Administration byzantine

Institutions de l'Empire byzantin

L'Empire byzantin eut un système complexe de bureaucratie et d'aristocratie. La plupart des postes et des titres étaient purement honorifiques, l’empereur étant le seul dirigeant. Pendant les plus de mille ans d'existence de l’Empire, différents titres furent créés, supprimés et beaucoup perdirent ou gagnèrent en prestige. Au début, les titres étaient les mêmes que ceux de l’Empire romain tardif, l’Empire byzantin n'étant alors pas distingué de Rome. Au temps de Héraclius au VIIe siècle, beaucoup des titres étaient devenus obsolètes; au temps d’Alexis Ier, beaucoup des postes furent nouvellement créés ou complètement remaniés, mais ne changèrent guère jusqu’à la fin de l’Empire.

Sommaire

Titres impériaux

Basileus (Βασιλεύς
Voir l’article Basileus.
Les Byzantins réservaient le terme « basileus » exclusivement à l’empereur de Constantinople, les rois et dirigeants d’Occident étant appelés « rigas » qui est une forme hellénisée du mot latin « rex ».
La forme féminine est « basilissa » pour se référer à l’impératrice, qui était aussi appelée « Eusebestati Augousta » (la plus pieuse des Augusta), « Kyria » (Dame) ou encore « Despoina » (la forme féminine de despostes).
La primogéniture ne fut jamais légalement établie pour régler la succession des empereurs byzantins, car, en principe, l’empereur romain était choisi par le sénat, le peuple et l'armée. Ce principe était fortement ancré dans la tradition romaine « républicaine », où la royauté héréditaire était exclue et où la convergence de plusieurs postes décisionnels de la République s'incarnaient dans l’empereur. Beaucoup d'empereurs, soucieux de sauvegarder le droit au trône de leurs premiers-nés, les firent couronner co-empereurs quand ils étaient encore enfants, s'assurant ainsi qu'au moment de leur mort le trône ne serait pas momentanément vacant. Dans ce cas, le besoin d'une sélection impériale n’était pas nécessaire. Dans d'autres cas, le nouvel empereur montait sur le trône après avoir épousé la veuve du précédent ou encore après avoir forcé le précédent à abdiquer et à devenir moine. Certains empereurs furent aussi déposés car perçus comme inadéquats, par exemple suite à une défaite militaire. (Voir l'article Morts violentes et évictions des empereurs byzantins)
Synbasileus
« co-empereur », titre utilisé par des personnes associées au pouvoir impérial, qui peuvent être le fils de l'empereur, son beau-père ou son régent.
Autokrator (αυτοκράτωρ
Ce titre a originellement le même sens qu’Imperator dont il est la traduction grecque. Il fut utilisé par Héraclius qui utilisa aussi le terme « kyrios » (κύριος) qui signifie « seigneur ». Lorsqu'il y a plusieurs 'synbasilei, le titre d’autokrator est utilisé par celui qui détient la réalité du pouvoir.
Sébaste (Sebastos Σεβαστός
« Majesté », le titre est une traduction littérale de « Augustus » ou « Augustos » et fut utilisé par de nombreux empereurs. Il devint moins important après la création de la dignité de Protosébaste. La forme féminine est « sebasta ». Sous Alexis Ier, il devint une dignité réservée à la famille impériale.

Dignités

Les dignités ou « titres par insigne » (axia dia brabeiou) sont des titres accordés par l'empereur à des représentants de l'aristocratie. Ils entraînent le paiement d'une roga ou salaire annuel, versée en or et en vêtements de soie. Ces dignités forment une hiérarchie complexe, modifiée à la suite de l'introduction de nouvelles dignités et l'affaiblissement d'autres. La frontière entre dignité et fonctions est parfois difficile à percevoir, puisque la majorité des dignités sont d'anciennes fonctions devenues obsolètes, mais dont les titulaires, ou une partie d'entre eux, conservent un rôle cérémoniel. Par exemple, il existe des vestarques qui exercent des responsabilités au sein du Vestarion ou garde-robe impériale en même temps que d'autres exercent des fonctions dans les provinces et n'exercent aucun rôle à la cour, se contentant de porter la dignité de vestarque sans en exercer les primitives responsabilités. L'une des principales différences avec les fonctions est dans le caractère viager (mais non héréditaire) de la dignité alors que la fonction est conférée pour une durée limitée (donc révocable).

