Abiès alba

Sapin blanc

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Sapin blanc
Planche botanique
Planche botanique
Classification classique
Règne Plantae
Division Pinophyta
Classe Pinopsida
Ordre Pinales
Famille Pinaceae
Genre Abies
Nom binominal
Abies alba
Mill., 1768
Classification phylogénétique
Ordre Pinales
Famille Pinaceae

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Le sapin blanc (Abies alba Mill.), encore appelé sapin pectiné, est un conifère de la famille des Pinacées[1]. C'est une essence importante pour la foresterie en Europe.

Les autres noms du sapin pectiné sont : Sapin blanc, Sapin argenté[1], Sapin des Vosges, Sapin de Normandie, Sapin commun, Sapin noir, Sapin à feuilles d’if, ainsi que Warne (Haute Savoie et Suisse).

Sommaire

Description

Abies alba

Port

Le sapin pectiné est l'arbre européen le plus haut, l'arbre peut en effet atteindre 60 mètres de hauteur[1]. Il vit jusque 500 ans et le diamètre de son tronc atteint 2 mètres[1]. La cime est d’abord conique, pointue puis ovoïde, et enfin tabulaire (étalée). Le tronc est droit, les branches horizontales.

Écorce

L'écorce est lisse[1], gris argenté[1], à petites poches de résine, puis crevassée à un certain âge. Les rhytidomes présentent des crevasses longitudinales chez l’adulte. L’écorce contient de la résine.

L'écorce contient de la cellulose, des sels minéraux, des tanins et des phlobaphenes.

Rameaux

Les rameaux de 2 ans sont lisses, beige gris, à pubescence grossière noire ou jaunâtre chez certaines races.

Les branches et les rameaux sont en majorité horizontaux. Avec l’âge, les branches latérales de la cime dépassent généralement la pousse terminale (cime en nid de cigogne)[1].

Feuilles

Les bourgeons sont assez gros, ovoïdes, lisses, brun châtains, luisants et non résineux[1]. Ils contiennent des limonènes et des (alpha-pinène et bêta-pinène).

Les feuilles sont des aiguilles non piquantes, solitaires, de longueur variable sur un même rameau (15-30 mm), fixées par une petite ampoule à bords limités laissant une cicatrice ronde, nette après la chute. Elles sont implantées tout autour du rameau et se tordent à la base pour se placer dans un plan comme les dents d’un peigne ; Elles paraissent ainsi disposées sur 2 rangs dans un plan sur les rameaux stériles (les rameaux fertiles sont en brosse).

Les aiguilles sont plates, droites, arrondies ou un peu échancrées à l’extrémité. Elles présentent deux bandes blanches de stomates en-dessous, mais pas sur le dessus[1]. Elle persistent 6 à 9 ans. Sur les rameaux de cime, les aiguilles sont en brosse et recourbées. Elles contiennent des glucosides, du picène et des essences.

Organes reproducteurs

Abies alba

Le sapin pectiné fleurit en avril et mai[1]. Les chatons mâles sont nombreux, ovoïdes à allongés, globuleux, jaunes, groupés sous des rameaux de l’année précédente.

Les chatons femelles sont isolés, font 2-10 cm de long, dressés vers le milieu de rameaux de l’année précédente et en haut de cime.

Les cônes sont orientés vers le haut au sommet de l’arbre[1]. Ils mesurent 12-20 cm[1], ont une forme cylindrique. Des bractées saillantes dépassent entre les écailles. Ils sont d’abord verts, puis bruns. Ils sont mûrs dans l’année et se désarticulent à maturité (octobre)[1]. L’axe du cône persiste 1 ou 2 ans.

Les graines sont triangulaires, longues de 8 à 13 mm, jaune-brun, avec une aile de 2 cm soudée[1]. La fructification a lieu surtout tous les deux ans.

Bois

Le bois est blanc ou un peu jaunâtre, sans aubier. Il ne contient pas de canaux résinifères. Les cernes sont très visible. Le bois est d’autant plus tendre et léger que l'arbre a poussé vite. La résine contient de l'essence de térébenthine, l'acide abiétique.

Écologie

On trouve le sapin blanc principalement dans les bois caducifoliés d'Europe méridionale, occidentale et centrale[1], montagnards, des substrats stabilisés. Il nécessite une importante humidité atmosphérique. Implantation typique sur les ubacs.

Aire de répartition : périalpine (à tendance méridionale). Elle comprend la Forêt-Noire[1], les montagnes de Bohême[1], des Tatras, des Carpates[1], des Apennins, des Alpes dinariques et du Rhodope. En France, on le trouve en Corse (1000 à 1700 m), dans les Pyrénées[1] (900 à 1500 m), le Massif Central (700 à 1500 m), les Alpes (700 à 1700 m), le Jura[1] (500 à 1100 m), les Vosges (400 à 1100 m) et les Collines du Perche, en Normandie, à 400 m d’altitude.

De 400 à 1800 m : de l’étage montagnard à l’étage subalpin inférieur. Le sapin a été introduit en Grande-Bretagne après le 17e siècle.

Pathologie

Chaque essence connaît également différentes adversités. Au préalable, il convient de rappeler que la résistance du sapin pectiné à la plupart des ravageurs et pathogènes est d’abord déterminée :

  • Par la qualité de la station sur laquelle il pousse : les sapinières situées en limite d’aire naturelle peuvent à cet égard se révéler plus sensibles à certains ravageurs et pathogènes ;
  • Par la structure et la composition en classes d’âges des peuplements : les structures capitalisées par vieillissement et les sapinières à forte proportion de peuplements âgés se révèlent plus sensibles aux attaques phytosanitaires ;
  • Par la qualité des plants et par le soin apporté à leur mise en place dans le cas des peuplements reconstitués artificiellement.

