Collias

43° 57′ 17″ N 4° 28′ 40″ E / 43.9547, 4.4778

Collias
Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Arrondissement de Nîmes
Canton Canton de Remoulins
Code commune 30085
Code postal 30210
Maire
Mandat en cours
Raymond Aparis
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pont du Gard
Démographie
Population 829 hab. (1999)
Densité 41 hab./km²
Géographie
Coordonnées 43° 57′ 17″ Nord
       4° 28′ 40″ Est
/ 43.9547, 4.4778
Altitudes mini. 20 m — maxi. 212 m
Superficie 20,42 km2

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Le Gardon à Collias

Collias est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

Sommaire

Histoire

Quelques jalons importants

Comme la plupart des villages de l'Uzège, celui de Collias est né aux alentours de l'an mil. Il procède d'une réorganisation du maillage de l'espace rural connu sous le nom consacré d'incastallamento. Cependant, sur le site même, une forteresse publique a pu précéder le village pendant que l'habitat rural se déployait en nébuleuse dans le fond de la vallée. Le choix du site pousse dans ce sens puisqu'il ne permet pas une covisibilité totale avec les voies de communication qui traversent la vallée. D'ailleurs, il a sans doute fallu créer une motte de terre pour dresser la première tour féodale au lieudit le Castellas (ce qui correspondrait aujourd'hui au jardin du Pierrot). Mais quoi qu'il en soit, le village, lui, naît après l'an mil. Les seigneurs d'Uzès y établissent leur résidence, certains testent et meurent au château de Collias. Ayant pris le parti de Raymond V de Toulouse, la guerre de conquête des capétiens a sans doute touché le village dominé par les Uzès. Le château a pu être détruit lors d'un siège. La guerre de Cent Ans n'épargne pas le village qui se fortifia, suivant ainsi les injonctions des autorités royales. Quatre tourelles d'angles furent bâties aux quatre coins des remparts (on retrouve d'ailleurs inscrit dans le parcellaire ce semblant de quadrilatère quasi identique à celui du village de Saint-Chaptes ce qui prouverait que d'importants travaux urbanistiques aient pu être entrepris comme ils ont pu l'être à Vers, Domazan, Saint-Hilaire-d'Ozilhan ou Saint-Laurent-la-Vernède). A cette époque, l'église (sans doute une église qui était associée à la villa de la Gaud et à laquelle on accédait via un chemin de croix) se trouvait dans le quartier de la Treille, sans doute à la place de maison de Bernard. Cet édifice devint d'ailleurs la maison commune au XVIe siècle après la construction de la nouvelle église à la place de l'église actuelle. La physionomie du village change alors. En lieu et place du Castellas, s'élève une métairie dont on retrouve des traces dans les contrats de location passés chez Daroussin, notaire à Collias. Le village s'est étendu sous les effets de la poussée démographique qui se fait jour dès le milieu du XVe siècle. Alors que la population est au plus bas vers 1420 (on peut tabler sur une population aux alentours de 100 à 150 habitants), la reprise se profile et accélère après 1470-1480 comme on peut le voir dans le village voisin de Castillon-du-Gard (l'existence de 3 compoix pour le seul XVe siècle permet d'avancer cette tendance). À Collias se produit un évènement suffisamment important pour être noté dans cette notice. Une partie de la population du village voisin d'Argilliers est venue s'y installer. Suite à une saisie féodale qui visait à réorganiser la seigneurie bannière du mas de Vacqueyras les habitants du village d'Argiliers I (sis à proximité du château de Castille) sont invités à aller s'installer au nord sur le site d'Argilliers II. Une partie de la population avait néanmoins décidé d'aller s'installer à Collias, sans doute parce que leurs parcelles se trouvaient au sud du territoire de la manse d'Argilliers donc plus près de Collias que du futur village neuf d'Argilliers II. Cette arrivée de population (qui n'est pas une exception puisque le phénomène se produit à Garrigues au XVe siècle également) s'est transcrit dans le parcellaire du village par l'apparition d'un module urbain autonome au sud du village. La carrera de villanova comme on la trouve mentionnée dans le plus ancien censier du duché d'Uzès (vers 1380) devient au siècle suivant le quartier de Villeneuve et rend compte de l'arrivée de ces nouveaux habitants. Depuis cette époque, Collias et Argiliers sont unis par des liens particuliers. Collias tentera d'ailleurs de s'annexer ce hameau au début du XIXe siècle puis, ayant échoué, de s'en annexer une portion vers 1880. Entre temps, Collias subit encore les affres de la guerre pendant le conflit religieux. La population essentiellement catholique est d'ailleurs à l'issue du conflit remerciée par la hiérarchie ecclésiastique pour son comportement héroïque. Un abaissement du taux de la dîme s'en suit.

