Adam Jerzy Czartorysky

Adam Jerzy Czartoryski

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Blason Pogoń Litewska dit des Jagellons

Adam Jerzy Czartoryski, (prononcer Tchartoryski) (14 janvier 1770 à Varsovie15 juillet 1861) à Montfermeil près de Meaux.

Il fut un homme d'État, écrivain et diplomate polonais, ministre des Affaires étrangères de la Russie impériale de 1804 à 1806, président du Conseil des ministres de la Russie impériale de 1804 à 1806, président du gouvernement national polonais (1830), sénateur palatin de Pologne.

Sommaire

Famille

Fils du prince Adam Kazimierz Czartoryski et d'Izabela Fleming (bien qu'il fût dit à cette époque que le prince était le fruit d'une liaison entre l'ambassadeur de Russie en Pologne, le prince Nicolaï Vassilievitch Repnine, et la princesse Czartoryska[1].). Le prince possédait aussi du sang royal et était issu d'une des familles les plus anciennes de Pologne.

Mariage et descendance

Le prince Czartoryski et ses fils

Le 25 septembre 1817 Adam Jerzy Czartoryski épousa la princesse Sofia Anna Sapieżanka (1799-1864).

Trois enfants naquirent de cette union :

  • Witold Czartoryski (1824-1865)
  • Ladislas Czartoryski (1828-1894)
  • Isabella Czartoryski, elle épousa en 1857 Janvier Działyński.

Biographie

Le prince Czartoryski fut célèbre comme ministre des Affaires étrangères de la Russie impériale et aussi comme patriote polonais. Il aurait été très épris de la jeune et belle Elisabeth, l'épouse du tsar Alexandre Ier de Russie. Le prince se distingua pour avoir dirigé, à des moments différents, les gouvernements de deux pays mutuellement hostiles. Le prince jouit constamment de la faveur d'Alexandre Ier. Il tint un salon à Paris extrêmement réputé.

Enfance

Adam Jerzy Czartoryski naquit à Varsovie et reçut un enseignement à domicile d'éminents pédagogues, français pour la plupart. Le prince ne fut jamais influencé par les idées des Lumières à la française ou plus tard par celles de la révolution française, mais plutôt par une certaine logique à la française. Il considérait aussi la Russie, comme un pays arriéré, et ressentait du mépris pour le peuple russe[2].

Voyages

En 1786, Adam Jerzy Czartoryski se rendit à l'étranger, principalement en Allemagne. À Gotha, le prince entendit Goethe faire la lecture de son Iphigénie en Tauride et il fit la connaissance de Johann Gottfried Herder, et du poète Christoph Martin Wieland (1733-1813).

Le jeune prince Czartoryski visita l'Angleterre avec sa mère en 1789. Au cours de ce voyage, il assista au procès du gouverneur-général des Indes Lord Hastings (1732-1818). Au cours de sa seconde visite en 1793, le prince se lia avec un grand nombre d'aristocrates britanniques et il étudia la Constitution anglaise.

Le prince Czartoryski combattit pour son pays natal pendant la seconde Guerre de partition (1793). Lors du troisième partage de la Pologne (1795), ses domaines lui furent confisqués (mai 1795). Le prince et son jeune frère Constantin furent appelés à la cour de Saint-Pétersbourg.

Au service de la Russie

En 1795, après la disparition de la Pologne de la scène européenne, les deux frères Czartoryski furent contraints de servir la Russie. Adam Jerzy Czartoryski devint officier de cavalerie et son frère Constantin servit dans la Garde à Pied. La Grande Catherine fut favorablement impressionnée par les deux jeunes Polonais, car elle leur rendit une partie de leurs biens en 1796.

Czartoryski fit la connaissance de son petit-fils, le grand-duc Alexandre Pavlovitch de Russie (futur empereur Alexandre Ier), au cours d'un bal donné par la princesse Galitzine, et une forte amitié intellectuelle naquit entre les deux jeunes gens.

Après l'accession au trône de Paul Ier (1796), le prince Czartoryski fut nommé aide de camp au service d'Alexandre Pavlovitch (devenu tsarévitch) et fut autorisé à se rendre dans ses domaines polonais pour une durée de trois mois.

Carrière diplomatique

Le prince Czartoryski fut en faveur auprès de Paul Ier pendant tout son règne. Il fut nommé ambassadeur de Russie à la Cour de Charles Emmanuel IV de Sardaigne en décembre 1798. En arrivant en Italie, il constata que ce monarque était un roi sans royaume, de sorte que sa première mission diplomatique se résuma à un agréable voyage à travers l'Italie : il apprit l'italien et visita avec minutie les vestiges de Rome.