Dégâts du gibier

Le sapin est très abrouti par les cervidés (beaucoup plus en hiver qu’en été) et pendant de longues années (de 12 à 16 ans dans le massif vosgien). Il est également frotté, mais avec moins d’acharnement. De plus les lièvres et les lapins peuvent provoquer des dégâts au niveau des pousses et cela entraîne des fourches.

La pollution

Le Sapin pectiné est très sensible au fluor, avec des mortalités fréquentes.

Les champignons

Il existe différentes altérations dues à l’action de ceux-ci :

L’Armillaire des résineux (Armillaria ostayae) : Champignon parasite qui s’attaque à deux niveaux : entre l’écorce et le bois puis colonise le système racinaire avec son mycélium. Les racines malades en contact avec les racines saines, ainsi que les rhizomorphes souterrains facilitent la propagation du champignon . Les dégâts occasionnés sont une pourriture assez rapide des racines et un dessèchement de l’arbre en commençant par la cime et les extrémités des branches (coloration pâle), puis l’écorce se craquelle et se détache facilement. Les moyens de lutte sont :

  • une hygiène des peuplements et soins culturaux
  • l’empoisonnement des vieilles souches
  • les annélations circulaires

La maladie du « rond » (Fomes annosus) : altération produite par le mycélium qui se localise dans le cœur du bois où il provoque une pourriture rouge qui s’étend en diamètre et en hauteur parfois jusqu’à 5-6 m (tronc creux caractéristiques et bois sans valeur). Pour lutter on peut :

  • creuser des fossés de 60 à 80 cm de profondeur pour ceinturer la tache parasitée
  • dessoucher avant replantation
  • traiter chimiquement les souches fraîches à l’aide d’urée et de bleu sulfacide brillant

Le « chaudron » ou « dorge » du sapin se manifeste de deux manières : Le balais de sorcières, qui se caractérise par une concentration de rameaux, dressés, touffus à aiguilles courtes, jaunâtres et caduques, issus d’une tumeur ligneuse (durée de vie : 15 à 20 ans). Le seul moyen de lutte à l’heure actuelle consiste à rompre le cycle biologique de la rouille en éliminant les balais de sorcière porteurs de spores, de les brûler, en automne hiver, avant la dissémination des spores. Quand l’arbre grossit, il englobe le balai de sorcière qui devient chaudron.

Le chaudron proprement dit est un renflement de la tige principale ou des branches latérales. Les fissures ou craquelures qu’il provoque facilitent la pénétration d’autres champignons parasites ou saprophytes. Ces arbres seront martelés prioritairement car ils sont prédisposés à devenir des chablis.

Les insectes

Divers insectes sévissent et occasionnent des dégradations au niveau du bois, des aiguilles ou des cônes et graines.

L’hylobe peut entraîner des dégâts extrêmement importants dans les jeunes plantations, surtout si elles sont installées après une coupe rase de pin. La mortalité est dans ce cas très forte.

Le pissode du sapin (Pissodes piceae) : les larves de ce coléoptère creusent des galeries sous-corticales dans le tronc des arbres adultes, ce qui provoque le dépérissement de l’arbre par destruction des vaisseaux conducteurs, puis par mort du sujet. La seule technique de lutte véritablement efficace consiste en une exploitation et une extraction rapides hors des forêts des sapins attaqués. Les écorces et rémanents d’exploitation doivent être incinérés ou éventuellement traités à l’insecticide de type Deltaméthrine, sauf à proximité des ruisseaux ou points d’eau.

Les scolytidés : il s’agit du scolyte curvidenté et du scolyte liseré. Ces deux insectes déterminent le même type de dégâts sous-corticaux que le pissode. Les mêmes techniques de lutte leur sont appliquées (exploitation rapide des arbres attaqués).

Les chermés du tronc et des rameaux (Dreyfusia piceae et Dreyfusia nusslini) :

Le premier affecte des arbres de plus de 25 ans : c’est un insecte piqueur-suceur qui se nourrit de la sève élaborée de l’arbre et dont les enzymes digestives simultanément injectées ont un effet phytotoxique. Les insectes sont repérables sur le tronc par les sécrétions blanchâtres, d’aspect cotonneux qui les recouvrent. L’action du parasite se manifeste par un affaiblissement de l’arbre.

Le second entraîne des dégâts sur des arbres plus jeunes en provoquant un dessèchement des aiguilles puis des rameaux, affectant la croissance de l’arbre et pouvant provoquer sa mort. La lutte se fait par l’élimination des sujets atteints. Mais les attaques provoquées par ces deux ravageurs sont souvent très localisées et ne déterminent pas de mortalité massive.

Le parasitisme

Le gui (Viscum album) est un hémiparasite qui s’accroche aux branches grâce à un disque adhésif pourvu en son centre d’un suçoir. Il s’enfonce dans le cortex du Sapin jusqu’aux tissus conducteurs avec lesquels il assure une efficace connexion pour dériver une partie de la sève de sa victime. Le gui prélève essentiellement de l’eau et des sels minéraux car c’est une plante chlorophyllienne. L’extension des suçoirs peut se faire sous l’écorce et peut conduire au développement de plusieurs touffes de Gui à partir d’une seule graine.

Pharmacopée

  • Parties utilisées : Bourgeons, feuilles, résines
  • Propriétés :
    • Bourgeons ou jeunes-pousses (Gemmothérapie) : Antiseptique, Balsamique, Antibiotique.
    • Feuilles : expectorant, sédatif des bronches.
    • Ecorce : Antiseptique, astringent
    • Résine : Balsamique, vulnéraire, vasoconstricteur, eupeptique, antiseptique.

Liens externes

Notes et références

  1. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j , k , l , m , n , o , p , q , r , s  et t (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p.32 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
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