Battement binaural

Le battement binaural ou son binaural est un artéfact de traitement auditif, c'est-à-dire des sons apparents, dont la perception apparaît dans le cerveau indépendamment de stimulus physiques. Cet effet a été découvert en 1839 par Heinrich Wilhelm Dove.

Le cerveau produit un phénomène résultant en des pulsations de basse fréquence dans le volume sonore d'un son perçu lorsque deux tonalités à des fréquences légèrement différentes sont présentées séparément, à chaque oreille du sujet (on utilise aujourd'hui pour se faire un casque stéréo).

Un battement sera perçu, comme si les deux sons se mélangeaient naturellement, en dehors du cerveau. La fréquence des tonalités doit être inférieure a environ 1 000 à 1 500 Hz, pour que le battement soit perçu. La différence entre les deux fréquences doit être faible (inférieure à 30 Hz) pour que l'effet se produise, sinon les deux tons seront entendus séparément et aucun battement ne sera perçu.

L'intérêt des battements binauraux peut être classé en deux catégories. Premièrement, il y a un intérêt des neurophysiologistes dans le travail sur le sens de l'ouïe. Deuxièmement, les battements binauraux pourraient influencer le cerveau de manière plus subtile, par le biais de l'entraînement de la pensée et pourraient être utilisés pour la relaxation ou d'autres bienfaits pour la santé (faits non-prouvés).

Sommaire

Histoire

Heinrich Wilhelm Dove découvrit les battements binauraux en 1839. Tandis que la recherche sur eux continua après cela, le sujet est resté une sorte de curiosité scientifique pendant 134 ans, avec la publication de l'article de Gerald Oster intitulé Auditory Beats in the Brain (Scientific American, 1973). L'article d'Oster a identifié et a assemblé les îles dispersées de recherche appropriée depuis Dove, offrant un aperçu des recherches sur les battements binauraux.

En particulier, Oster a vu les battements binauraux comme un outil puissant pour la recherche cognitive et neurologique, abordant des questions comme comment les animaux localisent des sons dans leur environnement tridimensionnel et aussi la capacité remarquable d'animaux à choisir et se concentrer sur des sons spécifiques lors d'un brouhaha (connu comme l'effet cocktail party).

Oster considère aussi que les battements binauraux sont un outil de diagnostic médical potentiellement utile non seulement pour trouver et évaluer des déficiences auditives, mais aussi pour des fonctions neurologiques plus générales (les battements binauraux impliquent différentes voies neurologiques de traitement auditif ordinaire). Par exemple, Oster a constaté que plusieurs de ses sujets qui ne pouvaient pas percevoir les battements binauraux souffraient de la maladie de Parkinson. Dans un cas particulier, Oster a été en mesure de suivre le sujet pendant une semaine de traitement de la maladie de Parkinson ; au départ, le malade ne pouvait pas percevoir les battements binauraux, mais au bout d'une semaine de traitement, le patient a été en mesure de les percevoir.

En corroborant une étude antérieure, Oster a également signalé des différences entre les sexes dans la perception des battements. Plus précisément, les femmes semblaient faire l'expérience de deux pics distincts dans leur capacité à percevoir les battements binauraux pics en corrélation possible avec des points spécifiques du cycle menstruel (apparition des menstruations et env. 15 après).

Ces données ont conduit Oster à se demander si les battements binauraux pourrait être utilisé comme un outil pour mesurer le taux relatif de l'œstrogène[1].

Les effets des battements binauraux sur la conscience ont été d'abord examinés par le physicien Thomas Campbell et l'ingénieur électricien Mennerich Dennis, qui, sous la direction de Robert Monroe ont cherché à reproduire une impression subjective de l'oscillation de 4 Hz qu'ils associaient au voyage astral[2]. Sur la base de leurs conclusions, Monroe a donné naissance à l'auto-développement binaural en fondant l'Institut Monroe, maintenant un centre de recherche binaural et d'éducation. L'Institut Monroe présente entre autres les battements binauraux comme un moyen d'entraîner la synchronisation des hémisphères cérébraux.

Description

Une des théories fréquemment évoquée à propos des battements binauraux est qu'il existerait un rapport entre le son apparent, recréé par le traitement auditif, et la fréquence des ondes cérébrales. Celles-ci sont supposées se synchroniser avec le son perçu, ce qui permettrait de les sélectionner[3]. Toutefois, rien de tel n'a jamais été démontré.

