Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi


Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale n’est pas la seule cathédrale Sainte-Cécile.
Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi
Image illustrative de l'article Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Diocèse d'Albi (siège)
Début de la construction 1282
Fin des travaux 1390
Style(s) dominant(s) Gothique
Protection  Classé MH (1862)
 Patrimoine mondial (2010)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn
Ville Albi
Coordonnées 43° 55′ 43″ N 2° 08′ 35″ E / 43.928492, 2.14294543° 55′ 43″ Nord
       2° 08′ 35″ Est
/ 43.928492, 2.142945
  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est une église cathédrale de l'archidiocèse d'Albi situé dans le département du Tarn en France. Elle est posée sur un piton rocheux qui domine le Tarn et est la plus grande cathédrale de brique du monde[1]. Un siècle aura été nécessaire pour son édification, de 1282 à 1390.

La cathédrale Sainte-Cécile, classée avec la cité épiscopale d'Albi depuis le 31 juillet 2010 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, est aujourd'hui l'une des cathédrales les plus visitées de France[2]. Le siège archiépiscopal (d'Albi, Castres et Lavaur) est occupé par Mgr Jean Legrez

L'édifice surprend par le contraste entre son allure extérieure austère de forteresse militaire et la richesse picturale et sculpturale de son intérieur.

Sommaire

Histoire

La cathédrale est précédée de plusieurs édifices. Le premier est daté du IVe siècle et est détruit en 666 par un incendie. Un second apparait dans les textes en 920 sous le nom de Sainte-Cécile, la patronne des musiciens. Au XIIIe siècle, cet édifice disparait au profit d'une cathédrale romane en pierre. Le parc municipal de Rochegude possède quelques restes des arcades de son cloître[3].

Durant le XIIIe siècle, la répression du catharisme, d'abord militaire (croisade des Albigeois) puis cléricale (Inquisition) éliminent l'hérésie des terres languedociennes, au moment où le comté de Toulouse est rattaché au domaine royal. Dans ce contexte particulier, Bernard III de Castanet est nommé évêque d'Albi en 1276. Il réévalue les revenus épiscopaux de 20 000 à 200 000 livres[4], puis décide en 1277, de rebâtir une cathédrale, symbole de la puissance de l'Église catholique romaine et de la papauté. La première brique est posée en 1282 ; durant deux siècles, le chantier animera la ville avec l'extraction de l'argile du Tarn[5], la cuisson des briques et l'édification du bâtiment. La fin de la construction est fêtée par la consécration du chœur en 1480[5].

Fin XVe siècle, la cathédrale reçoit déjà plusieurs ajouts. Le clocher est rehaussé de trois étages et dépasse la masse de brique, élément qui n'était pas prévu initialement dans les plans. Un jubé en pierre rompt l'homogénéité de brique et l'unité de volume de la nef. Enfin en 1509, des peintres italiens vont illuminer l'intérieur par des fresques encore visibles aujourd'hui sans avoir subi de restauration[5].

Le 9 mai 1792, l'évêque constitutionnel Jean-Joachim Gausserand de 1791 à 1801 demanda la démolition de la clôture du chœur et du jubé de la cathédrale. Le Directoire du Département du Tarn avait par ailleurs décidé sa destruction pour en terminer avec les superstitions de l'Ancien Monde. Ému par cette décision, un ingénieur et architecte local, Jean-François Mariès, écrit une lettre le 5 novembre 1792 à Roland, alors ministre de l'Intérieur :

" Monsieur le ministre, je m'empresse de vous avertir que la hache de la destruction est prête à frapper la belle cathédrale d'Albi, qui est un des plus magnifiques monuments que la piété des hommes ait élevés dans le moyen âge à la gloire de l'Être Suprême. Déjà les funestes formalités sont remplies pour la démolir et pour livrer ces précieux débris au plus offrant. Je les mets, Monsieur le Ministre, ainsi que l'édifice imposant qui les renferme, sous votre protection tutélaire, puisque vous avez eu la générosité de joindre au titre de votre autorité, celui de conservateur des monuments publics. Si nous nous arrogeons ainsi le droit d'anéantir les monuments que nous devons au génie, à la munificence et à la piété respectable de nos anciens, quel droit pouvons-nous avoir nous-mêmes à la stabilité de ceux que les événements mémorables des temps présents vont inspirer et faire surgir ? Je vous prie donc, Monsieur le Ministre, d'interposer votre autorité pour empêcher qu'il ne soit porté aucune atteinte à la cathédrale d'Albi, qui est si digne d'être conservée par la sublimité de sa destination et par la majesté que les arts lui ont imprimée en y étalant la magnificence de leurs productions."

