Abbaye Notre-Dame de l'Étoile
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Abbaye Notre-Dame de l'Étoile
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction XIIe siècle
Protection  Classé MH(1991)[1]
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Ville Archigny
Coordonnées 46° 39′ 12″ N 0° 42′ 14″ E / 46.65333, 0.7038946° 39′ 12″ Nord
       0° 42′ 14″ Est
/ 46.65333, 0.70389
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Abbaye Notre-Dame de l'Étoile

L' abbaye Notre-Dame de l'Étoile est à Archigny dans le département de la Vienne.

Sommaire

Histoire de l'Abbaye

Fondation

Elle est fondée en 1117 ou 1124 par Isembaud de l’Étoile, ermite, en mémoire de son frère Pierre de l'Étoile qui fut le fondateur et premier abbé de Fontgombault en Indre mort en 1114.

Le Moyen Age

En 1145 elle se joint à Citeaux. Comme abbaye fille directe de Pontigny, elle constitue l’un des rares établissements de l'ordre cistercien dans le Haut-Poitou.

L'abbaye est édifiée durant la deuxième moitié du XIIème siècle selon le plan classique des abbayes cisterciennes. De cette période subsistent la sacristie, les murs du chapitre et leurs baies romanes géminées, la chapelle du transept sud et les assises de la nef de l'église, ainsi que l'infrastructure du bâtiment des convers.

Son troisième abbé fut le théologien Isaac de l'Étoile.

Au XIIIème siècle, l'abbyae continue à prospérer, et le chapitre reçoit l'aspect gothique qu'il a conservé depuis, avec ses croisées d'ogives et sa décoration sculptée d'une extrême sobriété, caractéristique de l'art cistercien. Sous le pavement repose plusieurs abbés.

Ruinée pendant la guerre de Cent Ans, l'abbaye doit sa première renaissance à dom Jean Choppelin qui va vouer son long abbatiat, jusqu'à la fin du XVème siècle, à reconstruire les bâtiments endommagés, quitte à leur faire subir de profondes transformations. Les travaux sont surtout visibles dans l'église. Elle est munie de nouvelles voûtes et de fresques, aujourd'hui à peine visibles, sur les arcatures de la nef.

Guerres, pillages et destructions

Elle est ruinée au XVIe siècle notamment lors des guerres de Religion. Ses effectifs diminuent. Elle est mise en commande en 1520. À partir de cette date, le domaine périclite.

Elle sera rebâtie au XVIIe siècle mais ne retrouva jamais son prestige. L'apport du Grand Siècle se remarque dans l'aile orientale où l'ancien parloir devient passage vers les jardins et dans l'aile occidentale qui est complétement réaménagée. La chapelle du transept sud conserve une infime partie du retable monumental qui est alors installé au fond du sanctuaire pour mettre en valeur une grande toile représentant l'Assomption.

Fait assez rare, l'abbaye a échappé pendant longtemps aux conséquences négatives du système de la commende. Ainsi, en ce même XVIIe siècle, son abbé Dom Jérôme Petit en fit l'un des berceaux de la réforme de l'Étroite Observance dont les trappistes d'aujourd'hui sont les héritiers.

Elle est progressivement abandonnée au XVIIIe siècle. Des graffiti toujours visibles dans la prison située dans l'aile orientale montrent que la prison servit aussi pour un prisonnier de l’État.

Après la mort tragique du dernier abbé régulier, l'avant-dernier abbé est le canadien Joseph Lacorne de Chapt (mort en 1779), grâce à qui notamment, les alentours immédiats du monastère sont choisis pour l'établissement des Acadiens. Ces derniers, établis ensuite à proximité, font de l'église abbatiale leur église paroissiale.

Perte de la fonction religieuse

L'abbaye est vendue à la Révolution, et devient une exploitation agricole et les bâtiments conventuels sont laissés à l'abandon. Le transept et la voûte de l'église s'effondrent au milieu du XIXème siècle. La nef servira longtemps de grange, le chapitre de cellier et la sacristie de bergerie.

Mais,en 1915 a lieu un premier classement partiel, puis le 12 décembre 1991 ont été classés monument historique l'ensemble des bâtiments, édifices religieux et métairie, ainsi que les piliers de l'entrée et l'aire du cloître. L'ancien moulin, devenu au XVème siècle la boulangerie de l'abbaye, a été restauré entièrement en 1997.

L'abbaye appartient maintenant à la commune d'Archigny

Architecture de l'Abbaye

L'abbaye a été fondée dans un vallon solitaire aux environs d'Archigny.

Cet ensemble cistercien est protégé en raison de l’importance historique de cette abbaye et de la qualité architecturale de ses vestiges. En effet elle réunit les principales caractéristiques du monastères cistercien du XIIe siècle basé sur le plan bernardin.

L'abbaye est en cours de restauration.

L’église abbatiale

De l'église abbatiale dont la nef est classée,il ne reste que la façade au portail sobre, flanqué de puissants contreforts que nécessitait la hauteur primitive de l'édifice.

A l'intérieur, une nef unique formait un long vaisseau de 28 mètres divisé en quatre travées.

Les bâtiments monastiques

Ils se composent des bâtiments des converts, de la salle capitulaire, de l'oratoire et du cloître. La salle capitulaire gothique construite au XIIème siècle, remaniée au XIIIème et restaurée en 1930 avec ses belles voûtes sur croisées d'ogives, la chapelle du croisillon sud et les arcatures peintes de la nef sont remarquables. Avec ces peintures murales de la Renaissance,il est possible de se faire une idée de ce que fut l'abbaye au temps de sa gloire.

Les bâtiments agricoles de l'abbaye se composent du porche, du portail, de la ferme avec grange et communs, et du moulin.

