Bossa-nova

Bossa-nova

Bossa nova

Bossa nova
Origines stylistiques Jazz et Samba
Origines culturelles 1957 Rio de Janeiro
Brésil Brésil
Instrument(s) typique(s) guitare, piano, orgue électronique, basse et percussions
Popularité Très populaire au Brésil, également appréciée aux États-Unis, en Europe occidentale, au Japon et aux Philippines.

Genre(s) dérivé(s) Tropicalisme
Genre(s) associés(s) Jazz

Voir aussi Bossa Nova (danse)

La bossa nova ou bossanova[1] du portugais "bossa", qui signifie au premier degré bosse, peut se traduire au second degré par "aptitude", "vocation", (littéralement, avoir la bosse pour quelque chose) et dans ce cas précis par "manière" - et de "nova", nouvelle. Style musical inventé par João Gilberto qui inspira un groupe d'étudiants et de musiciens à la fin des années 1950 dans les quartiers d'Ipanema et de Copacabana à Rio de Janeiro. En 1958, elle fut popularisée au Brésil par les chansons Saudade de Bahia, Doralice et Rosa Morena (Dorival Caymmi), Chega de Saudade interprété par João Gilberto, composé par Antônio Carlos Jobim et écrit par Vinícius de Moraes. En 1963, grâce à la collaboration de João Gilberto et du saxophoniste Stan Getz dans l’album Getz & Gilberto, la bossa nova remporte un succès planétaire avec A Garota de Ipanema (The Girl from Ipanema, en anglais), interprété par Astrud Gilberto. De nombreux artistes l'ont intégrée à leur répertoire en créant de nouvelles compositions de bossa nova, agençant sensualité, douceur et romantisme à ce dérivé du samba.

Sommaire

Origine

L'arrivée de la Bossa Nova sur la scène musicale brésilienne ne peut s'expliquer sans la volonté de rejet de la musique populaire traditionnelle brésilienne de la part d'un petit groupe d'étudiants de Rio de Janeiro. Jusque dans les années 1950 , la culture musicale au sein de la classe ouvrière brésilienne était composée principalement de sambas de type carnaval avec une utilisation obligatoirement massive des percussions comme accompagnement. Pour la classe moyenne, la forme dominante de chanson était les ballades plus connues sous le nom de samba-canção, similaire aux boléros latino-américains, offrant des compositions simples, une harmonie standard, des voix douces et des textes sentimentaux, plus fréquemment mélodramatiques.

Histoire

Dorival Caymmi et João Gilberto, avec la collaboration d’Antônio Carlos Jobim, apporterent plusieurs innovations et modifications au samba traditionnel. La bossa nova n'a pas remplacé le samba mais offrit une alternative musicale aux classes moyennes et dirigeantes. En effet, la bossa nova alterne de nombreux paramètres stylistiques, recherchant une certaine intégration dynamique de la mélodie, une harmonie particulière et un rythme lent tout en diminuant le rôle du vocaliste en tant qu'élément central du morceau musical. En compensation d'un rythme binaire du samba répétitif, la bossa proposait des rythmes syncopés variés à la guitare ou au piano. Cette approche musicale contrastait nettement avec le style du samba-cançao. A felicidade (enregistré par João Gilberto en 1959), du film Orfeu Negro de Marcel Camus, est un excellent exemple de ce contraste. Dans cette chanson, le samba traditionnel de carnaval alterne avec les styles caractéristiques de la bossa nova. Pourtant, même si la bossa est fortement influencée par le jazz, Jobim s'est toujours considéré de tradition classique.

En effet, l'analyse harmonique des compositions de Jobim montre clairement que les accords enrichis de la bossa nova s'écartent de l'usage en vigueur dans le jazz à l'époque (fin des années 1950 / fin des années 1960). Le défunt professeur d'harmonie et de guitare brésilienne Almir Chediak[2] a révélé la construction harmonique des œuvres bossa-novistes et en particulier celles de Jobim : là où la majorité des standards de jazz se limitait aux accords de 9e, la bossa nova n'hésitait pas à pousser l'utilisation des extensions jusqu'aux 11e et 13e, diminuées ou augmentées. Cette complexification harmonique, toute naturelle dans la bossa nova, n'était pas le souci des jazzmen. Jobim avait d'ailleurs coutume de dire que la bossa nova était une musique de chambre...populaire. À la base de la bossa nova on trouve le samba (samba est mot masculin en portugais !), mais la construction harmonique s'inspire plus largement de la musique classique et non du jazz. Les standards A garota de Ipanema, Insensatez, etc..., suggère directement Debussy ou Chopin (Prélude à l'après-midi d'un faune, Suite Bergamasque, Deux Arabesques pour ce qui est de Debussy et Prélude en Mi Mineur, pour ce qui est de Chopin). Sans parler de Ravel, Stravinsky ou du Brésilien Villa-Lobos. D'ailleurs, feu le saxophoniste baryton Gerry Mulligan dans Gerry Mulligan Sextet, Complete Studio Recordings, plutôt que de reprendre Insensatez, s'attache à livrer son interprétation du morceau de Chopin.

