Bataillle d'Adoua

Bataille d’Adoua

Bataille d’Adoua
Battle of Adwa Tapestry Closeup.png
Tapisserie éthiopienne commémorant la bataille d'Adoua
Informations générales
Date 1er mars 1896
Lieu Adwa, Empire d'Éthiopie
Issue Victoire éthiopienne décisive
Belligérants
Ethiopian Pennants.svg Empire éthiopien Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Commandants
Ethiopian Pennants.svg Menelik II
Ethiopian Pennants.svg Taytu Betul
Ethiopian Pennants.svg Ras Mekonnen
Ethiopian Pennants.svg Mengesha Yohannes
Ethiopian Pennants.svg Fitawrari Gebeyehu †
Ethiopian Pennants.svg Mikael du Wollo
Ethiopian Pennants.svg Tekle Haymanot
Ethiopian Pennants.svg Balcha Abba Nefso
Flag of Italy (1861-1946).svg Oreste Baratieri
Flag of Italy (1861-1946).svg Giuseppe Arimondi †
Flag of Italy (1861-1946).svg Vittorio Dabormida †
Flag of Italy (1861-1946).svg Matteo Albertone
Flag of Italy (1861-1946).svg Giuseppe Ellena
Flag of Italy (1861-1946).svg Giuseppe Galliano †
Forces en présence
Environ 100 000 (dont 80 000 armés de fusil) 17 700 (tous armés de fusil)
52 canons
Pertes
4 000 à 5 000 morts
8 000 blessés[1]
7 000 morts
1 500 blessés
3 000 capturés[1]
Première guerre italo-éthiopienne
Batailles
Amba Alagi - Coatit - Senafé - Mékélé - Tigré - Adoua

La bataille d'Adoua s'est déroulée à Adoua, le 1er mars 1896, entre l'Empire éthiopien et le Royaume d'Italie. Dernière bataille de la première guerre italo-éthiopienne, elle s'achève par la victoire des troupes éthiopiennes du Negusse Negest Menelik II. Suite à cette défaite, le Royaume d'Italie met fin à ses ambitions coloniales en Abyssinie et signe le traité d'Addis Abeba abrogeant le traité de Wuchale, origine du conflit.

Cette bataille reste célèbre sous divers aspects: elle est la première victoire décisive d'un pays africain sur des troupes coloniales, elle garantit le maintien de l'indépendance éthiopienne et assure un prestige international à l'Empire et à Menelik II. Au niveau national, la bataille d'Adoua demeure un symbole de l'unité éthiopienne et est toujours commémorée de nos jours.

Sommaire

Contexte

Après l'éclatement guerre avec l'Italie, divers affrontements ont lieu, le dernier avant la bataille d'Adoua étant le siège de Mekelé par les troupes éthiopiennes. Les Italiens décident d'abdiquer et Menelik II les autorise à quitter la ville assiégée. Les Éthiopiens s'installent alors à Gendepata près d'Adoua car bien que le Negusse Negest espère une paix négociée, il s'attend également à un possible affrontement. Oreste Baratieri refuse initiallement d'engager la bataille car il savait que les Éthiopiens étant nombreux, leur maintien sur place ne pouvait durer longtemps. Toutefois, le gouvernement italien de Francesco Crispi ne peut tolérer le fait d'être mis en impasse par une armée non-européenne et donne l'ordre à Baratieri de lancer l'offensive.

Forces en présence

Les troupes italiennes

Oreste Baratieri, commandant des troupes italiennes

L'armée italienne, divisée en quatre brigades, compte 17 700 troupes et 56 pièces d'artillerie [2]. Toutefois, selon Harold Marcus, "plusieurs milliers" de soldats étant restés à l'arrière afin de garder et d'apporter leur aide aux lignes de communication, il estime donc que le nombre de soldats effectivement présents du côté italien ne s'élèvait qu'à 14 500[3]. La brigade d'Albertone, dirigée par des officiers italiens, est composée d'askaris érythréens. Les trois autres brigades, dirigées par Dabormida, Ellena et Arimondi, sont composées de soldats italiens, certains d'entre eux sont membres d'unités d'élite dont les Bersaglieri, Alplini et Cacciatori mais la majorité sont des circonscrits inexpérimentés venant de régiments de l'Italie engagés dans de nouveaux bataillons destinés à se battre en Afrique[4].

Chris Pouty décrit ainsi l'état de l'armée italienne avant la bataille:

« Ils [les Italiens] avaient des cartes inadéquates, de vieux fusils, un équipement de communication médiocre et des chaussure inadaptées au sol rocailleux. (Les nouveaux Remington n'étaient pas disponibles car Baratieri, contraint de peu dépenser, voulait utiliser les anciennes cartouches.) Le moral était bas, les vétérans avaient le mal du pays et les nouveaux arrivants trop inexpérimentés pour avoir un "esprit de corps". Il y avait une pénurie de mules et des selles.[5] »

Les troupes éthiopiennes

Menelik II, commandant de l'armée éthiopienne

Il n'y a pas de chiffre précis concernant les forces éthiopiennes présentes à Adoua. Les estimations vont de 80 000 à 100 000 hommes[6] Toutefois, Abebe Hailemelekot établit une liste[7] autour de laquelle plusieurs auteurs s'accordent. Elle inclut la personne à la tête des troupes:

Soit un total d'environ: 122 200 troupes.

