Dominique-Joseph Rene Vandamme

Dominique-Joseph René Vandamme

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Dominique-Joseph René Vandamme
Dominique-Joseph René Vandamme
Naissance 5 novembre 1770
Cassel
Décès 15 juillet 1830 59 ans)
Cassel
Origine France France
Grade général d'Empire
Distinctions Grand Aigle de la Légion d'honneur

Dominique-Joseph René Vandamme (né à Cassel le 5 novembre 1770, mort à Cassel le 15 juillet 1830). Général d'Empire, comte d’Unsebourg.

Sommaire

La révolution

Fils d’un chirurgien de Cassel, élève de l’École militaire de Paris, et entretenu par le maréchal de Biron, engagé, par sa famille, comme soldat, le 8 juillet 1788, dans le 4e bataillon auxiliaire du régiment des colonies, s’embarqua le 2 février 1789, à Lorient, sur la flûte l’Uranie, arriva, le 31 mars à la Martinique, et fut immédiatement incorporé dans le régiment de cette colonie.
Sergent en 1789, porté comme déserteur en 1790 il rentre en France, le 29 avril 1790[1]. Soldat au régiment de Brie, à partir du 22 juin 1791, puis au 24e régiment d’infanterie, et reçut son congé définitif le 26 août 1792.
En 1792, enthousiasmé par les idées de la révolution française, Vandamme forma, dans son pays natal, avec le grade de capitaine, une compagnie franche. Il la conduisit à l’armée du Nord, et cette compagnie ayant été amalgamée au bataillon des chasseurs du Mont-Cassel, il devint chef de ce corps (lieutenant-colonel-commandant), le 5 septembre 1793.

Les armées de Hanovre occupent Hondschoote. Les Britanniques campent devant Dunkerque, qu'ils menacent d'envahir. Il commande le bataillon de Cassel qu'il mène, en avant garde, lors de la bataille d'Hondschoote (du 6 au 8 septembre) (sous les ordres de Houchard). [2]

Le 27 septembre 1793, à 23 ans, il est promu général de brigade et participe à la prise de Furnes le 30 vendémiaire de l'an II. Il contribua, le 1er thermidor, à la prise d’Ypres.

En juillet 1794, lors de la prise de Nieuport sous les ordres de Moreau, une grande partie des émigrés qui s'y était réfugiés sont massacrés. Il est contraint de se retirer devant des forces supérieures, il perdit une partie de son artillerie. Dans cette même campagne, Vandamme se distingua devant Vanloo et prit Menin.

Pendant celle de l’an III, commandant par intérim la division de Moreau, il emporta le fort de Schenk, le 16 brumaire, et le 19, il chassa l’ennemi de Budwich.

Néanmoins, lors de la réorganisation de l’état-major de l’armée, le 25 prairial, il fut mis en réforme. Cette disgrâce provenait de ce qu’il avait été dénoncé comme terroriste et comme ayant livré Furnes au pillage.[3] Toutefois, le Comité de salut public, par arrêté du 7 vendémiaire an IV, le remit en activité de service.

Envoyé dans l’Ouest le 29 septembre 1795, il retrouve rapidement son grade dans l'armée de Sambre-et-Meuse commandée par Jourdan, puis dans l'armée de Rhin-et-Moselle.

Vandamme enleva, le 27 thermidor de la même année, la porte qui défendait la petite ville d’Alpersbasch, passa le Lech, sous le feu le plus meurtrier, et à l’attaque des hauteurs de Friedberg, se précipitant sur les Autrichiens à la tête de trois régiments de cavalerie légère, il leur prit 16 pièces de canon, et les poursuivit le sabre aux reins jusque dans la vallée de la Sarre. Quelques jours après, il se fit encore remarquer par une attaque impétueuse des retranchements de Kehl et de Huningue.

L’année suivante, au passage du Rhin, à Diersheim, où il eut un cheval tué sous lui, il effectua le premier débarquement, pénétra au-delà de Gegenbach, et battit l’ennemi entre Zimmern et Benchen, et le chassa sur le Kniebis.

