Cimon


Cimon
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Ostrakon portant le nom de Cimon, 486 ou 461 av. J.-C., musée de l'Agora antique d'Athènes

Cimon (en grec Κίμων / Kímôn), né v. 510 av. J.-C., mort v. 450449 av. J.-C. devant Cition, homme d'État et stratège athénien.

Sommaire

Biographie

C'est le fils de Miltiade et d'une Thrace, Hégésipylé, fille d'un roi Thrace du nom d'Oloros. Il appartient donc à l'une des plus grandes familles aristocratiques d'Athènes. Après une jeunesse tapageuse, où Cimon traîne une réputation de buveur et de débauché, il se distingue à Salamine et entame sa carrière politique peu après 480 av. J.-C.. Il est suffisamment important en 479 av. J.-C. pour faire partie de l'ambassade qu'Athènes envoya à Sparte.

Il est stratège à plusieurs reprises, pour la première fois en 478 av. J.-C.. Cimon dispose à la fois du soutien populaire mais aussi de l'appui des grandes familles nobles dont le poids restait important dans les campagnes. Ce soutien est dû, dit Aristote dans la Constitution d'Athènes (XXVII, 3)[1], à ses largesses, comparables à celles d'un patron romain à l'égard de ses clients :

« Cimon, qui avait une fortune princière (tyrannikên ousian, littéralement « fortune de tyran »), d'abord s'acquittait magnifiquement des liturgies publiques et de plus entretenait beaucoup de gens de son dème : chacun des Lakiades[2] pouvait venir chaque jour le trouver et obtenir de lui de quoi suffire à son existence ; en outre, aucune de ses propriétés n'avait de clôture, afin que qui voulait pût profiter des fruits[3]. »

Partisan du développement de l'empire athénien, il n'estime pas nécessaire la rupture avec Sparte. Il pense au contraire que l'alliance spartiate peut contrebalancer le développement des idées démocratiques auxquelles il est hostile. C'est en cela qu'il s'oppose à Thémistocle.

Il aide Aristide le Juste à obtenir le soutien des Grecs d'Asie Mineure et des îles à Athènes plutôt qu'à Sparte, et commande la plupart des opérations militaires de la ligue de Délos de 477 av. J.-C. à 473 av. J.-C.. Il oblige Pausanias à quitter Byzance (477 av. J.-C.), s'empare d'Eion (476 av. J.-C.), conquiert la vallée du Strymon en Thrace (475 av. J.-C.), puis l'île de Skyros (475 av. J.-C.), dont il chasse les pirates qui rançonnent la mer Égée. Il aurait également rapporté les ossements supposés de Thésée, que l'on disait inhumé à Skyros.

Il contribue, vers 472471 av. J.-C. à l'ostracisme de Thémistocle, et devient après la mort d'Aristide le Juste en 467 av. J.-C., le chef du parti aristocratique. Sa popularité est, à ce moment, à son comble à Athènes où ses largesses, ses excès et aussi son humanité sont appréciés.

La plus grande victoire de Cimon fut sa victoire sur la flotte perse, à l'embouchure de l'Eurymédon (468 av. J.-C. ?). Il s'empare d'environ 200 vaisseaux de la flotte ennemie dirigée par Tithrautès puis, ayant débarqué son infanterie, il défait complètement l'armée ennemie dirigée par Phérendates. Ayant appris l'arrivée d'une flotte de renfort, il part à sa recherche et s'empare de tous les navires ennemis. À la suite de cette victoire, il impose au roi des Perses Artaxerxès Ier un traité de paix qui reconnaît la liberté des Grecs d'Asie Mineure et interdit aux navires perses l'accès à cette région.

La prépondérance d'Athènes et les opérations militaires sans fin lassent certains alliés qui vont jusqu'à la sécession comme Naxos en 470 av. J.-C. et Thasos en 465 av. J.-C.. En 463 av. J.-C., après un siège de deux ans, Cimon réduit Thasos.

Avec le butin de toutes ses campagnes, il va embellir Athènes en achevant les Longs Murs et la citadelle. Lors de son retour à Athènes en 463 av. J.-C., Cimon est accusé par Périclès et Éphialtès de n'avoir pas été plus sévère, mais il est finalement acquitté.

En 462 av. J.-C., il obtient des Athéniens que lui soit confiée une armée afin de venir en aide à Sparte, en proie à une révolte des hilotes, mais Sparte, méfiante à l'égard d'Athène, refuse son aide. Cet échec contribue à discréditer tous les partisans de Sparte et entraîne la chute de Cimon d'autant que les pouvoirs de l'Aréopage, son principal soutien, ont été réduits par les réformes d'Éphialtès en son absence. À son retour en 461 av. J.-C. il réclame l'abrogation des mesures d'Éphialtès mais il est frappé d'ostracisme.

Rappelé vers 451 av. J.-C. par Périclès, Cimon dirige une dernière campagne contre les Perses afin de reprendre Chypre, après une première victoire en Cilicie sur Mégabaze, dont il s'empare et où il meurt v. 450449 av. J.-C. en faisant le siège de Cition, aujourd'hui Larnaka.

Bibliographie

  • Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle de Clisthène à Socrate, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l'Antiquité », 1995 (ISBN 2-02-013128-5) 

Sources

Homonymes

Saint Cimon et saint Jézipe, évangélisateurs de la Poldévie

Notes et références

  1. Extrait de la traduction de G. Mathieu et B. Haussoulier, revue par C. Mossé, aux Belles Lettres.
  2. Habitants de Lakia, bourg de l'Attique dont Cimon était originaire.
  3. Cette libéralité est restée célèbre, voir Plutarque, Cimon, 10, et Cicéron, De Officiis, II, XVIII, 64.

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