Au printemps 1801, le nouveau tsar Alexandre rappela son ami à Saint-Pétersbourg.

Ministre des Affaires étrangères

Alexandre Ier nomma le prince Czartoryski conservateur de l'Académie de Vilna (aujourd'hui Vilnius) le 13 avril 1803.

Le prince fut nommé ministre des Affaires étrangères en 1804 et dirigea ainsi toute la diplomatie russe. Sa première action fut de protester énergiquement contre l'exécution du duc d'Enghien (20 mars 1804). Il était de plus favorable à une rupture immédiate avec le gouvernement révolutionnaire français et le Premier Consul Napoléon Bonaparte.

Le ministre français, le comte d'Hédouville quitta donc Saint-Pétersbourg le 7 juin 1804 et le 11 du même mois une note dictée par le prince Czartoryski à Alexandre Ier fut envoyée à l'ambassadeur de Russie à Londres. Il demandait la formation d'une coalition anti-française. Il fut également l'auteur de la Convention du 6 novembre 1804 par laquelle la Russie mettait 115 000 hommes et l'Autriche 235 000 hommes afin de combattre Napoléon Ier.

En avril 1805, le prince signa une alliance offensive et défensive avec le Royaume-Uni.

Cependant, l'acte ministériel le plus célèbre du prince fut rédigé en 1805 ; celui-ci visait à transformer l'ensemble de la carte de l'Europe. La Prusse et l'Autriche se partageraient l'Allemagne, quant à la Russie, elle voulait s'octroyer les Dardanelles, les bords de la Mer de Marmara, le Bosphore avec Constantinople et Corfou; l'Autriche recevrait la Bosnie, la Valachie et Raguse, le Monténégro élargi de Mostar et des Îles Ioniennes afin de former un État séparé. Le Royaume-Uni et la Russie se donnaient pour mission de maintenir l'équilibre en Europe. En contrepartie de leurs acquisitions en Allemagne, l'Autriche et la Prusse consentaient à fondation de la ville libre de Dantzig (Gdansk aujourd'hui), peuplée d'Allemands, aux sources de la Vistule sous la protection de la Russie. Ce projet présentait à l'époque la meilleure garantie pour l'existence d'une Pologne indépendante, mais dans l'intervalle l'Autriche négocia avec l'Angleterre et une guerre s'ensuivit.

Le prince Czartoryski accompagna l'empereur Alexandre en 1805 en voyage à Berlin et Olmütz. Le prince considéra cette visite à Berlin comme une erreur fondamentale, car il se méfiait de la Prusse, mais le tsar ignora les conseils de son ami et le prince perdit la faveur impériale deux ans après. Plus tard, au Congrès de Paris, alors qu'il était au sommet de sa carrière politique, il fut extrêmement frappé par la nouvelle de son renvoi. Il avait cru qu'Alexandre mettait en pratique ses propres idées, mais il découvrit alors qu'il avait été utilisé pour son expérience et son érudition[3]. Il fut remplacé par Budberg. En fait, le prince travailla , pendant la durée de son portefeuille aux Affaires étrangères, à la restauration de la Pologne, ce que n'ignorait pas le tzar.

Malgré tout, Czartoryski continua à jouir de la confiance qu'Alexandre lui accordait en privé. Ce dernier confessa au prince en 1810 que la politique qu'il avait suivie en 1805 était erronée, qu'il n'avait pas fait bon usage des ses possibilités.

Cette même année, Czartoryski quitta Saint-Pétersbourg pour toujours, mais les relations entre le tsar et le prince demeurèrent excellentes. Peu de temps avant la signature de l'alliance russo-prussienne du 20 février 1813, après la retraite de Russie de Napoléon, les deux amis furent de nouveau réunis à Kalisz (Grande Pologne). Le prince fit partie de la suite de l'empereur de Russie, lors de son entrée à la tête de ses troupes à Paris en 1814, à Paris.

Adam Czartoryski fut d'une aide efficace pour l'empereur de Russie pendant le congrès de Vienne.

Carrière post-ministérielle

Il était communément admis que le prince Czartoryski, plus que tout autre, avait préparé la voie du Congrès de Pologne et avait également permis l'élaboration de la Constution du royaume de Pologne, et tout le monde pensait donc qu'il serait nommé régent du royaume de Pologne, mais il n'en fut rien. Il continua à garder son titre de sénateur palatin de Pologne et à diriger une partie de l'administration polonaise. Ce fut Joseph Zaronczck qui obtint cette fonction. Il se retira des affaires, quand il se reconnut impuissant à protéger ses compatriotes.