Dignités réservées à la famille impériale

Ces titres étaient destinés à la famille impériale. Cependant, ils pouvaient aussi échoir à des étrangers, surtout lorsque ceux-ci étaient liés à la famille impériale par mariage. En fait, le premier despote fut un étranger, Béla III de Hongrie; cela signifiait que la Hongrie était considérée comme un état tributaire de l'Empire. Le premier étranger à être appelé sébastocrator fut Stefan Nemanja de Serbie à qui le titre fut donné en 1191. Kalojan de Bulgarie utilisa aussi ce titre.

Justinien II nomma Tervel, khan des Bulgares, césar en 705; le titre se développa ensuite en slave en « czar » ou « tsar ». Andronic II Paléologue nomma aussi Roger de Flor, chef de la Compagnie catalane, son neveu par alliance, kaisar en 1304. Le titre de protosébaste fut donné à Enrico Dandolo, doge de Venise, avant son implication dans la quatrième croisade.

  • Basileopator : C'est un titre honorifique donné au « père » de l'empereur, bien que le basileopator ne soit pas nécessairement le géniteur. Le premier basileopator fut Zautzès, un noble sous Léon IV. Romain Ier Lécapène fut aussi appelé de la sorte quand il prit la régence de Constantin VII.
  • Porphyrogénète (Porphyrogenitos, πορφυρογένητος) : « né dans la pourpre », titre désignant le fils ou la fille né d'un empereur régnant. Voir l’article Porphyrogénète.
  • Despote (Δεσπότης) : Le titre de despote fut créé par Manuel Ier Comnène au XIIe siècle comme le plus haut titre après celui d'empereur. Un despote pouvait être le chef d'un despotat; par exemple le despotat de Morée autour de Mystras fut tenu par les héritiers au trône byzantin après 1261. La forme féminine, « despoina » peut s'appliquer à une dirigeante d'un despotat ou à la femme d'un despote.
  • Sébastocrator (σεϐαστοκράτωρ) : « auguste empereur » Voir l’article Sébastokrator
  • César (dont la forme grecque est Kaisar). Quand Alexis Ier créa le titre de sébastocrator, celui de césar devint le troisième en importance et le quatrième quand Manuel Ier créa celui de despote. Le forme féminine est « kaisarissa ».
  • Prôtosébaste (Πρωτοσέβαστος) « premier auguste »
  • Pansebasthypertatos « tous les augustes consuls »
  • Panhypersébaste (Πανυπερσέβαστος) « au-dessus de tous les augustes »
  • Sebastohypertatos « auguste consul »
  • Pansébaste « tous les augustes »
  • Sébaste : les titres dérivés du terme sébaste ont été introduits par Alexis Comnène qui a cherché à créer une classe de dignités réservée à la famille impériale, par lignée ou par mariage, pour la distinguer du reste de l'aristocratie.
  • Le terme de « nobélissime » fut utilisé comme un titre de la famille impériale avant l'introduction des titres de sébaste par Alexis Comnène.

