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Minitel

Le Minitel est une technologie de communication télématique développée par la Direction générale des télécommunications française (Ministère des Postes et Télécommunications) et utilisée en France, essentiellement dans les années 1980 et 1990, avant d'être supplantée par Internet.

Toutefois, en février 2009, selon le Groupe France Telecom, le réseau de Minitel enregistre encore 10 millions de connexions mensuelles sur 4 000 codes de services Vidéotex, dont 1 million sur le 3611 (annuaire électronique). Selon la Tribune[1], France Telecom n'entend pas fermer le service, qui a généré environ 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007, avant la fin 2011.

Sommaire

Contexte historique

Le Minitel 1, sorti en 1982

En 1977, la remise à Valéry Giscard d'Estaing, Président de la République, du rapport sur l'informatisation de la société, rédigé par Simon Nora et Alain Minc, va entrainer une révolution technologique baptisée par les auteurs du néologisme « télématique » défini comme la connexion de terminaux permettant la visualisation de données informatiques stockées dans des ordinateurs à travers les réseaux de télécommunication.

L'année suivante, en 1978, la France décide de lancer un réseau vidéotex accessible par un terminal peu onéreux.

Cette décision sera rendue publique par Gérard Théry (directeur de la DGT) à l'Intercom 79 de Dallas (Texas) qui réunit le gratin mondial des télécommunications. Il y annonce avec une certaine emphase le déclin de l'ère du papier[2].

Le concurrent américain du Minitel se nommait en effet le système NAPLPS. Conçu comme vecteur de vente à domicile, il mettait l'accent sur un affichage en couleurs de qualité photographique.

Suite au faible débit des lignes de l'époque – surtout aux États-Unis – la déception fut sévère :

  • l'affichage de certaines pages pouvait prendre une durée de six minutes ;
  • le mixage de texte et de graphiques, qui ne posait pas de problème avec les caractères semigraphiques de basse qualité du Minitel, n'était pas possible sans faire monter le coût de réalisation du terminal à des valeurs prohibitives en RAM et en ROM.

Seuls restèrent en lice le Minitel, le Prestel, le Ceefax, le Bildschirmtext – tous en Europe, tous fondés sur la norme Vidéotex. La réalisation du Minitel ayant été confiée à trois industriels différents (Matra, Radiotechnique (Philips) et Télic-Alcatel), le prix des séries put être négocié au plus bas en tenant compte d'une courbe d'apprentissage des sous-traitants.

Aujourd'hui le programme Télétel (nom du réseau des terminaux appelés Minitel) est reconnu dans le monde entier comme le premier réseau télématique grand public et comme un succès commercial[réf. nécessaire].

Inventeur

Directeur technique du Centre commun d'études de télévision et de télécommunications à Rennes, Bernard Marti a coordonné les travaux d'une équipe à l’origine du Minitel. Dans le film La personne aux deux personnes,un faux journal télévisé animé par Patrick Poivre d'Arvor annonce le décès par accident, à l'âge de 82 ans, de l'inventeur du minitel : l'ingénieur Jean-Yves Pouchard.

Expérimentation

La phase d'expérimentation se réalise à partir de 1980 à travers deux opérations sur le terrain :

L'annuaire électronique

En juillet 1980, à Saint-Malo, les 55 premiers utilisateurs de l'annuaire électronique sont équipés.

En 1981, 4 000 Minitels sont distribués en Ille-et-Vilaine. Il s'agit de tester ce nouveau service chargé de remplacer l'annuaire papier. Il devait aussi alors alléger le service traditionnel des renseignements, passablement saturé devant la croissance du parc téléphonique fin des années 1970. Il se justifiait aussi par l'efficacité d'un service de renseignements recouvrant l'ensemble des abonnés au téléphone en forte croissance. Les publications des annuaires papier, constamment dépassé, créaient une forte demande sur les renseignements téléphoniques alors assuré par des fonctionnaires des PTT.

L'expérience de l'annuaire électronique ayant entrainé une forte résistance de la presse quotidienne régionale (Ouest-France en tête) le ministère des PTT eut l'idée de désamorcer la fronde en organisant une autre expérience incluant d'autres services (petites annonces, informations, messageries) qui se déroula à Vélizy, dont le nom de la ville est devenu un terme générique dans le jargon du milieu de la télématique.