En plus des troupes présentes à la bataille, les chefs suivants qui marchaient vers Adwa ont finalement du se diriger vers Awsa:

  • Ras Wolde Giorgis: infanterie: 8 000
  • Azaj Wolde Tsadhik: infanterie: 3 000
  • Dejazmatch Tessema Nadew: infanterie: 4 000

Durant son documentaire, Haile Gerima établit également une liste[8] de troupes et de commandants. La totalité des troupes mobilisées ne put toutefois pas rejoindre Adwa soit pour des raisons tactiques soit parce que la bataille était déja terminée:

  • Ras Wolde Giorgis: infanterie: 6 000 à 8 000

Certains commandants sont cités par Haile Gerima mais le nombre de troupes n'est pas connu:

  • Dejazmatch Gebre Egziabher Moreda: nombre inconnu
  • Dejazmatch Jote Tullu Kelom: nombre inconnu
  • Ras Demissew Nessibu: nombre inconnu
  • Fitawrari Tekle Liqe Mekwas: nombre inconnu
  • Sultan Mohammed Anfari: nombre inconnu

Le total obtenu est plus important que celui de Abebe Hailemelekot puisqu'il va de 142 000 à 156 000. Certains personnalités telles que Ras Wolde Giorgis ont été comptabilisé alors qu'elles ne participèrent pas à la bataille.

La bataille

La bataille fut relatée par divers auteurs, pour les Éthiopiens la principale source est le Tsehafi Tezaz Gebre Selassie[9], auteur de la Chronique du règne de Menelik. Parmi les auteurs non-éthiopiens, ceux qui racontent avec le plus de précision la bataille furent George F.H. Berkley, Conti Rossini et Rudolfo Mazuconi[10]. De façon générale, les diverses sources s'accordent sur le début de la bataille, le 1er mars 1896 vers 5:00 - 6:00 du matin et sur le fait que vers 12:00, l'issue apparaissait de façon relativement claire.

Déroulement de la bataille selon le Tsehafi Tezaz Gebre Selassie

« Il est difficile de mettre en mots ce que nous avons vu de nos propres yeux et entendu de nos oreilles en ce jour à Adoua »

— Tsehafi Tezaz Gebre Selassie[11]

Le 1er mars, vers 5:00 du matin[9], des soldats italiens lancent une offensive inattendue et s'approchent du camp éthiopien où 500[9] hommes de garde sont postés devant l'entrée. Ras Mengesha Yohannes est alors responsable des troupes[9] lors de la nuit du 29 février au 1er mars. Après un échange de coups de feu, les Éthiopiens capturent et interrogent deux prisonniers pour connaître le plan italien[12] qui consistait à profiter du départ des troupes éthiopiennes, parties à la recherche de nourriture, afin de lancer une attaque[12]. Par ailleurs, les Éthiopiens apprenent que quatre généraux italiens s'avançaient en passant par l'Enda Gerima[12] alors qu'un autre général empruntait la direction de Mariam Shewito[12]. Un éclaireur rapporte l'information au Qegnazmatch Tafesse[12], celui-ci son tour en parle à Menelik qui demande alors s'il s'agissait là d'une véritable bataille engagée par les Italiens (le Negusse Negest ne voulait attaquer en premier[12]). Qegnazmatch répond par l'affirmatif et Menelik envoye Bejirond Ketema et la Garde montée[12] afin de confirmer cette information. Il ordonne également à tous les soldats de préparer leur arme et se trouve lui-même en costume de bataille devant sa tente. Pendant ce temps, Ras Mikael[13] et ses troupes rejoignaient la bataille. Les deux tiers[13] des troupes éthiopiennes étant à la recherche de nourriture, les autres soldats s'avancèrent à leur tour vers le front, suivis par Menelik[13].

Gebre Selassie raconte ainsi l'entrée en bataille des troupes éthiopiennes:

« Tout le monde rejoignit la bataille, prêt à mourir pour son pays et son Roi. Ils rejoignirent tous la bataille sans distinction de rang et de statut social et avec une indifférence totale envers le danger des armes des ennemis. Ceux qui se trouvaient à terre, blessés, exhortaient leurs camarades de combat à poursuivre la lutte plutôt que de leur apporter de l'aide et ceux qui n'avaient plus de munitions prenaient celles des blessés et continuaient à se battre. La bataille fut menée avec un héroïsme incomparable.[13] »

Les troupes du Negusse Negest sont suivies par Taytu Betul, portant une pierre autour du cou[13], accompagnée du clergé axoumite (avec l'arche de Sainte-Marie) dont l'Abune Matewos[13]. Taytu, après avoir prié, s'avance et constatant que l'arrière-flanc est en difficulté[11], elle encourage les soldats à poursuivre la bataille pour ensuite y participer activement avec ses troupes. Son artillerie, placée à sa droite[11], bombardait le milieu des troupes italiennes[11]. Les Éthiopiens progressent au son des chants des prêtres priant Saint-Georges[11] et remportent finalement la bataille principale[11]. Menelik et ses troupes commencent alors les opérations de nettoyage[11] et se retrouvent face à une nouvelle division ennemie. Un grand nombre[11] de soldats italiens est tué et le reste s'enfuit. Le premier flanc italien fut défait[14] et des renforts éthiopiens continuaient à arriver sur le champ de bataille jusqu'à 11:00[14], après quoi Menelik franchit une colline avec ses troupes derrière laquelle se trouvent 2 000[14] soldats Italiens et indigènes qui demandent grâce aux Éthiopiens[14]. Taytu arrive ensuite à l'endroit où la première victoire eut lieu, ses servantes offrent de l'eau aux blessés éthiopiens mais également italiens[14]. Vers 15:00[14], certains soldats de Menelik reviennent avec des blessés et des prisonniers, Taytu leur ordonne de se rendre à nouveau au front et de revenir seulement lorsque le Negusse Negest retourne[15]. La Nigiste Negest et sa soeur, Woyzero Azaletch Betul[15] transmettent ensuite cet ordre aux divers fronts. Gebre Selassie rend grandement hommage au rôle que les femmes ont joué pendant la bataille, voici ce qu'il écrit à ce sujet:

« Il est essentiel de rendre gloire et être reconnaissant envers Itege Taitu et toutes les autres dames qui étaient à Adoua. Nous ne pourrions décrire tous leurs exploits car ce qu'elles ont fait ce jour-là a dépassé ce que l'on attendait d'elles.[15] »

Le jour se terminant, Taytu envoye un message à son époux lui demandant de retourner au camp si les Italiens sont battus[15], Menelik lui répond que tout est terminé à l'exception du flanc gauche où des coups de feu retentissent encore[15]; le couple impérial retourne alors vers le camp. Vers 23:00[15], l'affrontement de l'aile gauche et les opérations de nettoyage prennent fin[15], les derniers Éthiopiens reviennent aux quartiers généraux.

Déroulement de la bataille selon les auteurs non-éthiopiens

Le plan initial de Baratieri est de lancer une attaque surprise vers 21:00 le 29 février 1896[10], les troupes italiennes sont divisées en quatre colonnes:

  • La première, celle de droite, est dirigée par le général Dabormida, elle compte 3 800 hommes et 18 pièces d'artillerie: elle est constituée de la 2e brigade d'infanterie, un bataillon de miliciens mobiles de la 2e batterie de la brigade, avec les 5e, 6e et 7e batteries. D'après le plan de Baratieri, elle doit occuper le mont Beleh et les alentours[10].
  • La deuxième, la colonne centrale, compte 2 493 hommes et et 12 pièces d'artillerie. C'est le général Arimondi qui la dirige. Elle comprend la 1re brigade d'infanterie, le 5e bataillon naval, les 8e et 11e batteries. Selon le stratagème de Baratieri, elle doit se placer sur le mont Beleh[16].
  • La troisième colonne, celle de gauche, est menée par le général Albertone et compte 4 076 soldats et 14 pièces d'artillerie. Elle est constituée de 4 bataillons indigènes, d'hommes de la 1re batterie de la brigade et des 1re, 2e, 3e et 4e batteries. Elle est censée occuper Raeyo, que les Italiens nomment par erreur « Enda Kidane Mehret » [16].
  • La quatrième colonne, avec à sa tête le général Ellena, est celle de réserve: elle comprend la 3e brigade d'infanterie, le 3e bataillon naval, deux batteries à tir rapide et une compagnie d'Ingénieurs. Elle compte 4 150 hommes et 12 pièces d'artillerie[16].

Le général Baratieri dispose quant à lui d'environ 2 500[16] soldats, les 2 500 restant furent utilisés pour des tâches diverses.

La bataille des colonnes d'Albertone, Arimondi et Ellena

Carte italienne représentant la région entre Adoua et Sawria (le haut de la carte est en réalité l'ouest)
  • L'offensive italienne:

Vers 21:00[16], suivant les ordres de Baratieri, les colonnes de Dabormida, Arimondi et Albertone s'avancent, la colonne centrale est suivie, une heure plus tard, par celle de réserve[16]. La première erreur italienne est commise par Albertone qui croyant se diriger vers la colline Enda Kidane Mehret, se trompe d'endroit et après avoir compris la confusion, il se trouve coupé du reste de l'armée italienne[17] et part vers la véritable colline Ende Kidane Mehret. Baratieri reçoit un message à 05:15[17] l'informant que la colonne de Dabormida occupe Rebbi Arayeni. À 05:30, Arimondi arrive à l'est de Rebbiy Arayeni[17]; enfin, le général Ellena se positionne également. Pendant ce temps, Baratieri reste sans nouvelles de la colonne d'Albertone. Après que le jour s'est levé, un informateur éthiopien travaillant comme interprète auprès de Baratieri, Awalom d'Entencho[18], rapporte à Ras Alula[17] (ou à Ras Mengesha Yohannes, selon les versions) des mouvements de troupes italiennes. Alula prévient alors les commandants de l'armée impériale qui se trouvait déjà sur le champ en train d'affronter le général Albertone. Rapidement, les troupes de Tekle Haymanot, Ras Mikael, Ras Mekonnen, Ras Wolle et Menelik[17] rejoignent la bataille. Le Negusse Negest n'arrive pas dès le début de l'affrontement sur le champ de bataille, il se trouve à l'église Saint-Georges[19]. Les premières balles éthiopiennes sont tirées vers 06:00 près de la colline Enda Kidane Mehret[19], au même moment, Baratieri, qui entend les coups de feu de la colonne d'Albertone, arrive à la colline Rebbi Arayeni. Baratieri présume qu'Albertone se trouvait à sa gauche, comme le prévoit le plan et pense que les coups de feu proches sont ceux de soldats indigènes affrontant les Éthiopiens. En réalité, Albertone se trouve en difficulté et à 06:45, Baratieri ordonne à la brigade de Dabormida de lui apporter son aide[19]. Toutefois, les deux brigades sont séparées par le mont Gessosso, occupé par les Éthiopiens[19]; ainsi, une nouvelle erreur italienne fut commise, Dabormida tentant de rejoindre Albertone, s'en écarte, vire vers la droite lorsqu'il doit se diriger vers la gauche et se trouve également isolé du reste de l'armée italienne[20]. La colonne d'Albertone combat jusqu'à 07:30[20] et envoie un message à Baratieri affirmant que Enda Kidane Mehret est occupée et que le 1er régiment combat encore. Un deuxième message est envoyé à 08:15[20], Albertone confirme que le 1er régiment et une autre compagnie sont prêtes à rejoindre la bataille, il demande également des renforts, étant donnée la supériorité numérique des Éthiopiens[20]. Face aux offensives lancées sur son flanc gauche, Albertone, dont la brigade se bat également au front, fait appel à son régiment de réserve et parvient à faire reculer ses adversaires d'environ 1 km[20]. Fitwrari Gebeyehu, constant la réticence de ses troupes à se battre, décide de charger en lançant un appel: « Que ceux qui retournent en vie dans le Choa témoignent de la manière dont le héros d'Amba Alage est tombé »[21] et après s'être « battu héroïquement »[20], il fut tué par une mitrailleuse au pied de Enda Kidane Mehret à 09:00[22].

