Acquigny

49° 10′ 25″ N 1° 10′ 45″ E / 49.1736111111, 1.17916666667

Acquigny
Administration
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Évreux
Canton Louviers-Sud
Code commune 27003
Code postal 27400
Maire
Mandat en cours
Michèle Lescène
20082014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Seine-Eure
Site web www.acquigny.fr
Démographie
Population 1 611 hab. (2008)
Densité 90 hab./km²
Gentilé Acquignicien, Acquignicienne
Géographie
Coordonnées 49° 10′ 25″ Nord
       1° 10′ 45″ Est
/ 49.1736111111, 1.17916666667
Altitudes mini. 14 m — maxi. 143 m
Superficie 17,83 km2

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Acquigny est une commune française, située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie.

Sommaire

Géographie

Histoire

Acquigny, canton de Louviers, était avant la Révolution une paroisse du diocèse d'Évreux, doyenné de Louviers, vicomté et élection de Pont-de-l'Arche, généralité de Rouen. Les moines de Conches y possédaient le prieuré de saint Mauxe et de saint Vénérand, et avaient le patronage de l'église qu'ils échangèrent au XVIIIe siècle avec les seigneurs du lieu.

Cette commune était le chef-lieu d'une ancienne baronnie longtemps divisée en plusieurs parties et possédée par d'illustres familles[1].

Le titre le plus ancien où il soit fait mention d'Acquigny est un diplôme de Charles II le Chauve qui confirme en 876 les possessions de l'abbaye de Saint-Ouen[1].

Si l'on s'en rapporte à la légende, Acquigny serait devenue célèbre par le martyre de saint Mauxe et de saint Vénérand (entre le IIIe et le Ve siècle) : une chapelle dans le cimetière en perpétue le souvenir. Fêtes le 25 mai et le 19 novembre.

Vers l'an 1035, Roger de Tosny, seigneur de Conches, ayant fondé l'abbaye de Conches, lui donna l'église d'Acquigny avec la dîme du blé, du vin, du poisson pêché dans l'Eure et des moulins[1].

Les biens de cette puissante famille, implantée tout d’abord à Tosny, au sud des Andelys, s'étendent en direction du sud-ouest, région de vastes plateaux, alors en partie couverts de forêts, traversés par les vallées fertiles de la Risle, de l’Iton et du Rouloir. Outre Tosny, elle tient trois forteresses : Conches (le centre de leur honneur), Portes et Acquigny, auxquels il faut ajouter des domaines dispersés en vallée d'Eure (Fontaine-sous-Jouy, Cailly-sur-Eure, Planches, Acquigny), en vallée de la Seine (Tosny, Villers-sur-le-Roule, Bernières-sur-Seine), en Vexin Normand (Vesly, Guerny, Villers-en-Vexin, Hacqueville, Heuqueville, Val de Pîtres), en Pays de Caux et Talou autour de Blainville-Crevon, de Mortemer-sur-Eaulne, de Dieppe et de Yerville[2].

Quand cette paroisse fut sans curé en 1840, l’abbé Jacques-Désiré Laval y allait pour assurer la messe.

Héraldique

blason

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

d’azur au lion d’argent et lampassé de gueules, accompagné de trois soleils non figurés d’or, au chevronnel abaissé aussi d’argent brochant, à la fillière cousue aussi de gueules.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1899 1900 Marcel Picard (15 mois)    
1900 1908 Eugène Langlois (8 ans)    
1908 1912 Joseph Duchesne (4 ans)    
1912 1919 Maurice Langlois (2 ans)[3]    
1919 1922 Augustin Bréham (5 + 3 ans)[3]    
1922 1933 Paul Bellemère (11 ans)    
1933 1935 Joseph Duchesne (2 ans)    
1935 1945 Arsène Maupas (10 ans)    
1945 1959 Georges Maubuisson (14 ans)    
1959 1971 Roger d'Esneval (12 ans)    
1971 1983 Michel Lecomte (12 ans)    
1983 2006 Guy Lheureux (23 ans) DVD  
2006 2008 André Oviève (20 mois)    
2008 en cours Michèle Lescène    

