Camille Desmoulins
Camille Desmoulins
Portrait de Camille Desmoulins par Jean-Sébastien Rouillard
Portrait de Camille Desmoulins par Jean-Sébastien Rouillard

Nom de naissance Lucie-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins
Naissance 2 mars 1760
Guise
Décès 5 avril 1794 (à 34 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France France
Profession Avocat,
journaliste
homme politique (député)
Famille Anne Lucile Laridon-Duplessis
signature de Desmoulins

Lucie-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins dit Camille Desmoulins, né à Guise le 2 mars 1760 et mort guillotiné à Paris le 5 avril 1794 (16 germinal an II), est un avocat, un journaliste et un révolutionnaire français, meilleur ami de Robespierre.

Sommaire

Biographie

Camille Desmoulins est le fils aîné de Jean-Benoît-Nicolas Desmoulins (1725-1794), seigneur de Bucquoy et de Sémery, lieutenant général au bailliage de Guise, en Picardie et de Marie-Madeleine Godart. Il a sept frères et sœurs.

Camille est baptisé le 3 mars 1760 en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul à Guise, comme l'indique son acte de baptême :

1760 : le deuxième jour du présent mois est né et a été baptisé le troisième jour de mars Lucie-Simplice-Camille-Benoist, fils de maistre Jean-Benoist-Nicolas Desmoulins, lieutenant-général civil et criminel au bailliage de Guise, et de dame Marie-Magdeleine Godart, son épouse. Le parrain, M. Joseph Godart, son oncle maternel, de la paroisse de Wiège ; la marraine, dame Magdeleine-Élisabeth Lescarbotte, de cette paroisse, qui ont signé avec nous le présent acte[1].

Camille entre comme boursier au lycée Louis-le-Grand, où il fait de bonnes études : il est primé au concours général, la même année que son condisciple Maximilien de Robespierre. Il devient ensuite avocat à Paris.

Il fait alors partie de l’entourage de Mirabeau. Malgré un bégaiement remarqué, il devient un des principaux orateurs de la Révolution française. Son premier grand discours a lieu devant la foule réunie dans les jardins du Palais-Royal devant le café de Foy le 12 juillet 1789 après le renvoi de Necker.

Il fait ses débuts de journaliste en novembre 1789, où il publie Les Révolutions de France et de Brabant, journal qui comptera 86 numéros. Il y dénonce constamment l’idée du complot aristocratique. Il s’oppose également au suffrage censitaire, en déclarant qu’un tel mode d’élection aurait exclu Jésus-Christ ou Jean-Jacques Rousseau. Son journal est suspendu après la manifestation du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791, bien qu’il n’ait lui-même pas participé à cet événement. Un autre journaliste jacobin, Joseph Du Saulchoy, par admiration pour lui, prendra la relève et fera publier le journal jusqu'en décembre 1791.

Camille Desmoulins épouse le 29 décembre 1790 Anne Lucile Laridon-Duplessis en l'église Saint-Sulpice à Paris. Ce jeune couple, qui s’est écrit de nombreuses lettres d’amour, est considéré comme un symbole des « Amours sous la Révolution française ». Les témoins du mariage sont notamment Maximilien Robespierre et Louis-Sébastien Mercier. L'acte de mariage est ainsi rédigé :

Le vingt-neuf décembre 1790 a été célébré le mariage de Lucile-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins, avocat, âgé de trente ans, fils de Jean-Benoît-Nicolas Desmoulins, lieutenant général au bailliage de Guise, et de Marie-Madeleine Godart, consentants, avec Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis, âgée de vingt ans, fille de Claude-Étienne Laridon-Duplessis, pensionnaire du Roi, et d'Anne-Françoise-Marc Boisdeveix, présents et consentants, les deux parties de cette paroisse, l'époux depuis six ans, rue du Théâtre-Français, l'épouse de fait et de droit depuis cinq ans avec ses père et mère, rue de Tournon. Présents Jérôme Pétion, député à l'Assemblée nationale, rue du Faubourg Saint-Honoré ; Charles-Alexis Brulard, député à l'Assemblée nationale, rue Neuve-des-Mathurins ; Maximilien-Marie-Isidore Robespierre, député à l'Assemblée nationale, rue Saintonge, paroisse Saint-Louis-en-l'Île ; Louis-Sébastien Mercier, de plusieurs académies, rue des maçons.
Signé : Camille Desmoulins (époux), Laridon-Duplessis (épouse), Laridon-Duplessis (père), Boisdeveix (mère), Pétion, Brulard, Robespierre, Mercier, JN Brissot, Berardier, député à l'Assemblée nationale, Guendeville, vicaire de Saint-Sulpice.[2]

Avant la déclaration de guerre de 1792, il est plutôt partisan de la paix, comme son ami Robespierre. Mais il change ensuite d’avis et se range aux côtés de Danton et Marat. Après le 10 août 1792 et la chute de la Monarchie, il devient secrétaire du ministère de la Justice, dirigé par Danton. Il devient de plus en plus engagé dans la voie d’une répression des contre-révolutionnaires. Il est élu à la Convention nationale, où il siège parmi les Montagnards, mais ne joue pas de rôle important. Beaucoup de ses contemporains voient en lui un brillant orateur, mais incapable de jouer un rôle politique[3]. Il s’oppose beaucoup à Jacques-Pierre Brissot, qui l’accuse d’être corrompu. Il publie contre lui Brissot dévoilé et Histoire des brissotins, où il rappelle la versatilité de son adversaire, ancien proche de La Fayette.

