins, nouvelle compétition officieuse, se déroulent en 1930 à Prague. Les spectateurs assistent sur le sprint aux triomphes de Stanislawa Walasiewicz, athlète polonaise connue aux États-Unis sous le nom de Stella Walsh[49]. Championne olympique aux Jeux de 1932 en 11,9 secondes, puis battue par sa compatriote Helen Stephens quatre ans plus tard à Berlin, elle réalise 11,6 secondes en 1937. Durant cette période, en l'absence de contrôles médicaux de féminité, des questions se posent à la vue de la musculature de certaines femmes présentes sur les stades d'athlétisme, y compris Stephens et Walasiewicz.

1948-1969 : les premières vedettes

La sprinteuse australienne Marjorie Jackson

La Néerlandaise Fanny Blankers-Koen ne suscite aucun doute sur sa réelle féminité, puisque mère de deux enfants. Elle domine les compétitions durant la Seconde Guerre Mondiale et remporte la médaille d'or du 100 mètres des Jeux olympiques de Londres en 1948 à l'âge de trente ans, et établit un nouveau record du monde en 11,5 secondes. Durant sa période d'activité longue de vingt années, Blankers-Koen remporte sur la distance du 100 m treize titre nationaux, un titre européen et un titre olympique. Surnommée « La Hollandaise volante », elle devient la première légende féminine de l'athlétisme. En 1952, l'Australienne Marjorie Jackson prend la relève de Blankers-Koen en devenant championne olympique des Jeux d'Helsinki. Elle s'impose également lors des Jeux du Commonwealth 1950 et 1954. Quatre ans, plus tard, sa compatriote Betty Cuthbert remporte sur son sol, à Melbourne, le titre olympique féminin sur la distance reine. Le début des années 1960 est marqué par l'avènement de Wilma Rudolph, jeune sprinteuse noire-américaine arrivée dans l'athlétisme afin de guérir une terrible maladie infantile. À vingt ans, Rudolph se rapproche de la barrière des 11 secondes (11,2 secondes en 1961). Elle devient championne olympique à Rome en 1960 en 11 secondes, temps non homologué pour cause de vent trop favorable. Sa compatriote Wyomia Tyus lui succède en 1964 et en 1968, devenant à l'occasion la première femme à remporter le titre olympique deux fois consécutivement. Tyus a amélioré dans sa carrière le record du monde du 100 mètres à quatre reprises. La Polonaise Irena Szewińska, spécialiste du 200 mètres, remporte des victoires significatives dans la distance inférieure. Autre sprinteuse notoire, la Taïwanaise Chi Cheng reste invaincue pendant dix-huit mois sur 100 mètres et sur 100 yards.

1970-1987 : l'hégémonie allemande

L'Est-allemande Marlies Göhr

Au début des années 1970, les athlètes Est-allemandes commencent leur domination dans les courtes distances. Renate Stecher remporte la finale des Jeux olympiques de Munich et les Championnats d'Europe d'Helsinki. Elle fait par ailleurs évoluer le record du monde en 11,07 secondes en 1972, mais est néanmoins battue par Szewińska, de retour dans l'épreuve du 100 m, lors des Championnats d'Europe de Rome en 1974. L'Allemagne reprend la main au milieu des années 1970, grâce notamment à Inge Helten et Annegret Richter, championne olympique à Montréal et détentrice du record du monde en 11,01 secondes. En 1977, l'Est-allemande Marlies Göhr révolutionne la discipline en réalisant à Dresde, le temps de 10,88 secondes, soit treize centièmes de mieux que le précédent record du monde de Richter. En 1980, la Soviétique Lyudmila Kondratyeva remporte la finale du 100 mètres des Jeux de Moscou.

Les années 1980 sont marquées par la domination sur le 100 mètres des athlètes venues des deux Allemagne. Première femme au dessous des 11 secondes, Marlies Göhr, née Oelsner, remporte durant sa carrière un titre mondial (Helsinki en 1983), une médaille d'argent aux Jeux olympiques (Moscou en 1980), trois titre continentaux (1978, 1982 et 1986) et deux victoires de Coupe du monde (1977 et 1985). En 1983, elle porte le record du monde à 10,81 secondes. En l'absence des pays du bloc de l'Est aux Jeux de Los Angeles en 1984 pour cause de boycott, la victoire revient à l'Américaine Evelyn Ashford, future détentrice du record du monde en 10,76 secondes. Elle devance en finale la Jamaïcaine Merlene Ottey. Lors des Mondiaux 1987 à Rome, les Est-allemandes Silke Gladisch et Heike Drechsler réalisent le doublé.