L'agriculture traditionnelle

D'un point de vue agricultural, la triade méditerranéenne est cultivée à Collias depuis l'époque romaine. L'olivier est peu présent au XIVe siècle comme dans les localités voisines. Il semblerait qu'il passe à cette époque du statut d'arbre fruitier que l'on n'enregistre pas systématiquement dans les censiers et les compoix au statut de produit agricole à forte valeur libératoire. L'explosion de cette culture à Aramon au Moyen Âge est le point de départ d'une aventure agricole originale. Parce que situé sur le Rhône où les pondéreux sont embarqués sur les naves circulant sur le fleuve, Aramon va devenir un grand centre de la production d'huile d'olive irradiant dans les communes voisines. Collias va voir les surfaces en olivier augmenter tout au long de l'époque moderne. Dans un mémoire du docteur Labrousse de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le plant de Coïas est compté au nombre des grandes variétés d'oliviers languedociens. Peut-être celui-ci était-il antérieur à cette mode oléicole post-médiévale ? On trouve noté ici ou là sans que jamais aucune source ne soit mentionnée que les inventeurs de la picholine auraient érigé l'olive de Collias comme celle étant la plus apte à subir cette préparation. De notre côté, nous avons noté que la confiserie des olives est une pratique attestée dès le XVIe siècle par des mentions y faisant allusion dans les contrats notariés. Quoi qu'il en soit, le plant de Collias est effectivement célèbre au XVIIIe siècle et il est d'ailleurs de nos jours bien connu des spécialistes de l'olivier.

Le vin produit dans ce village n'a jamais connu la gloire de ses oliviers. Sans doute affecté à la consommation familiale, les surplus de ce vin étaient voués à être brûlés dans les alambics. La concurrence des vins de la côte du Rhône était trop forte pour qu'ait pu se développer ici une viticulture spéculative d'autant qu'Uzès se barricadait derrière des chapelets de prohibitions pour protéger sa propre production et notamment celle de l'évêque.

Les blés et notamment les froments du type Tozelle constituaient la culture principale, parfois associés aux oliviers et à la vigne.

Pour plus d'information voir la thèse de Michael Palatan, Dynamique des territoires et changement agricole autour du Pont-du-Gard (1350-1850, Essai d'analyse d'un agrosystème, pour l'obtenir : mikapalatan1@orange.fr).

La communauté d'habitants

La communauté de Collias gère une partie de sa destinée depuis au moins le XIIIe siècle. Le fonds d'archives locales montre que les droits de police rurale appartiennent à la communauté depuis le XIIIe siècle. Ces droits concernent la gestion du territoire à la fois urbain et rural. Les coutumes du bourg de Remoulins permettent de se rendre compte de l'étendue de ces droits. Il s'agit par exemple et avant tout de réglementer la déambulation des troupeaux ovins et bovins. On trouve encore des articles réglant certains usages agricoles, le transport du feu, l'entassement du fumier, l'usage des puits…

