ASSU

Ambulance

Une ambulance au Québec (Canada).

Une ambulance est un véhicule spécialement adapté et aménagé pour permettre le transport des personnes malades, blessées ou parturientes (femme sur le point d'accoucher) vers un établissement hospitalier (public ou privé) — hôpital ou clinique — ou une unité de soins spécialisée (par exemple : Soins de Suite ou Rééducation et Réadaptation Fonctionnelle).

Une ambulance dispose généralement du matériel nécessaire à la surveillance et aux premiers soins des éventuels blessés.

Dans la plupart des pays, les ambulances sont des véhicules prioritaires au regard des règles du code de la route.

Sommaire

Histoire

Une ambulance à New York, aux États-Unis

Durant la « Grande Guerre », une ambulance est un poste de secours avancé au plus près du front et capable d'accueilir des soldats blessés pour les premiers soins avant leur évacuation vers un hopital militaire de campagne[1].

Par extension, on appelle alors « ambulance » l'attelage chargé du transport de ces blessés du poste d'ambulance vers l'arrière puis « ambulance automobile » lorsque se répandent les véhicules à moteur[2].

Par la suite le terme ne désignera plus qu'un véhicule destiné au transport des blessés, malades ou parturientes.

Plus récemment on a aussi utilisé le terme d'ambulances vertes pour désigner des laboratoires mobiles d'analyse susceptibles d'être dépêchées sur le lieu d'un accident ou d'une pollution ou chez un particulier pour faire un diagnostic environnemental de la situation et éventuellement initier de premières actions [3]

Mesures d'hygiène

Ambulances à Londres (Royaume-Uni)

Les ambulances servent au transport de malades et de blessés. Ce sont des personnes affaiblies qui sont susceptibles de contracter des maladies plus facilement. L'infection peut provenir des proches et de l'entourage familial ou des lieux dans lesquels la personne à séjourné. Les malades peuvent contaminer les ambulanciers. Ou encore, les ambulanciers ou le matériel peuvent transporter les germes d'un patient vers un autre patient. Le problème est similaire à l'infection nosocomiale, bien qu'étant légalement considéré comme distinct, car on ne peut pas maîtriser l'environnement dans lequel on va chercher la personne.

Les ambulanciers doivent donc être formés à l'hygiène et suivre des protocoles de nettoyage et de désinfection. Il est recommandé d'utiliser le plus possible du matériel à usage unique.

Voici à titre d'illustration quelques grandes lignes de l'hygiène ambulancière.

Entre chaque transport
  • les ambulanciers doivent se laver soigneusement les mains avec un savon doux ; si les mains ne sont pas sales, on peut utiliser un gel ou une solution hydro-alcoolique ;
  • changer les draps et taies d'oreiller, les mettre dans un sac plastique fermé pour les stocker en attente de nettoyage ;
  • les objets tranchants ou piquants utilisés (rasoirs, aiguilles…) sont mis dans un conteneur spécial ;
  • les déchets biologiques et de soins sont conditionnés pour une destruction par une filière spéciale ;
  • le matériel utilisé (ou accidentellement contaminé) est jeté (usage unique), ou nettoyé et désinfecté, ou conditionné pour être désinfecté par une filière spécialisée ; en particulier : brancard, siège de l'accompagnateur, matériel d'oxygénothérapie, porte-perfusion ;
  • le lavabo et les poignées de porte de la cellule arrière sont nettoyés et désinfectés ;
  • le matériel est recomplété par du matériel propre voire stérile.
Chaque jour
  • la cellule avant (poste de conduite) est nettoyée : le sol et les sièges sont aspirés (l'aspirateur restant à l'extérieur), les sièges, le sol, les commandes (volant, leviers, boutons, manettes…) et poignées de porte sont nettoyés et désinfectés ;
  • les tenues sont changées et conditionnées dans des sacs plastiques ;
  • la réserve d'eau est vidée, rincée et remplie d'eau propre ; le réservoir de récupération est vidé, nettoyé et désinfecté ;
  • les bouches de circulation d'air sont aspirées, nettoyées et désinfectées ;
  • les linges conditionnés sont envoyés au nettoyage ; ceci inclut la couverture (la couverture est systématiquement enveloppée d'un drap qui est lui changé entre chaque patient)
  • les objets à détruire (déchets biologiques et de soin, matériel à usage unique) sont envoyés dans la filière de destruction ;
  • les ambulanciers se douchent et s'assurent d'avoir des ongles courts.
Chaque semaine
  • la réserve d'eau est désinfectée ;
  • le réceptacle pour objets coupants et perforants est fermé définitivement et envoyé pour élimination dans une filière spécifique ;
  • les surfaces de la cellule arrière (sol, support de brancard, parois, vitres) sont nettoyées et désinfectées ;
  • tout le matériel est sorti, nettoyé et désinfecté ; on utilise pour cela deux plans de travail, un recevant le matériel à la sortie du véhicule, l'autre où est disposé le matériel après désinfection ;
  • les tiroirs (vidés) sont nettoyés et désinfectés.