Cependant, l'influence du jazz ne saurait être reléguée au second plan. Elle ne concerne pas Jobim, voilà tout. L'important avec la bossa nova est de bien comprendre que la nouvelle vague (sens de l'expression bossa nova), initiée principalement par la triade composée du poète et diplomate Vinicius de Moraes, Jobim et João Gilberto, est en réalité multiple. Jobim lui-même était un pianiste de bar et côtoyait des musiciens populaires et de jazz, parmi lesquels Newton Mendoça avec qui il composera quelques standards de bossa (Desafinado étant le plus connu). Dans les années 1950-1960 la scène jazz-samba brésilienne était riche de talents : le pianiste Johnny Alf, le flûtiste et saxophoniste J.T Meirelles et son groupe Os Copa 5, le pianiste João Donato qui finalement s'exilera pour faire carrière aux Etats-Unis et plus tard Sergio Mendes et son groupe Brazil '66 qui incorporera des sonorités pop à la bossa nova. Jobim lui-même participait à des « boeufs » ou réunions musicales dans lesquels ce qui n'était pas encore la bossa nova prenait forme doucement. Ces réunions se tenaient dans les appartements chic de la zona sul de Rio de Janeiro, principalement le quartier d'Ipanema. L'un de ses appartements était la propriété de la muse de la bossa : Nara Leão. Chez elle, la fine fleur de la musique populaire brésilienne se retrouvait pour créer des morceaux, improviser ou reprendre des standards de jazz. Parmi eux on trouvait Carlos Lyra, Roberto Menescal (guitariste des Copa 5, qui n'a jamais caché ses influences jazz), Sergio Ricardo, Aloyso de Oliveira, producteur important de l'époque, Oscar Castro Neves, Sylvia Telles, autre muse de la bossa, le journaliste Ronaldo Bôscoli (qui a contribué à populariser le nouveau courant en le baptisant bossa nova dans ces articles)...Et que dire de ces autres musiciens qui "groovaient" dans la même direction mais dans des appartements, des plages ou des cabarets différents : Luiz Bonfà (co-compositeur du film Orfeu Negro), Edu Lobo, Marcos et Paolo Sergio Valle, Baden Powell. L'influence des vedettes de la samba-canção n'est pas non plus négligeable (Doryval Caymi, Ary Baroso). A ce sujet, João Gilberto s'est toujours défendu-et se défend toujours- d'avoir fait de la bossa nova. Il affirme depuis plus de cinquante ans "qu'il fait du samba", et rien d'autre.


C'est avec le disque Chega de Saudade, enregistré à Rio en 1958, mais vendu à partir de São Paulo en 1959 que la bossa nova fut révélée au public brésilien. Dans ce disque, la voix douce et mélancolique de João Gilberto interprétait les chansons du compositeur Antonio Carlos Jobim et du poète Vinicius de Moraes.

Le disque Getz/Gilberto, sorti en 1963, est considéré aujourd'hui comme le meilleur et le plus célèbre dans le style bossa nova. Les plus grands classiques de la bossa nova y sont regroupés : A garota de Ipanema, Corcovado, Desafinado, Só danço samba, O grande amor et Vivo sonhando.

L'importance de la bossa nova dans l'histoire de la musique brésilienne et mondiale est indubitable. Elle a introduit des harmonies complexes, une relation étroite entre paroles et musique ainsi qu'une préoccupation générale pour l'arrangement et la forme musicale. Elle a influencé des mouvements ultérieurs comme le Tropicalisme et la MPB. Le répertoire de la bossa nova se compose essentiellement de chansons, tandis que la musique instrumentale est généralement appelée samba-jazz.

Danse Bossa

Sensualité, douceur et romantisme dans la musique, mais également dans la danse. En France, la Bossa se danse un peu comme un tango (les pas de base sont d'ailleurs assez ressemblants), mais contrairement à ce dernier, le style est assez «coulé», sans saccades, avec un guidage «souple». L'apprentissage de la danse bossa est assez facile. Bizarrement, dans son pays d'origine (Brésil), la Bossa nova s'écoute mais ne se danse pratiquement pas.

Pour voir une petite vidéo de danse bossa rendez-vous sur: http://www.bebop-france.fr/index.php?page=4&sound=0&dance=16&video=yes

Listes d'artistes

Les grand noms de bossa nova

D'autres artistes associés à la bossa nova

La rumeur à propos d'Henri Salvador

La petite histoire veut qu'Henri Salvador, qui était arrivé en 1941 au Brésil en tant qu'accompagnateur de Ray Ventura et y était resté quelques années, ait été à l'origine de la nouvelle forme musicale. Interrogé à ce sujet, le chanteur d'origine guyanaise déclarait :

« Tom Jobim est allé au cinéma où il a vu un film dans lequel je chantais Dans mon île, chanson que j’avais composée. Quand il l’a entendue, il s’est dit : « Tiens, c’est ça qu’il faut faire : ralentir la samba, mettre de belles mélodies et de beaux accords ». Je suis tout fier d’avoir inspiré Jobim, mais ce n’est pas moi qui ai inventé la bossa. »

Notes et références

  1. Marc-Albert Moriamé, Outils d'orthographe: une méthode simple à l'usage de tous, Presses universitaires de Namur, 2003, 199 p. (ISBN 2930378077), p. 165 
  2. ALMIR Chediak, Songbook, Lumiar Editora

Voir aussi

Articles connexes


Bibliographie

  • (fr) François-Xavier Freland, Sarava ! : Rencontres avec la bossa-nova, Editions Naive Livre, Paris, 2005
  • (fr) Chris McGowan et Ricardo Pessanha, Le son du Brésil : Samba, bossa nova et musique populaire brésilienne, Editions Viamedias, Paris, 2005
  • (fr) Jean-Paul Delfino, Brasil bossa nova, Editions Edisud, Paris, 1988
  • (fr) : Jean-Paul Delfino, "Brasil a musica", Editions Parenthèses, Paris, 1998
  • (pt) Ruy Castro, Chega de Saudade, a História e as Histórias da Bossa Nova, Editora das Letras, São Paulo, 1990
  • (pt) Giancarlo Mei, Canto Latino: Origine, Evoluzione e Protagonisti della Musica Popolare del Brasile. 2004. Stampa Alternativa-Nuovi Equilibri. Préface: Sergio Bardotti. Contribution: Milton Nascimento.
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