Bataillons de la Jeunesse

Les Bataillons de la Jeunesse est le nom donné aux groupes de jeunes communistes engagés en France dans la lutte armée contre les troupes d'occupation allemandes entre juillet 1941 et le début de l'année 1942. Par la suite, ils seront intégrés aux Francs-tireurs et partisans (FTPF).

Sommaire

Histoire

En juillet 1941, après la rupture du pacte germano-soviétique et l'invasion de l'URSS par les troupes hitlériennes, le Parti communiste français (PCF), clandestin depuis sa dissolution en septembre 1939, prend la décision de se lancer dans la lutte armée contre l'occupant allemand, en accord avec les directives reçues de l'Internationale communiste. À partir d'août 1941, le PCF recrute des membres des Jeunesses communistes pour former des groupes armés et perpétrer des attentats. Ceux d'entre eux qui ont survécu se souviennent avoir été engagés dans l'Organisation spéciale, mais l'historien Roger Bourderon affirme que le nom de « Bataillons de la Jeunesse » a été utilisé sous l'occupation, ce qui est confirmé par Franck Liaigre.

L'exécution de Samuel Tyszelman, dit "Titi" et Gautherot marquera tous leurs copains, jeunes communistes comme eux, qui formeront à partir d'août 1941, les bataillons de la jeunesse

Le 2 août 1941, Albert Ouzoulias, qui vient de s'évader d'un camp de prisonniers, est nommé chef de cette organisation naissante, sur les conseils de Danielle Casanova. Il est secondé par Pierre Georges, qui, malgré ses 22 ans, est un vétéran de la guerre d'Espagne et qui sera connu plus tard sous le nom de « Fabien », mais dont le pseudonyme est alors « Fredo ». C'est lui qui accomplit le premier attentat reconnu contre un officier allemand, au métro Barbès, en compagnie de Gilbert Brustlein et de Bob Gueusquin.

La plupart des membres des Bataillons de la Jeunesse sont très jeunes ; beaucoup ont moins de 20 ans. Ils sont essentiellement implantés en région parisienne où leurs effectifs ne dépassent pas 36 hommes. Ils sont ouvriers ou lycéens, et, à l'exception de Fredo, inexpérimentés dans le maniement des armes.

La vague d'attentats se déroule jusqu'en novembre 1941 à Paris et dans plusieurs villes de province. Le 16 octobre 1941[1], Gilbert Brustlein est envoyé en commando à Nantes avec Marcel Bourdarias, 17 ans, et Spartaco Guisco, 30 ans. Le 20, ils abattent Karl Hotz, le Feldkommandant de la Loire-Inférieure[2], déclenchant l'exécution par fusillade de 48 otages à Châteaubriant, Nantes et Paris. L'attentat de Nantes ne sera pas revendiqué par le PCF avant 1950.

Pourchassés par les policiers français des Brigades spéciales, la plupart des membres des Bataillons sont arrêtés, notamment les camarades de Brustlein, domiciliés dans le 9e arrondissement, ainsi que Marcel Bourdarias et Spartaco Guisco. Du 4 au 6 mars 1942 comparaissent ainsi devant un tribunal militaire allemand siégeant au palais Bourbon sept jeunes appartenant aux Bataillons de la Jeunesse. Ils sont fusillés le 9 mars au mont Valérien. Vingt-cinq de leurs camarades sont à leur tour exécutés le 17 avril après un procès qui se déroule du 7 au 14 avril à la Maison de la Chimie.

Noms de certains membres

Plaque en mémoire de Raymond Tardif et André Aubouet au 156 rue Raymond-Losserand à Paris
  • André Aubouet, 8 janvier 1923 - 17 avril 1942
  • André Kirschen
  • Danielle Casanova, née Vincentella Perin, 9 janvier 1909 - Auschwitz, 9 mai 1943
  • Marcel Bertone, 9 octobre 1920 - 17 avril 1942
  • Marcel Bourdarias, alias Alain, 23 janvier 1924 - 17 avril 1942
  • Louis Coquillet, alias René, 6 mars 1921 - 17 avril 1942
  • Camille Drouvot, 18 mai 1919 - 16 mai 1942
  • Jean Garreau, 27 août 1912 - 17 avril 1942
  • Pierre Georges dit Colonel Fabien, 21 janvier 1919 à Paris - 27 décembre 1944
  • Gilbert Brustlein, 20 mars 1919 - 25 février 2009
  • Bernard Laurent, 11 septembre 1921 - 17 avril 1942
  • Albert Ouzoulias, 20 janvier 1915 - 1995
  • Jean Quarré, 22 septembre 1919 - 17 avril 1942
  • Raymond Tardif, 21 août 1920 - 16 mai 1942
  • Pierre Tirot, 13 juin 1906 - 17 avril 1942
  • Maurice Touati, alias Albert, 13 août 1920 - 17 avril 1942
  • Pierre Tourette, 12 janvier 1917 - 17 avril 1942
  • Rene Toyer dit Pierrot, 17 septembre 1921 - 17 avril 1942
  • Georges Tondelier, 6 mai 1921 - 11 juin 1942
  • Karl Schönhaar, 20 novembre 1924 - 17 avril 1942
  • Fernand Zalkinow, 29 septembre 1925 - 9 mars 1942

Notes

  1. L'attentat a lieu le 20 octobre à 7 h 40 ; il est clair que le commando ne peut pas avoir quitté Paris le jour même.
  2. Mais ils ne savent pas qu'il s'agit de Hotz, ils ont seulement tiré sur un officier supérieur (en l'occurrence lieutenant-colonel, Oberstleutnant).

Bibliographie

  • Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la Jeunesse, Éditions sociales, 1972 (ISBN 2209053722)

Sources

  • Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Le Sang des communistes, les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, Automne 1941, Fayard, 2004 (ISBN 2213614873)
  • Franck Liaigre, « Bataillons de la jeunesse » in Dictionnaire historique de la résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006

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