L'expérience Télétel 3V

À l'automne 1980, 2 500 foyers volontaires de Versailles, Vélizy-Villacoublay, Jouy-en-Josas, Buc, Bièvres et Les Loges-en-Josas reçoivent un terminal Vidéotex. Du côté des services, près de 200 fournisseurs participent à l'expérience, se donnant ainsi l'occasion de tester ce nouveau moyen de communication auprès du public. Les services remportant la plus large adhésion seront les annuaires téléphoniques pages blanches et pages jaunes (services gratuits), la presse, la vente par correspondance, la SNCF, les banques ainsi que la messagerie.

Si l'expérience de Vélizy restera un mot-clé symbole dans le monde de la télématique, c'est que cette expérience sera la source de la création du fameux « kiosque télématique » qui deviendra le 3615. En effet, si les éditeurs de presse dans cette expérience en ont vu tout l'intérêt, il n'en voient pas en sortir la moindre rémunération. À la suite, d'après des discussions auxquelles participent notamment Me Cécile Alvergnat (Parisien Libéré), M. Roger Lajus (Hachette Filippacchi), les hommes de la D.G.T. ont l'idée d'utiliser le système de surtaxation utilisé pour le réveil téléphoné. Ce sera en février 1984 la création du kiosque mis en priorité et en exclusivité à la disposition de la presse.

À Velizy, le premier terminal n'a pas d'écran et se glisse sous le téléviseur. La télécommande est basique : juste un clavier alpha-numérique en majuscules. Un groupe d'utilisateurs passionnés fonde l'AATEL (Association des Abonnés à Teletel), qui devient une véritable interface entre les testeurs et la DGT-DACT (Direction générale des télécommunications-Direction des affaires commerciales et télématiques) qui dirige le projet. De leur côté, les entreprises créent l'AFTEL (Association française des fournisseurs de services télématiques). Les liaisons distantes sont établies via le réseau Transpac par le numéro d'accès 612 34 56.

La toute première messagerie, uniquement par boîtes aux lettres, est baptisée M3V. On peut y échanger des messages privés, ou par l'intermédiaire de groupes thématiques de discussion. À l'époque, la DACT et les fournisseurs de services pensent qu'il ne s'agit que d'un gadget ludique : pour eux l'avenir de la télématique réside dans l'information, et non la communication. Il est même question de la supprimer mais l'AATEL se battra pour la conserver et démontrer qu'elle est une motivation primordiale des utilisateurs. Ce que confirmera allègrement le développement de la télématique grand public en France. C'est seulement fin 1982 qu'apparaît le premier minitel. L'expérience sera définitivement close au printemps 1984.

En effet, lancé en France en 1982 par les PTT (aujourd'hui La Poste et France Télécom), propriété de l'État, il permet d'accéder à des services en ligne dont les plus populaires sont :

  • 3611 : anciennement, le 11, l'annuaire téléphonique (payant depuis le 01/09/2007 ; auparavant 3 minutes gratuites) le service 3611 est le service le plus utilisé. Il était censé disparaître définitivement en mars 2009[3] mais sa mort sera une nouvelle fois reportée ;
  • la vente par correspondance (de billets de train par exemple) ;
  • les sites de rencontres et messageries roses.

L'État français, propriétaire des PTT a fortement encouragé le développement du Minitel. Les PTT ont ainsi distribué gratuitement les terminaux (des terminaux plus évolués ont ensuite été vendus ou loués). Cette décision était motivée par les économies de fabrication, de distribution et de recyclage de millions d'annuaires papier chaque année. Ainsi, les foyers équipés de Minitel ne recevaient plus que les pages jaunes, au lieu des pages blanches et des pages jaunes.

Les services télématiques

Le Minitel (Programme Télétel) revint à plus de 8 milliards de francs en équipements de terminaux avec une durée de vie estimée de 8 ans pour les Minitels.

Pendant le même laps de temps, le chiffres d'affaire des services télématiques atteint les 3,5 milliards de francs et les économies de papier atteignirent 500 millions de francs par an.

