Bavardage

Messagerie instantanée

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La messagerie instantanée ou le clavardage (au Québec), également désignée par l'anglicisme chat, permet l'échange instantané de messages textuels entre plusieurs ordinateurs connectés au même réseau informatique, et plus communément celui de l'Internet. Contrairement au courrier électronique, ce moyen de communication est caractérisé par le fait que les messages s'affichent en quasi-temps-réel et permettent un dialogue interactif.

Sommaire

Synonymes et francisation

La messagerie instantanée est souvent désignée sous le nom chat ([tʃat] du verbe anglais to chat, bavarder). Le nom chat et le verbe chatter sont souvent utilisés en franglais pour désigner la messagerie instantanée. Une écriture souvent utilisée pour cette prononciation est le fréquent nom masculin tchat, qui est utilisé de façon à ne pas confondre la prononciation avec celle du chat (l'animal). Plusieurs sites de discussion français utilisent d'ailleurs ce mot[1].

L'Office québécois de la langue française a proposé, en octobre 1997, le mot-valise clavardage formé de « clavier » et de « bavardage », entré dans le Petit Larousse 2004. Ce terme est d’ailleurs le seul synonyme francophone pour désigner la messagerie instantanée au Québec. Toutefois, les termes « bavardage-clavier » et « cyberbavardage » (également proposés par l’OQLF), ainsi que « bavardage en ligne », sont des synonymes acceptés[2].

En France, la Commission générale de terminologie et de néologie avait d'abord proposé causette en 1999. Elle s'est ravisée en avril 2006 et propose dorénavant dialogue en ligne avec la définition suivante : « Conversation entre plusieurs personnes connectées en même temps à un réseau, qui échangent des messages s’affichant en temps réel sur leur écran ». Ce terme est présent dans la base terminologique de la DGLF et obligatoire pour les administrations et services de l'État français, mais n’a pas été retenu comme synonyme au Québec. En pratique, le terme n'est pas entré en usage. Par exemple, il est absent du site du gouvernement français, au bénéfice du terme « chat »[3].

Le mot féminin tchatche, emprunté au français d'Afrique du Nord et de France, s'est répandu spontanément, en Europe, ainsi que ses dérivés : « tchatcher » et « tchatcheur ». Ce mot, qui a été emprunté en anglais et est devenu chat, dérive de l'espagnol, cháchara, « bavardage ».

L'abréviation IM du sigle anglais Instant Messaging est parfois utilisée, également IMP pour « Instant Messaging and Presence ».

On utilise parfois webchat ou shoutbox, pour préciser que la communication se fait sur une page Web (comme Yahoo! Groupes). Ce moyen est minoritaire. Il utilise le Web, une technologie non conçue pour le clavardage.

Fonctionnement

La messagerie instantanée requiert l'emploi d'un logiciel client qui se connecte à un serveur de messagerie instantanée. Elle diffère du courrier électronique du fait que les conversations se déroulent instantanément (quasiment en temps réel, les contraintes temporelles n'étant pas fortes dans ces systèmes). La plupart des services modernes offrent un système de notification de présence, indiquant si les individus de la liste de contacts sont simultanément en ligne et leur disponibilité pour discuter.

Dans les tout premiers programmes de messagerie instantanée, chaque lettre apparaissait chez le destinataire dès qu'elle était tapée, et quand des lettres étaient effacées pour corriger une faute, cela se voyait également en temps réel. Cela faisait ressembler la communication à un coup de téléphone plutôt qu'à un échange de messages. Dans les programmes modernes de messagerie instantanée, le destinataire ne voit le message de l'expéditeur apparaître que lorsque celui-ci l'a validé.

La plupart des applications de messagerie instantanée permettent de régler un message de statut, qui remplit la même fonction qu'un message de répondeur téléphonique, par exemple pour indiquer la cause d'une indisponibilité.

En évoluant, la messagerie instantanée a intégré les fonctionnalités de voix et de vidéo grâce à une webcam, mais aussi toutes sortes d'applications collaboratives (tableau blanc, édition de texte, jeux, etc.), d'envoi de messages automatiques et de notifications (supervision, « push » d'informations, etc.).

Argot

Article détaillé : Argot internet.

