Abdullah II de Jordanie

Abdallah II de Jordanie

Abdullah II
عبد الله الثاني بن الحسين
4e roi de Jordanie
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Abdullah II en 2008
au Forum économique mondial sur le Moyen-Orient

Règne
Depuis le 7 février 1999
Investiture 7 février 1999
Dynastie Dynastie hachémite
Prédécesseur Hussein
Héritier Hussein bin al-Abdullah

Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance Abdullah bin al-Hussein al-Hashim
Naissance 30 janvier 1962
Jordanie Amman
Père Hussein
Mère Muna al-Hussein (Antoinette Avril Gardiner, dite Toni Gardiner)
Conjoint(s) Rania al-Yassin
Descendance Prince Hussein bin al-Abdullah
Princesse Iman bint al-Abdullah
Princesse Salma bint al-Abdullah
Prince Hashem bin al-Abdullah

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Monarques de Jordanie

Abdullah II (الملك عبد الله الثانى), né le 30 janvier 1962 à Amman, est le roi de Jordanie depuis le 7 février 1999, date à laquelle il a succédé à son père, le roi Hussein.

Il est membre de la famille des Hachémites, ce qui signifie que, pour les musulmans, il est le 43e descendant de Mahomet.

Né le 30 janvier 1962 après huit mois de mariage entre son père Roi Hussein et la britannique Antoinette Avril Gardiner alors âgée de vingt ans, Abdullah II est l'ainé des fils du roi Hussein et de la princesse Muna al-Hussein (une britannique nommée Antoinette Avril Gardiner, dite Toni Gardiner). Il a commencé son éducation primaire à l'Islamic Educational College d'Amman, puis a poursuivi à St Edmund School en Angleterre. Il a suivi ses études secondaires à Eaglebrook School et à Deerfield Academy aux États-Unis.

Abdullah n'était pas destiné à devenir roi, le prince héritier étant, depuis 1965, Hassan, frère du roi Hussein. Mais le 24 janvier 1999, treize jours avant son décès, le roi Hussein a désigné Abdullah pour lui succéder, en exigeant qu’il choisisse à son tour comme successeur son autre fils Hamzah, alors âgé de dix-huit ans et fils de la reine Noor.

Il est marié à Rania al-Yassin, Palestinienne née en 1970 au Koweït, depuis le 10 juin 1993. Ils ont quatre enfants :

  • Hussein, né le 28 juin 1994  ;
  • Iman, née le 27 septembre 1996 ;
  • Salma, née le 26 septembre 2000 ;
  • Hashem, né le 30 janvier 2005.

Sommaire

Une carrière militaire complète menée au pas de charge

À sa sortie de l'Académie royale militaire de Sandhurst au grade de sous-lieutenant en 1981, Abdullah est nommé responsable d'une unité de reconnaissance du 13e/18e Bataillon de Hussards royaux de l'Armée britannique en Allemagne de l'Ouest.

En 1982, le futur Abdullah II rejoint l'Université d'Oxford où il complète sa formation par une spécialité sur les affaires du Moyen-Orient. De retour dans son pays, Abdullah intègre les Forces armées jordaniennes en tant que commandant d'un peloton de la 40e Brigade blindée. En 1985, il suit le cursus "Armored Officers Advanced Course" à Fort Knox, Kentucky. Un an après, il devient commandant d'une compagnie de chars d'assaut dans la 91e Brigade blindée, avec le grade de capitaine. Dans le même temps, il acquiert ses ailes de pilotes d'hélicoptère aux commandes d'un hélicoptère d'assaut antichar Cobra.

En 1987, Abdullah intègre Georgetown University à Washington D.C. en tant que "Mid-Career Fellow". Il suit des cours d'affaires internationales dans le cadre du programme "Master of Science in Foreign Service".

Le futur souverain poursuit alors sa carrière militaire en occupant différentes fonctions au sein des Forces armées jordaniennes :

  • de janvier 1989 à octobre 1989, Abdullah est commandant d'une compagnie du 17e Bataillon de Chars ;
  • d'octobre 1989 à janvier 1991, il est commandant en second de ce bataillon blindé. Entre-temps, en 1990, il complète sa formation militaire au Royal Staff College de Camberley. Il est ensuite promu commandant ;
  • de janvier 1991 à janvier 1992, il rejoint le Département de l'Inspection générale des Armées, en charge des blindés ;
  • en janvier 1992, Abdullah devient chef de bataillon au sein du 2e Régiment blindé de Cavalerie ;
  • en 1993, il est colonel au sein de 40e Brigade, ainsi que Commandant en second des Forces spéciales.

En 1994, il est élevé au rang de Commandant des Forces spéciales, avec le grade de général de brigade (Brigadier General). À cette occasion, il réorganise profondément, à partir de 1996, les forces spéciales du Royaume et y intègre les unités d'élite de l'Armée royale. Il crée le SOCOM (Special Operations Command) pour y loger ces troupes, qui sont notamment chargées des opérations spéciales anti-terroristes. Il est promu général de division (Major General) en 1998 et retourne aux États-Unis suivre un cursus de management des ressources militaires au sein de la Monterrey Naval Post Graduate School.

Depuis son accession au trône hachémite, Abdullah a mis en œuvre une politique militaire visant à faire primer l'aspect qualitatif des unités sur la quantité des troupes. Cette politique s'est notamment déclinée par la modernisation de la chasse jordanienne, au travers de l'achat de F-16, et du parc blindé, via l'acquisition de chars Challenger 1.

