-Mahmoud II Djellouli

Mahmoud Djellouli

Mahmoud Djellouli, né vers 1755 et décédé en 1839, est un marchand et diplomate tunisien. Rattaché au clan de Youssef Saheb Ettabaâ, il compte parmi les personnages importants des règnes d'Ali I Bey (1759-1782) et d'Hammouda Pacha (1782-1814).

Les activités de Djellouli illustrent le rôle joué par la mer Méditerranée dans la puissance financière et politique de la Tunisie beylicale : il est en effet un marchand et collecteur de l'impôt corsaire très influent sur les plans socio-économique et politique entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle[1].

Biographie

Mahmoud Djellouli naît dans une influente famille patricienne appartenant à l'aristocratie provinciale et qui intègre l'aristocratie tunisoise en 1808. Il débute sa carrière de marchand en reprenant les affaires de son père et ses charges administratives : il succède à son père Baccar, mort en 1782, comme caïd de Sfax et cumule cette charge avec celles de caïd de Sousse et du Sahel. Il s'appuie ensuite sur le négoce pour acquérir des postes clés, tout en renforçant ses activités marchandes. Ses principales affaires sont liées à l'exportation des produits agricoles vers le Levant et l'Europe : cuirs et peaux, huile d'olive, céréales, légumes secs, laines, etc. Ses domaines agricoles servent en premier lieu ses approvisionnements mais participent aussi au surplus de la collecte fiscale[2].

Les rivalités franco-britanniques de la fin du XVIIIe siècle offrent à Djellouli l'occasion de participer à l'armement des corsaires[3],[4] ; il compte ainsi parmi les quatre groupes dominants dans leur armement avec les beys et les familles Ben Ayed et Saheb Ettabaâ. Les capitaux ne lui manquant pas, il engage des sommes importantes dans des prêts commerciaux (quirâdh) et dans la constitution de sociétés[2].

Le 27 octobre 1795, il forme avec Ahmed Al Kharrat et Ahmed Sallami une société dans laquelle sa participation se monte à 38 505 piastres. En 1807, conseiller et ministre des finances d'Hammouda Pacha, il avance des fonds pour armer la régence et tente de convaincre les notables de se rassembler dans la guerre contre les Ottomans d'Alger que la régence finit par remporter.

En 1804, il obtient la direction des douanes de la régence et, entre 1808 et 1810, y investit 600 000 piastres pour le bénéfice de ses fils Mohamed, Farhat, Hassan et Hussein. Le bey le nomme ensuite ambassadeur extraordinaire, envoyé et représentant commercial et politique de la régence à Malte entre 1810 et 1813. En 1814-1815, avec la disparition de ses protecteurs Hammouda Pacha et Youssef Saheb Ettabaâ, il abandonne ses fonctions pour poursuivre une carrière commerciale.

Une rue a pris le nom de « Rue du riche » en son hommage[5]. Elle se situe dans la médina de Tunis où se trouve le palais qu'il a acquis en 1794.

Notes et références

  1. Lucette Valensi, « Fellahs tunisiens : l'économie rurale et la vie des campagnes aux XVIIIe et XIXe siècles », éd. Service de reproduction des thèses de l'Université de Lille III, Lille, 1977
  2. a  et b Mehdi Jerad, La famille Djellouli : deuxième moitié du XVIIIe-début du XIXe siècles, éd. Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, Tunis, 2001
  3. Ali Zouari, Les relations commerciales entre Sfax et le Levant aux XVIIIe et XIXe siècles, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Sfax, 1990
  4. Daniel Panzac, Les corsaires barbaresques. La fin d'une épopée, éd. CNRS, Paris, 1999
  5. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Tunis, 1989, pp. 195-197
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