1988-2004 : l'ombre du dopage

L'actuelle détentrice du record du monde féminin, l'Américaine Florence Griffith-Joyner

Durant l'année 1988, Florence Griffith-Joyner bouleverse le monde de l'athlétisme féminin en établissant un nouveau record du monde de la discipline. Lors des sélections olympiques d'Indianapolis le 16 juillet 1988, Griffith-Joyner réalise sans aide du vent le temps de 10,49 secondes, améliorant pour l'occasion le record d'Ashford de 27 centièmes de secondes. Avant cet exploit, l'Américaine n'était descendue sous la barre des 11 secondes qu'à trois reprises seulement. « Flo-Jo » confirme son statut de favorite lors des Jeux olympiques de Séoul où elle remporte la médaille d'or avec près de trois mètres d'avance sur ses principales concurrentes. Sa fin de carrière prématurée en 1989, sa transformation physique, ses performances hors normes et son décès en 1998 continuent d'alimenter les rumeurs de dopage à son encontre. Les années qui suivent consacrent Katrin Krabbe, championne d'Europe en 1990 et championne du monde en 1991. La même année, elle est contrôlée positive lors d'un test antidopage et est suspendue quatre ans par l'IAAF.

Depuis 2005

À l'instar des athlètes masculins, le sprint féminin est dominé en 2008 par la Jamaïque. Lors des Jeux olympiques de Pékin, le podium du 100 mètres est constitué à 100% d'athlètes Jamaïcaines : Shelly-Ann Fraser devient championne olympique avec un temps de 10,78 secondes, devançant ses compatriotes Sherone Simpson et Kerron Stewart, deuxièmes ex-aequo. Ce triplé olympique est une première dans l'histoire du 100 mètres féminin.

Spécificités

Déroulement de la course

Afin de parcourir la distance le plus rapidement possible, le sprinteur doit réaliser au mieux les différentes étapes d'une course, à savoir la réaction à la phase de démarrage, la phase d'accélération et la phase de maintien de vitesse [50]. Le nombre de foulées développées est, en moyenne, de 43 à 46 chez les hommes, et de 47 à 52 chez les femmes.

Départ

Placement des athlètes avant le départ

Avant le départ, l'athlète prend position en posant ses pieds dans les starting blocks qu'il a préalablement réglés en fonction de la longueur de ses jambes. La position de l'athlète consiste, à ce moment, à poser un genou à terre, ses deux jambes étant pliées ; ses mains sont posées à terre, en arrière de la ligne blanche. Au premier commandement du starter (« à vos marques »), les compétiteurs prennent leur position de départ. Lorsqu'ils ne bougent plus, le starter les avertit du départ imminent (« prêts ? ») ; les athlètes se mettent alors en position de déséquilibre, le poids du corps basculant sur les bras. Le genou de la jambe avant forme un angle d'environ 90 degrés. Enfin, le starter donne le signal de départ en tirant un coup de feu en l'air.

Un faux départ est réalisé lorsque le coureur part moins de 100 millièmes après le coup de feu (durée qui correspond au temps minimal que met un signal nerveux pour aller des oreilles aux jambes en passant par le cerveau). Avant 2003, un faux départ par athlète était autorisé. Depuis cette date, c'est un seul faux départ par course qui est toléré. Au deuxième faux départ, peu importe qui le commet, l'athlète est éliminé. Cette règle, assez contestée dans le monde de l'athlétisme, prendra fin à partir de 2010, aucun faux départ ne sera alors toléré.

Mise en action

Après le jaillissement des « blocks », le sprinteur doit allonger progressivement ses foulées. Par ailleurs, il se redresse peu à peu afin d'atteindre sa vitesse maximale. Il trouve sa position définitive entre la 5e et la 8e foulée. Une fois à pleine vitesse, il enchaîne environ cinq foulées par seconde. Chaque foulée, qui dépend du gabarit du sprinter, peut mesurer jusqu'à 2,40 m. La foulée se décompose en deux phases. Une phase d'appui au sol, qui comprend l'amortissement, le soutien et l'impulsion, et une phase de suspension permettant au coureur de maintenir son équilibre et préparer l'action au sol suivante.