La messagerie instantanée possède son propre langage. Les discussions ayant lieu en temps réel, la vitesse d'écriture la rend plus fluide, d'où l'utilisation de raccourcis d'écriture, notamment pour exprimer l'état d'esprit de l'auteur (voir les émoticônes). Ces raccourcis sont souvent automatiquement remplacés par une image de binette.

Histoire

Fichier:Unix talk example.gif
Animation d'une connexion à un système de MI sous UNIX

La messagerie instantanée un à un est une idée assez ancienne : sous UNIX, elle existe depuis bien longtemps, sous forme de texte, grâce à la commande talk, puis sous Windows, il y a eu l'équivalent fenêtré avec WinPopUp, ces deux systèmes étant basés sur la paire utilisateur/machine.

Le protocole standard ouvert Internet Relay Chat (IRC) fournit lui aussi depuis 1988, des fonctionnalités simples de discussion à plusieurs (elles ont depuis été étendues par l'usage de robots). Le protocole ouvert Zephyr, créé au MIT la même année, est un ensemble très simple de services de base, utilisé dans le monde universitaire américain.

Ces deux manières de converser sur le réseau ne sont toutefois pas encore ce qu'on appelle la messagerie instantanée, du fait qu'il n'y a pas ou peu d'authentification ni de gestion de présence.

La messagerie instantanée moderne grand public a été révélée par une jeune entreprise israélienne, Mirabilis, en introduisant ICQ en 1996. Une des principales innovations était la gestion d'une liste de contacts personnels. En 1998, Mirabilis a été rachetée par le groupe AOL Time Warner.

Gajim utilise la technologie Jabber

En 1998, le protocole libre et ouvert Jabber est créé ainsi que le protocole fermé et propriétaire QQ, le clone chinois d'ICQ.

Depuis le succès d'ICQ, de nombreux protocoles de communication incompatibles, propriétaires et fermés ont été développés et gratuitement proposés par des fournisseurs de contenu d'Internet (Yahoo! Messenger en 1998, MSN Messenger en 1999 et Gadu-Gadu en 2000). L'avantage pour eux est de se constituer une large base de clients captifs, puis de pouvoir leur envoyer de la publicité, leur proposer des services étendus payants, etc.

En 2002, on enregistre autant de courriers électroniques que de messages instantanés échangés dans le monde ; le nombre d'utilisateurs de la messagerie instantanée est estimé à 360 millions. La fermeture des réseaux, leur cloisonnement, leur incompatibilité et leur non-interopérabilité rend la messagerie instantanée sur Internet dans un état de fragmentation qui n'existe pas dans le domaine du courriel et du web.

En 2004, Jabber/XMPP est normalisé comme standard ouvert par l'IETF, l'organisation de normalisation des protocoles de l'Internet. Jabber est à ce jour le seul système normalisé, standard ouvert, non fermé et non propriétaire, qui est très activement développé par des centaines voire milliers de développeurs, administrateurs et des millions d'utilisateurs passionnés, ainsi que par des grands noms de l'industrie informatique : Google, IBM, Sun, France Telecom/Wanadoo/Orange Internet, etc.

En 2005, le travail sur le support des sessions multimédia, dont la voix sur IP, est relancée grâce au protocole Jingle (Jabber) livré par Google Talk.

En 2006, les conventions de nommage pour les identifiants de messagerie instantanée (« IRI/URI scheme ») sont adoptées par l'IETF : elles sont basées sur le protocole Jabber.

Standards ouverts et normes

Le paysage des systèmes de messagerie instantanée est arrivé à un morcellement et une fragmentation tels que les utilisateurs de réseaux propriétaires et fermés sont dans l'incapacité de communiquer avec les autres réseaux et protocoles : ils sont enfermés et ne peuvent plus en sortir à cause de l'effet réseau (il leur faudrait basculer tous leurs contacts vers un réseau et protocole standard ouvert).

On assiste à un cloisonnement extrême qui ne s'est quasiment jamais vu dans aucun autre domaine : trois grands réseaux propriétaires sont utilisés par plusieurs dizaines ou centaines de millions d'utilisateurs ; ils sont enfermés et ne peuvent pas communiquer avec les centaines de millions d'utilisateurs des autres réseaux.

Seul le protocole Jabber est normalisé par l'IETF, l'organisme qui a standardisé les protocoles de l'Internet, sous le nom XMPP.

