Behavioralisme

Béhavioralisme

Le béhavioralisme (à ne pas confondre avec le béhaviorisme, théorie de l'apprentissage) est une discipline de la science politique dont les prémisses aux États-Unis remontent à l'entre-deux-guerres[1]. Associée au développement des sciences du comportement, qui prennent modèle sur les sciences de la nature en cherchant à fournir une approche « affranchie de la valeur » et quantifiée pour comprendre et prédire le comportement politique, elle s'y est développée dans les années 1950 et 1960 et a marqué toute la science politique, y compris en Europe, où elle s'est diffusée dans les années 1960-1970, mais avec un impact différent selon les traditions nationales, moins marqué dans des pays comme la France ou la Grande-Bretagne[2].

Avant la « révolution béhavioraliste », le champ de la science politique était contesté en tant que tel. Les critiques considéraient que l'étude de la politique était principalement qualitative et normative et affirmaient qu'il lui manquait la méthode scientifique nécessaire pour être qualifiée de science. Les béhavioralistes se serviraient d'une méthodologie stricte et de la recherche empirique pour valider leur étude en tant que science sociale.

La meilleure définition du béhavioralisme est peut-être celle de l'homme qui a eu l'infamie de le distinguer du béhaviorisme, David Easton :

Behavioralism was not a clearly defined movement for those who were thought to be behavioralists. It was more clearly definable by those who were opposed to it, because they were describing it in terms of the things within the newer trends that they found objectionable. So some would define behavioralism as an attempt to apply the methods of natural sciences to human behavior. Others would define it as an excessive emphasis upon quantification. Others as individualistic reductionism. From the inside, the practioners were of different minds as what it was that constituted behavioralism. [...] And few of us were in agreement.[3]
« Pour ceux qu'on considérait comme des béhavioralistes, le béhavioralisme n'était pas un mouvement clairement défini. Il était plus clairement définissable par ceux qui s'y opposaient, parce qu'ils le décrivaient en des termes s'appliquant aux choses qu'ils trouvaient criticables au sein des nouvelles tendances. Si bien que certains le définiraient comme une tentative d'appliquer les méthodes des sciences de la nature au comportement humain. D'autres comme un accent excessif sur la quantification. D'autres encore comme un réductionnisme individualiste. À l'intérieur, les praticiens avaient des opinions différentes sur ce qui constituait le béhavioralisme. [...] Peu parmi nous étaient d'accord entre eux. »

Political Behavior est une revue de cette discipline ; son éditeur, Springer, en fait la description suivante :

Political Behavior publishes original research in the general fields of political behavior, institutions, processes, and policies. Approaches include economic (preference structuring, bargaining), psychological (attitude formation and change, motivations, perceptions), sociological (roles, group, class), or political (decision making, coalitions, influence). Articles focus on the political behavior (conventional or unconventional) of the individual person or small group (microanalysis), or of large organizations that participate in the political process such as parties, interest groups, political action committees, governmental agencies, and mass media (macroanalysis). As an interdisciplinary journal, Political Behavior integrates various approaches across different levels of theoretical abstraction and empirical domain (contextual analysis).[4]
« Political Behavior publie des travaux de recherche originaux dans les champs du comportement politique, des institutions, des processus et des politiques. Les approches peuvent notamment être économiques (structuration des choix, marchandage), psychologiques (formation et modification des attitudes, motivations, perceptions), sociologiques (rôles, groupe, classe) ou politiques (prise de décision, coalitions, influence). Les articles sont centrés sur le comportement politique (conventionnel ou non) des individus ou des petits groupes (microanalyse) ou de grandes organisations qui prennent part au processus politique, comme les partis, les groupes d'intérêt, les comités d'action politique, les administrations et les mass-media (macroanalyse). Revue interdisciplinaire, Political Behavior intègre diverses approches sur différents niveaux d'abstraction théorique et de domaine empirique (analyse contextuelle). »

Notes

  1. Olivier Lamalice, « Opinions publiques, incarcération et système pénal aux États-Unis : les influences de la classe politique et des médias », in La Sévérité pénale à l'heure du populisme, Gouvernement du Québec, Ministère de la sécurité publique, Québec, 2006, ISBN 2-550-45845-1, p. 5 [lire en ligne]
  2. André-Paul Frognier, « Une vue européenne sur la science politique française », in Revue française de science politique, vol. 52, no 2002/5, p. 644 [lire en ligne]
  3. Dans (en) Michael A. Baer, Malcolm E. Jewell, Lee Sigelman (ed.), Political science in America : oral histories of a discipline [« La science politique en Amérique : histoires orales d'une discipline »], The University Press of Kentucky, Lexington, 1991, (ISBN 0-8131-0805-5), p. 207.
  4. Political Behavior, Springer, New York, 1979, ISSN 0190-9320 [(en)présentation en ligne]

Source

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Behavioralism ».

Bibliographie

  • Jon D. Hanson, Douglas A. Kysar, « Taking behavioralism seriously : the problem of market manipulation » [« Prendre le behavioralisme au sérieux : le problème de la manipulation du marché »], in New York University Law Review, vol. 74, n° 630 (June 1999), p. 630-749 [(en) lire en ligne]
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