Suivant les fréquences, le sujet pourrait ressentir différentes sensations. En théorie, les oscillations dans le cerveau sont réparties en 4 intervalles en fonction de la fréquence :

  • Delta (0,5 à 4 Hz). Cette fréquence est normalement générée en sommeil profond, ou lorsque l'on est inconscient. Quelques expérimentés disent être en transe profonde, générée par ces vagues, tout en restant conscient.[réf. nécessaire]
  • Theta (4 à 8 Hz). C'est l'intervalle entre le sommeil et l'éveil, dans lequel rêves et hallucinations (ou «hallucinations hypnagogiques») se produisent. Il se passe juste un peu avant de vous endormir le soir, ou juste avant que vous ne soyez vraiment réveillé le matin. Il semblerait que ce soit dans ce groupe que l'inconscient parle à l'esprit conscient[réf. nécessaire].
  • Alpha (8 à 13 Hz). Celui-ci est produit lorsque vous êtes réveillés et pleinement conscient, mais votre conscience est encore en vous, comme lorsque l'on essaye de se rappeler quelque chose, ou lorsque les yeux sont fermés.
  • Beta (13 à 30 Hz). C'est normalement lorsque vous êtes éveillés, avec l'attention à votre maximum, qui traite avec le monde extérieur. Il est également généré lorsque vous résolvez des problèmes, tels que des calculs mentaux.

Utilisation

Des logiciels comme SBaGen, Gnaural et I-Doser ont vu le jour. SBaGen et Gnaural sont des logiciels libres servant à créer des fichiers de sons binauraux.

Le marketing d'I-doser, un produit commercial, est fondé sur la possibilité d'atteindre certains effets, à partir de fichiers portant des noms de drogues et supposés créer des sensations hallucinogènes, stimulantes, diététiques, apaisantes. Ce logiciel est basé sur SBaGen et a d'ailleurs conduit l'auteur de ce dernier à forcer les créateurs d'I-doser de respecter la licence libre de son logiciel, en particulier la clause de redistribution du code source[4].

Le meilleur moyen d'en ressentir les effets serait de faire en sorte de se concentrer au maximum sur le son, donc dans une pièce sans lumière, sans bruit et sans bouger.

Toutefois, l'influence de ces sons sur le cerveau telle qu'elle est généralement décrite n'a pas été démontrée et les témoignages de personnes ayant ressenti beaucoup d'effets sont donc à lire avec esprit critique.

En 2003, une étude menée sur la diminution de l'anxiété préopératoire et du besoin en anesthésique nécessaire à la maintenance de l'anesthésie (effets supposés servant à la promotion de certains produits) n'a montré aucune différence significative entre l'utilisation d'une cassette commerciale de battements binauraux et celle d'une cassette vide[5].

Références

  1. Oster G, « Auditory beats in the brain », dans Sci. Am., vol. 229, no 4, 1973, p. 94–102 [lien PMID] 
  2. Thomas Campbell, My Big TOE, tome 1 (ISBN 978-0-9725094-0-4), p. 79 .
  3. Voir par exemple le discours du créateur de SBaGen : « La théorie derrière les battements binauraux, c'est que si vous appliquez des ondes sinusoïdales de fréquences différentes à chaque oreille, un effet de battement est créé dans le cerveau lui-même, en raison du câblage interne du cerveau. Si, en présence de ces sons, vous vous détendez et laisser aller votre esprit, il se synchronisera naturellement avec la fréquence du battement. De cette façon il est possible de régler la fréquence de vos ondes cérébrales à des fréquences particulières que vous avez sélectionnées. » (Jim Peters, « SBaGen -- Binaural Beat Brain Wave Experimenter's Lab ». Consulté le 22 juillet 2010).
  4. Voir les explications de l'auteur de SBaGen.
  5. Susan Dabu-Bondoc, Jacqueline Drummond-Lewis, Dorothy Gaal, Maryanne McGinn, Alison A. Caldwell-Andrews, Zeev N. Kain, Hemispheric Synchronized Sounds and Intraoperative Anesthetic Requirements, Departments of Anesthesiology, Pediatrics and Child Psychiatry, Yale University School of Medicine and Yale-New Haven Hospital, New Haven, Connecticut, 2003 .

Voir aussi

Techniques de relaxation

Liens externes

  • (en)Gnaural, logiciel libre de création de battements binauraux
  • (en)Brain Waves Generator autre logiciel de création de battements binauraux
  • http://uazu.net/sbagen/
  • The Monroe Institute
  • "How to build a lie detector, brain wave monitor and other secret parapsychological electronics projects" by Mike and Ruth Wolverton, TAB books, 1981.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Battement binaural de Wikipédia en français (auteurs)

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