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008
961 975 1006 1055 1292 1448 1611
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

Château et son parc

Article détaillé : Château d'Acquigny.
Article détaillé : Liste des seigneurs d'Acquigny.
Le château d'Acquigny

Dès le haut Moyen Âge, le site fut fortifié pour contrôler la navigation sur l’Eure. Enjeu des guerres franco-normandes puis franco-anglaises pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse fut prise par les armées de Charles V en 1364 puis rasée en 1378. Le château actuel fut construit à partir de 1557 par Anne de Laval, veuve de Louis de Silly, cousine du roi et première dame d’honneur de Catherine de Médicis.

Dessiné vers 1820, le parc paysager a été conçu pour mettre en valeur le château et le site. L’alternance des pelouses, des bosquets d’arbustes à fleurs, de rhododendrons et des plans d’eau constitue un paysage harmonieux.

Église Sainte-Cécile

La physionomie de l’église Sainte-Cécile d’Acquigny, telle qu’elle se présente aujourd’hui, est marquée par le XVIIIe siècle. Elle a été construite vers 1545 pour le chœur, et entre 1552 et 1572 pour la nef, époque qui fut aussi celle de l’édification du château d’Acquigny. Si donc, aujourd’hui, nous pouvons être trompés par l’unité stylistique de cet édifice et de son décor, c’est que ses caractéristiques actuelles sont dues à la volonté continue d’un seul homme : Pierre Robert Le Roux d’Esneval, qui appartenait à une illustre famille de robins rouennais. Pierre-Robert Le Roux d’Esneval était président à mortier au parlement de Normandie, il est plus connu sous le nom de « Président d’Acquigny ».

L'église Sainte-Cécile d'Acquigny

La façade a été refaite par « le Président » avec l’aide de son architecte rouennais Charles Thibault. Il fit reconstruire la tour du clocher vers 1750 et la façade vers 1780, l’une en brique et l’autre en pierre. On peut y reconnaître les figures, en bas-relief, de saint Mauxe et de saint Vénérand sculptées par Fouquet.

La décoration intérieure est l’œuvre du « Président d’Acquigny ». Cette décoration est marquée par les boiseries, la dorure et les tableaux. La première pierre des constructions fut bénie le 27 septembre 1755 et les travaux terminés le 27 mai 1756.

Le chœur. Au fond, on distingue la chapelle du Saint-Esprit.

Le chœur a été restauré en 1976, à la suite du classement de l’église en 1975.

Le maître–autel fut construit en 1748 en l’honneur de la naissance du fils du « Président d’Acquigny », Esprit-Robert-Marie Le Roux d’Esneval.

La chapelle du Saint-Esprit

La chapelle du Saint-Esprit édifiée derrière le maître-autel est le joyau de cette église. Ce véritable petit salon fut dédié au Saint-Esprit le 12 décembre 1769.

L'oratoire du « Président d'Acquigny »

La superficie de la sacristie est très importante, en particulier pour une église de village. Au-dessus de cette sacristie de trouvent les appartement du Président restés dans l’état où il les avait laissés. Notamment, son petit oratoire surplombé d’un crâne joliment présenté dans une vitrine devant lequel il pouvait méditer. Ce crâne est celui de Dom Rigober Lévesque mort le 14 novembre 1679.

Visite de l'église

On peut visiter la nef, le chœur et la sacristie tous les samedis de 15h30 à 17h30 de la mi-juin aux Journées du patrimoine.

