Disparitions forcées

Disparition forcée

Photos de desaparecidos d'Argentine pendant la guerre sale

Une disparition forcée se produit quand une organisation fait disparaître une ou plusieurs personnes par le meurtre ou la séquestration. La disparation forcée est un crime contre l'humanité selon le statut de Rome de la cour pénale internationale depuis le 1er juillet 2002.

Sommaire

Définition

La disparition forcée est, selon l’article 2 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées[1] « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».

Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées

La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a été adoptée le 20 décembre 2006 par l'ONU. Elle stipule que les disparitions forcées constituent un crime contre l'humanité. Les familles de disparus peuvent ainsi demander réparation et en particulier à connaître la vérité sur le sort de leurs proches.

Selon les termes de l’article premier alinéa 2 de cette même convention, « aucune circonstance exceptionnelle quelle qu’elle soit ne peut être invoquée pour justifier la disparition forcée ».

Exemples connus de disparitions forcées

Algérie

Entre 1992 et 1997, plusieurs milliers personnes disparurent en Algérie[2]. Une partie des disparitions a été attribuée aux islamistes mais une autre l'a été aux services de sécurité de l'État. Les chiffres officiels sont d'environ 6 000 disparus, mais d'autres sources parlent de 17 000. La guerre civile algérienne a causé en tout entre 150 000 et 200 000 morts. En 2005, une compensation financière a été versée aux familles des disparus, mettant un terme officiel aux enquêtes de la police.

Argentine

Photos de disparus durant une manifestation des mères de la Place de Mai

Durant la guerre sale d'Argentine et l'opération Condor, les opposants politiques étaient drogués et jetés vivants depuis des avions (vols de la mort) dans l'océan atlantique ou le Río de la Plata, ne laissant aucune trace de leur disparition. Entre 1976 et 1983, jusqu'à 30 000 personnes auraient disparu pendant le régime de la junte militaire (9 000 noms ont été vérifiés selon le rapport de la commission nationale sur la disparition des personnes[3]).

En l'absence de corps, le gouvernement avait la possibilité de nier qu'ils avaient été tués. Les disparus sont appelés los desaparecidos et l'expression moderne vient de cette appellation.

Irak

Plusieurs dizaines de milliers de personnes disparurent durant le régime de Saddam Hussein en Irak, une grande partie d'entre elles durant l'opération Anfal[4].

Iran

À la suite des émeutes de 1999, plus de 70 étudiants disparurent en Iran[5]. L'ONU a rapporté d'autres disparitions. Des disparitions se produiraient après chaque manifestation. Les écrivains dissidents seraient également des cibles de ce genre d'attaques.

Irlande

Durant « les troubles » d'Irlande du Nord, de nombreuses personnes ont été portées disparues. Deux cas connus sont ceux de Jean McConville enlevée et tuée par l'Armée républicaine irlandaise en 1972 (et dont le corps a été finalement retrouvé en 2003) et Columba McVeigh qui fut abattue à 17 ans en 1975. Ces cas sont actuellement sous investigation de la « commission indépendante pour la localisation des restes des victimes »[6].

Nazisme

Pendant la seconde guerre mondiale, les nazis avaient mis en place des forces de police et des branches de la Gestapo dans les pays occupés afin de traquer les dissidents et les partisans. Cette opération reçut le nom de "Nuit et brouillard". La méthode était également appliquée contre les opposants au régime en Allemagne.

Sahara occidental

Depuis que le Maroc a envahi le Sahara occidental en 1975, environ 1 500 personnes jugées sympathisantes du Front Polisario, ont été enlevées. Les détenus ont été soumis à des tortures dans des camps de détention comme ceux de Tazmamart et de Carcel Negra. 500 d'entre eux n'ont jamais été retrouvés. En 2007, le Maroc a cependant signé la convention internationale protégeant les personnes des disparitions forcées[7],[8].

Tchétchénie

Environ 5 000 personnes ont disparues en Tchétchénie depuis 1999. Les statistiques officielles donnent un chiffre de 2 090 personnes[9].

URSS

Le commissaire Nikolai Iejov tombé en disgrâce, disparu et éliminé de la photo à gauche de Staline
La photo avant les retouches

Dans l'ancienne URSS, la damnatio memoriae était pratiquée et, après les purges Staliniennes, les photographies représentant les disparus étaient retouchées. Il était même recommandé de ne plus parler de ces personnes. Le destin de dizaines de milliers de ces personnes n'a été connu qu'après les années 1950, lors de la déstalinisation.

Bibliographie

Littérature

Essais

Guide de recherche des personnes disparues : disparition volontaire, involontaire ou inquiétante de Gérard Desmaretz Chiron, 2005.

Cinéma

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

  • Coalition internationale contre les disparitions forcées

Lien externe

Coalition internationale contre les disparitions forcées

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