À la tête de la communauté, le premier était le représentant de la communauté. IL était secondé par un second consul. Un conseil politique formé de six membres les accompagne. On s'imagine mal aujourd'hui le rayonnement social de ces magistrats de village. Le XIVe siècle en fera des personnages importants relayant d'une certaine manière, avec les bayles royaux, l'autorité royale. Ils sont convoqués à certaines assemblées provinciales pendant la guerre de Cent Ans. On voit d'ailleurs qu'à Collias, la communauté se charge des frais du barbier venu raser le premier consul (XIVe). Les communautés n'ont sans doute jamais été aussi puissantes et indépendantes qu'au XIVe siècle alors que la seigneurie reculait, s'appauvrissait et voyait sa démographie fondre. Peu à peu, avec le XVIe et surtout le XVIIe siècle, la royauté mettra au pas ces communautés qui avaient été ses alliées par le passé. La bureaucratie monarchique va homogénéiser les modes de fonctionnement réduisant d'autant les particularismes et l'indépendance des corps municipaux. Désormais la quasi-totalité des initiatives locales sont soumises à autorisation, celle-ci étant délivrée par l'intendance de Montpellier ou la subdélégation d'Uzès selon les matières.

Quelques registres de délibération (XVIIe-XVIIIe siècles) permettent d'avoir des vues assurées sur l'activité de consulat. Celle-ci est dominée par la fiscalité royale, les conflits avec les seigneurs et les affaires rurales concernant directement la communauté. Illustrons cela d'un exemple : l'affaire se déroule au début du XVIIe siècle. Une délibération du conseil prise sur la place de l'église et enregistré par Daroussin notaire nous informe de l'infortune du premier consul. Celui-ci rentrait de Montpellier où il était allé représenter la communauté de Collias devant la Cour des Aides et Finances de Montpellier. Le différend opposait Collias au seigneur de Saint-Privat qui prétextait la présence d'un moulin lui appartenant sur la rivière du Gardon sis sur le territoire de Collias pour envoyer ses grands troupeaux paître dans les coufines du Nord-Est. Cet surpécoration était préjudiciable pour les habitants et pour la communauté qui devait revoir à la baisse les prix des baux de location d'herbage qu'elle consentait régulièrement pour alimenter la trésorerie consulaire. Collias avait donc porté l'affaire devant les tribunaux. La Cour des Aides s'était déclarée incompétente. Sur le retour, le consul suivait le seigneur rentrant à Saint-Privat. Le Gardon était en crue et il fut bien obligé de passer la rivière via le Pont-du-Gard qui appartenait au dit seigneur. Là, l'attendait le noble personnage qui le bastonna avec la tranche de son épée. Le consul s'était alors rendu tant bien que mal à Collias où il fit aussitôt constater ses blessures et rassembler l'assemblée générale des habitants. Là, il avait fait la narration des aventures qui avaient été les siennes et à l'unanimité l'assemblée composée de plus d'une centaine d'individus avait décidé d'engager une procédure judiciaire. Ce qu'il faut retenir de cette anecdote tient à la farouche volonté d'indépendance des communautés d'habitants. Elles se sont imposées peu à peu depuis le Moyen Âge. Et si le sentiment communautaire s'étiole dès le XVIIe siècle, la montée de l'individualisme n'effacera pas tous les réflexes communautaires.

Milieu d'interconnaissance, le village est un monde d'exclusion aussi. N'habite pas là qui veut. Jusqu'à la Révolution, les nouveaux venus doivent payer un droit d'habitanage pour être comptés au nombre des « vrays habitants ». Dans le village voisin de Vers, une série de délibérations consécutives à des malversations relatives à ce droit nous informe des procédures. En fait, un nouveau venu pouvait mourir au village quarante ans après son arrivée sans jamais avoir été admis au sein de la communauté. De ce fait, il était exclus des droits communautaires (droit de dépaissance, de chasse, de pêche, de lignerage (ramassage du bois mort)...). On voit les témoins se succéder devant le notaire Longuet. Certains sont des descendants d'immigrés, nés dans le village de Vers, et pourtant non comptés au nombre des vrais de vrais. D'autres fois, l'admission est immédiate comme celle de ce maréchal à forge venu de Rochefort que les habitants fuient tant les manieurs d'argent les oppriment à cause des énormes dettes qui les écrasent. Ce maréchal paiera quelques livres et se verra illico nanti des droits si jalousement gardés habituellement. Nécessité faisant loi, il manquait un artisan de cet art au village. À Collias, le fonctionnement était identique. Et comme à Vers, le XVIIIe siècle voit se détendre les villageois vis-à-vis des biens communautaires. Il faut dire que les plus importants - les droits de pécoration - sont réduits à pas grand chose tant la forêt a reculé depuis le XVIe siècle. Suffisait alors un gens de bonne volonté envers la communauté, une sorte de travail d'intérêt général. Tel maçon nouvellement arrivé réparait la fontaine…

