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Mausolée libyco-punique de Dougga

Mausolée libyco-berbère dans son état actuel

Le mausolée libyco-punique de Dougga, appelé aussi mausolée d'Atban, est l'une des pièces maîtresses du site archéologique de Dougga en Tunisie. Il s'agit de l'un des très rares exemples d'architecture royale numide, un autre exemple se situant à Sabratha dans l'actuelle Libye. Il est daté du IIe siècle av. J.-C..

Sommaire

Histoire

Mausolée libyco-berbère avant sa restauration

Les premiers visiteurs occidentaux à visiter le site de Dougga parcourent le site à partir du XVIIe siècle, cette tendance se poursuivant au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle[1]. Le mausolée libyco-berbère fait l'objet de descriptions poussées et à la fin de la période d'études architecturales.

En 1842, afin de détacher l'inscription royale qui l'orne, le consul britannique à Tunis, Sir Thomas Read, endommage très gravement le monument qui ne doit son état actuel qu'à un archéologue français, Louis Poinssot, qui en entreprend une véritable reconstruction à partir des éléments qui jonchaient le sol entre 1908 et 1910[1].

Description

Détail sur les scuptures du dernier étage
Détail de la sculpture du dernier étage

La construction mesure 21 mètres de hauteur sur trois étages et l'on y accède par un piédestal de cinq marches.

Sur la face nord du podium, premier des trois étages, une fenêtre fermée par une dalle ouvre la chambre funéraire. Les autres faces sont décorées de fausses fenêtres, les quatre pilastres d'angle étant d'ordre éolique.

Le second niveau est constitué d'une colonnade ayant la forme d'un temple (naïskos), les colonnes engagées flanquant chaque côté étant d'ordre ionique.

Le troisième et dernier niveau est le plus richement décoré : outre des pilastres d'angle similaires à ceux du premier niveau, il se termine par une pyramide. Des éléments de statuaire perdurent, avec décor de griffons dans les angles et également un quadrige sur l'une des faces du dernier niveau.

Inscription bilingue punique et libyque

Inscription bilingue de Dougga

L'inscription bilingue libyque et punique se trouve aujourd'hui au British Museum et a permis de déchiffrer les caractères libyques :

« Voici l'équipe de Atban, fils de Iepmatah, fils de Palou : les constructeurs en pierres Aborsh, fils de Abdashtart Mengy, fils de Oursken ; Zamar, fils de Atban, fils de Iematah, fils de Palou ; et parmi les gens de sa maison, Zezy, Temen et Oursken ; les menuisiers Mesdel, fils de Nenpsen et Anken, fils de Ashy ; les forgerons Shepet, fils de Bilel et Pepy, fils de Beby[2]. »

Interprétation

Certains auteurs y ont vu une parenté avec l'architecture funéraire d'Asie mineure et les nécropoles alexandrines des IIIe et IIe siècles av. J.-C.[3].

Ce tombeau a été considéré comme dédié à Atban, fils de Iepmatath et de Palu, grâce au texte de l'inscription qui a été conservée. Celle-ci, dont la localisation précise au sein du monument, sur un côté d'une fausse fenêtre du podium, n'a été tranchée que récemment[4] n'était unique, une autre inscription bilingue ornant l'autre côté de la fausse fenêtre étant quant à elle perdue. Cette seconde inscription, dont la perte est irrémédiable pour une interprétation définitive du monument, aurait développé la titulature du prince auquel le monument était consacré.

Selon les dernières études, les noms cités sur l'inscription conservée ne seraient que ceux ayant construit la bâtisse, de l'architecte et de représentants de divers corps de métiers. Le monument aurait été bâti par les habitants de la cité pour un prince numide, certains y ayant vu le tombeau ou un cénotaphe à destination de Massinissa[3],[5].

Notes et références

  1. a  et b (fr) Historique de l'exploration du site de Dougga (Strabon)
  2. (fr) Mausolée libyco-punique de Dougga (Institut national du patrimoine)
  3. a  et b Pierre Gros, L'architecture romaine du début du IIIe siècle avant J.-C. à la fin du Haut-Empire, tome 2 « Maisons, palais, villas et tombeaux », éd. Picard, Paris, 2001, p. 417
  4. Mustapha Khanoussi, Dougga, éd. Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, Tunis, 2008, p. 74
  5. Mustapha Khanoussi, op. cit., p. 75

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article Ce logo indique que la source a été utilisée pour la rédaction de l'article.
  • Gabriel Camps, « Dougga », L'Encyclopédie berbère, tome XVI, éd. Edisud, Aix-en-Provence, 1992, pp. 2522-2527 (ISBN 2857445814)
  • Gabriel Camps, Les Berbères, mémoire et identité, coll. Babel, éd. Actes Sud / Leméac, Arles / Montréal, 2007 (ISBN 9782742769223)
  • Pierre Gros, L'architecture romaine du début du IIIe siècle avant J.-C. à la fin du Haut-Empire, tome 2 « Maisons, palais, villas et tombeaux », éd. Picard, Paris, 2001 (ISBN 2708405330) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Mustapha Khanoussi, Dougga, éd. Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, Tunis, 2008 (ISBN 9789973954336) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Édouard Lipinski [sous la dir. de], Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. Brépols, Paris, 1992 (ISBN 2503500331)
  • Hédi Slim et Nicolas Fauqué, La Tunisie antique. De Hannibal à saint Augustin, éd. Mengès, Paris, 2001 (ISBN 285620421X)

Liens externes

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