Maintien de vitesse et l'arrivée

Beaucoup de coureurs naturellement rapides sur 50 ou 60 m sont dépassés ensuite, car la vitesse décroît souvent au-delà de six secondes ; seuls la technique et l'entraînement peuvent limiter voire supprimer cette déperdition. Le 100 mètres idéal consisterait donc à constamment augmenter sa vitesse. L'athlète doit résister au seuil de fatigue apparaissant dans les vingt derniers mètres, et réussir à maîtriser son énergie afin de conserver assez de puissance pour maintenir sa vitesse maximale tout en possédant une capacité d'accélération finale avant la ligne d'arrivée.

Influences extérieures

Conditions climatiques

Sur 100 mètres, les performances des athlètes sont fortement dépendantes du vent, un record ne pouvant être homologué par vent favorable que si celui-ci a une vitesse inférieure à 2 m/s.

De la même façon, une course en altitude est facilitée par la plus faible densité de l'air. Il n'y a cependant pas de restriction sur l'altitude en ce qui concerne l'homologation des records. L'IAAF estime[51] à propos du record de Jim Hines, que courir à Mexico (2240 m d'altitude) lui a fourni une aide équivalente à un vent favorable additionnel de 1,5 m/s.

Piste et matériel

Performances

Record du monde

Le record du monde du 100 mètres masculin est reconnu par l'IAAF depuis 1912. Il connaît sa plus forte progression lors de la période allant des années 1910 aux années 1960, où le chronométrage est effectué au dixième de secondes. L'Américain Don Lippincott est le premier détenteur officiel du record du monde du 100 mètres (10 s 6 en 1912). Vingt-quatre ans plus tard, Jesse Owens réalise quatre dixième de mieux lors de son triomphe des Jeux de Berlin. En 1968, Jim Hines devient le premier homme sous les 10 secondes ; son temps de 9 s 9 est le dernier record mondial enregistré par le biais du chronométrage manuel. En près d'un demi-siècle, le record progresse de près de sept dixièmes de secondes. À partir de 1972, l'évolution des performances reste relativement faible, en dépit des améliorations apportées dans la discipline, telles les pistes en tartan, les chaussures à pointes, les progrès des méthodes d'entraînement ou la professionnalisation de l'athlétisme[52]. Ainsi, le record du monde n'évolue que d'un dixième entre 1968 (9 s 95) et 1994 (9 s 85), et semble se rapprocher des limites physiologiques humaines décrites par les scientifiques[53]. En 1999, Maurice Greene met un coup d'arrêt à cette relative stagnation en améliorant le record mondial de cinq centièmes (9,79 s). En 2008, lors des Jeux de Pékin, Usain Bolt améliore le record du monde avec le temps de 9 s 69. Selon une étude scientifique, le temps aurait été proche des 9 s 60 si le Jamaïcain n'avait écarté les bras et coupé son effort peu avant la ligne d'arrivée[54]. Le 16 août 2009, lors des championnats du monde à Berlin, Usain Bolt se surpasse une nouvelle fois et bat son précédent record de 11 centièmes en faisant un temps de 9 s 58, avec une moyenne de 37,57 km/h[55]. C'est le premier homme à améliorer trois fois de suite ce record du monde et la plus nette amélioration du record depuis le passage au chronométrage électronique en 1968[56].

À l'instar de celui des hommes, le record du monde féminin connaît une progression fulgurante entre les années 1930 et les années 1960. Il est reconnu officiellement par l'IAAF depuis 1922. L'Américaine Wilma Rudolph réalise 11 s 2 en 1961, soit une seconde de moins qu'en 1928. En 1977, l'Est-allemande Marlies Göhr améliore considérablement le record mondial féminin en réalisant 10 s 88, soit 13 centièmes de mieux que le précédent record. En 1988, l'Américaine Florence Griffith-Joyner se rapproche un peu plus des performances masculines en signant le temps de 10 s 49 à Indianapolis le 16 Juillet 1988. Bien qu’elle n’ait jamais été contrôlée positive, les performances et la mort prématurée de Griffith-Joyner font planer le doute sur son record du monde, qui est, à ce jour, considéré comme quasiment imbattable[57]. Depuis, seules ses compatriotes Marion Jones (10 s 65 en 1998) et Carmelita Jeter (10 s 64 en 2009) sont descendues sous les 10 s 70.

