Bears (LGBT)

Communauté bear

La communauté Bear est une subdivision de la communauté gay. On entend par Bears - prononcer : [bairz] et non [birz]- (ours en français), les hommes homosexuels et bisexuels porteurs de pilosité faciale et corporelle plus ou moins fournie et visible. Certains Bears sont également enveloppés ou gros, ce n’est généralement pas une caractéristique de différenciation. Le point commun entre toutes ces variantes est un affichage d’une "masculinité" plus ou moins exacerbée excluant la plupart du temps les codes des autres groupes gay.

Drapeau de la Communauté internationale bear

Sommaire

Le drapeau

Le Bear Flag est apparu en 1995 afin de donner un emblème spécifique à la communauté bear. Il est composé de 7 bandes de couleur : marron, brun clair, blond, beige, blanc, gris, noir. Chaque bande représente en fait une teinte de couleur de peau humaine ainsi qu'une teinte naturelle de cheveu. L'idée étant de représenter symboliquement la totalité du genre humain. Une patte noire d'ours stylisée (avec ou sans griffe selon la version) dans le coin supérieur gauche achève l'ensemble.

Origines et comportements

La communauté Bear est apparue semble-t-il à San Francisco dans les années 1970, avec pour base la communauté Cuir. Les premiers bears se sont rassemblés en réaction à une tendance lourde imposant aux homosexuels une allure et une culture de plus en plus formatée à ses membres, et excluant de fait les homosexuels ne répondant pas aux codes établis. Ces derniers, faisant la part belle aux jeunes hommes plutôt minces et musclés et ignorant les homosexuels plus âgés ou dont le corps ne répondait pas aux nouveaux canons de la beauté gay.

Les premiers clubs et associations formés se sont différenciés dès le début. Certains bears se rassemblant en accueillant tous les exclus des autres groupes, sans discrimination d’âge, de poids et de pilosité. D’autres ont eux choisi de s’imposer de nouvelles normes physiques, excluant les postulants ne correspondant pas strictement aux codes établis. Le point commun de tous les groupes existant tient à l’organisation d’événements de rencontres annuels ou à périodicité plus courte. On nomme le plus souvent ces rassemblements des “convergences”. Ces événements font la part belle aux rencontres amicales, festives, parfois sportives, mais aussi sexuelles. Des concours de beauté masculine existent également, à l’image des concours de beauté féminins.

Avant l’explosion de l’Internet, le développement de la communauté était assez lent. Les bears se rendant dans les centres d’accueils se sentant exclus de par leur physique hypermasculin, ces derniers ont majoritairement occupé le Net où les sites dédiés à leur cultures et leurs rencontres se sont multipliés. Preuve du succès, le monde des bears a fini par intégrer enfin le monde réel où se multiplient désormais les bars, saunas et établissements divers qui leurs sont réservés ou dédiés.

Ironiquement, la question de l’acceptation des différents se pose désormais à ces établissements. Doivent-ils accepter uniquement les bears ? Ou bien accepter les homosexuels non-bears mais qui aiment les bears ? Le choix est laissé aux créateurs des établissement qui prennent cependant bien soin de faire savoir (généralement sur le site internet dédié) s’ils acceptent uniquement les membres de leurs communautés ou bien tous les homosexuels sans restriction.

De même, la communauté Bear se scinde de plus en plus, se catégorisant avec plus ou moins de rigidité dans ses codes. Des clubs bears refusent ainsi les hommes avec de l’embonpoint ou gros.

La communauté bear dans le monde

En 2006, on peut dire que le développement de la communauté Bear a recouvert l’ensemble du globe. Il existe des clubs et des associations sur tous les continents, avec cependant une plus grande présence en Amérique du Nord et en Europe, principalement en Angleterre et en Allemagne.

La communauté bear en France

En France, le mouvement bears est encore en phase de développement. Le retard pris par la France est dû à plusieurs facteurs.

Toutefois si sa pleine expansion est en retard, l'établissement d'une communauté bear en France est aussi ancienne que le mouvement Gay.

Tout d'abord développé à Paris via les établissements dit "mec", orienté moustache, barbe et cuir on trouve un exemple frappant avec l'ouverture du café Moustache à Paris. La population de l'époque ressemble aux dessins de Tom of Finland. L'ouverture du Bear's den à Paris en 1999 a donné un coup de pouce définitif au lancement du mouvement bear du pays, volant la vedette au One Way et au Moustache. Aujourd'hui, il n'existe pas une grande ville de France sans établissement spécifiquement bear, mais l'influence du Bear' Den en fait le point de ralliement obligé de tout bear habitant ou passant par Paris.

Mais plus que par les établissements gays, ce sont les associations qui tissent le tissu social du mouvement. Même s'il y a eu beaucoup de tentative, sur Paris puis en province, le mouvement s'est peu à peu renforcé. La première association se nomme les "Gais Nounours", son objet est la promotion des gays corpulent et l'usage du terme nounours commence à montrer toute la problématique du mal être entre les chubbys et les ours.

Vers la fin des années 90 le mouvement s'amplifient avec des associations plus précises dans leurs objets et fonctionnement. On trouve donc Paris Nours, Ursus France, Bears France et aussi Bears Club France ou encore AllBears (ex Nantes Bears Club). Pour sortir d'une certaine sclérose due à la rivalité entre Poil et Grosseur, l'association MIF dont le président était Bear prend le parti de créer un soutien visible au mouvement bear avec cybears puis avec BearCenter tout en privilégiant la mixité.