Les habitants de Collias ont à leur compte un assassinat, celui du hameau de Laval perdu dans les coufines. L'affaire commence au XVe siècle quand les consuls, poursuivant une tradition vieille de plus de deux siècles peut-être, je veux dire la mise en location des pâturages de la rive droite du Gardon, interdisent la traversée de la zone aux troupeaux des habitants de Laval. Ceux-là portent l'affaire devant les tribunaux royaux qui tranchent en faveur de Collias, lieu de perception de l'impôt. L'assujettissement fiscal de Laval à Collias lui valut l'assujettissement administratif dans l'ordre des affaires rurales. Laval rentrait définitivement dans le giron de son voisin. À plusieurs reprises, on voit ceux de Collias humilier ceux de Laval. Une fois on fait arrêter deux jeunes bergers de Laval et on les jette dans geôles villageoises. Une autre fois, pour les punir de je-ne-sais-quoi, lors de la réfection du compoix, on change le coefficient des terres de Laval. Bref on les surtaxe au mépris des usages en la matière. Cette attitude a pour conséquence de vider peu à peu Laval de ses habitants si bien qu'au XVIIIe siècle on ne trouve plus que des métairies peuplées de locataires en rotation permanente. La politique menée des siècles durant est celle imaginée par les élites villageoises, gros paysans entretenant gros troupeaux en tête. Ce n'est d'ailleurs pas une surprise de les voir au début du XIXe siècle bâtir à qui mieux-mieux des bergeries et y entretenir à demeure des bergers. Séparé de Collias par la rivière du Gardon qu'aucun pont ne traversait encore, cette partie pouvait demeurer inaccessible lors des crues. En s'y installant de la sorte, les gros paysans se l'accaparaient - c'était bien le sens de la supplique adressée par les habitants de Collias aux autorités cantonales.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Éliette Galzy DVG  
avril 2008   Raymond Aparis   Hôtelier

Vice-président de la communauté de communes

Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[1])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2009
508 520 510 617 756 829 975
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Les plus anciens éléments démographiques concernant Collias sont contenus dans les registres de Catholicité (XVIIIe). Ainsi nous savons qu'il y avait quelque 500 habitants au début du XVIIIe siècle et près de 600 vers 1780.

Tourisme et sports

Centre de tourisme nautique et équestre, point de passage du GR 63 qui permet de suivre les gorges du Gardon, Collias possède en outre d'abruptes falaises que les varappeurs n'hésitent pas à escalader. Les touristes peuvent également pratiquer du kayak sur 8 km jusqu'au Pont du Gard.

Notes et références

Concernant l'histoire du village de Collias :

  • Roland Ausset, Contribution l'histoire d'une seigneurie languedocienne, Collias, thèse d'histoire du droit.

Une thèse de faible envergure dans laquelle on trouvera quelques éditions d'archives tirées du fond du château de Collias qui demeure aujourd'hui encore quasi-inaccessible.

  • Palatan Michael, Collias, société espace et communauté au XVIIIe siècle, mémoire de maîtrise, 1998.

Un premier travail de recherche qui éclaire la vie rurale dans un village de l'Uzège.

  • Palatan Michael, Dynamique des territoires et changement agricole autour du Pont-du-Gard (1350-1850), essai d'analyse de la transformation d'un agrosystème, thèse de 3e cycle, université de Montpellier (chez l'auteur : palatanmichael@gmail.com).

Un travail qui dépasse largement le seul village de Collias mais qui plonge ses particularismes dans un ensemble plus vaste, permettant ainsi de les apprécier avec justesse.

Voir aussi

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Lien externe




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