Évolution du record du monde du 100 mètres - Temps électriques[58]
Hommes
Temps Vent Athlète Date Lieu
9 s 95 0,3 États-Unis Jim Hines 14 octobre 1968 Mexico
9 s 93 1,4 États-Unis Calvin Smith 3 juillet 1983 Colorado Springs
9 s 93 [59] 1,0 États-Unis Carl Lewis 30 août 1987 Rome
9 s 93 [59] 1,1 États-Unis Carl Lewis 17 août 1988 Zurich
9 s 92 [60] 1,1 États-Unis Carl Lewis 24 septembre 1988 Séoul
9 s 90 1,9 États-Unis Leroy Burrell 14 juin 1991 New York
9 s 86 1,2 États-Unis Carl Lewis 25 août 1991 Tokyo
9 s 85 1,2 États-Unis Leroy Burrell 6 juillet 1994 Lausanne
9 s 84 0,7 Canada Donovan Bailey 27 juillet 1996 Atlanta
9 s 79 0,1 États-Unis Maurice Greene 16 juin 1999 Athènes
9 s 77 1,6 Jamaïque Asafa Powell 14 juin 2005 Athènes
9 s 74 1,7 Jamaïque Asafa Powell 9 septembre 2007 Rieti
9 s 72 1,7 Jamaïque Usain Bolt 31 mai 2008 New York
9 s 69 0,0 Jamaïque Usain Bolt 16 août 2008 Pékin
9 s 58 0,9 Jamaïque Usain Bolt 16 août 2009 Berlin
Femmes
Temps Athlète Date Lieu
11 s 21 États-Unis Wyomia Tyus 14 octobre 1968 Mexico
11 s 12 États-Unis Barbara Ferrell 14 octobre 1968 Mexico
11 s 08 États-Unis Wyomia Tyus 15 octobre 1968 Mexico
11 s 07 Allemagne de l'Est Renate Stecher 2 septembre 1972 Munich
11 s 01 République fédérale d'Allemagne Annegret Richter 25 juillet 1976 Montréal
10 s 88 Allemagne de l'Est Marlies Göhr 1er juillet 1977 Dresde
10 s 81 Allemagne de l'Est Marlies Göhr 8 juin 1983 Berlin
10 s 79 États-Unis Evelyn Ashford 3 juillet 1983 Colorado Springs
10 s 76 États-Unis Evelyn Ashford 22 août 1984 Zurich
10 s 61 États-Unis Florence Griffith-Joyner 17 juillet 1988 Indianapolis
10 s 49 États-Unis Florence Griffith-Joyner 16 juillet 1988 Indianapolis

Meilleures performances

L'Américain Jim Hines fut le premier homme à passer sous les 10 secondes, en chronométrage électrique. Néanmoins, Hines avait déjà réalisé une performance similaire quelques mois auparavant lors des Championnats des États-Unis d'athlétisme, pendant la célèbre « Night of speed », mais elle fut invalidée en raison d'un vent trop important. Carl Lewis fut, quant à lui, le premier à courir un 100 m en moins de 9,9 secondes. Cette course, la finale des championnats du monde de Tokyo, fut particulièrement rapide puisque 6 des 8 coureurs ont couru en moins de 10 secondes.

Les coureurs noirs sont quasiment les seuls à avoir passé la barre des 10 secondes. Le 5 mai 2003, à Mito (Japon), l'Australien Patrick Johnson, de père irlandais et de mère aborigène d'Australie, est devenu le premier métis (et actuellement le seul) à réussir cet exploit avec 9,93 secondes[15]. Aucun coureur blanc ni asiatique n'a encore réussi une performance inférieure aux 10 secondes et seuls le Polonais Marian Woronin (en 1984) et le Japonais Kōji Itō (en 1998) ont couru en 10,00 secondes[15].

