8e symphonie de Beethoven

Symphonie n° 8 de Beethoven

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Il a toujours été difficile pour les musicologues de ranger Ludwig van Beethoven parmi les « classiques » ou parmi les « romantiques ». Tout au long de sa vie, le compositeur a oscillé entre ces deux tendances, sans nette évolution, de telle sorte qu’il est impossible à classer dans un courant musical.

Sa production symphonique est symptomatique de cet « enjambement » entre l’élégance et la rigueur classiques, et l’exaltation et la poésie romantiques. Ainsi, après avoir réalisé trois chefs d’œuvres de la musique romantique, les Cinquième, Sixième et Septième Symphonies, Beethoven écrivit, en 1812, une nouvelle symphonie qui s’éloigne clairement des trois précédentes : la Symphonie n°8 en fa majeur, opus 93.

Son découpage en quatre mouvements est :

  1. Allegro vivace e con brio
  2. Allegretto scherzando
  3. Tempo di menuetto
  4. Allegro vivace

Cette œuvre, plus courte et plus légère que les autres œuvres symphoniques du Maître, peut être qualifiée d’ « hommage au classicisme ». On y retrouve en effet à la fois dans la forme et dans le fond, des éléments mozartiens, voire haydniens : la précision d’horloger du mouvement lent, le semblant de menuet (un style XVIIIe siècle très revisité) qui compose le troisième mouvement en lieu et place du scherzo habituel chez Beethoven, la prééminence du finale sur le reste de l’œuvre (qui évoque beaucoup la Symphonie « Jupiter » de Mozart), tout ceci concourt à faire de la Huitième un drame plus classique que romantique.

Pour cette raison, la « Petite symphonie » (comme disait lui-même Beethoven) ne remporta pas le même succès que la Septième, écrite quelques semaines auparavant ; elle ne fut reconnue comme chef d’œuvre qu’à partir de la guerre par un public dont le goût romantique n’était plus au goût du jour.

Cependant, une analyse musicale plus fine met à mal l’idée d’une symphonie de régression vers un âge plus spirituel et élégant. Le premier mouvement et le finale sont ainsi des miracles de pensée musicale, faisant intervenir l’un un thème principal rythmiquement très dynamique, l’autre un ut dièse étranger qui installe un tumulte, et un mélange structurel des formes sonate et rondo d’inspiration géniale.

La Huitième symphonie de Beethoven, si elle n’est pas une œuvre majeure, est toutefois un modèle de subtilité piquante et joyeuse que le public de l’époque ne sut malheureusement pas reconnaître.

Quelques remarques sur la symphonie (tirées du chapitre consacré à la huitième symphonie dans l'excellent livre de Michel Lecompte: Guide illustré de la musique symphonique de Beethoven, ed.Fayard)

  • C'est la seule symphonie du compositeur (et peut-être la seule dans l'histoire de la symphonie en quatre mouvements) à ne pas comporter de mouvement lent ce qui confirme sa réputation d'oeuvre légère car il est substitué par un allegretto scherzando pétillant, fantaisiste, et comique (comme le fortissimo inattendu des violons à la mesure 23), d'ailleurs ce mouvement a pour thème un charmant canon composé quelques temps auparavant par Beethoven pour l'anniversaire de son ami Maelzel! (l'inventeur du métronome).
  • C'est la seule symphonie de Beethoven qui comporte un menuet, les huit autres comportant des scherzos (le "menuet" de la première symphonie est en réalité un scherzo, son tempo étant beaucoup trop rapide pour une gracieuse danse à trois temps).
  • Le finale ("prodigieux finale, une des pages les plus hardies de Beethoven" dixit Igor Markevitch) est peut-être le mouvement le plus réussi de la symphonie. On peut noter que Beethoven s'écarte temporairement du système tonal autour des mesures 307-336 en employant des modes anciens, anticipation du mode lydien utilisé plus tard dans l'adagio du quinzième quatuor. Sa coda rappelle enfin, de manière plus condensée et moins spectaculaire, celle de la fameuse Cinquième par sa succession d'accords de tonique.

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