Le nettoyage se fait avec des gants à usage unique, ou pour certains actes avec des gants et blouse de nettoyage, les gants à usage unique étant fragiles. Les mains sont lavées après le nettoyage. Le nettoyage des surfaces se fait toujours en progressant vers la sortie, du haut vers le bas, du propre vers le sale, sans repasser deux fois au même endroit (on risquerait de ramener des salissures sur un endroit déjà nettoyé) ; on effectue pour cela des mouvement en « S ». On utilise deux seaux, un seau contenant le produit désinfectant, et un seau contenant de l'eau propre :

  • on imbibe l'éponge ou la serpillière de mélange désinfectant, on l'essore, on nettoie une portion de la surface, puis on rince l'éponge ou la serpillière à l'eau claire, on essore,
  • on imbibe à nouveau du mélange désinfectant…

Des mesures spécifiques peuvent être prises si le patient est contaminé par une bactérie multirésistante (BMR), un virus particulièrement contaminant ou des ectoparasites de type gale.

En Belgique

En Belgique, toutes les ambulances sont médicalisables si l’équipe SMUR (Service Mobile d’Urgence –et de réanimation-) accompagne le patient. Contrairement aux ambulances normales, les SMUR ne transportent pas de patients mais transportent à leur bord une équipe médicale (médecin + infirmier(ère)) qui peut prodiguer des soins immédiatement sur le lieu de détresse.

Comme de nombreux autres pays, la Belgique compte des services d’ambulances organisés (ou concédés) par les pouvoirs publics et des services d’ambulances privés. Les premiers sont le plus souvent attachés à un service d’incendie et participent d’office au fonctionnement de l’Aide médicale urgente. Les seconds ne peuvent y participer que s’ils ont signé une convention avec l’Etat. Plusieurs hôpitaux ont ainsi mis en place leur propre service d’ambulances et collaborent aux services de secours.

Théoriquement, tous les services ambulanciers qui participent au fonctionnement de l’aide médicale urgente devraient être agréés par le ministre de la Santé mais les normes d’agrément n’ont pas encore été fixées. Ce sont donc les inspecteurs d’hygiène qui contrôlent que les ambulances disposent du matériel nécessaire. Pour les ambulances privées, l’équipement minimum requis est décrit dans la convention qui les lie à l’Etat.

Les caractéristiques extérieures des ambulances participant au fonctionnement de l’Aide médicale urgente sont en revanche strictement réglementées et contrôlées par les inspecteurs d’hygiène : couleur jaune moyen (RAL 1016), bande rouge horizontale réfléchissante, logo « 100 », numéro d’identification… Les personnes qui utiliseraient ces signes extérieurs sans en avoir été autorisées (par exemple un service d’ambulances privé qui ne participe pas aux services de secours) peuvent être poursuivies, y compris au niveau pénal.

En matière de communication, les ambulances et les SMUR, tout comme la police et les services incendie, sont reliés au réseau ASTRID (All-round Semi-cellular Trunking Radiocommunication network with Integrated Dispatchings). ASTRID est un réseau de radio-communications de haute technologie qui assure une couverture radio intégrale. Celle-ci est réalisée au moyen de deux cents relais, ce qui permet la suppression de tous les « trous ». Grâce au système « trunking », les fréquences sont attribuées automatiquement au moment de l’appel.

En France

Ambulance de réanimation de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris

En France, le terme « ambulance » est réservé aux véhicules ayant à leur bord au moins un titulaire du diplôme d'état d'ambulancier (DEA) et permettant le transport assis ou allongé sous surveillance (catégorie A ou catégorie B type ASSU)[réf. nécessaire]. Cela comprend :

  • les véhicules (type A1, A2, B et C[4]) des entreprises privées titulaires de l'agrément préfectoral de transport sanitaire pour l'urgence et pour le transport sur prescription médicale. Les ambulances de secours et de soins d'urgences (ASSU) sont des véhicules ou l'équipage peut tenir debout dans la cellule sanitaire ;
  • les véhicules d'intervention du Smur (Service mobile d'urgence et de réanimation), également appelées « unités mobiles hospitalières » (UMH) ;
  • les « ambulances de réanimation » (AR) de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSPP) ou du Bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM).