Dignités de l'aristocratie

  • Prôtonôbelissimohypertatos  : « premier consul nobélissime » dignité apparue au XIIe siècle
  • Prôtonobélissime : « premier nobélissime »
  • Nobélissime : à l'origine un qualificatif de l'empereur, étendu par la suite à sa famille, puis devenu une dignité aristocratique
  • Prôtocuropalate : « premier maître de la maison »
  • Curopalate : « maître de la maison » à l'origine une charge de gouvernement du palais, devenue ensuite une dignité
  • Prôtoproèdre : « premier président »
  • Proèdre : « président » : charge de président du Sénat, crée pour Basile le Parakoimomène, divisée par la suite
  • Magistre : à l'origine dignité du magister officium tardoantique, devenue par la suite une simple dignité
  • Prôtovestarque
  • Vestarque : à l'origine le chef du vestarion ou garde-robe de l'empereur, devenu par la suite une dignité
  • Prôtovestès
  • Vestès  : à l'origine une charge du vestarion ou garde-robe de l'empereur, devenue par la suite une dignité
  • Illoustrios
  • Anthypatos : « proconsul »
  • Patrice : titre d'origine romaine (patricien), transformé sous Constantin.
  • Dishypatos  : « deux fois consul »
  • Hypathos : consul. La dignité n'a plus rien à voir avec la charge de consul de l'Antiquité.
  • Prôtospathaire : « premier porte-épée » elle permet l'entrée au Sénat de Constantinople.
  • Spathaire : « porte-épée » à l'origine un garde du palais. Dignité disparue au début du XIe siècle.
  • Spatharocandidat
  • Stratōr (Στράτωρ) : écuyer
  • Candidat (Κανδιδάτος) : du Latin candidatus, ainsi appelés car ils portaient des tuniques blanches (candida en latin). C'est à l'origine un garde palatin. Cette dignité disparait au XIe siècle.
  • Mandatōr (Μανδάτωρ) : à l'origine un messager.
  • Vestitōr (Βεστήτωρ) : à l'origine une fonction du Vestarion privé.
  • Silentiaire (Σιλεντιάριος) : à l'origine un garde chargé de faire respecter le silence lors de la proclamation des décisions royales.
  • Stratēlatēs (Στρατηλάτης)
  • Apo eparchōn (Ἀποεπάρχων) : « ancien préfet », dignité sénatoriale et non impériale, qui disparait au IXe siècle.
  • Apo hypatos  : « ancien consul », dignité sénatoriale et non impériale, qui disparait au IXe siècle.

On remarque la grande utilisation du terme prôto « premier » qui distingue un degré supplémentaire d'une autre dignité, elle-même souvent un ancien office devenu dignité.

Fonctions

Les fonctions (ou charges) ou « titres par parole » (axiai dia logou) correspondent à des responsabilités dans l'administration et la défense de l'empire. Elles sont temporaires donc le titulaire peut en être privé par simple décision impériale. C'est ce caractère qui différencie le plus les fonctions des dignités (qui sont viagères).

Fonctions palatines

Un certain nombre de postes permettaient à leur détenteurs de côtoyer l’empereur, même si ces titres n’étaient pas forcément aristocratiques. À l'époque protobyzantine le Palais était géré par un Præpositus sacri cubiculi ou préposite, assisté de cubiculaires. Le préposite fut éclipsé par le Parakoimomène et disparut au XIe siècle et les fonctions des cubiculaires se spécialisèrent en plusieurs sections. Les curopalates étaient avant Justinien responsables dans l'administration palatine, mais cette fonction devient très rapidement une dignité.

Chambre impériale ou koiton

  • Parakoimomène (parakoimomenos) : Littéralement « celui qui couche avec l’empereur », le garde du corps, puis grand chambellan. Il acquit ensuite de plus hautes fonctions comme celle de la direction des Kitonites. Les parakimomènes avaient une telle influence qu'ils gouvernèrent parfois l'État.
  • Kitonite : chambellan.

Vestarion privé

Service de la garde-robe impériale, à ne pas confondre avec le Vestarion public, qui est un service financier. Les fonctions du Vestarion privé devinrent au XIe siècle des dignité, mais certains des titulaires conservèrent leur véritable fonction à la cour.

  • Protovestiaire (Protovestiarios) : Ce titre était habituellement donné à un personnage mineur de l'entourage de l'empereur. La charge associée était de prendre soin de la garde-robe de l'empereur, notamment pendant les campagnes militaires. Parfois le protovestiarios avait aussi la charge de l'intendance de la maison impériale et des finances personnelles de l'empereur. La protovestiaria et la vestiaria occupaient les mêmes fonctions auprès de l'impératrice
  • Vestiaire
  • Prôtovestès
  • Vestès

Table impériale

  • Préposé à la table (épi trapézês)
  • pinkernès : échanson, préposé aux boissons.

Conciergerie

  • Grand pappias : concierge du Grand palais, il a la charge de la sécurité du palais et dispose d'un personnel nombreux
    • Diaitaros : responsable d'une partie du Grand palais
    • Diaitès
  • Pappias de la Magnaure : concierge du palais de la Magnaure, salle de réception
  • Pappias de la Daphnè : concierge du palais de la Daphnè, résidence privée des empereurs

Cérémonies

  • Maître des cérémonies
  • Admêsionalios  : introducteur, personnage chargé de conduire les hôtes officiels du palais
  • Silentiaires : Le silentiaire était chargé de maintenir le bon ordre dans les assemblées solennelles (silentia) tenues par le basileus et dans les processions impériales . Il était de rang sénatorial et avait pour insigne une verge d'or. Le silentiaire était aussi employé dans d'autres fonctions comme diplomate. Leur charge finit par devenir un titre honorifique.