L’attentat commis à Rastatt ayant rallumé la guerre, Vandamme, qui avait été nommé général de division le 17 pluviôse an VII, eut le commandement de l’aile gauche de l’armée du Danube.

Un jour que faiblement accompagné, il allait à l’aventure reconnaître les avant-postes ennemis, il tomba dans une embuscade de dragons du régiment de Latour. Presque aussitôt abandonné des siens, il lutta seul contre 8 adversaires, en tua 2, mit les autres en fuite et regagna le camp français.

De nouvelles accusations ayant été dirigées contre lui, le Directoire, par un arrêté du 8 floréal, le traduisit devant un conseil de guerre, mais un autre arrêté en date du 2 fructidor annula le premier. Alors le ministre envoya Vandamme sur les côtes du Nord-Ouest, afin de pourvoir à leur défense.

Cette opération terminée, le 19 septembre 1799, Vandamme, placé cette fois dans l'armée de Hollande sous les ordres de Brune, se rendit aux Pays-Bas, alors envahie par les forces combinées de l’Angleterre et de la Russie. Placé à l’aile gauche de l’armée gallo-batave, il prit une division russe tout entière à la bataille de Bergen, et contribua puissamment à la victoire française à la bataille de Castricum. Il poursuit Frederick, duc d'York et Albany, jusqu'à son rembarquement.

Après peu de jours passés à Cassel pour se remettre de ses fatigues, le 20 janvier 1800, il retrouve son ami Moreau dans une campagne de l'armée d'Allemagne qui est couronnée de succès : il se trouva au passage du Rhin par l’armée de ce nom, fit capituler le fort de Hohentweil, que défendaient 80 pièces de canon, et combattit ensuite à Hohenwiel le 2, Stockach le 3, Engen le 4, Moeskirch le 5, Menningen le 10.

Le 17 août 1800, il est accusé cette fois d’abus et d’irrégularités administratives, il est de nouveau destitué, mais pour très peu de temps puisqu'il est affecté à l'armée des Grisons sous les ordres de Macdonald. Mis en traitement de réforme, le 29 thermidor an VIII, et rappelé, le 19 fructidor, au service actif, il commanda l’avant-garde de l’armée dite de réserve, avec laquelle il franchit le Splügen. Le 9 février 1801, la paix de Lunéville met une fin à une campagne difficile, où Vandamme s'illustra très souvent.

Accueilli à son retour de la manière la plus flatteuse par le premier Consul, il en reçut une paire de pistolets de la manufacture de Versailles. Nommé membre de la Légion d'honneur, le 19 frimaire an XII, et grand officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, alors qu’il avait sous ses ordres la 2e division du camp de Saint-Omer.

L'Empire

Le 6 octobre 1805, c'est la première campagne d'Allemagne de Napoléon Ier. Vandamme, qui commande la 2e division dans le IVe corps d'armée du maréchal Soult, eut le 13 vendémiaire, l’honneur de porter les premiers coups à l’armée autrichienne, en culbutant, au pont de Donawert, le régiment de Colloredo, qui déplora la perte de 60 hommes et 150 prisonniers.

Le 2 décembre 1805, lors de la bataille d'Austerlitz, Vandamme se bat avec rage pour la conquête du plateau de Pratzen et repousse l'infanterie russe à la baïonnette avant d'emporter le village d'Augezd et puis celui de Telnitz. Sa division occupait la gauche du maréchal Soult. La victoire est spectaculaire : 45 000 Russes et Autrichiens tués, blessés ou prisonniers (dont 15 généraux russes), 40 drapeaux et 120 canons pris.

Ces actions valurent à Vandamme, le 3 nivôse, la dignité de Grand-Aigle de la Légion d'honneur, ainsi qu’une habitation dans les polders de l’île de Cadsand.

Le 2 décembre 1806, Napoléon l'envoie aux côtés de son frère Jérôme. À la tête d'une division wurtembergeoise, il s'empare de Glogau le 5 décembre, fait tomber Breslau qui capitule le 4 janvier 1807, Brieg-sur-Oder le 17 janvier, Schweidnitz le 8 février, Neisse le 16 juin. Se portant ensuite sur Glatz, il força, le 23 juin, le camp retranché établi en avant de cette ville. Le 22 octobre 1806, il est fait Grand Croix de l'Ordre royal de Hollande et Frédéric de Wurtemberg le fait Grand Croix de l'Ordre militaire.