Une norme d'URI est disponible depuis mai 2006 sous la forme xmpp:user@domaine à l'image de l'URI pour le courriel mailto:user@domaine.

Jabber (protocole XMPP) est donc devenu l'égal du web (protocoles HTTP et HTTPS) et du courriel (protocoles SMTP, POP et IMAP).

Protocoles de communication

Voici les principaux protocoles et quelques programmes clients pour les utiliser :

Logiciels clients

Quelques logiciels clients permettant d'accéder à plusieurs réseaux :

Logiciel libre

Logiciel propriétaire

> Notez que tous les clients Jabber permettent d'accéder aux autres réseaux, par le biais des transports Jabber (passerelles).

D'autres ne permettent que de se connecter qu'à un seul réseau :

Il existe également des webmessengers, c'est-à-dire des clients permettant de se connecter à un ou plusieurs protocoles sans nécessiter l'installation d'un logiciel dédié, mais en utilisant une interface web par le biais d'un navigateur.

Webchats

Ces réseaux permettent de dialoguer sans autre logiciels qu'un navigateur web (et d'éventuels logiciels plugins complémentaires, tel que Java ou Flash).

Exemples de webchats :

  • Google Lively fermé en 2008.
  • Jubii seul le portail Danois de Jubii conserve le service de Webchat, et en France un nouveau portail de webtchat à ouvert ses portes en 2009.
  • JWChat logiciel libre (GNU GPL), client de messagerie instantanée pour le réseau standard ouvert Jabber (XMPP), développé en AJAX.
  • Smail
  • Spark: logiciel libre (GNU GPL), client de messagerie instantanée pour le réseau standard ouvert Jabber (XMPP), développé en Java.
  • YesWeChat : créé en 2009, www.yeswechat.com propose des groupes, questionnaires, ajouts de salons, profils.

Logiciels serveurs

Serveurs Jabber :

Autres :

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

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  • bavardage — [ bavardaʒ ] n. m. • 1746; de bavard 1 ♦ Action de bavarder. ⇒ babillage, caquet, caquetage, papotage, parlote; fam. bagout, tchatche. Élève puni pour bavardage. Par ext. Le fait d être prolixe et diffus (par écrit). ⇒ verbiage. 2 ♦ Discours,… …   Encyclopédie Universelle

  • bavardage — BAVARDAGE. s. m. Action de bavarder. Sortons du bavardage, Ne nous arrêtons pas à dire des choses vaines. [b]f♛/b] Il se dit aussi Des discours insignifians et vains. Voilà bien du bavardage. Je méprise les bavardages des Commères. Il est du… …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • Bavardage — Ba var dage , n. [F.] Much talking; prattle; chatter. Byron. [Webster 1913 Suppl.] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • BAVARDAGE — s. m. Action de bavarder. Le bavardage des commères. Son bavardage m étourdit. Un bavardage insupportable.   Il se dit aussi Des discours insignifiants et prolixes. Voilà bien du bavardage. Tout cela n est qu un vain bavardage. Quel sot… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • BAVARDAGE — n. m. Action de bavarder. Le bavardage des commères. Son bavardage m’étourdit. Un bavardage insupportable. Il se dit aussi des Discours insignifiants et prolixes. Voilà bien du bavardage. Tout cela n’est que bavardage, n’est qu’un vain bavardage …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • bavardage — nm., bruit que font ceux qui bavardent, babille, parlote ; (en plus à Genève) raillerie : BAVARDAZHO nm. (Albanais.001, Annecy.003, Genève.022, Thônes.004) ; barjakri nf. (001, Saxel.002, Villards Thônes.028) ; parlota nf. (Doucy Bauges) ;… …   Dictionnaire Français-Savoyard

  • bavardage — (ba var da j ) s. m. Suite de discours ou de paroles sans intérêt. Quand finirez vous ce bavardage ? ÉTYMOLOGIE    Bavarder …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • bavardage — ● n. m. ►WEB►INTERNET Version française rare de chat (qui, lui, est très utilisé, malgré les diverses tentatives de traductions sur le marché de la néologie) …   Dictionnaire d'informatique francophone

  • bavardage — [ˌbavα: dα:ʒ] noun rare idle gossip. Origin Fr., from bavarder to chatter …   English new terms dictionary

  • bavardage — ba·var·dage …   English syllables

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