Écuries

  • Prôtostrator  : chef des écuries, cette charge était confiée à un proche de l'empereur. Basile Ier fut protostrator avant d'accéder à l'empire. Par extension, ce terme peut désigner le chef des armées.
  • Strator : écuyer

Secrétariat privé

  • Mystikos : secrétaire privé. Le mystikos pouvait avoir une grande influence sur le pouvoir impérial.
  • Hypogrammateus  : Ce titre était donné au sous-secrétaire impérial.

Administration provinciale

  • Exarque (Exarchos) : à l'époque protobyzantine, commandant d'un ensemble de provinces excentrées. Il existait un exarque d'Afrique et un exarque d'Italie.
  • Archonte : à l'époque protobyzantine, gouverneur d'une province
  • Stratège : à l'origine général commandant un thème, il devient à partir du VIIIe siècle un gouverneur provincial. La fonction disparait à partir du XIe siècle.
  • Juge (kritès) : à l'origine juge des tribunaux de Constantinople envoyé en mission dans les thèmes, puis gouverneur civil d'un thème après le XIe siècle.
  • Praitor  : autre titre du juge.
  • Duc : gouverneur militaire d'une province, rassemblant plusieurs thèmes, après le XIe siècle.
  • Catépan (Katepano) : titre équivalent à celui de duc. Seule exception en Italie, où le catépan d'Italie, avec autorité sur les thèmes de Langobardie et de Calabre, à plus d'autorité que le duc d'Italie, dirigeant du seul thème de Langobardie. À partir du XIVe siècle, alors que les thèmes avaient déjà disparu, ce titre était donné à un simple chef de canton subordonné au duc.

Fonctions militaires

Il existe à l'époque mésobyzantine deux types d'armées : les armées thématiques (themata), recrutées pour le seul temps d'une campagne parmi des contribuables soumis à astreinte militaire, et les tagmata, unités permanentes stationnées près de Constantinople. Au XIe siècle les armées thématiques disparurent et furent remplacées par des tagmata.

Armées thématiques

  • Stratège : gouverneur de la province ou thème, il est aussi le commandant de l'armée issue de la province. Le terme est remplacé par duc ou catépan après le XIe siècle.
    • Monostratège : commandant temporaire des armées de plusieurs thèmes.
    • Le stratège du thème de l'Opsikion portait le titre de comte jusqu'au XIe siècle avant de prendre le titre de duc.
    • Le stratège du thème des Optimates portait le titre de domestique.
    • Le stratège du thème des Cibyrrhéotes portait le tire de drongaire.
  • Comte de la Tente : chef d'État-Major particulier du stratège.
  • Ek prosôpou : commandant en second du thème.
  • Topotérétés : autre titre du commandant en second du thème
  • Tourmarque (τουρμάρχης): Le commandant d’une tourme, une division d'infanterie subordonnée à un thème.
  • Mérarque (Merarchès) : Le commandant d’une mérés, une division de cavalerie subordonnée à un thème.
  • Taxiarque : commandant d'une unité d'infanterie comprenant en théorie mille fantassins.
  • Drongaire : commandant d'un drongos ou bataillon, subordonné à une tourme.
  • Comte : commandant d'un bandon ou compagnie, subordonné à un drongos.

