Chateau de Gisors

Château de Gisors

Château de Gisors

La motte et le donjon du château de Gisors
La motte et le donjon du château de Gisors

Présentation
Période ou style Médiéval
Type Forteresse
Début construction XIe siècle
Fin construction XIIe siècle
Classement classé Monument historique
Géographie
Latitude
Longitude
Non renseigné
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Pays France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Commune Gisors

Le château de Gisors, situé dans le Vexin normand, est bâti sur une motte féodale. Il est constitué d'un donjon circulaire qui fut ajouté à une forteresse déjà existante. Essentiellement l’œuvre des ducs de Normandie du XIe au XIIe siècle, cette forteresse frontalière devait défendre le domaine anglo-normand contre les prétentions du roi de France.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[1].

Sommaire

Histoire

Les origines

Les origines de cette forteresse remontent à la seconde moitié du XIe siècle. Une motte castrale est édifiée dès 1097 par Robert II de Bellême, sur l'ordre du roi d'Angleterre Guillaume II le Roux (1087-1100)[2], régent du Duché de Normandie. Celle-ci est complétée un an plus tard par un donjon de bois, probablement ceint d'une palissade[3]. En 1113, ce site fortifié, dominant la vallée de l'Epte, accueille une rencontre entre les souverains Louis VI de France et Henri Ier Beauclerc d'Angleterre. Il connaît son premier siège en 1120, lors de la rébellion des seigneurs normands contre la tutelle anglaise. La place forte, défendue par le gouverneur Robert de Chandos[4] eût beau tenir bon, cette sérieuse alerte conduira le souverain anglais à juger plus sûr de repenser les fortifications, lesquelles seront reprises dès 1123. Cette première campagne de reconstruction verra l'adjonction d'un donjon en pierre de taille de forme octogonale, ceint d'un rempart en gros appareil (l'enceinte-basse)[5].

Henri Ier Beauclerc disparaît en 1135, sans laisser d'héritier mâle. Sa fille Mathilde l'Emperesse, veuve de l'empereur germanique Henri V , écartée du trône, épouse un noble angevin, Geoffroy Plantagenêt, lequel devient ainsi duc de Normandie, tandis que dans le même temps, le trône d'Angleterre est confié à Étienne de Blois. La mort de celui-ci en 1154, sans héritier mâle, fait du fils de Geoffroy le nouveau roi d'Angleterre, et inaugure une nouvelle ère : celle des Plantagenêts.

Un bastion Anglo-normand

Une rencontre entre le nouveau souverain anglais et le roi Louis VII a lieu en 1158 au château de Gisors. Afin de sceller la réconciliation entre les deux royaumes, le souverain capétien accorde au jeune fils d'Henri II Plantagenêt la main de sa fille Marguerite de France, âgée de seulement six mois, lui remettant en dot la forteresse de Gisors. Dans l'attente de la célébration du mariage, la place forte sera remise à l'ordre du temple, à l'instar de deux autres châteaux. Trois chevaliers templiers sont chargés de veiller sur la forteresse : Robert de Piron, Tostes de Saint Omer et Richard de Hastings[6]. Cependant, dès 1160, Henri ordonne la célébration des noces ; ce faisant, Gisors repasse sous la tutelle anglaise. A eux deux, les mariés ont à peine neuf ans[6].

Le caractère stratégique de ce point de la vallée de l'Epte n'échappe pas au nouveau maître des lieux, et une nouvelle campagne de reconstruction est entreprise en 1170. Celle-ci durera dix ans. Au cours de cette longue période, le donjon sera consolidé et surhaussé de deux étages supplémentaires, tandis que dans le même temps, les fossés sont agrandis. Une nouvelle enceinte, longue de 800 mètres et flanquée de huit tours, achève de protéger le site[7].