L’Empereur lui avait donné le commandement de la 16e division militaire le 11 septembre 1807, et l’avait investi de celui du camp de Boulogne le 16 août 1808 ; il l’envoya, le 11 mars 1809, à Heidenheim, se mettre à la tête de 10.000 Wurtembergeois formant le 8e corps de la grande armée, avec lequel, le 29 avril, conjointement avec le maréchal Lefebvre, il battit à Abensberg la division autrichienne du général Thierry, prit le 22 avril 1809 à la Bataille d'Eckmühl le château et le village de ce nom, et, le 17 mai, repoussa vigoureusement l’ennemi à Urfar. En juillet 1809, il est blessé à Wagram.

Réintégré, à son retour de l’armée, dans le commandement du camp de Boulogne, occupé pendant son absence par le général Sainte-Suzanne, il se permit de s’installer violemment dans la maison du maire et de faire jeter dehors les meubles qu’il ne trouvait pas à sa convenance.[4] Napoléon envoya Vandamme dans la 14e division militaire, après l’avoir nommé, le 1er janvier 1811, président du collège électoral de Hazebrouck. Il l’avait quelque temps auparavant créé comte d’Unsbourg.

Quoique destiné à commander les troupes westphaliennes faisant partie de l’armée expéditionnaire de Russie, il ne fit point cette campagne, ayant été mis en disponibilité le 6 août 1812, par suite de ses démêlés avec le roi Jérôme.

Rappelé à la grande armée le 18 mars 1813, il y commanda le 1er corps. Maître de Haarbourg le 27 avril, le 29 il occupa l’île de Wilhemsburg, ce qui lui permit de commencer le bombardement de Haarbourg, que l’ennemi évacua dans la nuit du 30 au 31, et il se préparait à marcher contre les Russes, quand un armistice suspendit momentanément les hostilités.

Celles-ci étant reprises, il s’empara, le 25 août, de Perne et de Hodendorf, défit le 28, le duc de Wittemberg, à qui il fit 2 000 prisonniers, passa la gorge de la grande chaîne des montagnes de la Bohême et marcha sur Kulm, où 10 000 Russes, commandés par le général Ostermann, le contraignirent à rétrograder après un combat opiniâtre. [5]C'est la défaite de Kulm. Il est capturé par des Cosaques alors qu'il tentait de sauver son armée et fut fait prisonnier. Emmené à Moscou, puis transféré à Viazma.[6]

En 1814, à la signature de la paix. Il est de retour en France le 1er septembre, il est assigné à résidence à Cassel par ordre du gouvernement. L’événement du 20 mars 1815 le ramena sur la scène du monde. Il se rendit aussitôt à Paris. Pendant les Cent-Jours, Vandamme se rallie à l’Empereur qui le fait pair de France. Le 9 avril 1815, Napoléon le place à la tête du 3e corps d’armée, avec laquelle, après la Bataille de Ligny, il obtint un avantage significatif à Wavre.

Il poursuivait l’ennemi lorsqu’il apprit le désordre de la bataille de Waterloo. [7].

Cependant, constamment harcelé par les Prussiens, il opéra sa retraite en bon ordre, passa la Sambre à Namur, sans qu’ils osassent l’inquiéter, et continua son mouvement rétrograde sur Paris, où il ramena son corps d’armée presque intact ainsi qu’un matériel considérable. [8]

Vandamme occupait alors Montrouge, Meudon, Vanves et Issy. Plusieurs généraux, à la tête desquels on remarquait Philibert Fressinet, vinrent l’y trouver pour lui offrir le commandement en chef de l’armée : il refusa. — Paris étant occupé par les alliés, Vandamme se retira derrière la Loire, et envoya sa soumission au roi, ce qui ne l’empêcha pas d’être compris dans l’ordonnance du 24 juillet.