Dix meilleures performances de tous les temps

Hommes (au 20 septembre 2009)[63]
Temps Vent Athlète Lieu Date
1 9 s 58 +0,9 Jamaïque Usain Bolt Berlin 16/08/2009
2 9 s 69 nul Jamaïque Usain Bolt Pékin 16/08/2008
+2,0 États-Unis Tyson Gay Shangai 20/09/2009
4 9 s 71 +0,9 États-Unis Tyson Gay Berlin 16/08/2009
5 9 s 72 +1,7 Jamaïque Usain Bolt New York 31/05/2008
+0,2 Jamaïque Asafa Powell Lausanne 02/09/2008
7 9 s 74 +1,7 Jamaïque Asafa Powell Rieti 09/09/2007
8 9 s 76 +1,8 Jamaïque Usain Bolt Kingston 03/05/2008
9 9 s 77 +1,6 Jamaïque Asafa Powell Athènes 14/06/2005
+1,5 Jamaïque Asafa Powell Gateshead 11/06/2006
+1,0 Jamaïque Asafa Powell Zürich 18/08/2006
Femmes (au 20 septembre 2009)[64]
Temps Vent Athlète Lieu Date
1 10 s 49 nul États-Unis Florence Griffith-Joyner Indianapolis 16/07/1988
2 10 s 61 +1,2 États-Unis Florence Griffith-Joyner Indianapolis 17/07/1988
3 10 s 62 +1,0 États-Unis Florence Griffith-Joyner Séoul 24/09/1988
4 10 s 64 +1,2 États-Unis Carmelita Jeter Shangai 20/09/2009
5 10 s 65 +1,1 États-Unis Marion Jones Johannesbourg 12/09/1998
6 10 s 67 -0,1 États-Unis Carmelita Jeter Thessalonique 13/09/2009
7 10 s 70 +1,6 États-Unis Florence Griffith-Joyner Indianapolis 17/07/1988
- 0,1 États-Unis Marion Jones Séville 22/08/1999
9 10 s 71 +0,1 États-Unis Marion Jones Chengdu 12/05/1998
+2,0 États-Unis Marion Jones La Nouvelle Orléans 19/06/1998

Athlètes les plus rapides

Hommes (au 20 septembre 2009)
Temps Vent Athlète Date Lieu
1 9 s 58 +0,9 Jamaïque Usain Bolt 16/08/2009 Berlin
2 9 s 69 +2,0 États-Unis Tyson Gay 20/09/2009 Shangai
3 9 s 72 +0,2 Jamaïque Asafa Powell 02/09/2008 Lausanne
4 9 s 79 +0,1 États-Unis Maurice Greene 16/09/1999 Athènes
5 9 s 84 +0,7 Canada Donovan Bailey 27/09/1996 Atlanta
+0,2 Canada Bruny Surin 22/08/1999 Séville
7 9 s 85 +1,2 États-Unis Leroy Burrell 06/07/1994 Lausanne
+0,6 États-Unis Justin Gatlin 22/08/2004 Athènes
+1,7 Nigeria Olusoji Fasuba 12/05/2006 Doha
10 9 s 86 +1,2 États-Unis Carl Lewis 25/08/1991 Tokyo
−0,4 Namibie Frankie Fredericks 03/07/1996 Lausanne
+1,8 Trinité-et-Tobago Ato Boldon 19/04/1998 Walnut
+0.6 Portugal Francis Obikwelu 22/08/2004 Athènes
Femmes (au 20 septembre 2009)
Temps Vent Athlète Date Lieu
1 10 s 49 nul États-Unis Florence Griffith Joyner 16/07/1988 Indianapolis
2 10 s 64 +1,2 États-Unis Carmelita Jeter 20/09/2009 Shangai
3 10 s 65 +1,1 États-Unis Marion Jones 12/09/1998 Johannesbourg
4 10 s 73 +2,0 France Christine Arron 19/08/1998 Budapest
+0.1 Jamaïque Shelly-Ann Fraser 17/08/2009 Berlin
6 10 s 74 +1,3 Jamaïque Merlene Ottey 07/09/1996 Milan
7 10 s 75 +0.1 Jamaïque Kerron Stewart 17/08/2009 Berlin
8 10 s 76 +1,7 États-Unis Evelyn Ashford 22/08/1984 Zurich
9 10 s 77 +0,9 Russie Irina Privalova 06/07/1994 Lausanne
+0,7 Bulgarie Ivet Lalova 19/09/2004 Plovdiv

Meilleures performances de l'année

Dopage

Les cas de dopage sont sévèrement sanctionnés lors des championnats de haut niveau comme l'illustre le cas du Canadien Ben Johnson. Après un sprint, les vainqueurs sont soumis à des contrôles anti-dopages. Toutefois, selon Dwain Chambers, sprinter anglais convaincu de dopage, les contrôles sont très « faciles à fausser ». Les hormones de croissances, produit efficace très utilisé par les athlètes, sont indétectables.