De plus, conscient de la nécessité d'équiper l'Armée royale en matériel moderne, efficace et bon marché (les contraintes budgétaires du petit royaume hachémite étant serrées), le roi Abdullah signe le 24 août 1999 un décret créant le KADDB (King Abdullah Design & Development Bureau). Cette agence publique jordanienne a pour mission de fournir aux forces armées du matériel et des prestations de très bonne qualité (reconversion, amélioration et maintenance de véhicules), de manière à garantir au Royaume une filière d'approvisionnement en matériel militaire indépendante et efficiente (véhicules Al-Tha'Lab, Al Jawad, Matador ou Nimir par exemple). Le roi a ainsi mis sur pieds une industrie d'armement jordanienne, élément vital compte-tenu de l'instabilité de la région et des menaces pesant sur la sécurité du Royaume.

Abdullah II de Jordanie.

Un souverain moderniste et volontariste

Le roi Abdullah II a érigé en priorité la modernisation de l’économie et de la société jordaniennes.

Au plan économique, le souverain mène depuis son accession au trône une politique libérale, articulée autour de principes clairement définis qui ont déjà modifié en profondeur la structure de l’économie jordanienne, désormais largement tournée vers les services et profitant d’investissements étrangers massifs, issus notamment du Golfe.

Insérer pleinement l'économie jordanienne dans la mondialisation

D’abord, conscient des ressources naturelles, énergétiques et financières limitées du Royaume, le souverain a cherché à amplifier l’insertion du pays dans l’économie mondiale, avec l’ambition de faire de la Jordanie un hub stable, attractif et dynamique, capable, à l’instar des « tigres asiatiques », d’attirer des investissements étrangers massifs et les sièges régionaux de groupes mondiaux implantés dans la région. A ce titre, le roi a poussé à l’intégration de la Jordanie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), effective en 2000. Il a également signé un accord de libre-échange avec les États-Unis en 2000 et l’accord d’Agadir avec l’Égypte, le Maroc et la Tunisie en 2001. Parallèlement, les autorités ont créé en 2001 une zone franche à Aqaba, seul accès de la Jordanie à la mer ; cette initiative vise à dynamiser le port de cette ville enclavée au sud du pays, en développant les échanges de marchandises entre Orient et Europe[1].

Créer un environnement juridique et fiscal favorable aux affaires

Au surplus, toujours dans la perspective d’attirer des investisseurs étrangers, le roi a entrepris une simplification et une réduction de la fiscalité et de la réglementation. La fiscalité des entreprises et des personnes physiques a été réformée dès 2001 : le taux marginal d’impôt sur le revenu a été abaissé à 30 %, tandis que l’impôt sur les sociétés, variable selon le secteur d’activité, ne dépasse pas 25 %, sauf pour les sociétés financières taxées sur leurs bénéfices à hauteur de 35 %[2]. Les autorités ont également introduit en 2001 un équivalent de la TVA (General Sales Tax) touchant les produits et services importés ou fabriqués localement. Par ailleurs, le souverain, entouré de jeunes conseillers économiques formés dans les universités anglo-saxonnes, a privatisé l’essentiel des entreprises publiques jordaniennes (Jordan Telecom par exemple), tout en créant un environnement juridique et monétaire favorable aux affaires (maintien, avec l’accord du FMI, de la parité des changes JOD/USD ; développement de partenariats publics/privés pour les grands projets d’infrastructure ; réforme du système bancaire ; égalité complète de traitement entre investisseurs étrangers et locaux depuis 2003 ; création d'un guichet unique one stop shop permettant aux entreprises d'obtenir rapidement l'ensemble des autorisations administratives).

Investir dans l'éducation

Enfin, le roi a érigé l’éducation de la population au rang de priorité du Royaume. Conscient de la nécessité de disposer d’une main d’œuvre bien formée, maîtrisant l’anglais et les technologies, le Roi a investi dans le système éducatif. Il a ainsi permis à la Jordanie d’afficher un taux d’alphabétisation supérieur à 80 %[3], classant son pays au troisième rang des États arabes après les Émirats arabes unis et le Liban. Il a également introduit l’Internet dans l’ensemble des écoles du Royaume.

Une politique de réformes exemplaire, aux effets tangibles

Les résultats de cette politique de réformes profondes sont limpides et font de la Jordanie un État exemplaire pour l’ouverture et la gestion de son économie : croissance forte depuis 2000, à 5,9 % en moyenne (contre 5,3 % pour la région Moyen-Orient[4]) malgré un contexte géopolitique régional tendu, rendue possible par l’arrivée d’investissements étrangers (de 74 MUSD en 2002 à 3,2 Mds USD en 2006[5]) ; désendettement public (la dette du gouvernement central est passée de 98 % du PIB en 2003 à 72 % en 2007), grâce à une hausse des recettes fiscales (de 23 Mds USD en 2003 à 31 Mds USD en 2006[6]) et une réduction de la bureaucratie. Beaucoup reste encore à faire (réduction du déficit de la balance courante, réforme de l'Etat et des pensions militaires, maîtrise accrue de l'inflation, baisse du chômage), mais le Roi a entamé la modernisation de l'économie de son pays.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

Notes et références

  1. Source : Rapport d'Etude du Sénat n°81, 2001
  2. Source : Mission économique de l'Ambassade de France en Jordanie, DGTPE, 2008
  3. Source : Ministère des Affaires étrangères
  4. Source : FMI
  5. Source : Mission économique de l'Ambassade de France en Jordanie, DGTPE, 2009
  6. Source : Ibid.
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