La petite chapelle Saint-Laurent est situé derrière les bâtiments de l'abbaye. Dans cette chapelle, les personnes âgées vouaient un culte à Sainte Laurence, censée guérir des maux de dents. Sous la statue de la sainte, il est possible de voir une pierre dans laquelle il fallait mordre pour que le miracle s'accomplisse.

Activité

La commune d'Archigny entretient et restaure progressivement l'abbaye grâce à des chantiers chaque été par l'association Adichats.

Elle assure une animation touristique et culturelle.

L'Association pour la sauvegarde de l'abbaye de l'Etoile[2], créée en 1982 publie une revue semestrielle, Les Amis de l'Etoile, et œuvre à faire connaître l'histoire de l'abbaye.

Le propriétaire de l'ancienne ferme du monastère, propose du camping à la ferme.

L'abbaye a été visitée, en 2003, par 1810 personnes

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Abbé [Charles-Claude] Lalanne, "Notice sur l'ancienne abbaye royale de N.-D. de l'Étoile", in Le Châtelleraudais (journal politique, religieux et littéraire), 1854.
  • Abbé [Charles-Claude] Lalanne, Histoire de Châtelleraud et du Châtelleraudais, Châtellerault, 1859, t. 1, p. 166-174, et t. 2, p. 399-405 ; rééd. Marseille, Lafitte, 1977 ; Péronnas, La Tour de Gile, 1995 ; Paris, Le Livre d'histoire, 2005 (coll. Monographies des villes et villages de France).
  • Dr [Abel Marie Victor] Orrillard, "L'abbaye de l'Étoile", in Le Glaneur châtelleraudais, novembre 1942, p. 16-19.
  • Claude Garda, "L'ermitage de Saint-Pierre-en-Vaux", in Le Pays chauvinois, n° 9, 1970, p. 2-7 ; reproduit et complété, sous le titre "Aux origines de l'abbaye cistercienne de l'Étoile : l'ermitage de Saint-Pierre-en-Vaux", in Bulletin de l'Association pour la sauvegarde de l'abbaye de l'Étoile, n° 29, 2010, p. 14-32.
  • Claude Garda, "L'initiateur de Rancé à la vie cistercienne, Dom Michel Guiton, abbé en Lorraine et prédicateur en Poitou" [retiré à l'abbaye de l'Étoile], Cîteaux Commentarii cistercienses, t. 36, 1985, p. 178-187.
  • Claude Garda, "Du nouveau sur Isaac de l'Étoile", Ibid., t. 37, 1986, p. 8-22.
  • Claude Garda, "Dom Jérôme Petit, abbé de l'Étoile, d'heureuse mémoire, restaurateur de l'abbaye au XVIIe siècle", Les Amis de Villesalem (compte rendu de l'Assemblée générale du 6 juillet 1986), p. 9-23.
  • Claude Garda, "L'abbaye de l'Étoile et les Acadiens en Poitou au XVIIIe siècle", Les Cahiers, Société historique acadienne (Moncton, Nouveau-Brunswick), vol. 17, n° 3, 1986, p. 94-102.
  • Claude Garda, "La fin tragique de Dom Joseph Dreux, dernier abbé régulier de l'Étoile", Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest (Poitiers), 4e série, t. 19, 1986, p. 539-548.
  • Claude Garda, "Vie inédite de Dom Jérôme Petit, abbé de l'Étoile, l'un des promoteurs de l'Étroite Observance", Cîteaux Commentarii cistercienses, t. 38, 1987, p. 34-58.
  • Claude Garda, La bibliothèque de l'abbaye cistercienne de l'Étoile aux XVIIe et XVIIIe siècles et son catalogue inédit (Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, 5e série, 1),Poitiers, 1988, 124 p. et 12 pl. h.t.
  • Claude Garda, "Les conséquences de la Révolution sur l'abbaye cistercienne Notre-Dame de l'Étoile", Le Pays chauvinois, n° 27, 1989, p. 46-52.
  • Claude Garda, "Le sens de l'observance chez un abbé de l'Étoile au XVIIe siècle", Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest (Poitiers), 5e série, t. 5, 1991, p. 243-267.
  • Claude Garda, L'abbaye de l'Étoile, photos de Michel Laverret, Rennes, Ouest-France, 1992, 32 p.
  • Claude Garda, "Les graffiti dans la prison de l'abbaye de l'Étoile", Le Pays chauvinois, n° 30, 1992, p. 21-33.
  • Claude Garda, "Le symbole de l'eau chez Isaac de l'Étoile", Les Monastères et l'eau (2e colloque de Cadouin, 26 août 1995), Roc de Bourzac, 1996, p. 27-33 ; repris dans Collectanea Cisterciensia, t. 59, 1997, fasc. 1, p. 75-80.
  • Claude Garda, "Dom Jean Benoist, profès et prieur de Cadouin, puis abbé de l'Étoile (1663-1738)", Ibid., p. 34-42.
  • Claude Garda, "L'Étoile : silence et clarté", in Dossiers d'archéologie (Éditions Faton, Dijon), n° 234, juin-juillet 1998, p. 54-55.
  • Claude Garda, "Mourir au monastère : les sépultures à l'abbaye cistercienne de l'Étoile", Liturgie (Bulletin trimestriel publié par la Commission francophone cistercienne), n° 104, 1998, p. 44-71.
  • et, du même Claude Garda, les très nombreux articles et études dans le semestriel Les Amis de l'Étoile, du n° 1 (1996) au n° 13 (2002), puis dans le même semestriel intitulé désormais Bulletin de l'Association pour la sauvegarde de l'abbaye de l'Étoile, du n° 21 (2006) au n° 32 (2011)...

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