Entraînement

L'entraînement sportif pour le 100 m consiste à travailler le départ grâce à des exercices de concentration. Il vise également à développer la puissance musculaire de l'athlète par la musculation.
Des répétitions de 200 m à 600 m à allure élevée (120 à 140% de la VMA) sont courues sur pistes pour permettre à l'athlète de maintenir plus longtemps sa vitesse de pointe.

Déclinaisons du 100 mètres

60 mètres

En salle, cette course est généralement remplacée par le 60 mètres car les pistes couvertes ne disposent que très rarement d'une ligne droite de 100 mètres.

4x100 mètres

100 mètres lancé

Théoriquement, un 100m lancé peut permettre de courir la distance encore plus vite. Il n'y a ni statistiques officielles ni record officiel. Toutefois, en 2008 lors de la finale du 4x100 m homme, Asafa Powell boucla son passage en 8"70.

100 mètres Handisport

Voir aussi

Bibliographie

Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence de base, tous utilisés pour la rédaction de cet article.

  • Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, Paris, Minerva 2003 (ISBN 2830707273)
  • Gilles Navarro, Athlétisme, les records du siècle - Le Livre d'or, Solar 1999 (ISBN 2263027866)
  • (en) Edward Seldon Sears, Running Through the Ages, McFarland 2001 (ISBN 0786409711) books.google.fr
  • (en) Joseph L. Rogers, USA Track & Field Coaching Manual, Human Kinetics, 2000 (ISBN 0880116048) books.google.com