  • La contre-attaque éthiopienne:

Lorsqu'il aperçoit les troupes de Gebeyehu reculer, Albertone croit en la victoire mais les forces de Menelik, Taytu et Ras Mengesha lancent une contre-attaque déterminante face à laquelle le 7e régime italien fuit[22]. À 09:00, Baratieri reçoit les messages d'Albertone et se rend sur le mont Raeyo, son poste d'observation d'où il aperçoit une longue file de blessés et de soldats ayant fuit de Enda Kidane Mehret[22]. Baratieri envoie alors un message à Dabormida à 09:15[22] l'ordonnant d'apporter son aide à Albertone, mais le message n'arrivera jamais[22]. Il envoie ensuite, à 09:30, un nouveau message cette fois à Albertone, lui demandant de battre en retraite, à nouveau cet ordre n'arrivera pas[22]. La colonne de Dabormida se trouve quant à elle à Mariam Shewito, à environ 5,5 kilomètres[22] de Baratieri qui pensait que la brigade occupait toujours le mont Beleh. Bien que la colonne d'Albertone continue de se battre, elle fut bientôt totalement anéantie par les Éthiopiens qui arrivent toujours plus nombreux sur le champ de bataille[23]. Parmi les morts, 12 officiers italiens, seuls quelques soldats parviennent à s'échapper[23]. Albertone, dont le mulet avait été touché par une balle, est fait prisonnier[23]. Baratieri envoie deux messages à Dabormida à 10:00 et 10:15 afin qu'il apporte son soutien à Albertone, les messages ne parvinrent pas au destinataire[24]. Baratieri, convaincu que le flanc droite tient bon, décide d'engager toutes ses forces sur le côté gauche: la colonne centrale d'Arimondi, deux batteries à tir-rapide de la brigade d'Ellena et un bataillon de Galliano composé d'indigènes sont alignés sur les pistes de Raiyo et Beleh[24] et attaquent leurs adversaires. Un nombre impressionnant[24] de soldats éthiopiens surgit alors de la vallée en face du mont Beleh, attaque le régiment de réserve occupant Rebbi Arayeni et occupe Beleh coupant toute communication possible entre Baratieri et Dabormida[24]. Par ailleurs, les Éthiopiens divisent ainsi Albertone, à droite et Dabormida à gauche tout en attaquant la colonne centrale d'Arimondi[25]. Celle-ci se trouve rapidement en difficulté, le bataillon d'indigènes de Galliano, sur lequel les Italiens comptait beaucoup[25], est vaincu et bat en retraite. Au cours de cet affrontement, l'armée italienne perd deux hommes importants: Arimondi et Galliano[25].

  • La retraite italienne:

Voyant la défaite approcher, Baratieri décide de faire retirer les forces italiennes sous la protection de Dabormida, à 11:00, l'ordre est donné mais ce n'est qu'à midi que les Italiens battent en retraite[26]. Pendant ce temps, les Éthiopiens occupent de plus en plus de positions et avancent à une vitesse remarquable[26]. Baratieri parvient toutefois lors de la retraite à rencontrer Ellena qui lui explique que Colonel Valenzano et Major Salsa, le croyant mort, ont organisé une ligne de défense[26], mais les Éthiopiens progressant tellement rapidement, rien ne put être organisé si ce n'est une arrière-garde d'à peine 100 hommes, également défaite[27]. Avec l'arrivée d'un large bataillon de cavaliers éthiopiens se dirigeant vers Soluwe (Sawria)[27], les forces italiennes sont forcées de se diriger vers le nord et leur commandant Salsa les mène vers Yeha[27]. Le moral des Italiens est à ce moment au plus bas et la discipline dans leurs rangs quasi inexistante[27]. Entre 14:30 et 15:00[27], Baratieri et les Colonels Brusati et Stefani tentent d'organiser une ultime défense. Bien que Baratieri essaye de motiver ses troupes en clamant « Viva l'Italia »[27], la retraite italienne continue jusqu'à 15:00[28]. Toute résistance s'effondre et les Italiens, fatigués et accablés par le désastre[28], continuent d'être tués par les Éthiopiens les poursuivant[28].