La restauration

Il se retira d’abord dans un château près de Limoges, mais le préfet de la Haute-Vienne lui ayant prescrit de sortir de ce département dans les vingt-quatre heures, il prit la route d’Orléans et se rendit à Vierzon.

Enfin, compris dans l’ordonnance du 14 juillet 1815, il lui fallut sortir du royaume, et ne trouvant pas d’asile en Belgique, il s’embarqua pour les États-Unis.

L’ordonnance du 1er décembre 1819, sur les bannis, mit fin à son exil ; il fut même rétabli, le 1er avril 1820, sur le cadre de l’état-major général comme disponible. Puis il prit sa retraite définitive le 1er janvier 1825.

Depuis cette époque, Vandamme vécut dans la retraite. Il passait la belle saison à Cassel, l’hiver à Gand, occupant ses loisirs à des œuvres de bienfaisance et à rédiger des Mémoires. Il mourut à Cassel, le 15 juillet 1830.

Son nom est inscrit sur le côté Nord de l’arc de triomphe de l'Étoile.

Notes et références

  1. Tradition Magazine Hors série N°26
  2. Il y avait déployé la bravoure la plus brillante et montré qu’il entendait la guerre, en indiquant aux commissaires de la Convention une manœuvre qui, exécutée comme il la projetait, eût coupé la retraite à l’ennemi ; aussi fut-il de suite employé à d’importantes opérations.
  3. En 1793, on lui avait reproché des actes de violence envers les habitants de la Flandre, et de terribles représailles à l’égard des émigrés pris les armes à la main.
  4. Ce magistrat se plaignit de cette violation de domicile au ministre de la guerre qui, ayant pris les ordres de l’Empereur, intima au général Vandamme l’ordre de quitter immédiatement la maison dont il s’était emparé, et de garder les arrêts pendant vingt-quatre heures. Napoléon oublia cette incartade
  5. On l’accusa, dans le temps, d’avoir causé sa défaite en restant à Kulm au lieu de se retirer sur les hauteurs; mais Vandamme, qui ne convint jamais de cette faute, a souvent dit, depuis, qu’il prouverait, dans des Mémoires qu’il projetait de publier et par des documents authentiques, qu’il suivit ses instructions, et que, d’ailleurs, il devait compter sur un renfort considérable qu’il attendit vainement. Quoi qu’il en soit, attaqué le 30 au matin, il se défendit vaillamment, et peut-être même se serait-il dégagé si, vers deux heures, une colonne ennemie, en débouchant par les montagnes, n’eût tombé sur ses derrières. Alors, cerné de toutes parts par 70 000 hommes, Vandamme, malgré des prodiges de valeur, fut mis en pleine déroute, et, criblé de blessures, il fut fait prisonnier.
  6. Conduit en présence de l’empereur Alexandre, ce prince s’oublia au point de l’apostropher des épithètes de brigand et de pillard. Faisant allusion aux soupçons d'assassinat ou tout au moins de complicité d'assassinat de Paul Ier par son fils Alexandre« Sire, lui répliqua Vandamme, je suis un soldat, mais il est un crime dont jamais ma main ne s’est souillée… — Qu’on l’emmène ! s’écria l’Empereur en lui tournant le dos.» Pourtant, il ordonna qu’on lui rendît son épée, que le grand duc Constantin lui avait fait enlever. (c'est une legende contesté par Vandamme meme- Albert Du Casse "Le général Vandamme et sa correspondance" Didier, Paris, 1870)
  7. On a souvent répété que les généraux Vandamme et Gérard avait fortement engagé le maréchal Grouchy à marcher sur Waterloo. À cet égard, Vandamme n’a jamais voulu s’expliquer. — Quoi qu’il en soit, dans sa position, il pouvait être écrasé
  8. Son armée fit croire un moment que les destinées de la France n’avaient pas été totalement décidées à la bataille de Waterloo, « Je suis fier, écrivait-il à la Chambre des représentants, d’être venu au secours de la capitale avec une pareille armée. Ses courageuses dispositions ne peuvent manquer de nous faire obtenir des conditions plus avantageuses, si nous sommes obligés de traiter avec l’ennemi.

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