Références

  1. (en)[pdf]Compte-rendu d'un meeting d'athlétisme en 1880, archives du New-York Times, consulté le 16 novembre 2008
  2. (en)Les débuts des starting-blocks, le crouch start
  3. (en)Résultats des Championnats des États-Unis, Track and Field News.com, consulté le 16 novembre 2008
  4. (en) Edward Seldon Sears, Running Through the Ages, 2001, page 86
  5. (en) Bernie Wefers introduit à l'USA Hall of Fame en 2008, supersport.co.za, consulté le 19 novembre 2008.
  6. Les grands moments de l'athlétisme, Dyligences, décembre 2005
  7. (en)Biographie de Franck Jarvis, Nationmaster.com, consulté le 17 novembre 2008
  8. Article sur Archie hawn sur le site johistoire, consulté le 20 novembre 2008
  9. (en)Biographie de Reginald Walker, biographybase.com, consulté le 20 novembre 2008
  10. Informations sur Howard Drew, site de l'African American Registry, consulté le 20 novembre 2008
  11. (en)Harold Abrahams dans la mémoire du sport britannique, English Heritage, consulté le 20 novembre 2008
  12. À l'origine, les startings-blocks étaient interdits, Sport.fr, consulté le 20 novembre 2008
  13. (en)Biographie d'Eddie Tolan sur le site USA Track and Field, consulté le 20 novembre 2008
  14. (fr)Jesse Owens, le héros de Berlin, site du Comité International Olympique, consulté le 20 novembre 2008
  15. a , b  et c Nicolas Herbelot, « Sprinteur, mais blanc », in L'Équipe, mercredi 5 août 2009, p9.
  16. (en)Article consacré à Barney Ewell après sa mort, New-York Times, 5 avril 1996
  17. L'incroyable histoire de Lindy Remigino, Sportstar, consulté le 17 novembre 2008
  18. Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, page 72
  19. Vidéo de la finale olympique de 1960 remportée par Armin Hary, youtube.com
  20. (en)Biographie de Bob Hayes, Sport illustrated, 19 septembre 2002
  21. Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, page 81
  22. (en) Biographie de Jim Hines, USA Track and Field, consulté le 18 novembre 2008
  23. Vidéo de la finale des Jeux olympiques de 1968, Youtube.com
  24. La carrière de Valeriy Borzov, sport24.com, consulté le 18 novembre 2008
  25. (en)Entretien avec Don Quarrie 30 ans après les Jeux de Montréal, sportsjamaica.com, consulté le 18 novembre 2008
  26. Article consacré à Allan Wells, site en ligne de la BBC, consulté le 18 novembre 2008
  27. [pdf]Carl Lewis, un coureur en or, entretiens sur le site du CIO, consulté le 19 novembre 2008
  28. (en)Biographie de Carl Lewis, USA Track and Field, consulté le 19 novembre 2008
  29. Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, page 93
  30. Vidéo de la finale des Mondiaux de Rome, Youtube.com
  31. Il était une fois les Jeux, le fait Ben Johnson, Eurosport.fr, consulté le 19 novembre 2008
  32. (en)Biographie de Leroy Burrel, uhcougars.cstv.com, consulté le 19 novembre 2008
  33. (en)Biographie de Linford Christie, ukathletics, consulté le 19 novembre 2008
  34. Leroy Burrell bat le record du monde du 100 mètres, site en ligne de l'Humanité, 7 juillet 1994
  35. Avec Bailey et Surin, le sprint américain devient canadien, site en ligne de l'Humanité, 7 août 1995
  36. Bailey au panthéon des sports canadiens, Canada Sport Hall of Fame, consulté le 19 novembre 2008
  37. Biographie de Maurice Greene, Sport Illustrated, consulté le 19 novembre 2008
  38. Les dessous de l'affaire Balco, site en ligne de l'Express, 14 mars 2005
  39. Condamnation de Tim Montgomery, site en ligne du Nouvel observateur, 10 octobre 2008
  40. (en)Asafa Powell one stylish record holder, MSNBC, 17 juin 2005
  41. Gatlin toujours le roi, site en ligne de Radio-Canada, 7 août 2005
  42. Dopage, et maintenant Gatlin, site en ligne de La Dépèche, 31 juillet 2006
  43. (en)Tyson Gay, one mission completed, more to come, Site des Mondiaux d'Osaka, 27 août 2007
  44. Nouveau record du monde en 9,74 s pour Asafa Powell, AFP, 9 septembre 2007
  45. Bolt en 9 s 72 !, Eurosport.fr, 1er juin 2008
  46. Usain Bolt fait entrer le 100 m dans le XXIe siècle, AFP, 16 août 2008
  47. . Usain Bolt champion olympique au terme d'un 100 m ahurissant », site en ligne du Nouvel Observateur, 16 août 2008.
  48. « FOUDROYANT ! », titre L'Équipe du 17 août 2009, sur toute la largeur de sa une.
  49. Robert Parienté, La fabuleuse histoire de l'athlétisme, Minerva 2003, page 877
  50. (en) 100m - For the expert, site de l'IAAF
  51. Notes sur le 100 m sur le site de l'IAAF
  52. Athlétisme : l'énigme musculaire des sprinters, site en ligne des Echos, 19/08/2008
  53. La fin du « Citius », site de l'INSERM, consulté le 15/09/2008
  54. (en) « How much faster could Usain Bolt have gone? », New Scientist, 10 septembre 2008.
  55. L'Équipe du 17 août 2009, p. 3.
  56. Evolution des records du monde du 100 m sous forme graphique
  57. Nicolas Daniel« L’ombre du dopage plane sur la mort de Griffith-Joyner », L'Humanité, 23 septembre 1998.
  58. Progression du record du monde masculin, athletix.org, consulté le 18/09/2008
  59. a  et b Record validé a posteriori après disqualification de Ben Johnson (9 s 83 secondes en 1987 à Rome)
  60. Record validé a posteriori après disqualification de Ben Johnson (9 s 79 à Séoul)
  61. Progression du record du monde masculin, athletix.org, consulté le 18/09/2008
  62. Progression du record du monde féminin, athletix.org, consulté le 18/09/2008
  63. (en) 100 Metres All Time, site de l'IAAF, consulté le 28 août 2009
  64. (en) 100 Metres All Time, site de l'IAAF, consulté le 28 août 2009
  65. Meilleures performances mondiales masculines, site Apulanta.fi, consulté le 15/09/2008
  66. Meilleures performances mondiales féminines, site Apulanta.fi, consulté le 15/09/2008

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