En 1985 on a dépassé le million de Minitels en service en France ainsi que le million d'heures de communications de services par mois. En 2000, le Minitel était utilisé par près de 25 millions de personnes (sur 60 millions d'habitants) avec un parc de près de 9 millions de terminaux.

Il dépassait de loin le nombre d'utilisateurs du réseau CompuServe, qui offrait en Amérique du Nord des services semblables, et plus encore de Prodigy qui lui ressemblait davantage parce qu'utilisant le code Vidéotex. Raison pour laquelle dès la fin des 1980, les Américains s'intéressèrent de très près au réseau Vidéotex français. À un moment où les Français s'interrogeaient sur l'avenir du Minitel, les agences financières de Wall Street notait déjà le formidable bénéfice à attendre d'un tel programme. C'est pourquoi le futur vice-président Al Gore envoya un jeune homme talentueux David Lytel enquêter, non sur les techniques utilisées, mais sur les contenus des services offerts. Ce rapport fut à la source du discours sur « Les autoroutes de l'information » prononcé par Al Gore en juillet 1994, et coup d'envoi de l'Internet dans le monde.

Le réseau Teletel de Minitel comportait au départ deux types de facturation :

  • 3613 : communication payée par le service ;
  • 3614 : communication payée par l'usager (20 FF - 3,05 €/heure environ), pas de rémunération du service.

En février 1984 fut créé le système kiosque avec le :

  • 3615 : rémunération du service : (60 FF - 9,15 €/heure environ) payés par l'usager, dont 40 FF (6,10 €) pour le service et 20 FF (3,05 €) pour France Telecom.

Ces numéros courts à 4 chiffres ont remplacé les numéros initiaux, au gré de l'évolution du plan de numérotation de l'opérateur historique :

  • 11 jusqu'au 18 octobre 1996 à 23h, puis 3611.
  • (16) (3) 613 91 55, puis 36 13 91 55 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3613 depuis le 10 juillet 1986
  • (16) (3) 614 91 66, puis 36 14 91 66 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3614 depuis le 10 juillet 1986
  • (16) (3) 615 91 77, puis 36 15 91 77 après le 25 octobre 1985 à 23 h, puis 3615 depuis le 10 juillet 1986

En 2002, le Minitel reste toujours très utilisé, y compris pour les transactions commerciales, à tel point que certains moteurs de recherche comme Yahoo! ou AltaVista ont ouvert un service Minitel. Mais les services à facturation de type 3615 ou supérieur sont vivement concurrencés par le Web.

L'arrêt prévu en mars 2009 du service 3611 annuaire électronique est reporté devant le nombre significatif de connexions. Selon France Telecom[4] le 3611 qui représente le quart du trafic Télétel avait enregistré 19 millions de connexions en 2008 et 4 000 éditeurs de services sont toujours présents sur le Minitel.

Les serveurs (n° de tél.) auxquels on se connectait avec un Minitel étaient appelés des services Télétel. C'était en effet des passerelles vers le réseau Télétel, basé sur Transpac, qui permettait de mettre en relation les Minitels avec les serveurs des prestataires de service.

En marge de ces services Télétel, il était tout à fait possible de composer des numéros classiques à 8 (puis 10) chiffres, que ce soit pour se connecter à un autre Minitel « retourné », ou pour accéder à des serveurs « RTC » directement connectés sur le réseau téléphonique commuté, donc non surtaxés. Une communauté de passionnés fréquentait ainsi régulièrement ces serveurs Minitel similaires (en plus accessibles) aux serveurs BBS qui se développaient aux États-Unis et ailleurs. À l'échelle locale, des collectivités proposaient également de tels serveurs Minitel à accès direct.

Facturation

Le Minitel était sans abonnement, en tout cas les premiers modèles, prêtés par France Télécom à ses abonnés, mais facturés au temps de communication. La facture s'effectuait par comptabilisation sur la facture téléphonique. Le serveur pouvait être branché chez soi (n° d'appel direct) ou bien sur un des kiosques (3613, 3614, 3615, etc.).