Le combat de la colonne de Dabormida

Dabormida est positionné au début de la bataille près de Mariam Shewito avec le Major De Vito et ses troupes indigènes placées à l'avant[29]. Ce dernier bataillon fut le premier de la colonne Dabormida à affronter les Éthiopiens, par la suite, toute la brigade s'implique et le général se trouve sur trois fronts: celui d'Airaghi dans la vallée, celui de Ragni sur la colline et celui de Rayneri et De Amicis à l'arrière où de nombreux Éthiopiens sont tués par le 13e bataillon[29]. Les quatre premières offensives éthiopiennes, toutes lancées avant midi, sont repoussées par Dabormida mais ses lignes de défense s'affaiblissent et les Éthiopiens qui viennent de battre Arimondi, continue d'attaquer[29]. Peu à peu, l'arrière-garde, plus précisément l'aile gauche de Rayneri[30], commence à céder à la pression, les munitions se font rares pendant que les Éthiopiens arrivent en nombre toujours plus important sur les trois fronts[30]. Les Italiens perdent progressivement leurs positions[30] et Dabormida déclare alors au Colonel Airaghi qu'il souhaite tenter une dernière attaque générale en espérant que des renforts arrivent, suggestion à laquelle Airaghi répond par un sourire après quoi Dabormida ajoute que cette attaque pourrait lui permettre une retraite[31]. En effet, Dabormida n'est absolument pas au courant des défaites que subissent Arimondi et Albertone. Il s'élance, à la tête du 6e régiment, criant « Savoia, Savoia ! »[31], charge et réussit à repousser les Éthiopiens[31]. Toujours en croyant à l'arrivée éventuelle de renforts, Dabormida ordonne la retraite et demande à Airaghi d'en assurer la protection avec son régiment[32]. Les Éthiopiens redoublent d'efforts en voyant leur ennemi fuir pendant qu'Airaghi et Dabormida informent les autres commandants italiens qu'il est temps de battre retraite[32]. Airaghi et ses forces parviennent à rejoindre celles de Rayneri sur l'aile droite où ils protègent la retraite du 3e régiment[32]. Dabormida demande au capitaine Bellavita, son aide-de-camp, de transmettre au Rayneri un message lui ordonnant de tenir sa position le plus longtemps possible[32]. Le capitaine Bellavita part sur le champ et au retour il ne retrouve plus Dabormida. Les forces d'Airaghi commencent elles aussi à battre retraite et les Éthiopiens augment immédiatement le rythme des offensives. Dans le processus de retraite, les Italiens perdent le colonel Airaghi ainsi que De Amicis[33] à la tête du 4e bataillon, le dernier sur le champ de bataille appartenant à la brigade de Dabormida[33].

Il existe plusieurs versions[34] à propos du décès de Dabormida, il aurait pu être touché par une balle et crié « Viva l'Italia » avant de tomber, d'autres versions indiquent qu'il serait simplement mort blessé après avoir bu de l'eau offerte par une indigène, enfin, une dernière version, se trouvant dans une lettre d'Albertone, d'après des officiers de Ras Mikael et Ras Mekonnen,affirme qu'il aurait été tué par balle. Menelik aurait par la suite, lors de la signature du traité de paix, remit l'épée et le foulard de Dabormida à Albertone afin qu'ils soient donnés à la famille. Sa brigade reste celle qui s'est battue avec le plus d'héroïsme du côté italien[34].

Ainsi, avec la chute de la colone de Dabormida, la bataille d'Adoua s'achève. Le général Baratieri arrive à Adi Keyeh le 2 mars 1896 vers 09:00[35] d'où il envoie un télégramme à Rome informant le gouvernement de Francesco Crispi de la défaite italienne[35].

Bilan et conséquences

Bataille d'Adoua

Bilan

Les chiffres concernant les morts, les blessés et les prisonniers varient selon les sources. D'après Harold G. Marcus, on dénombre du côté italien 6 000 morts (4 000 morts italiens et 2 000 morts askaris), 1 428 blessés et 1 800 prisonniers portant ce qui l'amène à conclure que les Italiens ont perdu 70 % de leurs forces, « un désastre incroyable pour une armée moderne » selon ses propres mots[36]. Richard Pankhurst avance d'autres données et divise les pertes italiennes de la sorte: 5 179 morts certaines (261 officiers, 2 918 Italiens, 2 000 askaris), 945 incertaines, 1 430 blessés (471 Italiens et 959 askaris) ce qui aurait représenté 43% des forces italiennes[37]. Selon Paul B. Henze, les pertes italiennes s'élèvent à 7 000 tués, 1 500 blessés et 3 000 prisonniers[38]. Enfin, d'après l'Encyclopaedia Aethiopica, les pertes italiennes furent de: 7 000 morts, 1 500 blessés et 3 000 prisonniers[1].

Du côté éthiopien, les données varient également en fonction des sources. D'après Marcus, on dénombre:4 000 à 7 000 morts, « peut-être » jusqu'à 10 000 blessés[36]. Les chiffres de Pankhurst sont les suivants: 5 000 à 6 000 morts et 8 000 blessés graves[39], ils sont proches de ceux avancés par Paul B. Henze: 6 000 morts et 8 000 blessés[38]. Enfin, l'Encyclopaedia Aethiopica estime que le nombre approximatif de morts est plus faible, entre 4 000 à 5 000, mais confirme le chiffre de 8 000 blessés[1].

