Accords du perreux

Accords du Perreux

Les Accords du Perreux ont consacré en avril 1943 la réunification de la CGT et de la CGT-U en pleine clandestinité. Ils furent conclus par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les ex-confédérés, et Henri Raynaud et André Tollet pour les ex-unitaires. Il ne fut « mis en forme » et couché sur le papier qu’à la Libération : il fut alors publié le 5 octobre 1944, en annexe à une circulaire confédérale.

La Confédération Générale du Travail, tiraillée dès sa naissance entre les réformistes et les révolutionnaires, entre les partisans d'une action syndicale indépendante et ceux qui veulent la lier à un parti politique, s'est scindée en 1920, lors du départ des communistes (minoritaires) qui créent la CGT-Unitaire. Réunifiée en 1935, à l'occasion de la constitution du Front populaire, la CGT a éclaté à nouveau lors du Pacte germano-soviétique et du partage de la Pologne entre l'Allemagne nazie et l'URSS. En effet, le refus des ex-unitaires, toujours minoritaires, de condamner la politique menée par Staline a entraîné leur exclusion de la CGT.

L'entrée du PCF dans la Résistance à partir de 1942 a permis un nouveau rapprochement entre les deux tendances. Mais les nécessités de la lutte syndicale commune, en particulier contre le Service du Travail Obligatoire et la Charte du Travail et d'unification de la Résistance intérieure ont accéléré le processus de réunification.

Il fut décidé au Perreux non seulement que les militants des deux tendances pratiqueraient l’unité d’action dans la Résistance, mais aussi qu’à la Libération, la CGT serait reconstituée comme elle l'était en 1936, avec toutefois une plus forte représentation des " ex-unitaires " dans les instances dirigeantes. Le nouveau Bureau confédéral est alors composé de Léon Jouhaux, secrétaire général, de cinq ex-confédérés (Robert Bothereau, Georges Buisson, Louis Saillant, Pierre Neumeyer, Albert Gazier) et de trois ex-unitaires (Benoît Frachon, Henri Raynaud, Julien Racamond). Par rapport à la «réunification» de mars 1936, les communistes gagnent un siège au Bureau.

La guerre froide entraîne une nouvelle scission en décembre 1947, cette fois-ci définitive. Les communistes ex-unitaires conservent cette fois la tête de la CGT, tandis que les dissidents menés par Léon Jouhaux, Robert Bothereau, Georges Delamarre, Pierre Neumeyer et Albert Bouzanquet fondent, dans le respect de l'esprit de la Charte d'Amiens la CGT-Force Ouvrière.

Bibliographie

  • Stéphane COURTOIS, Le PCF dans la guerre, Ramsay, 1980.
  • Robert BOTHEREAU, Le Syndicalisme Français, Presse universitaire de France, coll. Que sais-je, n°180, 1946
  • Robert BOTHEREAU, "Le syndicalisme dans la tourmente (1940-45)", CGT-FO Informations, 1973

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