Accum

Friedrich Accum

Friedrich Accum
Portrait par Samuel Drummond.

Friedrich Christian Accum ou Frederick Accum, né à Bückeburg le 29 mars 1769 et mort à Berlin le 28 juin 1838, est un chimiste allemand. Ses principaux apports ont concerné l'éclairage au gaz, la lutte contre la nourriture toxique, et la popularisation de la chimie auprès du grand public [1]. Après un apprentissage comme apothicaire, il vécut à Londres de 1793 à 1821 en tant que "chimiste indépendant" : il fabriqua et vendit des produits chimiques et des instruments scientifiques, tint des enseignements payants de chimie expérimentale, et collabora avec des institutions de recherche variées.

Accum s'impliqua dans le domaine du gaz d'éclairage, influencé dans ce sens par Frederick Albert Winsor qui avait promu la fondation d'une entreprise visant à introduire l'éclairage au gaz à Londres. Sur la demande de la Gas Light and Coke Company, il entreprit de nombreuses expériences sur le sujet, et en 1812 il devint membre du conseil d'administration de l'entreprise. L'utilisation du gaz d'éclairage pour l'éclairage public ou dans la sphère privée passa notamment par la création de la première grande usine de production de gaz, dont il fut l'un des concepteurs.

Ses publications, pour la plupart en anglais, était écrite dans un style accessible au grand public, ce qui contribua fortement à la popularisation de la chimie à cette époque. En 1820, Accum publia un Treatise on Adulteration of Food ("traité sur la nourriture frelatée", dans lequel il dénonce l'utilisation d'ingrédients toxiques, ce qui marque les débuts de l'intérêt pour la nutrition : Accum fut le premier à s'intéresser à ce sujet tout en touchant un public important. Bien que son livre se soit très bien vendu, ses tentatives pour éveiller la conscience du grand public dans ce domaine lui attirèrent de nombreux ennemis dans l'industrie alimentaire à Londres. Il quitta l'Angleterre après un procès lancé contre lui, et consacra la fin de sa vie à l'enseignement à Berlin

Sommaire

Jeunesse et éducation

Friedrich Accum jeune. Reproduction en noir et blanc d'une peinture à l'huile du beau-frère d'Accum, Wilhelm Strack.

Accum est né à Bückeburg, une ville de la Principauté de Schaumbourg-Lippe (actuellement en Basse-Saxe) une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Hanovre. Son père Markus Herz, qui est originaire de Vlotho (une ville du nord de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie), a servi dans un régiment d'infanterie du comte Georg Wilhelm de Schaumburg-Lippe. D'origine juive, il se convertit au protestantisme en 1755. Peu après, il épouse à Bückeburg Judith Berth La Mottein. Judith est la fille d'un chapelier, membre de la communauté française de Berlin, et son grand-père un réfugié français ayant fuit les persécutions à l'encontre des Hugenots [2].

Lors de son baptême, Markus Herz change son nom en Christian Accum. En plus de choisir comme prénom Christian, il choisit de souligner encore sa conversion à la religion chrétienne en prenant pour nom Accum, nom dérivé du mot hébreu "Akum" signifiant "non-Juif". On ne sait pas s'il décide de cette conversion de son propre chef ou sous la pression de sa future belle-famille. Quoi qu'il en soit à la suite de son mariage, il devient commerçant indépendant et fabriquant de savon et habite dans un premier temps la maison de ses beaux-parents au 141 Schulstraße à Bückeburg. Il devient citoyen de la ville 9 ans après son mariage [3]. Il meurt à 45 ans le 9 mai 1772, 3 ans après la naissance de Friedrich Christian.

Friedrich Accum effectue ses études au Lycée Adolfinum de Bückeburg et bénéficie également de leçons privées de français et d'anglais. A la fin de ses études, il réalise son apprentissage d'apothicaire à Hanovre chez des amis de la famille Accum, les Brande [4]. Les Brande possèdent également un bureau à Londres et sont les apothicaires de George III, roi d'Angleterre et futur roi de Hanovre [5]. A cette époque, Londres est un lieu très attractif pour les scientifiques de toute l'Europe [6]. Friedrich y émigre en 1793 pour occuper un poste d'assistant apothicaire pour Brande sur Arlington Street.

Les premières années à Londres

Après avoir travaillé comme apothicaire pour la famille Brand, Accum poursuit des études scientifiques, et assiste à des cours de médecine à l'école d'anatomie de Great Windmill Street. Il y fait la connaissance du chirurgien Anthony Carlisle (1768–1842) et du chimiste William Nicholson (1753–1815), dans le journal duquel il publie son premier article en 1798 [7]. Le 10 mai 1798, il épouse Mary Ann Simpson (6 mars 1777 – 1er mars 1816 à Londres). Entretemps, il a anglicisé son nom en "Frederick Accum". Frederick et Mary Ann auront 8 enfants en tout, mais deux seulement dépasseront le stade de l'enfance.