Malgré l'importance des chiffres éthiopiens, les auteurs[40] reconnaissent la victoire absolue des Éthiopiens. Tout d'abord en raison de la faible importance proportionnelle des pertes éthiopiennes[36] mais aussi parce que les Italiens comptaient parmi leurs pertes quatre des cinq commandants de champ: trois tués (Arimondi, Dabormida et Galliano) et un capturé (Albertone); sans oublier le fait qu'Ellena était blessé[37]. Par ailleurs, les deux armées se trouvaient dans une situation totalement différente: les Éthiopiens étaient renforcés par le matériel abandonné par leurs ennemis sur champ de bataille dont 11 000 fusils[37], alors que l'armée italienne, qui avait perdue toute son artillerie, était « complètement détruite »[38].

Conséquences

Répercussions en Italie et en Éthiopie

Lorsque la nouvelle de la défaite arrive en Italie, la population réagit rapidement et des manifestations éclatent dans les grandes villes du pays[39]. L'opinion publique était divisée entre une partie des hautes sphères et de l'armée qui demandaient une nouvelle bataille afin de venger Adoua et une gauche italienne opposée aux ambitions coloniales[39] que le journal républicain Critica Sociale qualifiait d'« aventurisme »[39] et dont le slogan « Viva Menilek » (Vive Menelik) fut repris par les manifestants[41] réclamant un départ des troupes italiennes d'Afrique[39]. Oreste Baratieri, qui était présenté six mois auparavant comme une grande figure nationale[41], fut vivement critiqué, on allait même jusqu'à l'accuser d'avoir abandonné le champ de bataille pendant que ses troupes combattaient[38]; il se trouva par la suite devant un tribunal afin de sanctionner son « inaptitude »[41]. Rapidement, une pétition demandant le départ des soldats italiens d'Afrique fut signée par environ 100 000 personnes[41]. La conséquence la plus grave au niveau politique reste néanmoins la démission de Francesco Crispi, qui est remplacé par Antonio Starabba le 10 mars 1896, dont le gouvernement abandonnant toute idée d'expansion coloniale[41]. Le nouveau pouvoir tente immédiatement de faire libérer les prisonniers italiens qui furent bien traités par Menelik II[41] et assignés pour la plupart à diverses tâches dans la capitale. Le pape Léon XIII écrit d'ailleurs une lettre[41] au Negusse Negest demandant la libération, les prisonniers sont rapatriés après la signature d'une convention[42]. « Une Rome démoralisée »[36] n'avait aucune volonté politique de préparer une nouvelle guerre et s'apprêta à signer, avec l'Empire d'Éthiopie, le traité d'Addis Abeba.

Les Éthiopiens, quant à eux, retournent vers le sud car malgré la victoire, Menelik ne voulait pas risquer une offensive visant à chasser les Italiens[39]; le Ras Alula Engida s'opposait à cette idée et souhaitait poursuivre les envahisseurs vers le nord et les faire partir définitivement[39]. Le Negusse Negest craignait en fait l'envoi d'une force plus importante[39] que celle disposée à Adoua, par ailleurs, la position italienne de Massaoua était trop bien défendue pour pouvoir tenter une attaque[39]. Menelik II pouvait rentrer paisiblement dans le Choa; son Empire a tiré de cette bataille et de la guerre un prestige aussi bien national qu'international[39], jamais le pays n'avait été aussi uni. Le couple impérial arrive dans la capitale le 22 mai 1896[43] où il est accueilli par les tirs de canons italiens dont les artilleurs étaient des prisonniers. L'importance de la victoire aux yeux des Éthiopiens s'explique par divers éléments. Tout d'abord sur la politique économique du pays: l'Éthiopie fut en mesure de gérer pour ses propres intérêts ses richesses naturelles[42]; ensuite la victoire eut aussi une répercussion sur la psychologie du peuple éthiopien[42] dont le pays était devenu, aux yeux de plusieurs générations d'Africains, une île de liberté dans un océan colonisé[44]. Enfin, outre le prestige international que leur procura cette bataille, Adoua devint un symbole de l'unité éthiopienne[42]; en effet, l'armée était composée non seulement de soldats de régions historiquement éthiopiennes telles que le Choa ou le Tigré mais également de provinces nouvellement conquises par Menelik II [45]. L'importance de la victoire fait qu'elle est commémorée chaque année le 2 mars.

Pour mettre définitivement un terme au conflit, les deux pays signent le 26 octobre 1896[39], le traité d'Addis Abeba écrit en amharique et en français[44] afin d'assurer la parfaite conformité des deux versions[39]. Le traité assura à l'Empire d'Éthiopie son indépendance, sa province érythréenne reste toutefois sous souveraineté italienne, souveraineté consolidée par une convention signée le 10 juillet 1900 délimitant la frontière entre le territoire colonisé et l'Empire de Menelik.