En particulier, les véhicules suivants ne sont pas des ambulances au sens réglementaire :

les véhicules sanitaire léger (VSL, type berline conduite intérieure) exploités par les entreprises privées d'ambulances et réservés exclusivement au transport de malades assis, sans surveillance, autonomes ou requérant parfois une aide à la marche, ne sont pas des ambulances.

Tous ces véhicules (ambulances, VSAB, VSAV, PSR et PSE, véhicules sanitaires de l'armée) sont regroupés sous le vocable « véhicules adaptés au transport sanitaire ».

Les différents types d'ambulances

La norme NF EN 1789 de décembre1999 relative au « Véhicules de transports sanitaires et leurs équipements » (ICS: 11.160; 43.160) distingue quatre types de véhicules adaptés au transport sanitaire :

  • Type A: ambulance routière conçue et équipée pour le transport sanitaire de patients dont l'état de santé ne laisse pas présager qu'ils puissent devenir des patients en détresse.
    • catégorie A1 : adaptée au transport d'un patient unique;
    • catégorie A2 : adaptée au transport d'un ou plusieurs patients sur un (des) brancard(s) et/ou chaise(s) portoire(s);
  • Type B : Ambulance de soins d'urgence (ASSU), ambulance routière conçue et équipée pour le transport, les premiers soins et la surveillance de patients.
  • Type C : Unité Mobile de Soins Intensifs (UMH), ambulance routière conçue et équipée pour le transport, les soins intensifs et la surveillance de patients.

Ces véhicules routiers doivent être conformes à l'homologation de type pour les véhicules à usage spéciaux conformément à la dernière version amendée applicable à la Directive 70/156/CEE

Les ambulances privées (type A1, A2, B ou C) sont des « véhicules d'intérêt général bénéficiant de facilités de passage » (article R311-1 du Code de la route, voir plus bas), et sont donc équipées :

Les ambulances privées intervenant sur demande du SAMU rentrent dans la catégorie des "véhicules d'intérêt général prioritaire", depuis le Décret n° 2007-786 du 10 mai 2007 relatif aux véhicules d'intérêt général paru au J.O n° 109 du 11 mai 2007 page 8543 texte n° 53. C'est le cas notamment des ambulances participant à l'Aide Médicale Urgente pendant la garde ambulancière préfectorale organisée toutes les nuits, et chaque jour des samedis, dimanches et fériés.

Après avis du sous-comité des transports sanitaires et par autorisation préfectorale, une ambulance privée ASSU (type B) peut devenir une UMH sous convention avec le centre hospitalier détenteur du SMUR. Dans ce cas elle peut être équipée de feux bleus à éclispe et d'avertisseur deux tons (type SAMU). L'utilisation de cette ambulance est réservée exclusivement aux demandes émanant du SAMU/SMUR départemental pour des transports médicalisés (équipe médicale mobile). L'équipage ambulancier peut être réduit à un DEA suivant le cahier des charges attaché à la convention. Cette ambulance n'est pas comptée au nombre des véhicules sanitaires départementaux autorisés à circuler suivant le respect du numérus-clausus réglementaire (nombre de véhicules sanitaires au regard de la population du département).

Les UMH du Smur et les AR de la BSPP les PSR, PSE et VSAV de la BSPP et les VSAV des sapeurs-pompiers en général sont des « véhicules d'intérêt général prioritaires », et sont donc équipés :

  • de feux bleus à éclispe (gyrophares) (article R313-27 du Code de la route);
  • d'un avertisseur sonore à deux tons (« sol-la »)[5].

Le cas des véhicules associatifs (associations de secourisme dites « de sécurité civile ») est plus ambigu. Jusqu’à la loi de modernisation de la sécurité civile (loi n°2004-811 du 13 août 2004), ces véhicules relevaient du régime normal du transport sanitaire : les associations devaient obtenir un agrément départemental et avoir un ambulancier titulaire du CCA, les véhicules étaient donc des « véhicules d'intérêt général bénéficiant de facilités de passage ». Les associations de la petite couronne parisienne (Croix-Rouge française, Protection civile de Paris, Croix-Blanche, Centre français de secourisme et de protection civile) dérogeaient à ce principe, le préfet de police ayant pris un arrêté de réquisition permanent plaçant de fait ces véhicules dans la catégorie des « véhicules d'intérêt général prioritaires » ; la légalité de ce dispositif n'est toutefois pas assurée. Ceci devrait être remis à plat par les décret d'application de la loi de modernisation.