Tagmata

  • Stratopédarque (stratopedarchès : général commandant une armée au combat.
  • Domestique (Domestikos) : Les domestikoi étaient les commandants des tagmata les plus importants. À partir du XIe siècle, le commandant des tagmata est confié à des ducs et des catépans. Le titre était décliné en plusieurs postes :
    • Domestique des scholes (Domestikos ton Scholon) : Le commandant des scholes ou scholae, un tagma d'élite chargé de la garde impériale. Le domestique des Scholes assume de fait la direction de l'armée dès le IXe siècle. À partir du Xe siècle, la fonction est divisée entre un domestique des Scholes d'Occident et un domestique des Scholes d'Orient. À la fin du XIe siècle, le tagma des Scholes disparait et le domestique des Scholes est retitré Grand domestique.
    • Le commandant du tagma de la Veille, chargé de la police urbaine de Constantinople, portait le titre de drongaire.
    • Le commandant du tagma de l'Hétairie, chargé de la sécurité du Palais, porte le titre de Grand hétériarque.
    • Le commandant du tagma de la garde varègue porte le titre d' Akolouthos ou « Acolyte ». Il est à l'origine subordonné au Grand hétériarque.
    • Le commandant du tagma franc (c'est-à-dire d'origine occidentale) porte le titre de Kontostaulos ou « Connétable ».
  • Comte (Komès) : commandant d'un tagma de petite taille, mais aussi un officier supérieur dépendant du domestique d'un grand tagma.
  • Tourmarque (τουρμάρχης): Le commandant d’une tourme, une division d'infanterie subordonnée à un tagma.
  • Mérarque (Merarchès) : Le commandant d’une mérés, une division de cavalerie subordonnée à un tagma.
  • Protokentarchos et kentarchos  : Des commandants de plus petites divisions, le nom est dérivé de « centurion ».

Marine

  • Drongaire du Ploïmon : chef du Ploïmon, la flotte centrale de l'empire. Au Xe siècle on considère ce poste comme le second poste militaire en importance. Il était certainement parmi les rares à connaître le secret de la composition du feu grégeois.
    • Grand drongaire : évolution du titre du drongaire du Ploïmon, puis subordonné du megas dux qui était chargé des officiers.
    • Mégaduc (Megas doux) : évolution du titre du grand drongaire. À la fin de la dynastie Paléologue, le megas dux était à la tête du gouvernement et de la bureaucratie, et plus seulement de la marine.
  • Comte du Ploïmon : officier de l'État-Major du Ploïmon.
    • Drungarokomès : « comte-drongaire » évolution du titre du comte du Ploïmon.
  • Navarque : officier général de la flotte.
  • Prôtocarabos : commandant d'un des navires de la flotte personnelle de l'empereur.
  • Drongaire (Drungarios - δρουγγάριος) : commandant d'un navire de la flotte impériale
    • Duc (Doux) : évolution du titre des drongaires.

Fonctions administratives

L'administration byzantine compte de nombreux bureaux ou sekreta. Il n'y a pas de responsable officiel coiffant l'ensemble de l'administration, mais il peut exister, surtout à partir du XIe siècle un poste officieux d' « intermédiaire » (mésazôn) qui seconde l'empereur dans ces domaines. L'administration centrale, principalement celle des finances, est coiffée à partir d'Alexis Comnène par un logothète des bureaux, qui prend ensuite le titre de Grand logothète.

Administration de Constantinople

  • Éparque : « préfet ». Il a la charge de l'administration de la Ville. De lui dépendent la justice et la police. Il exerce aussi la supervision des corps de métiers.
  • Symponos  : adjoint de l'éparque.
  • Domestique des prisons : responsable du système carcéral de Constantinople.
  • Logothète du prétoire : assistant de l'éparque dans ses fonctions judiciaires.
  • Boullôtès  : fonctionnaire chargé d'apposer la bulle de l'éparque sur les produits contrôlés à destination du marché.
  • Parathalassitès  : fonctionnaire chargé du contrôle maritime de Constantinople. Il dépend de l'éparque et du génikon. Au XIe siècle il est indépendant administrativement.

Finances

  • Comte des biens privés et comte des largesses sacrées : responsables des finances à la fin de l'Antiquité et à l'époque protobyzantine. Ils disparaissent au VIIe siècle.
  • Commerciaire : fonctionnaire chargé de lever le kommerkion ou impôt sur les importations et exportations.
  • Sacellaire : à l'origine responsable du sakellion, la caisse privée de l'empereur. Il est ensuite devenu le contrôleur de tous les services financiers. Au XIe siècle il devient le chef d'un bureau de contrôle du commerce maritime.
    • Logariaste des sekreta  : superviseur des services financiers, remplaçant le sacellaire au XIe siècle lorsque ce dernier voit ses compétences se tourner vers le commerce.
Eidikon

Sekreton chargé de payer les rogai ou traitement des dignitaires.

  • Préposé à l’Eidikon  : chef de l’Eidikon.
  • Archonte des ergodosia  : chef d'atelier de production d'objet précieux servant au paiement des rogai.
Génikon

Sekreton chargé de la levée des impôts. Il disparait au XIIe siècle.