Martyre de saint Mauxe et saint Vénérand

L'autel du Clos Saint-Mauxe tel qu'il était encore vers 1965–1970. Aujourd'hui, il a totalement disparu.
Bustes reliquaires de saint Mauxe et saint Vénérand

Depuis le début du Ve siècle Acquigny est célèbre pour le culte de saint Mauxe et saint Vénérand. Selon la légende, Mauxe serait un évêque d’origine italienne qui après avoir souffert pour la foi dans son pays se serait sauvé dans les Gaules accompagné de Vénérand, son diacre et son frère par le sang. Poursuivis par Sabinus, le proconsul auquel ils avaient échappé en Italie, ils furent rejoints sur les bords de l’Eure à Acquigny. Là, Sabinus fit trancher la tête de saint Mauxe, de saint Vénérand et de 38 de ses propres soldats que venaient de convertir les paroles et les miracles du saint évêque. L’endroit même où eu lieu le martyre porte encore le nom de Clos Saint-Mauxe. Les chefs de saint Mauxe et saint Vénérand sont conservés dans une châsse reliquaire. Cette châsse, qui a été restaurée récemment, se trouve à l’heure actuelle (2008) dans la salle des archives de la mairie d’Acquigny.

Ancienne prison

À proximité du château, et près du pont sur la rive droite de l'Eure, on trouve « l'Ancienne prison » qui est un bâtiment XVIe siècle, en partie du XIVe siècle [4].

La croisée à meneaux de l'Ancienne prison d'Acquigny.

En réalité, il ne s'agit pas d'une prison mais d'un ancien tribunal. En effet, à partir du XVe siècle, la baronnie d'Acquigny qui avait droits de haute, moyenne et basse justice, y tenait audience. Comme ce tribunal possédait des cachots au rez-de-chaussée (qui est aujourd'hui un sous-sol à demi-enterré), on lui a donné par la suite le nom de « Prison », et encore aujourd'hui d'« Ancienne prison », les cachots étant toujours existants ainsi qu'un départ de souterrain d'une hauteur assez inhabituelle.

Au premier étage se situait la salle d'audience. Cette maison étant transformée en habitation, le volume de cette salle est aujourd'hui un peu modifié. Il y a encore quelques années, des « anciens » de la commune d'Acquigny se souvenaient avoir vu jusqu'à la dernière guerre un tableau dans cette salle représentant un Christ entouré de la Vierge et de saint Jean. Ce tableau est déjà cité par l'abbé Lebeurier en 1892[5].
Le promeneur pourra découvrir sur le mur ouest une belle fenêtre à meneaux dont la partie intérieure comporte des coussièges.
Il est probable que cette maison ait été construite à l'emplacement où se trouvait le manoir de Guillaume de Poissy au XIIIe siècle[6].

Autour d’Acquigny vous pouvez découvrir

Anecdote

Voir aussi

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Article connexe

Sources et bibliographie

  • Acquigny – Notice sur la commune avant 1790, abbé P.-F. Lebeurier, ancien élève de l'École des chartes, chanoine honoraire d'Évreux et archiviste de l'Eure. Cet ouvrage a été réédité en 1992 sous forme de fac-similé dans le cadre des Monographies des villes & villages de France chez Res Universalis. (ISBN 2-87760-0015-8)
  • Histoire du parlement de Normandie, Amable Floquet, 7 volumes, Rouen, Édouard Frère, 1840-1842.
  • Inventaire des monuments historiques, 1969, numéro de notice IA00019348.

Notes et références

  1. a, b et c Annuaire administratif, statistique et historique du département de l'Eure pour l'année 1862, Canu, Imprimeur de la préfecture, Évreux, 1862.
  2. Aux origines d'une classe dirigeante : les Tosny, grands barons normands du Xe au XIIe siècle, Lucien Musset, Sonderdruck aus Francia Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, Munich, 1978.
  3. a et b Monsieur Maurice Langlois a été tué au cours de la guerre 1914–1918 et c'est Monsieur Augustin Bréham, adjoint, qui a fait fonction de maire pendant cinq ans.
  4. Base Mérimée.
  5. Acquigny – Notice sur la commune avant 1790, abbé P.-F. Lebeurier.
  6. Voir Inventaire des monuments historiques, 1969 à la section Sources et bibliographie.

Liens externes


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