Le ministre intervint pour faire arrêter les projets de destruction. Afin de la protéger pour de bon, la cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[6].

En 1843, lors de la restauration de la toiture, quelques tourelles et un chemin de ronde sont ajoutés, renforçant l'aspect défensif de l'ouvrage[5].

En 1988, un couple de faucons pèlerins y a élu domicile. Il a bénéficié d'un nid ajouté à leur usage en 2001 et depuis 2008, des ornithologues peuvent étudier l'élevage de leur progéniture à l'aide de deux caméras[1].

Dimensions

Plan de la cathédrale
  • hauteur du clocher-donjon: 78 m
  • longueur totale: 113,5 m
  • longueur intérieure: 100 m
  • largeur totale: 35 m
  • largeur intérieure: 30 m
  • hauteur des murs: 40 m
  • hauteur des voûtes: 30 m
  • épaisseur des murs à la base: 2,5 m[4]

Description

Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi et les toits du vieil Albi
Clocher de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

Église fortifiée, et à ce titre symbole du pouvoir temporel de l'Église, elle exprime aussi un renouveau catholique après la crise cathare. Elle a une porte Dominique de Florence et son art est influencé par la renaissance italienne. Son orgue est du XVIIIe siècle.

Fermée de toutes parts comme un navire de haut bord, la cathédrale d'Albi, contrairement à ses sœurs du nord, ne possède pas de façade ouest monumentale à vocation pédagogique, mais une seule entrée latérale en forme de baldaquin, unique élément extérieur de pierre sculptée dans l'ensemble de briques. On peut considérer que, quelques années avant la contre-réforme catholique et l'émergence du style baroque qui s'ensuivit, la cathédrale d'Albi présente, par le luxe de sa décoration intérieure, la première extériorisation d'une contre-réforme probablement inconsciente, exorcisant peut-être l'aventure cathare locale, une cinquantaine d'années après son éradication.[réf. nécessaire]

Les fresques et le jubé

Détail du pilier gauche
Détail du pilier droit

Les fresques de sainte-Cécile représentent la plus grande surface de fresque de la renaissance italienne en France[1].

La peinture située sous l'orgue représente le Jugement dernier ; cet ensemble est remarquable par sa surface, par sa qualité et sa disposition en miroir (Création du monde/Jugement dernier). Cette gigantesque peinture du Jugement Dernier (1474-1484) couvrait à l'origine près de 200 m2. Peinte à la détrempe, on distingue trois registres : le ciel, la terre et l'enfer où gesticulent les impies dans les compartiments dédiés aux sept péchés capitaux. Cette œuvre fut mutilée au XVIIIe siècle par l'ouverture, au centre de la paroi, d'un accès à une chapelle située sous le clocher, qui servit de chœur paroissial jusqu'en 1885. Les fresques de la voûte (1509-1512), riches en couleurs et aux dimensions exceptionnelles (97 m de long sur 28 m de large) forment l'ensemble de la peinture renaissance italienne le plus vaste et le plus ancien de France[réf. nécessaire]. Ce bleu profond qui tapisse les voûtes au-dessus du chœur est ce fameux « bleu de France » qu'on dit aussi « bleu-roi ». Contrairement à ce qui a longtemps été mentionné dans les guides touristiques, ce bleu ne provient pas du pastel (plante tinctoriale donnant une couleur bleue, cultivée dans la région à la même époque) ; en effet à l'époque, le bleu de pastel n'était exploité que pour la teinture, car on ne savait pas en extraire les pigments et les utiliser sous forme de peinture. Lors de prélèvements au niveau de la voûte de la nef, on a pu établir que cette couleur avait été obtenue à base de lapis lazuli et d'oxyde de cuivre[réf. nécessaire] ; c'est sans doute le choix de matériaux de qualité qui explique le très bon état de conservation de la voûte.

Le grand chœur de style gothique flamboyant 1545 - 1585

L'étonnante clôture de chœur ou jubé (fin XVe) de style flamboyant est ornée d'une statuaire polychrome sculptée par les ateliers bourguignons de Cluny, d'autant plus précieuse que la plupart des jubés ont été détruits ; il n'en reste qu'une dizaine en France. — Église Sainte Madeleine à Troyes (Aube), Saint Étienne du Mont à Paris, Notre Dame de l'Épine (Marne), Châteauneuf du Faou, Saint Fiacre (Morbihan), La Chaise-Dieu, Arques la Bataille (Seine Maritime), Saint Pierre le Jeune à Strasbourg —