Il s’éloigne peu à peu des Montagnards, notamment après la condamnation des Girondins le 30 octobre 1793. Il fonde alors un nouveau journal, Le vieux cordelier, où il attaque les Hébertistes et lance des appels à la clémence.

Considéré comme dantoniste, il est arrêté en même temps qu’eux, le 31 mars 1794 et est guillotiné place de la Révolution, le 5 avril 1794.

Son acte de décès dans l'état-civil de Paris est rédigé de la façon suivante :

Du sept floréal l'an deuxième de la République, acte de décès de Lucile-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins, du 16 germinal, profession : homme de lettres, âgé de trente-trois ans, natif de Guise, district de Vervins, domicilié à Paris, place du Théâtre-Français[4]. (La place du Théâtre-Français est l'actuelle place de l'Odéon).

Anne Lucile Laridon-Duplessis, femme de Camille Desmoulins, sera également guillotinée une semaine plus tard, le 13 avril 1794.

Descendance

Camille et Lucile Desmoulins ont eu un fils, Horace, né le 6 juillet 1792[5] dont Robespierre sera le parrain lors d’un des premiers baptêmes républicains[6]. Il est élevé, après l’exécution de ses parents, par sa grand-mère maternelle Anne-Françoise-Marie Boisdeveix (Mme Duplessis)[7]. En 1800, Bonaparte lui accorde une bourse d’études au Prytanée français[8].

En 1817, Horace Desmoulins se rend à Haïti pour monter une affaire commerciale et il y épouse Zoé Villefranche avec laquelle il aura quatre enfants[9],[10]. Il y meurt d’une fièvre le 29 juin 1825.

Notes et références

  1. Cité par Jules Claretie dans Camille Desmoulins, Lucile Desmoulins : étude sur les dantonistes, Paris, Plon, 1875, page 17
  2. Cité par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1867, pages 488-489
  3. *Barère: « Il avait beaucoup d’esprit et trop d’imagination pour avoir du bon sens »
  4. Cité par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1867, page 489
  5. Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France - 9e année, 1882. (OCLC 1772474)
  6. Baptême républicain de Horace Desmoulins et Parrainage par Robespierre
  7. Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Éditions Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 1987. ISBN 2-7028-2076-X
  8. Arrêté du 30 septembre 1800
    . Article ler. - Le jeune Horace-Camille Desmoulins, dont le père, membre de la Convention nationale, est mort sur l’échafaud, victime du tribunal révolutionnaire de Paris, est nommé élève au Prytanée français.
    Article 2. - Le ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent arrêté.
  9. Site Généalogie et Histoire de la Caraïbe
  10. Adolphe (1819 - + jeune), Marie-Thérèse (1820), Lucille (1822) et Horace (1825). Seule Lucille laissera une descendance de son mariage avec Bienvenu Garraud.

Œuvres

Bibliographie

  • Jean-Paul Bertaud, Camille et Lucile Desmoulins, un couple dans la tourmente, Paris, 1986.
  • Géard Bonn, Camille Desmoulins et la révolution française de la plume Paris, 2007.

Citations

  • « Voilà mon pistolet, je saurai mourir glorieux » (le 12 juillet 1789, au Palais-Royal)
  • « Brûler n’est pas répondre » (au club des Jacobins, à Robespierre)
  • « Non contents de m’assassiner, ils veulent encore assassiner ma femme ! » (au procès des dantonistes, le 4 avril 1794)
  • « Peuple on te trompe, on tue tes amis ! Mon seul crime n’a jamais été que d’avoir versé des larmes ! » (sur la charrette qui le conduisait à l’échafaud, le 5 avril 1794)
  • « Bourreau, tu donneras les cheveux de ma femme à sa mère » (mot qu’il lança au bourreau, avant de mourir sur l’échafaud)
  • « Lucile ! » (le nom de sa femme, qu’il cria avant que le couperet tombe)

Filmographie

  • 1977 - Les amours sous la révolution, Lucile et Camille Desmoulins, téléfilm de Jean-Paul Carrère, avec Bernard Alane (Camille) et Claude Jade (Lucile)
  • 1982 - Danton, de Wajda - Patrice Chéreau dans le rôle de Camille Desmoulins
  • 1989 - La Révolution Française : les Années Lumière, La Révolution Française : les Années Terribles - François Cluzet dans le rôle de Camille Desmoulins

Théâtre

  • 1988 - La Liberté ou la mort d'après Danton et Robespierre d'Alain Decaux, Stellio Lorenzi et Georges Soria.Pièce mise en scène par Robert Hossein et jouée au Palais des congrès de Paris avec Daniel Mesguish dans le rôle de Camille Desmoulins.

Roman

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