  • Logothète du génikon  : responsable du génikon.
  • Comte des Eaux : responsable de la levée des droits sur l'eau et les canalisations.
  • Comte de Lamia : responsable de la collecte et de la distribution du blé annonaire conservé au grenier de Lamia près du port Julien à Constantinople.
  • Diocète : percepteur.
  • Anagrapheus  : fonctionnaire chargé de l'établissement du cadastre.
  • Épopte : fonctionnaire chargé de la révision du cadastre.
Sacelle

Trésor de l'État, aux fonctions diverses. Il disparait au XIIe siècle.

  • Préposé à la Sacelle : responsable de la Sacelle.
  • Protonotaire : responsable financier d'un thème.
  • Zygostatès : contrôleur des poids et mesures.
  • Xénodochos  : « hôtelier » responsable d'un xénodocheion, établissement d'accueil des voyageurs.
  • Gèrokomos  : responsable d'un hospice, établissement recueillant des vieillards indigents.
Stratiôtikon

Sekreton chargé des finances de l'armée.

  • Logothète du stratiôtikon (Logothétès tou stratiotikou) : responsable du stratiôtikon.
  • Chartulaire : fonctionnaire d'un thème chargé de tenir à jour les registres militaires du thème.
Vestarion public

Sekreton chargé d'entretenir l'arsenal de la flotte, mais aussi de contrôler les réserves de métaux précieux. Il devient au XIIe siècle la principale caisse fiscale, sous la direction immédiate du grand logariaste des bureaux.

  • Chartulaire du vestarion public : chef du Vestarion.
  • Exartistès  : chef de l'arsenal.
  • Archonte tès charagès : chef de l'atelier de la frappe de monnaie.

Chancellerie

  • Protoasékrétis : « premier secrétaire », chef de la chancellerie.
  • Asékrétis  : « secrétaire »
  • Préposé à l'encrier (épi tou kanikleiou) : fonctionnaire chargé d'apposer la signature impériale au cinabre (encre rouge) sur les actes de la chancellerie. Il a également des pouvoirs de contrôle sur cette dernière.
  • Grammatikos  : « lettré », notaire. C'est le premier échelon de la plupart des carrières administratives.

Justice

Dans l'empire, la justice est réservée à l'empereur, mais elle est exercée par délégation par nombre de fonctionnaires, qu'il s'agisse des stratèges des thèmes ou des chefs des bureaux de l'administration centrale.

  • Préposé aux pétitions : « maître des requêtes » il étudie en premier les demandes de justice adressées à l'empereur. Il a donc une juridiction importante.
  • Questeur : titre romain devenu à l'époque mésobyzantine un juge spécialisé dans les affaires d’héritage, de succession ou de falsification des documents.
  • Juge de l'Hippodrome : juge qui siège à l'Hippodrome couvert du Grand palais. Apparus au Xe siècle, les juges de l'Hippodrome peuvent être envoyés en mission dans les thèmes.
  • Juge du Vélum : juge de la première catégorie parmi les juges de l'Hippodrome.
  • Drongaire de la Veille : à l'origine commandant d'un tagma de Constantinople. Il devient au XIe siècle le président du plus important tribunal de l'empire.
  • Préposé aux juges : fonctionnaire apparu au XIe siècle, il reçoit les appels des décisions des juges provinciaux.
  • Le mystikos, secrétaire privé de l'empereur, peut participer à certaines décisions de justice.

Drome

Le Drome est l'institution qui s'occupe du réseau routier, de la correspondance avec les pays étrangers et de l'espionnage.

