Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens

Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens

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Gresset, membre fondateur de l’Académie d’Amiens.

L’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts d’Amiens, existant, depuis février 1746, sous le nom de Société littéraire, obtint, en 1750, ses lettres patentes si longtemps sollicitées par elle et son titre d’Académie, du roi sous l’influence de l’Intendant Chauvelin, du duc de Chaulnes, gouverneur d’Amiens et de Gresset.

L’Académie était, à l’origine, composée de 16 membres : Petyst, écuyer, secrétaire du roi et son avocat au bailliage, maire d’Amiens en 1767-68, 1769, 1770 et 1771 ; Dhangest, chanoine et théologal de la cathédrale ; Tribert, inspecteur des manufactures ; Houzé de Cavillon, receveur des tailles ; Boistel D’Welles, trésorier de France ; Doderel, Président de l’Élection d’Amiens ; Desachy de Carouges, directeur de la Société en 1748, démissionnaire en février 1750, fut plus tard maire d’Amiens en 1760 et 1761 ; Duquef, prêtre chapelain de la cathédrale ; Lendormy, curé de la paroisse de Saint-Jacques ; Desmery, docteur en médecine ; Damyens l’aîné ; De Bacq, avocat au Parlement ; Bernard, avocat au Parlement ; Lecouvreur, avocat au Parlement ; Baron, avocat au Parlement ; Du Rosy, qui n’a pas signé les statuts le 8 mars 1746 et s’est retiré de la Société. II a été remplacé par Boistel, avocat au Parlement, nommé le 21-28 mars 1746.

Ces seize membres n’eurent de collègues nouveaux dans la Société Littéraire qu’en 1749, année où Gresset, natif d’Amiens fit son entrée. Ayant alors quarante ans, l’auteur de Vert-Vert (1733), alors Détaché des liens qui l’avaient retenu à Tours et à La Flèche, était venu se fixer, en 1735, à Paris, où il essaya du théâtre, donnant avec succès, en 1746, le Méchant. Ayant été reçu à l’Académie française en 1748, il était donc dans tout l’éclat de sa gloire.

Revenant à Amiens pour y résider, il représentait, auprès du duc de Chaulnes, auprès du ministre et même du roi, une influence considérable qui ne pouvait être négligée. La Société Littéraire le comprit et proposa, dans sa séance extraordinaire du 4 octobre 1749, de lui offrir une place dans la Société. Le 8 octobre, Gresset présidait, à côté du Directeur, à une assemblée extraordinaire de la Société où il proposait la rédaction des statuts pour les présenter au duc de Chaulnes, Protecteur de la Société Littéraire, afin d’obtenir des lettres patentes.

Gresset paraît avoir eu pour but, dans les séances extraordinaires du mois d’octobre 1749, en modifiant les statuts, de les rapprocher davantage de l’idéal académique, surtout sous le rapport du nombre des membres résidents ou titulaires, et des membres honoraires. Il fallait pour ceux-ci des hommes très connus et jouissant d’une véritable célébrité. C’est ce qui explique les choix qui ont été faits. Ainsi, Gresset, président (perpétuel, ajoute le secrétaire), proposa pour associés étrangers Montesquieu, de l’Académie française, et l’abbé de Guasco, de l’Académie de Cortone, de celle de Berlin et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à la Compagnie qui procéda à leur les élection.

Enfin, la Société obtint, le 30 juin 1750, les Lettres patentes tant convoitées qui, données à Compiègne, devaient lui conférer le statut d’Académie :

« Louis par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre à tous présents et à venir, salut. Nous avons été informé que depuis quelques années il s’est formé dans notre Ville d’Amiens une Société de gens de Lettres dont l’objet est de se perfectionner dans les Sciences, dans les Belles-Lettres et dans les Arts et que, quelque étendu que puisse paraître ce projet, elle est dès à présent très en état de le remplir avec les lumières et les talents de ceux qui la composent ; plusieurs assemblées qui se sont déjà tenues en out fait connaître l’utilité, et le public instruit des observations et mémoires en différents genres qui y ont été présentés attend avec impatience plusieurs ouvrages importants commencés sur la Chimie, la Botanique, l’histoire naturelle, l’histoire ancienne, et surtout l’histoire de France et celle de la Picardie. Le désir que nous avons toujours eu de contribuer aux progrés des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts nous avait engagé précédemment à autoriser les assemblées des associés sous le titre de Société Littéraire, et les progrès qu’ils ont faits, joints à la gloire et aux avantages qui en résultent pour notre Etat, nous déterminent à donner des fondements solides à cet établissement, et à seconder dans cette occasion le zèle que les Conseillers, Maire et Echevins de notre dite ville ont marqué pour cette société naissante par l’établissement d’un prix annuel qu’ils ont fixé sur les revenus patrimoniaux de la dite ville A ces causes, voulant favoriser l’empressement que nous ont marqué les magistrats de notre dite ville d’Amiens, et augmenter l’émulation des amateurs des Sciences, Lettres et Beaux-Arts, Nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, permis, approuvé et autorisé et par ces présentes permettons, approuvons et autorisons les dites assemblées et conférences, voulons qu’elles soient faites dans notre ville d’Amiens sous le titre d’Académie de Sciences, Belles-Lettres et Arts, que nous mettons sous la protection particulière de notre très cher et bien aimé cousin Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, Duc de Chaulnes, Pair de France, Vidame d’Amiens, Lieutenant général de nos armées, Lieutenant de la compagnie des chevaux légers de notre garde ordinaire, gouverneur de la ville et citadelle d’Amiens, de la ville de Corbie, Lieutenant général de notre Province de Bretagne au Comté Nantois et l’un des honoraires de l’Académie des Sciences. Voulons aussi que le nombre des sujets qui la composeront soit fixé et limité à 30 Académiciens résidant dans notre Province de Picardie, à 16 Académiciens étrangers honoraires non compris les sieurs évêque et intendant de la Province, que nous avons nommés en la dite qualité d’Académiciens Province, que nous avons nommés en la dite qualité d’Académiciens honoraires. Donné à Compiègne, au mois de juin l’an de grâce 1750 et de Notre règne le 35e »

Membres célèbres

Source

  • M. Leleu, Mémoires de l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d’Amiens, p. 133-87.

Lien externe

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