Abbaye d'Ulmet
Ancienne abbaye d'Ulmet
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne abbaye
Rattaché à Ordre de Cîteaux
Aujourd'hui, propriété privée
Début de la construction XIIe siècle
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg
Bouches-du-Rhône (13)
Ville
Blason Arles 13.svg
Arles (à 25 km)
Coordonnées 43° 27′ 56″ N 4° 38′ 05″ E / 43.465630, 4.63472343° 27′ 56″ Nord
       4° 38′ 05″ Est
/ 43.465630, 4.634723
  

L'abbaye d'Ulmet était une abbaye cistercienne aujourd'hui disparue, fondée en 1173 en Camargue à environ 25 km d'Arles à proximité d'un étang, l'étang de Fournelet, toujours existant et d'un bras du Rhône, le Rhône d'Ulmet, aujourd'hui atterri. Elle était l'une des huit filles de l'abbaye de Bonnevaux en Dauphiné, elle-même septième fille de Citeaux[1].

Sommaire

Histoire

Camargue - L'abbaye d'Ulmet était à côté de l' étang de Fournelet, ou plus précisément de l' étang d'Ulmet, situé au-dessus et à droite de l' étang de la Dame. À l'époque le rivage, en retrait par rapport à l'actuel, se trouvait très proche de l'abbaye.

La création

Le choix du site en Camargue, sur un tertre surélevé en bordure de l'étang d'Ulmet et du bras du Rhône de même nom, est arrêté par Amédée d'Auterives. Sous la direction de ce dernier, les premiers moines construisent en 1173 leur abbaye sur l'emplacement d'une ancienne chapelle donnée en fief, contre redevance annuelle, par l'abbesse Jourdane de l'abbaye Saint-Césaire d'Arles.

Le soutien actif des Baux

L’implantation de l’abbaye se fait avec le soutien actif de la famille des Baux qui possède d'immenses biens en Camargue. Bertran Ier de Baux exempte ainsi dès 1177 l’abbaye de tous les droits de mutation dus pour les fiefs donnés aux moines par les vassaux des Baux. Un acte de ses fils, daté de 1184, nous apprend d’autres donations du même personnage. Les fils de Bertran Ier, eux-mêmes, prolongent la dévotion paternelle par de nouvelles donations, notamment en 1184 et 1191[2].

Un environnement difficile

L'abbaye est plus un lieu de présence chrétienne dans l'est de la Camargue qu'un monastère au sens classique avec d'importants bâtiments conventuels. Une charte de novembre 1198[3] y fait référence sous la dénomination de ecclesia S. Marie de Ulmeto :

in Rodanum de Capa qui intrat in mari subtus ecclesiam S. Marie de Ulmeto

En réalité, l'environnement y est très défavorable notamment à cause du manque d'eau douce à la suite de l'atterrissement progressif du Rhône d'Ulmet. La communauté est donc forcée, malgré les nombreux dons, de déplacer l'abbaye. À la suite d'une donation du roi Alphonse d'Aragon, comte de Provence, les moines avaient reçu en 1195[4], la forêt d'Albaron -des terres du côté de Sylvéréal le long du Petit-Rhône-, où après une sentence arbitrale d'Imbert d'Eyguières, l'archevêque d'Arles, dans un procès qui les opposait en 1201 aux Templiers, ils disposent d'un terrain pour bâtir une nouvelle abbaye.

Le transfert à Sylvéréal, puis à Valmagne

C'est sous l'administration de l'abbé Pierre III que le monastère de Sylvéréal est construit. Les moines se partagent ensuite entre Ulmet et Sylvéréal. Un acte daté du 19 août 1226, à propos d'un conflit entre l'abbé d'Ulmet Pierre V et le prieur des Saintes-Maries-de-la-Mer, Bertran de Noves[5], évoque toutefois encore l'abbaye d'Ulmet :

Dei Gratia abbatem Ulmeti, ex una parte, et B(ertrandum) de Novis, priorem ecclesie de Mari, ex altera[6]

En 1243, le douxième abbé d'Ulmet Jean obtient de l'archevêque d'Arles Jean Baussan l'autorisation de quitter Ulmet pour Sylvéréal, mais le transfert ne se fait pas. Ce transfert est finalement réalisé dans la seconde moitié du XIIIe siècle, probalement entre 1251 et 1270[7]. Quelques moines restent toutefois à Ulmet.