Depuis certaines associations ont disparu ou sont devenues moins visibles.

Les lieux de rencontres commerciaux, en revanche, ont connu une grande phase d’expansion depuis le début des années 2000 et il est maintenant rare de trouver une région ne possédant pas au moins un bar ou un sauna bear-friendly. Des sites spécialisés répertorient ces lieux offrant ainsi aux Ours de province la possibilité de savoir où aller.

Mais l’essentiel du monde Ours français se trouve encore sur l’Internet. De nombreux sites vendent des articles spécialisés ou bien offrent des forums de rencontres accessibles gratuitement ou contre un abonnement car la communauté est devenue un élément important du business gay. En fait internet contribue à une meilleure visibilité du mouvement qui par le nombre de ses membres ne peut qu'être une sous-partie d'un ensemble plus visible des gays. Cela dit le noyau de l'internet bear français se solidifie, s'organise et s'implante enfin durablement dans le paysage gay, et on commence même à voir apparaître du porno bear français, inexistant jusque-là.

Terminologie

La communauté Ours a élaboré au fil des ans son propre code et son propre vocabulaire pour désigner ses membres. Vous trouverez ci-après un lexique des termes les plus usités.

Admireur/ Admirateur : Se réfère à un homosexuel standard aimant les Ours.

Bear : Homosexuel ou bisexuel porteur d’une pilosité faciale et corporelle en général fournie et plus ou moins mise en valeur.

Big Bear : Homosexuel ou bisexuel poilu, gros ou en surpoids.

Chaser : Homosexuel sexuellement attiré par les Chubby, mais le sens a évolué et maintenant, qui a une sexualité très active (to chase = chasser).

Chubby : Homosexuel ou bisexuel , gros ou en surpoids.

Super Chub Homosexuel ou bisexuel très gros.

Crevette : Homosexuel jeune, fin corporellement et imberbe. Parfois péjoratif.

Cub (Ourson) : Petit chubby qui est poilu, ou jeune ours qui a de belles rondeurs.

Daddy : Ours âgé (en général plus de cinquante ans).

Grizzly : Ours à la pilosité extrême, gros ou en surpoids.

Loutre (ou loup) : Homme velu mais à corpulence faible, voir mince ou très mince.

Muscle-bear : Homme velu et musclé à très musclé.

Panda : Bear d’origine asiatique (peu usité).

Polar bear (ou Santa, en référence à Santa Claus) : Bear âgé portant une pilosité grisonnante ou blanchissante.

Culture bear

Variable, comme sa définition. Telle peut être qualifiée la culture Bear. Cela tient au fait de la multiplicité de sa population, mais nous pouvons dégager des tendances lourdes, plus ou moins mises en avant selon les lieux et les associations.

La première en est la mise en valeur de la masculinité du bear. Là aussi, les éléments varient, mais un bear ne considère un autre comme tel que s’il obéit à certaines règles. Un ours n’est pas considéré comme tel s’il a un attrait pour certaines matières en ce qui concerne ses vêtements, ou certaines couleurs. Le lycra, la soie, la dentelle, les couleurs tendant vers le rose sont généralement formellement exclus des vêtements de sortie ou de tous les jours.

La seconde est un refus relatif de suivre à tout prix la mode. Un ours ne porte une tenue que s’il la trouve pratique et confortable. Il se moque des tendances de la mode et il privilégie en général le coton, la laine et le jean. En général, un bear privilégie les fragrances les plus musquées pour se parfumer. Il n’abuse cependant pas des eaux de toilettes. Un excès ou des parfums dits "féminisants" étant généralement rédhibitoires. L’épilation corporelle est quant à elle formellement exclue.

Musicalement, la culture Bear est pour ainsi dire inexistante. Un Bear n’est pas jugé sur la musique qu’il écoute ou sur laquelle il danse. Une exception toutefois, le groupe catalan pop Vanity Bear.

Le cinéma et la presse Bear n’existent eux que dans leurs variantes pornographiques, par exemple avec l'acteur Jack Radcliffe.

En littérature, à l’exception des ouvrages pornographiques, il n’existe pas non plus de culture Bear en français. Notons cependant une exception : les ouvrages de Pier Angelo Polver, qui narrent le quotidien d’un couple formé par un Admireur et un bear.

Un mouvement artistique, parfois porno, est aussi de plus en plus important notamment dans la photographie, la peinture ou le dessin avec des artistes comme Logan, Qaherabear avec sa galerie du "Cercle arktique", Christophe Jannin, illustrateur qui s'est donné pour but de montrer que des personnages non-standards peuvent être utilisés et adaptés dans les arts graphiques et s'intégrer dans le cadre de récits ou d'illustrations contemporaines, ou Jordan Samper, portraitiste dont le talent ne cesse de grandir. On découvre aussi des galeries photos comme le "mec du mois" de MIF, ou le "nours du mois" d'Ursusmag. La liste des artistes soutenant le mouvement bear n'est pas exhaustive et bien réelle en France en tout cas.

La dernière tendance, pas forcément partagée par toute la communauté d’ailleurs, tient en une relative demande de discrétion communautaire. Le bear n’est en général que peu militant. Dans son quotidien, il ne revendique pas automatiquement son homosexualité et ne manifeste que peu. S'il défile aux gay prides c'est souvent avec les autres bears.

Ce trait explique en partie la relative ignorance ou indifférence des médias gay sur le phénomène bear en France et dans le monde.

Voir aussi

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