Voir aussi

  • Art. L. 6311-1 et suivants du Code de la Santé publique
  • Arrêté du 22 février 1988 fixant les conditions demandées aux véhicules et aux installations matérielles affectés aux transports sanitaires terrestres Aide médicale urgente
  • Circulaire DGS/SQ 2 n° 98-483 du 29 juillet 1998 relative à la participation des transporteurs sanitaires privés à l'aide médicale urgente
  • Arrêté du 20 mars 1990 fixant les conditions exigées pour les véhicules et les installations matérielles affectés aux transports sanitaires terrestres [1]
  • Arrêté du 7 février 2005 modifiant l'arrêté du 20 mars 1990 fixant les conditions exigées pour les véhicules et les installations matérielles affectés aux transports sanitaires terrestres
  • Norme NF EN 1789 concernant les Véhicules de transport sanitaire et leurs équipements.

En Suisse

En Suisse, de par le fédéralisme, il existe des lois un peu différentes dans chaque canton, mais prenons l'exemple de Genève qui est tout de même bien représentatif des services d'urgences médicales en Suisse. À Genève, il y a deux sortes d'ambulances :

Une ambulance du SIS Genève
  • les ambulances d'urgence, engagées par le 144 (numéro d'appel d'urgences médicales), celles-ci sont composées de deux ambulanciers diplômés CRS (Croix-Rouge Suisse). Ces ambulances font partie soit d'une entreprise privée soit d'un organisme public (comme le Service d'Incendie et de Secours de la ville de Genève). Les ambulances d'urgence peuvent, au besoin, être renforcées par le Cardiomobile, l'équivalent du SMUR.
  • les ambulances de transferts ou rapatriements, qui sont partenaires des hôpitaux pour des transferts intra-hospitaliers ou de la Rega entre autres pour des rapatriements de blessés ou malades. Ces ambulances peuvent être composées de TA (techniciens ambulanciers), d'équipes médicales ou d'ambulanciers CRS/ES/IAS.
  • La section sanitaire du SSA les Sapeurs-pompiers professionnels de l'Aéroport International de Genève, a été finalisée le 1er avril 2003.Elle est directement rattachée à la brigade sanitaire cantonale regroupant le cardiomobile (SMUR) et l'hélicoptère des HUG. Elle se compose de dix-neuf ambulanciers IAS/CRS regroupés en six groupes de trois, qui se relaient pour assurer deux ambulances de jour et une de nuit, 24h/24 sur la totalité du canton de Genève et la partie terre Sainte du canton de Vaud en 3e échelon. Engagement par le 144 GE et VD.

Notes et références

  1. Les soins
  2. Médecins de la Grande Guerre
  3. Mi-2008 le parlement européen suite à une première évaluation du plan d’action, a publié un rapport qui a notamment souligné que « certains Etats membres ont mis en place avec succès des laboratoires mobiles d'analyse ou "ambulances vertes" afin de poser un diagnostic rapide et fiable de la pollution de l'habitat dans les lieux publics et prives; estime que la Commission pourrait promouvoir cette pratique auprès des États-membres qui ne se sont pas encore dotes de ce modèle d'intervention directe sur le site pollue » (Rapport : " sur "l'Evaluation a mi-parcours du plan d'action européen en matière d'environnement et de sante 2004-2010" (2007/2252(INI)), par la Commission de l'environnement, de la sante publique et de la sécurité alimentaire / Rapporteur: Frédérique Ries", pdf, 15 pages, 184 ko).
  4. Circulaire DGS/SQ 2 n° 98-483 du 29 juillet 1998
  5. Le pin-pon est produit par les notes « sol-la » chez les pompiers et les notes « mi-do » pour les UMH des Smurs (ainsi que de la Police et de la Gendarmerie).

Voir aussi

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Voir « ambulance » sur le Wiktionnaire.

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Service public fédéral Santé publique : Vade-Mecum de l’aide médicale urgente (en Belgique) - Anthémis, 2007
  • Portail des premiers secours et du secourisme Portail des premiers secours et du secourisme
  • Portail de l’automobile Portail de l’automobile

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