Technique

Le Minitel est un terminal informatique passif, c'est-à-dire qu'il s'agit uniquement d'un clavier et d'un écran, sans processeur ni dispositif de stockage. Les services sont accessibles depuis une ligne de téléphone grâce au modem incorporé (1 200 bit/s en réception, 75 bit/s en émission). Le Minitel était muni de prises en T pour la connexion au réseau téléphonique de France Télécom.

L'écran du Minitel est une matrice texte d'une taille de 40 colonnes en mode Vidéotex (8 nuances de gris) et se base sur un système d'encodage qui lui est propre. Cela lui permet d'afficher des images en mode texte, à la manière de l'Art ASCII.

Xtel : logiciel émulateur de terminal Minitel

Caracteristiques du Minitel 1B

  • Modem V.23 (1200 bit/s en réception - 75 bit/s en émission) « retournable », E71 intégré.
  • Affichage Vidéotex en 40 colonnes et 8 couleurs (alpha-mosaïque) et mode téléinformatique 80 colonnes type VT100.
  • Raccourci-claviers pour accéder à des modes avancés.
  • Transmission par voie série entre un micro-ordinateur, au moyen d'un connecteur DIN, et le Minitel jusqu'à 4 800 bits/s (9 600 bit/s sur Minitel 2).

Anecdotes

Les premiers modèles ont été livrés avec un clavier alphabétique (ABCDEF) déroutant pour les habitués des claviers normalisés des machines à écrire ou des terminaux informatiques en AZERTY ou QWERTY, sans arranger réellement les non familiers des claviers. Ils ont été vite abandonnés au profit de la norme AZERTY.

Les premiers modèles ne permettaient pas de garder à l'écran la mémoire de la dernière page consultée quand on se déconnectait du service consulté en ligne. Deux solutions s'opposaient : payer pour garder cette page à l'écran, ou placer un boîtier de mémoire entre la ligne et le Minitel. Ces deux solutions étant coûteuses, la solution vint d'utilisateurs ayant trouvé qu'il suffisait de débrancher la prise téléphonique sans appuyer sur « Fin de Connexion ». Une autre possibilité était de frapper très rapidement, deux fois, cette même touche.

Au sein même de l'équipe de création du premier Minitel, la majorité était favorable à la technique du terminal passif, finalement adoptée. D'autres défendaient l'idée d'équiper le Minitel d'un processeur avec un bus, ouvrant la possibilité de cartes d'extension et un système d'exploitation. Les partisans de cette option, rétrospectivement plus favorable, n'ont pas obtenu gain de cause, principalement pour des raisons de prix de revient.

Pendant quelques semaines a été exposé à la Fnac, magasin parisien de vente de matériel électronique, un curieux hybride qui intégrait l'un des premiers micro-ordinateurs, le Sinclair ZX81, dans un Minitel. Ainsi était réalisé le mariage du clavier écran modem sans processeur (le Minitel) avec le micro-ordinateur sans écran (le Sinclair). Pour trouver un micro-ordinateur communicant à cette époque, il faut se tourner vers le SMT Goupil G1, équipé d'un modem acoustique.

Sur les premiers modèles de Minitel 10 (équipés d'un téléphone), la touche permettant de composer sans décrocher n'était pas une touche ordinaire, mais exerçait une pression sur le contact de détection du combiné au travers d'une tringle munie d'un ressort (ce qui lui donnait un toucher très particulier).

Le minitel de base ne comportait pas de numéroteur (il fallait numéroter sur le téléphone et appuyer sur « Connexion/Fin »). Néanmoins comme il était également muni d'une prise péri-informatique (une simple liaison série), certains programmeurs arrivèrent à le faire numéroter en envoyant des séries de décrocher/raccrocher simulant la numérotation par impulsion. Ceci a été appelé la procédure takatakata.

Le Minitel a été ponctuellement utilisé en Côte d'Ivoire.

En 1987, pour réaliser les premières connexions transatlantiques, Jean-Louis Fourtanier, directeur du centre serveur CTL qui héberge nombres de services Vidéotex de presse, exporte clandestinement des Minitel aux États-Unis et au Canada permettant à des utilisateurs des deux rives de dialoguer en direct.