L'annexion par Philippe Auguste

En 1188, à la veille de la Troisième croisade, une entrevue royale entre les souverains anglo-normand Henri II et français Philippe Auguste se déroule au château, à l'issue de laquelle une trêve est décidée[8]. Cependant, Henri décèdera l'année suivante et c'est accompagné de son successeur, Richard Cœur de Lion, que le capétien partira guerroyer en Terre sainte. Lorsque à l'issue de la croisade, Richard sera finalement retenu prisonnier à Dürnstein, l'occasion apparaîtra comme trop belle pour le souverain français, qui s'emparera de la forteresse en 1193, avant d'y faire effectuer plusieurs remaniements, dont la construction de la Tour du prisonnier, inspirée du château du Louvre, de la barbacane, orientée vers la ville, ou encore du logis royal, détruit au début du XXe siècle. Lorsque Richard fut libéré, il prit les armes pour récupérer son fief. Cependant, les deux parties choisirent l'apaisement et signèrent les traités de paix de Vaudreuil et d'Issoudun en 1195, complétés par le traité de Gaillon l'année suivante : celui-ci plaçait le Vexin - et donc Gisors - sous l'autorité de la couronne de France. Pour compenser la perte de plusieurs de ses places fortes et tenter de protéger ses terres, Richard entreprît dès lors la construction d'un redoutable château : Château-Gaillard, bâti en seulement deux ans.

La prison des Templiers

Privé de portée stratégique, le château de Gisors est alors transformé en prison. Celle-ci accueillera des hôtes célèbres lors de la vague d'arrestation des chevaliers templiers : la forteresse devint ainsi le lieu de détention du grand-maître de l'ordre, Jacques de Molay, rejoint dans les geôles du château par trois autres dignitaires de l'ordre : Hugues de Pairaud, Geoffroi de Gonneville, précepteur de Poitou et d'Aquitaine, et Geoffroi de Charney, précepteur de Normandie.

Reconquête Anglaise

En 1419[9], une campagne du duc de Clarence permettra la reconquête du château par les anglais. Ceux-ci n'en seront délogés qu'en 1449.

Retour à la couronne de France

Revenue à la couronne de France, le château, devenu inutile à la fin du conflit franco-anglais, fut peu à peu négligé. En 1591, la forteresse est déclassée.

Époque moderne

Architecture

Descriptif sommaire

Le château est constitué d'un imposant donjon, établi sur une motte d'environ 20 mètres de haut sur 70 mètres de large. Celle-ci est entourée d'un fossé, complété d'une enceinte mesurant approximativement 200 mètres de long sur 10 mètres de haut, flanquée de tours, dont la plus célèbre reste la Tour du prisonnier, constituant un témoignage de l'architecture philipienne dans la région. Plusieurs souterrains sont établis sous le château[10].

Donjon

Tour du Prisonnier

Chapelle Saint-Thomas-Becket

Bâtie par Henri II, il n'en subsiste que peu de vestiges : ceux-ci se limitent à quelques traces de l'abside, de style roman, prise dans le mur d'enceinte, au sommet de la motte.

Jardin public

Gisors et la mythologie templière

Le château de Gisors est réputé pour ses liens avec l'histoire de l'ordre du Temple, notamment pour avoir servi de prison au dernier maître de l'ordre, Jacques de Molay, ainsi qu'à trois autres dignitaires de l'ordre.

Selon certaines légendes, le château de Gisors serait le lieu où est caché le trésor des templiers.

Références

  1. Base Mérimée
  2. André Chatelain, Châteaux forts et féodalité en Ile de France, Créer, coll. « Patrimoine », 1983, 512 p. (ISBN 2902894163) 
  3. Le château de Gisors
  4. in Quelques mots sur les monuments de Gisors, par Louis Régnier, 1919
  5. Jean-Louis Magnier, Gisors, le château médiéval: Les rois de France et d'Angleterre qui ont fait Gisors lorsque le bourg était ville frontière
  6. a  et b Sources : site de la ville de Gisors
  7. in Gisors, le château médiéval: Les rois de France et d'Angleterre qui ont fait Gisors lorsque le bourg était ville frontière, par Jean-Louis Magnier
  8. Jean Mesqui, Le Château de Gisors aux XIIe et XIIIe siècles, Université de Rouen, 1990
  9. extrait de : Philippe le Bon, de Paul Bonenfant
  10. Jean Mesqui, Le Château de Gisors au XIIe et XIIIe siècles, Université de Rouen, 1990

Liens externes


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49°16′51″N 1°46′27″E / 49.28083, 1.77417

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