Le 25 septembre 1817, le prince épousa Izabela Sapieżanka. Avant son union avec la princesse, un duel l'opposa à son ami le comte Ludwig Pac. [4]

Au décès de son père survenu en 1823, le prince Czartoryski se retira dans le château ancestral de Pulawy, mais l'insurrection de novembre 1830 le contraignit à revenir à la vie politique. Devenu Président du gouvernement provisoire de Pologne, poste auquel il fut nommé le 18 décembre 1830, il fut élu chef du Conseil suprême du gouvernement national polonais par 121 voix sur 138 en janvier 1831.

Czartoryski désapprouva les excès révolutionnaires du peuple de Varsovie et manifesta cette désapprobation le 6 septembre 1831, en démissionnant du gouvernement, alors qu'il avait sacrifié la moitié de sa fortune à la cause nationale. Pendant toute la durée des émeutes il ne fut pas à la hauteur de sa réputation. Sexagénaire, il fit pourtant preuve d'une grande énergie. Le 23 août 1831, il rejoignit l'armée du général italien Gerolamo Ramorino (1792-1849) qui, avec un corps de volontaires, s'était mis au service de la cause polonaise. Par la suite, il fonda une confédération de trois provinces méridionales : Kalisz, Sandomir et Cracovie. A la fin de la guerre, lorsque le soulèvement polonais fut écrasé par l'armée russe, il fut condamné à mort [4] mais sa peine fut commuée en condamnation à l'exil.

Exil en France

Le prince Czartoryski fonda l'Association littéraire des Amis de la Pologne en Angleterre, le 25 février 1832, puis se réfugia définitivment en France en 1833], où demeurait la plupart des Polonais de l'émigration acquis à la cause nationale. Il acheta, grâce à sa fortune considérable, le magnifique hôtel Lambert à l'île de Saint Louis à Paris qui resta dans la famille Czartoryski, jusqu'au milieu du XXe siècle. Il aida aussi à la fondation en Turquie en 1842 d'un village polonais du nom d'Adampol (ville d'Adam, aujourd'hui Polonesköy).

L'hôtel Lambert fut un véritable foyer de la cause polonaise en Europe, de tendance conservatrice et aristocratique. Le prince y installa une bibliothèque et diverses sociétés littéraires ou d'entraide. Il y donnait souvent de magnifiques réceptions où se côtoyaient l'aristocratie française et européenne de l'époque et de grandes figures comme George Sand ou Frédéric Chopin, Adam Mickiewicz ou Lamartine, Delacroix ou Balzac, Berlioz ou Liszt, etc...

Décès

Le prince Czartoryski mourut en France dans sa résidence de Montfermeil, près de Meaux, le 15 juillet 1861.

À noter

Le prince Czartoryski fait une brève apparition dans le tome III du roman de Léon Tolstoï Guerre et paix, le prince apparait lors d'une conférence qui se déroula à Olmütz le 18 novembre 1805, peu avant la bataille d'Austerlitz.

Bibliographie

  • Essai sur la diplomatie (Marseille 1830)
  • Vie de J.U. Niemcewicz (Paris 1860)
  • La correspondance de Alexandre Ier de Czartoryski et des conversations 1801-1823)(Paris 1863)
  • Mémoires et correspondances avec Alexandre Ier (Paris 1887)
  • Mémoires de Czartoryski
  • Des documents relatifs à ses négociations avec Pitt et les conversations avec Palmerston en 1832 (Londres 1888)

Voir aussi

Liens internes

Liens externes et sources

Sources

  • Alexandre Ier Le Feu follet d'Alexandre Arkanguelski
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Notes et références

  1. Voir John P. Ledonne,La grande stratégie de l'Empire Russe, Oxford University Press, 2003, ISBN 0-19-516100-9, p. 210. [(Although it is also rumoured that in reality he was the son of Russian ambassador Nicholas Repnin [1] )] [(Même s'il est également dit qu'en réalité il était le fils de l'ambassadeur russe Nicolas Répnine
  2. Alexandre Ier Le Feu follet d'Alexandre Arkahanguelsi page 58
  3. Le prince était un cartographe réputé.
  4. a  et b http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Adam_Jerzy_Czartoryski&sa=X&oi=translate&resnum=5&ct=result&prev=/search%3Fq%3Dadam%2Bjerszy%2Bczartoryski%26hl%3Dfr


Précédé de :
Alexandre Romanovitch Vorontsov
Ministre des Affaires étrangères de Russie
1804-1806
Suivi de :
Andreï Iakovlevitch Budberg


Précédé de :
Alexandre Romanovitch Vorontsov
Président du Conseil des ministres de la Russie impériale
1804-1806
Suivi de :
Andreï Iakovlevitch Budberg

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