Graffitis

Thierry Cabayé, responsable de la sécurité de la cathédrale, a été attiré par les graffitis gravés sur les murs. Il en a répertorié plus de 2 000. Ayant photographié les plus parlants, il prépare un ouvrage pour les présenter.
Le plus ancien mentionnant une date est de 1515. Certains sont rédigés en latin, d'autres illustrés d'animaux : rats, lions... Des noms sont inscrits, certains donnent même lieu à un feuilleton ; Hébrard, un enfant de chœur, laisse une trace en 1728, puis une autre comme chanteur en 1739. A côté, figure une trace de « Hébrard, petit petit-fils » en 1853. Des artisans ayant chuté sans dommage ont inscrit des remerciements[7].

L'orgue

La nef et l'orgue de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

L'orgue, réalisé en 1736 par Christophe Moucherel a été offert par l'archevêque Armand Pierre de La Croix de Castries. Il contribue à la décoration de l'édifice, car il s'agit bien ici non seulement d'un instrument mais aussi et beaucoup plus qu'ailleurs, d'un décor, en raison de son peu de profondeur. Le nombre de jeux de l'orgue est étonnamment réduit par rapport à la taille de son buffet, de 16,40 m de largeur pour 15,30 m de hauteur.

Au cours de son histoire, cet orgue a été remanié plusieurs fois après Moucherel, par Lépine (1747) et Isnard (1779), transformé par Puget en 1904, puis restauré par Formentelli en 1981. Il comporte actuellement 5 claviers, un pédalier et 55 jeux - 19 jeux d'anches dont 8 trompettes! - (3549 tuyaux). C'est le plus grand orgue d'esthétique classique conservé en France.


La cathédrale d'Albi recèle dans les trompe-l’œil (façon marbre veiné à l'intérieur de multiples losanges) de son triforium sud, un ensemble étonnant, illisible de la nef, d'anamorphoses érotiques.

Notons aussi à l'intention des musiciens, que la cathédrale d'Albi est l'une des rares églises et l'unique cathédrale dédiée à Cécile de Rome, leur sainte patronne…

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Tableaux

La cathédrale est décorée de plusieurs tableaux : parmi les plus intéressants, on remarque un polyptique italien du XIVe siècle (1345) représentant des Scènes de la vie de Jésus ainsi que la première peinture connue de Jacques Blanchard : Jésus remettant les clés à Saint Pierre (1628).

Pour approfondir

Bibliographie

  • (fr) Marie-Anne Sire, La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, Monum, Éditions du Patrimoine, 2002, (ISBN 2-85822-362-9)
  • (fr) Les prêtres de la paroisse, Basilique Sainte-Cécile, Albi, Coll. As de cœur, éd. la S.A. des cartes postales APA ROUX, Albi 1992, (ISBN 2-907380-23-0)
  • (fr) Jean-Louis Biget et Michel Escourbiac, "La cathédrale Sainte-Cécile",ISBN 2-909478-05-X, 1998, nouvelle édition,2007 (version anglaise," The cathedral of Saint-Cecilia", 2007).
  • (fr) Jean-Louis Biget - La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. L'architecture - pp.20-62, dans Congrès archéologique de France. 140e session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Jean-Louis Biget, Y. Carbonell-Lamothe, M. Pradalier-Schlumberger - Le chœur de la cathédrale d'Albi - pp.63-91 - dans Congrès archéologique de France. 140e session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Marcel Durliat - Le Jugement dernier de la cathédrale d'Albi - pp.92-101 - dans Congrès archéologique de France. 140e session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Bruno Tollon - Les peintures de la cathédrale d'Albi - pp.102-115 - dans Congrès archéologique de France. 140e session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Bruno Tollon - Les décorations des chapelles de Sainte-Cécile d'Albi - pp.116-121 - dans Congrès archéologique de France. 140e session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985

Notes et références

  1. a, b et c Sainte-Cécile, cathédrale d'Albi, Office de tourisme d'Albi. Consulté le 31 août 2010
  2. [http://www.mairie-albi.fr/index.html
  3. (fr) Marie-Anne Sire, La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, Monum, Éditions du Patrimoine, 2002, (ISBN 2-85822-362-9), p. 7
  4. a et b Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. Consulté le 31 août 2010
  5. a, b, c et d Sainte-Cécile d'Albi. Consulté le 31 août 2010
  6. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00095453 » sur www.culture.gouv.fr.
  7. Franck Madoeuf, « La cathédrale d'Albi : ses fresques... et ses graffitis séculaires », Agence France-Presse, février 2008. Consulté le 7 septembre 2010

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes


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