Abbé Glasberg

Alexandre Glasberg

Alexandre Glasberg est un prêtre catholique et résistant français, né à Jitomir (Ukraine) en 1902, décédé en 1981.

À l'origine de religion juive, il se convertit au catholicisme ainsi que sa famille ; un de ses frères,Vila Glasberg alias Victor Vermont sera arrêté lors des rafles anti-juives, déporté à Auschwitz, dont il ne reviendra pas, et sera nommé Juste en même temps que lui.

Sommaire

Les années de formation

En 1921, Alexandre Glasberg est à Vienne (Autriche), pour fuir Jitomir, ou pour faire des études. Dix ans plus tard, il arrive en France, où il est « rebaptisé sous condition » en 1933. Après une expérience à la Trappe de Saint-Fons, il entre au grand séminaire de Moulins, puis au séminaire universitaire de Lyon. Parmi les professeurs, se trouve le père Henri de Lubac de l'ordre des Jésuites.

Ordonné prêtre en 1938, il est nommé vicaire de la paroisse Notre-Dame de Saint-Alban, un quartier pauvre de Lyon, dont le curé, Laurent Remilleux, effectue un travail de pionnier dans l’accueil aux réfugiés et l’aide sociale.

La Seconde Guerre mondiale

En 1940, l'abbé Glasberg, dans la suite logique de son travail à Saint Alban, est nommé par le cardinal Gerlier délégué du Comité d’aide aux réfugiés (CAR).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l'un des premiers, dès 1940, à se préoccuper du sort de la population étrangère internée dans les camps. Il entre dans le Comité de coordination pour l’assistance dans les camps, dit Comité de Nîmes. Vers la mi-1941, il met en place, avec le docteur Weil de l’OSE, une Direction des Centres d’accueil (DCA). Grâce à des démarches obstinées, et en s’aidant du prestige du cardinal Gerlier, il obtient de faire transférer quelques centaines de détenus des camps vers cinq centres qu’il a créés :

  • le centre de Chansaye[1] dans le Rhône (Roche d’Ajoux),
  • le centre de Pont-de-Manne dans la Drôme [2],
  • le centre de Vic-sur-Cère[3] dans le Cantal,
  • le centre du Lastic[4] à Rosans dans les Hautes-Alpes,
  • le centre de Cazaubon dans le Gers[5].

Début 1942, avec le père Chaillet, Jean-Marie Soutou[1] et une jeune étudiante, Germaine Ribière, il fonde le groupe de résistance L’Amitié Chrétienne, dont le but est d'aider les juifs et les victimes du nazisme. Ninon Hait, alsacienne d'origine juive, qui a été à cette époque la secrétaire de l'abbé Glasberg, le surnommera le « jongleur de Notre-Dame ». Durant l'été 1942, il participe activement à l'opération de sauvetage de 180 enfants juifs détenus dans le camp de Vénissieux.

L'après-guerre

Son action en France

Dés la libération, l’abbé Glasberg fonde le Centre d’orientation sociale des étrangers (COSE), œuvre originale de soutien juridique et d'intégration sociale et professionnelle des réfugiés de l’après guerre démunis de tout. À la fin de la guerre d'Algérie, le COSE devient le « COS »[2], dans le but d'accueillir les Harkis, qui ont la nationalité française.

En 1968, il dénonce les atteintes au droit d’asile en France. Ses réflexions et projets influencent la création, en 1971, de l'association France terre d'asile.

Des relations étroites avec Israël

Après la guerre, il est en relation avec le Mossad et aide de nombreux Juifs à émigrer vers Israël. En particulier, il est à l'origine du succès de l'épopée de l’Exodus. Avec Rose Warfman (née Gluck), il fabrique de faux papiers d'identité pour les passagers de l’Exodus.

Après la proclamation de l'indépendance de l'État d'Israël, le 14 mai 1948, il met en contact les troupes juives entre Jérusalem Ouest et Est par de discrets contacts qui passent par l'intermédiaire des communautés catholiques implantées à Jérusalem. Pour le compte de la Haganah, il se charge d'acheter des armes en Tchécoslovaquie et de les faire transiter par la Corse.

En 1951, il participe à l'opération Ezra et Néhémie, un pont aérien magistralement organisé par le Mossad pour évacuer les Juifs irakiens, très menacés suite à la victoire israélienne lors de la guerre de 1948.

Lors de voyages en Israël, il place beaucoup d'espoir dans l'aspect social des kibboutz. Mais, après la guerre des Six Jours, il est déçu par la tournure que prennent les événements. Il est ensuite à l'origine de mouvements pacifistes regroupant Israéliens et Palestiniens.

En 2004, il reçoit à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations.


Bibliographie

  • Émile Weiss, producteur, Les Portes de la mer. Ce documentaire contient des images de l’abbé Glasberg sur l’Exodus.
  • À la recherche d’une patrie ; la France devant l’immigration, Études xénologiques, Centre d’orientation sociale des étrangers, Éditions Réalités (Montrouge), 1946. 255 pages. Préface de l’abbé Glasberg.
  • La leçon sociale de l’affaire "Exodus". Études xénologiques, Centre d’orientation sociale des étrangers, Éditions Réalités (Montrouge), 1947. Sous la direction de l’Abbé Glasberg.
  • Alexandre Glasberg, Vers une nouvelle charte sociale : l’espoir palestinien, Études xénologiques, Centre d’orientation sociale des étrangers, Éditions Réalités (Montrouge), 1948. 63 pages.
  • Immigration et xénophobie. Enregistrement sonore d’une émission diffusée le 28 janvier 1948 avec l'Abbé Glasberg, Louis Chevalier, Henri Lacaze. CD diffusé en 1999 par l’INA. Ce CD contient l’enregistrement d’une autre émission : La troisième force, diffusée le 24 février 1948. Enregistrement : INA 19480128 – 19480224.
  • Maurice Failevic : Joaquim Le Portugais. Ce film documentaire a été diffusé dans l'émission d'Eliane Victor Il était une fois (Première chaîne) le 22 juillet 1968.
  • Les vieux. Un combat pour six millions. Débat télévisé ORTF 1969 réunissant l’abbé Glasberg, Pierre Laroque, François Bourlière, M. et Mme Obermeyer.
  • Jacques Attali. Dictionnaire amoureux du Judaïsme. Plon/Fayard, 2009. ISBN 978-2-259-20597-9

Notes et références

  1. Jean-Marie Soutou était un proche de la revue Esprit et de la famille de Jorge Semprun
  2. Voir le site du COS


Voir aussi


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