Répercussions au niveau international

L'anniversaire de la bataille d'Adoua relatée dans la Vie Illustrée du 1er avril 1904

« Défaite italienne en Abyssinie, après un combat désespéré ils [les Italiens] ont été finalement vaincus par une adversité implacable »: ce fut ainsi que la une du New York Herald Tribune annonçait, dès le 3 mars 1896, la nouvelle de la victoire éthiopienne[38] qui était également arrivée en Europe puis dans le reste du monde. Adoua est un des rares faits historiques qui mit l'Éthiopie au centre du monde[46]. Les réactions étaient évidemment différentes selon les intérêts nationaux, toutefois, la dimension « raciale » de la bataille lui donnait un aspect particulier. Pour Bahru Zewde, la bataille d'Adoua anticipe de près d'une décennie la victoire du Japon contre la Russie en 1905[46]. Paul B. Henze fait également ce parallèle et écrit même que « ces défaites furent le début du déclin de l'Europe comme centre de la politique mondiale »[47]. Bien que certains pays, tels que la Russie alors pro-abyssinienne[38] et la France alliée de Menelik II, se réjouissaient de la victoire éthiopienne, l'Occident avait quand même du mal à accepter une « défaite de Blancs face à des Noirs »[48]. Harold Marcus décrit comment l'Occident tenta de justifier, par le sophisme[48], la défaite italienne:

« Puisque le racisme ne pouvait permettre aux Occidentaux de reconnaître que des hommes noirs pouvaient vaincre des Blancs, les Européens découvrirent soudainement que les Éthiopiens étaient des Caucasiens devenus Noirs par leur exposition au soleil équatorial. Alors qu'auparavant les Éthiopiens partageaient avec leurs frères africains la paresse, l'ignorance et la décadence, ils sont subitement devenus énergiques, éclairés et progressistes. [...] Menelik, précédemment considéré comme un roitelet barbare, devint l'incarnation des vertus monarchiques, plein de sagesse et de sagacité. [...] L'armée éthiopienne, jusqu'alors composée d'une foule de lâches, fut tout à coup présentée comme une force magnifique de tireurs héroïques.[49] »

L'Éthiopie était devenue, au même titre que des pays tels que l'Iran ou le Japon, une des « anomalies acceptées dans un ordre mondial impérialiste »[48]. L'attention portée à l'Empire de Menelik II se traduit par l'arrivée de missions diplomatiques de France, de Grande-Bretagne, de l'Empire ottoman, de Russie et des mahdistes du Soudan[44]. Les premiers concernés par l'issue de la bataille furent la France et la Grande-Bretagne mais également d'autres puissances coloniales qui pouvaient craindre d'éventuelles rébellions par les populations motivées par la victoire éthiopienne. Pour la France, il s'agissait toutefois d'une bonne issue en raison de son alliance avec le Negusse Negest alors que la seconde préférait voir une Abyssinie italienne plutôt qu'indépendante[50] et alliée à la France. Ainsi, les Britanniques s'empressèrent de lancer une offensive contre les mahdistes pour annexer l'actuel Soudan à leur Empire[51]. L'Éthiopie signent ensuite avec les deux pays des accords délimitant les frontières: le 20 mars 1897, un accord délimitant la frontière avec la colonie française (aujourd'hui Djibouti) et le 14 mai 1897[52], un accord délimitant la frontière avec Somalie britannique.

Enfin, c'est probablement parmi les peuples africains colonisés et les Afro-américains que la victoire éthiopienne suscita le plus d'enthousiasme[46]. Le mouvement religieux de l'Ethiopianism trouva en cette victoire une réalité contemporaine à une croyance basée sur des temps passés[46]. La bataille affecta plusieurs générations puisque 40 ans plus tard, lors que l'Italie déclencha une nouvelle guerre, de nombreuses églises dénommées « Abyssinienne » ou « Copte » firent leur apparition parmi les communautés afro-américaines et d'importants fonds furent levés afin de venir en aide à l'Éthiopie[50].

Le pays attire des intellectuels noirs d’outre-mer: le Haïtien Benito Sylvain, un des premiers apôtres du panafricanisme, est venu en Ethiopie entre 1889 et 1906 quatre fois en tant que de représentant ou messager du président Alexis de Haïti. Un Afro-américain d’origine cubaine, William H. Ellis, visite lui aussi l'Éthiopie en 1903 et en 1904 pour exposer divers projets de développement économique et d’établissement d'Afro-Américains. En 1911, l’écrivain de la Gold Coast J.E Casely Hayford publie un livre, Ethiopia Unbound, avec la dédicace suivante : "Aux fils de l’Éthiopie du monde entier".