Les Minitels

Les caractéristiques techniques des Minitels étaient décrites dans des ouvrages de référence intitulés « STUM » (Spécifications Techniques d'Utilisation du Minitel), qui se déclinaient par modèle (STUM 1, STUM 1B, STUM 10 etc.). Elles étaient disponibles initialement auprès du CNET puis de France Telecom.

En dépit de normes détaillées, il existait de légères différences entre modèles, et surtout entre fabricants. Il était possible d'« interroger le minitel » pour récupérer le modèle exact et, éventuellement, adapter le service :

  • Minitel 1 standard : fonctionne en standard ASCII qui permet le dialogue avec des banques de données internationales. L'affichage est en 8 nuances de gris (noir et blanc y compris) ;
  • Minitel 1 couleur : les 8 nuances de gris sont converties en couleurs : noir, rouge, vert, jaune, bleu, magenta, cyan, blanc (selon l'ordre des codes employés) ; noir, bleu, rouge, magenta, vert, cyan, jaune, blanc (selon l'intensité de gris) ; le clavier de ce modèle était par ailleurs extérieur à l'écran ;
  • Minitel 1 dialogue : permet au détenteur de ce terminal d'échanger par Minitel des textes en direct avec un correspondant utilisant un minitel de n'importe quel modèle ;
  • Minitel 1B : son clavier est équipé de nouvelles touches, dont Fnct et Ctrl. Il permet un affichage en 80 colonnes. Certaines fonctions d'affichage font leur apparition comme « insérer ligne », « supprimer ligne ». Le B signifie Bistandard car il pouvait également retourner son modem afin d'émettre à 1 200 bit/s et recevoir à 75 bit/s, permettant ainsi de se connecter à d'autres Minitels ;

Les Minitel 1 étaient équipés de "mouchards" : deux zones mémoire de 8 caractères qui pouvaient être écrites et/ou lues par le serveur auquel le minitel était connecté. La commission Informatique et Libertés les déclara illégaux, en particulier parce que le contenu des mouchards ne pouvait pas être directement consulté par l'utilisateur du terminal. Dans la pratique, quelques serveurs[5] permettaient à l'utilisateur de consulter ces mouchards et d'y écrire les caractères de son choix. SM permettait aussi d'écrire un message de son choix dans les mouchards d'un autre utilisateur connecté à ce service, qui en était prévenu par un message.</ref>.

  • Minitel 2 : permet à l'utilisateur de protéger, par un mot de passe, l'accès à son terminal. Le Minitel 2 dispose en outre d'une fonction répertoire (possibilité de pré-enregistrer jusqu'à 10 numéros). Il permet aussi un affichage graphique plus évolué en permettant de redéfinir les caractères (DRCS, Dynamical Redefinable Character Set – en français, JCRD, jeu de caractères redéfinissable). Cette fonction est peu utilisée car elle est lente et que le parc de Minitel 2 n'a jamais été assez étendu ;
  • Minitel 10 : cumule les fonctions du Minitel et d'un téléphone sophistiqué. Il existe aussi une version bistandard (10b) ;
  • Minitel 12 : répondeur télématique capable de prendre une communication, d'afficher une page d'accueil et d'enregistrer le message écrit laissé par le correspondant ;
  • Minitel 5 : Minitel portatif à cristaux liquides qui a les mêmes fonctions que le minitel 10 bistandard, combiné téléphonique en moins ;
  • Minitel Photo ou Magis Club : Minitel pouvant afficher des images au format JPEG en 64 niveaux de gris. Son modem peut se connecter à 9 600 bit/s. Ce mode est souvent appelé TVR, pour Télétel Vitesse Rapide. Quelques services (de mémoire: 3623 AFP-Photo) ont été spécifiquement créés pour cette version de Minitel, qui sait aussi gérer le DRCS et le mode bistandard, et inclut même un lecteur de carte à puce.

i-minitel

i-minitel est un navigateur pour PC qui permet à l'utilisateur d'accéder à des services Minitel sur l'internet avec une connexion bas débit ou haut débit, mais le service n'est pas disponible hors de la France métropolitaine ni à l'étranger, parce qu'il faut avoir une ligne fixe France Télécom.