  • Logothète du Drome : chef du Drome, il est toujours un proche de l'empereur.
  • Protonotaire du Drome : second du logothète du Drome.
Préfet du prétoire 
Le préfet du prétoire (latin : Praefectus praetorio) était originellement un titre romain militaire qui fut réduit à un rôle civil. Le titre fut supprimé au VIIe siècle et avant d’avoir évolué vers celui de domestikos. Après la réforme des Dioclétien, les pouvoirs des préfets s’étandaient sur les domaines adminsitratifs, financiers, judiciaires et même législatifs. Les gouverneurs de province étaient choisis ou révoqués par leur recommandation, recommandation qui devait être approuvée par l’empereur. Il avait un trésor peronnel et devait payer les la solde et la nourriture des troupes mises à sa disposition. Il était aussi un juge d'appel suprême; dans le cas où l’appel était issu d'une cour de justice inférieure, il ne pouvait y avoir d'appel devant l’empereur. Il pouvait édicter des lois de sa propre autorité, mais elles ne concernaient que points de détail.
Anthypate (Anthypatos), proconsul 
C’était depuis le VIe siècle une dignité honorifique donnée surtout à partir du IXe siècle à presque tous les hauts fonctionnaires civils ou militaires.
Archonte 
L'archonte était le chef d'un petit état puis à partir du XIIe siècle le titre était donné aux grands propriétaires nobles et à de simples notables.
Protoasékrétis 
Le protoasékrétis avait la charge de la chancellerie et était responsable de l'enregistrement des lois et édits gouvernementaux. L’asekrétis était un subordonné. D’autres subordonnés comprenaient le chartulaire (chargé des documents impériaux), le kastrinsios (le chambellan du palais), le mystikos (le secrétaire particulier) ou l’eidikos (un officiel du trésor).
Logothète (logothéthès
Le logothète était un secrétaire et un bureaucrate plus ou moins élevé dans la hérarchie. Logothète était un titre conféré à l'origine à ceux qui vérifiaient le budget de l'État. Cependant à partir du règne de Justinien, leur rôle devient plus important et ils deviennent de véritables ministres. Un logothète connu fut Nicéphore Ier qui devint empereur.
Grand Logothète (Megas logothétès
Le grand logothète était à la tête des logothète. Il était personnellement responsable du système légal et du trésor (on peut comaprer son rôle à un chancellier d'Europe).
Logothète du Drome (Logothétès tou dromou
Le logothètes des Postes avait la charge de la diplomatie et du service postal impérial. Il avait dans ses attributions la réception des ambassadeurs étrangers.
Logothétès ton oikeiakon 
Ce logothète aux affaires intérieures s’occupait de la sécurité de Constantinople et de l’économie locale.
Logothète du génikon (Logothètès tou génikou
Le logothète général était responsable des taxes et de leur recouvrement.
Logothète du stratiôtikon (Logothétès tou stratiotikou
Le logothète aux armées devait payer les soldats.

Les logothètes avait originellement de l’influence sur l’empereur, mais beaucoup de ces titres devinrent honorifiques. Dans l’Empire tardif, le logothète devint le mesazôn (littéalement « l'homme au milieu », le gérant).

Préfet (Præfectus
Préfet est un titre officiel subalterne à Constantinople dévolu au gouvernement local.
Éparque (Έπαρχοι) ou archonte 
Du même niveau que le préfet, il administre un forteresse ou une base navale.
Questeur (Quæstor
Les postes de questeurs étaient originellement dévolu aux affaires financières et légales, ils perdirent de leur pouvoir avec le développement des logothètes.
Silentiaire 
Tribun (Tribounos
Équivalent du titre romain « tribun », responsable de la maintenance des routes, des monuments et des bâtiments.
Toparque 
Le toparque était un magistrat d'une ville au IXe siècle.
Magistre (magister officiorum, magister militum, maistor en grec) 
Un vieux terme romain, maître des offices et maître de l’armée. Au temps de Honorius, ces postes étaient devenus honorifiques et furent supprimés par la suite.
Sacellaire (Sacellarios
Sous Héraclius, un superviseur honoraire des autres administrateurs du palace, logothètes, etc.
Préteur (Prætor
Les préteurs sont originellement des administrateurs de Constantinople, chargé des taxes; après Alexis, un gouverneur civil d’un thème.
Kephale 
Littéralement la « tête ». Le gouverneur civil d’une ville byzantine.
Drogman ou dragoman 
Un titre turc qui était appliqué aux interprètes et aux ambassadeurs.
Horeiarios 
Chargé de la distribution de la nourriture des greniers d’état.
Orphanotrophe 
C’était a l'origine le chef du principal hospice de Constantinople, mais à partir du IXe siècle il devient un grand officier de l'empire. Ce n'était pas toujours un ecclésiastique et à partir du Xe siècle sa juridiction s'étend sur plusieurs hospices.

Les protosékretis, logothètes, préfets, questeurs, magistres et sacellaires, entre autres, étaient membres du Sénat, jusqu’à ce qu’ils deviennent inutilisés et obsolètes après Heraclius.

Sources

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