A l'automne 1799, un traduction parait dans le journal de Nicholson des travaux pionniers de Franz Carl Achard concernant la production de sucre à partir de la betterave. Jusqu'alors, la seule plante permettant de produire du sucre est la canne à sucre, cultivée aux Amériques. Ces travaux sont accueillis avec un grand intérêt, puisqu'ils pourraient permettre la création d'une industrie du sucre locale. Peu de temps après la publication de cet article, Accum reçoit des échantillons de betterave de Berlin et les montre à William Nicholson. Il s'agissait alors des premières betteraves sucrières étudiées en Angleterre, et Nicholson publie un rapport détaillé de ses observations dans l'édition de janvier de son journal, dans lequel il écrit que le goût du sucre issu de la betterave est aussi bon que celui issu de la canne à sucre [8].

travail dans un laboratoire, marchant puis enseignant particulier

En 1800, Accum et sa famille quittent le 17 Haymarket pour le 11 Old Compton Street, où ils passeront les 20 années suivantes et qui en plus de domicile servira d'école, de laboratoire où il effectuera ses expériences, et de magasins de produits chimiques et d'instruments scientifiques. Sur les cartes de visites dont il se sert pour faire de la publicité pour ses services, il décrit ses activités de la manière suivante :

Mr Accum acquaints the Patrons and Amateurs of Chemistry that he continues to give private Courses of Lectures on Operative and Philosophical Chemistry, Practical Pharmacy and the Art of Analysis, as well as to take Resident Pupils in his House, and that he keeps constantly on sale in as pure a state as possible, all the Re-Agents and Articles of Research made use of in Experimental Chemistry, together with a complete Collection of Chemical Apparatus and Instruments calculated to Suit the conveniences of Different Purchasers.[9]

en français :

Mr Accum informe les mécènes et les amateurs de chimie qu'il continue a donner des cours privés sous forme de conférences de chimie philosophique et pratique, de pharmacie pratique et d'art de l'analyse, de même qu'il accueille des étudiants résidents à son domicile, et qu'il met constamment à disposition à la vente dans l'état le plus pur possible tous les réactifs et les articles de recherche dont on fait usage en chimie expérimentale, ainsi qu'une collection complète d'appareils et d'instruments de chimie conçus pour satisfaire les souhaits des différents acheteurs.

Il distribue un catalogue des marchandises mis en vente à son magasin de Old Compton Street, et l'envoie également sur demande dans d'autres villes en Angleterre et à l'étranger.

Durant plusieurs années, le laboratoire d'Accum est le seul endroit en Angleterre ou il est possible d'assister à des cours de chimie pratique en laboratoire, en plus des conférences théoriques de chimie. Les enseignements d'Accum attirent au moins en partie un public de qualité. Ses auditeurs comptent notamment les célèbre homme politique londonien et futur premier ministre Lord Palmerston, le Duc de Bedford et le Duc de Northumberland. De plus, son laboratoire est le premier en Europe à être visité par des étudiants et des savants venus des États Unis, parmi lesquels Benjamin Silliman et William Dandridge Peck. Plus tard, lorsque Silliman devient professeur de chimie à Université Yale (alors college Yale) à New Haven, il commande ses premiers équipements de laboratoire à Londres à Accum. Charles Albert Browne, biographe de Accum, présume dans ses travaux de 1925 que certaines des anciennes facultés américaines possèdent encore des factures du magasin de Accum [10].

Avec le développement de nouveaux appareils de laboratoire, Accum occupe une position de moyenne gamme par rapport au coût des équipements et à leur aspect pratique. Il permet également à des amateurs de réaliser des travaux simples de chimie dans son établissement. Il développe des kits portables de laboratoire, destinés aux fermiers pour l'analyse des sols. Pour un prix de 3 à 8 livres, ses coffrets sont les premiers laboratoires portatifs. [11]

Publications

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  • Nouveau manuel complet de la fabrication des vins de fruits, du cidre, du poiré. Texte en ligne

Références

  1. Chambers Biographical Dictionary, ISBN 0-550-18022-2, page 5
  2. Cole, Friedrich Accum, p. 128
  3. Bürgerbuch der Stadt Bückeburg, entrée du 22 février 1764, citée par Browne, The life and chemical services of Frederick Accum, p. 831.
  4. Cole, Friedrich Accum, p. 129, suppose que Judith Accum possède de bonnes relations.
  5. A propos de la famille Brande, apothicaires à la courre d'Angleterre, voir Leslie G. Matthews, London’s Immigrant Apothecaries, 1600–1800, dans: Medical History 18, 3 (1974), disponible en ligne en PDF, p. 262–274, here p. 269f.
  6. Christa Jungnickel and Russell McCormmach Cavendish (American Philosophical Society:Philadelphia) 1996, p. 68
  7. le nom du journal est Journal of Natural Philosophy, Chemistry and the Arts.
  8. Browne, The life and chemical services of Frederick Accum, p. 834.
  9. Cole, Friedrich Accum, p. 129f. 1951. Ces cartes figurent dans la Banks Collection du Department of Prints and Drawings du British Museum quand Cole a publié sa biographie.
  10. Browne, The life and chemical services of Frederick Accum, p. 842.
  11. Browne, The life and chemical services of Frederick Accum, p. 845.
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