Citation autour du Minitel

« On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s'il nous l'envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c'est qu'il ne nous l'achète pas » Bruno Lussato, professeur à l'ENSAM (Arts et Métiers), 1988.

Passage à Internet des utilisateurs

Les utilisateurs habitués au Minitel peuvent avoir des difficultés à passer à Internet[réf. nécessaire].

  • Inconvénients d'Internet par rapport au Minitel
    1. Plus grand volume d'information à transférer, ce qui implique soit de disposer d'une ligne à haut débit soit de subir la lenteur d'affichage (à relativiser au vu de la lenteur d'affichage du Minitel)
    2. Pas de structure normalisée, ni d'annuaire officiel.
    3. Nécessite d'avoir un ordinateur (ou une console de jeu communicante branchée sur la télévision) et d'attendre qu'il ait démarré. Cependant, des terminaux légers existent, les Webphones, qui sont opérationnels dès leur mise sous tension, exactement comme un Minitel. Malheureusement, ils ne sont généralement pas capables de faire fonctionner les nouveaux services dits « Web 2.0 ».
    4. Pas de sécurisation par défaut de la transmission des paquets sur le réseau, alors que le Minitel passe par un réseau « sécurisé » qui est Transpac[6].
  • Avantages d'Internet par rapport au Minitel
    1. Images
    2. Système ouvert
    3. Ergonomique (polices typographiques, personnalisation du navigateur)
    4. Pas de surfacturation de certains sites
    5. Beaucoup plus d'informations disponibles
    6. Pas de monopole d'un opérateur unique et ouverture du réseau.

En tout état de cause, certains experts[réf. souhaitée] s'accordent à dire qu'avec la sortie et le déploiement du Minitel, la France avait de nombreuses années d'avance en matière d’échanges électroniques, mais que cela a considérablement freiné le développement d'Internet en France qui, par la suite, accusait alors des années de retard[7]

Il paraît toutefois incontestable que l'Annuaire Electronique (AE) dit le 11 puis 3611 a familiarisé des millions de Français avec l'interrogation d'un moteur de recherche. En 2006 le taux d'équipement à l'internet à haut débit, à la 13e place mondiale entre le Japon et le Luxembourg[8], semble peu impacté par le minitel.

Des passerelles Minitel/Internet furent conçues et mises en place dès le début des la fin des années 1980. Certaines de ces passerelles utilisaient le mode 80 colonnes du minitel et permettaient à l'usager de disposer des services USENET (messagerie électronique et newsgroup). Les plus célèbres services de ce type furent le 3614 Teaser réalisé par Jean-Claude Michot et Jean-René Vidaud (France-Teaser) ainsi que le 3615 Internet de Valentin Lacambre (Altern), mais dès 1989, la société SICOMM de Metz permettait l'interconnexion entre sa messagerie Vidéotex et les messagerie électroniques.

Annexes

Bibliographie

  • Marie Marchand, La grande aventure du Minitel, Librairie Larousse 1987
  • Christian Tavernier, Montages autour d'un Minitel, ETSF, 1994, ISBN 2855352185 (épuisé)
  • Jean-Yves Rincé, Le Minitel, Que Sais-Je?, Presse Universitaires de France, 1990
  • Michel Abadie, Minitel Story (monographie non-autorisée par France Telecom), Ed. Favre (Suisse), 1988 (épuisé)

Présentation en vidéo

Notes et références

  1. Cité par 01net
  2. Source Wall Street Journal
  3. Challenges, 25 juillet 2008. Le 3611 disparaîtra en mars 2009.
  4. source : site France info
  5. Dont le Serveur Médical (3615 SM) de François Lagarde et de sa société Canal 4
  6. Transpac est un réseau synchrone en mode bloc (X.25), le Minitel un terminal ASCII asynchrone en mode caractère (V24). La conversion entre les deux protocoles était assurée par des PAVI (Point d'Accès VIdéotex) connectés à des standards de France Télécom.
  7. Rapport du groupe de travail sur le Commerce Electronique, présidé par M. Francis Lorentz § I.3 - Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - 7/01/98
  8. http://www.oecd.org/document/7/0,3343,en_2649_34225_38446855_1_1_1_1,00.html

Voir aussi

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