En 1299, l'abbaye de Sylvéréal où se trouvent désormais les moines d'Ulmet, est rattachée à Psalmodie et à Valmagne. Après avoir quitté Ulmet à cause du manque d'eau douce, les moines de Sylvéréal demandent à être transférés au monastère de Valmagne[8] car incapables de subvenir à leur entretien. Malgré de nombreuses protestations, en particulier celles de l'archevêque d'Arles Gaillard de Saumate, un accord est trouvé le 26 mars 1321, stipulant que :

l'abbé de Psalmody entretiendrait toujours quatre religieux-prêtres à Sylvéréal et deux à Ulmet pour satisfaire aux fondations et célébrer dignement les offices[9] .

A la même époque (1323) un poste de guet est mentionné à Ulmet dont les édifices servent de tour visible depuis le clocher des Saintes-Maries-de-la-Mer et qui joue un rôle dans la surveillance du delta.

L'abandon définitif du site d'Ulmet

C'est en 1437 que l'abbaye semble définitivement abandonnée. Les pierres de l'église d'Ulmet servent au XVIIe siècle à construire le mas d'Amphise et à renforcer la digue de l'étang du Fournelet pour protéger le salin de Badon contre les assauts marins. En 1875, Émile Fassin écrivait à propos des ruines de l'abbaye :

A deux kilomètres au sud de Badon, dans le territoire d'Amphise sur les bords de l'étang d'Ulmet, on aperçoit un monticule formé d'un amoncellement de décombres et de quelques pierres, sans caractère[10].

Aujourd'hui, les pierres ont disparu et seuls le tertre et la végétation -des chardons-, rappellent qu'il y a plus de 800 ans se trouvait là une abbaye.

Les abbés

Notes

  1. Nicole Bouter - Unanimité et diversité cisterciennes – pages 103-106 ici
  2. Florian Mazel - La noblesse et l'Église en Provence, fin Xe - début XIVe siècle - CTHS, 2002 – (ISBN 978-2-7355-0503-6), page 345
  3. P.-A. Amargier (texte établi par) - Cartulaire de Trinquetaille - pièce n° 71, page 63
  4. Florian Mazel - La noblesse et l'Église en Provence, fin Xe - début XIVe siècle - CTHS, 2002 – (ISBN 978-2-7355-0503-6), page 345
  5. L'église des Saintes-Maries-de-la-Mer est le siège d'un prieuré de l'abbaye de Montmajour depuis la fin du XIe siècle.
  6. Martin Aurell - Actes de la famille Porcelet d'Arles (972-1320), acte n° 322, page 226.
  7. Thierry Pécout (dir.) – L’enquête générale de Leonardo da Foligno dans la viguerie de Tarascon (janvier-février 1322) – Editions du CTHS, Paris 2010 – ISBN 978-2-7355-0716-0 – p.XIII, note 19
  8. Thierry Pécout (dir.) – L’enquête générale de Leonardo da Foligno dans la viguerie de Tarascon (janvier-février 1322) – Editions du CTHS, Paris 2010 – ISBN 978-2-7355-0716-0 – p.XIII, note 19
  9. Emile Fassin
  10. Émile Fassin - Tablettes d'un curieux, l'abbaye d'Ulmet dans Le Musée 1875, 21e série, pages 153-157

Voir aussi

Sources

  • Pascal Tekeyan - La Camargue, des origines …. aux abbayes - Arles 2002

Liens internes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Abbaye d'Ulmet de Wikipédia en français (auteurs)

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