Voir aussi

Références

  1. a , b , c  et d Encyclopaedia Aethiopica: A-C (Wiesbaden: Harrassowitz Verlag, 2003), von Uhlig, Siegbert, p. 108
  2. Lewis, Fashoda, pp. 116. et suivantes. Lewis décompose ce chiffre ainsi: 10 596 Italiens et 7 104 officiers et soldats Érythréens.
  3. Harold Marcus, Menelik II, p. 173
  4. George Fitz-Hardinge Berkley The Campaign of Adowa and the rise of Menelik, London: Constable 1901.
  5. Prouty, Empress Taytu and Menilek II (Trenton: The Red Sea Press, 1986), p. 155. ISBN 0-932415-11-3.
  6. Richard K.P. Pankhurst a publié une collection de ces estimations, Economic History of Ethiopia (Addis Ababa: Haile Selassie University, 1968), pages. 555–57. Voir également, Herausgegeben von Uhlig, Siegbert, Encyclopaedia Aethiopica: A-C. Wiesbaden:Harrassowitz Verlag, 2003, p. 108.
  7. Abebe Hailemelekot, The victory of Adwa, p. 110
  8. Adwa: An African victory (1999) de Haile Gerima.
  9. a , b , c  et d Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 145
  10. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 152
  11. a , b , c , d , e , f , g  et h Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 148
  12. a , b , c , d , e , f  et g Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 146
  13. a , b , c , d , e  et f Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 147
  14. a , b , c , d , e  et f Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 150
  15. a , b , c , d , e , f  et g Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 151
  16. a , b , c , d , e  et f Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 153
  17. a , b , c , d  et e Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 154
  18. The Ethiopians: A History, Richard Pankhurst, Wiley-Blackwell, 2001, page 191
  19. a , b , c  et d Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 156
  20. a , b , c , d , e  et f Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 157
  21. Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 157: Gebeyehu fait référence à sa participation à la bataille d'Amba Alage
  22. a , b , c , d , e , f  et g Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 158
  23. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 159
  24. a , b , c  et d Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 160
  25. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 161
  26. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 162
  27. a , b , c , d , e  et f Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 163
  28. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 164
  29. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 165
  30. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 166
  31. a , b  et c Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 169
  32. a , b , c  et d Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 170
  33. a  et b Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 171
  34. a  et b Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 172
  35. a  et b Abebe Hailemelekot, op. cit., p. 173
  36. a , b , c  et d A History of Ethiopia, Harold G. Marcus, University of California Press, 2002, Page 99
  37. a , b  et c The Ethiopians: A History, Richard Pankhurst, Wiley-Blackwell, 2001, page 191
  38. a , b , c , d , e  et f Histoire de l'Éthiopie – L'œuvre du temps; Paul B. Henze, Traduit de l'anglais par Robert Wiren, Karthala, 2004, Page 171
  39. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j , k  et l The Ethiopians: A History, Richard Pankhurst, Wiley-Blackwell, 2001, page 192
  40. Aussi bien Pankhurst dans The Ethiopians page 192 que Marcus dans A History of Ethiopia page 99
  41. a , b , c , d , e , f  et g A History of Modern Ethiopia, 1855-1991, Bahru Zewde, London: James Currey, 2002, page 83
  42. a , b , c  et d A History of Modern Ethiopia, 1855-1991, Bahru Zewde, London: James Currey, 2002, page 84
  43. Histoire de l'Éthiopie – L'œuvre du temps; Paul B. Henze, Traduit de l'anglais par Robert Wiren, Karthala, 2004, Page 171
  44. a , b  et c The Ethiopians: A History, Richard Pankhurst, Wiley-Blackwell, 2001, page 193
  45. Dans le documentaire de Haile Gerima, Adwa: an african victory, Andreas Eshete, un philosophe éthiopien aujourd'hui président de l'Université d'Addis Abeba explique à quel point il est surprenant que des peuples qui venaient d'être annexés par Menelik, répondirent avec enthousiasme à l'appel aux armes
  46. a , b , c  et d A History of Modern Ethiopia, 1855-1991, Bahru Zewde, London: James Currey, 2002, page 81
  47. Histoire de l'Éthiopie – L'œuvre du temps; Paul B. Henze, Traduit de l'anglais par Robert Wiren, Karthala, 2004, Page 181
  48. a , b  et c A History of Ethiopia, Harold G. Marcus, University of California Press, 2002, Page 100
  49. A History of Ethiopia, Harold G. Marcus, University of California Press, 2002, Pages 100 et 101
  50. a  et b A History of Modern Ethiopia, 1855-1991, Bahru Zewde, London: James Currey, 2002, page 82
  51. A History of Ethiopia, Harold G. Marcus, University of California Press, 2002, Page 101
  52. A History of Ethiopia, Harold G. Marcus, University of California Press, 2002, Page 103

Sources

Bibliographie

  • (en) Abebe Hailemelekot (trad. Yohannes G. Selassie), The victory of Adwa - The first victory of Africa over colonialistes [« La victoire d'Adwa - La première victoire de l'Afrique sur les colonialistes »], Commercial Printing Enterprise, 2007, 3e éd. (1re éd. 1998), 215 p.
  • (en) Lewis, D.L. (1988) The race to Fashoda : European colonialism and African resistance in the scramble for Africa [« La course vers Fachoda: Le colonialisme eurpéen et la résistance africaine au partage de l'Afrique»], 1re éd., London : Bloomsbury, (ISBN 0747501130)
  • (en) Harold G. Marcus, The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913 [« La vie et l'époque de Menelik II: Éthiopie 1844-1913 »], Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, pages 170 à 173

Articles

  • (en) March 3: The Victory of the Battle of Adua (1896), Dr. Getachew Metaferia and Dr. Paulos Milkias, 2 mars 2007 [lire en ligne]
  • (en) The Battle of Adwa: Reflections on Ethiopia’s Historic Victory Against European Colonialism, Paulos Milkias and Getachew Metaferia, Horn of Africa Journal vol. xxii No. 2, 2006 [lire en ligne]

Videographie

  • (en) Adwa: an african victory, Haïlé Gerima, US, 1999, Mypheduh Films, 97 min [lire en ligne]

Musique

  • (am) Adwa Gigi Shibabaw Ejigayehu, Album: Gigi, Palm Pictures, 2001: chant dédié aux soldats éthiopiens tombés à Adoua

Poésie

Liens externes

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