Bataille du Rocher de La Piochais
Bataille du Rocher de La Piochais
Bataille Chouans.jpeg
Le bataillon carré, peinture de Julien Le Blant, 1880.
Informations générales
Date 21 décembre 1795
Lieu Entre Landéan et Louvigné-du-désert
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Pavillon LouisXIV.svg Chouans
Commandants
• Joré Aimé Picquet du Boisguy
Auguste Hay de Bonteville
Forces en présence
500 à 600 hommes 2 800 hommes
Pertes
250 à 300 morts
100 blessés
39 morts
~ 40 blessés
Chouannerie
Batailles
Révoltes paysannes (1792-1793)

1er Vannes — Fouesnant — Scrignac — Lannion — Pontrieux — Bourgneuf-la-Forêt — Plumelec — Savenay — Loiré — Ancenis — 2e Vannes — Pluméliau — Pontivy — 1er La Roche-Bernard — 1er Rochefort-en-Terre — Pacé — Guérande — Fleurigné — Fougères — Vitré — Mané-Corohan — Plabennec — Saint-Pol-de-Léon — Kerguidu — Lamballe — Saint-Perreux — 2e Rochefort-en-Terre — 2e La Roche-Bernard


Virée de Galerne (1793)

Laval — La Gravelle — Croix-Bataille — Entrammes — Ernée — Fougères — Granville — Pontorson — Dol — Angers — La Flèche — Le Mans — Savenay


Morbihan — Est Ille-et-Vilaine — Ouest Ille-et-Vilaine — Côtes-du-Nord — Loire-Inférieure et Anjou — Maine — Normandie


Première Chouannerie (1793-1795)

Ambon — Trébiguet — Coëtbihan — Mangolérian — Beignon — Forêt de Rennes — Bois de la Renardière — Saint-Michel-et-Chanveaux — Guémené-sur-Scorff — Le Faouët — Ville-Mario


Deuxième Chouannerie (1795-1796)

Étangs des Rochettes — Grand-Champ — Saint-Bily — Florange — Argentré — Pont-de-Buis

Expédition de Quiberon

Groix — 1er Pontsal — Saint-Michel — 2e Pontsal — Auray — 1re Landévant — 2e Landévant — Fort Sans-Culotte — Carnac — Sainte-Barbe — Elven — Josselin — Plouharnel — Pont-Aven — Coëtlogon — Quintin — Quiberon

Segré — 1erRocher de La Piochais — La Ceriseraie — La Chapelle-Saint-Aubert — La Cornuaille — La Vieuville — 2eRocher de La Piochais — La Croix-Avranchin — Auverné — Maigrit — Croix-Couverte — Tinchebray — L'Auberge-neuve — Locminé — Saint-Hilaire-des-Landes — Val de Préaux — Le Grand-Celland — Piré


Troisième Chouannerie (1799-1800)

Argentré — Noyant-la-Gravoyère — La Hennerie — Saint-Aubin-du-Cormier — Le Mans — Nantes — Saint-Brieuc — Ballée — Vire — Locminé — Le Lorey — Mont-Guéhenno — 1er Redon — 2e Redon — La Tour d'Elven — 2eSaint-James — Les Forges de Cossé — Pont du Loc'h — Les Tombettes


Quatrième Chouannerie (1815)

Sainte-Anne-d'Auray — Cossé — Redon — Muzillac — Auray — Châteauneuf-du-Faou — Guérande — Fort-la-Latte


Cinquième Chouannerie (1832)

Touchenault — Riaillé


Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Combat du Rocher de La Piochais.

La Bataille du Rocher de La Piochais (ou Rocher de La Plochais) fut une embuscade tendue aux Républicains par les Chouans le 21 décembre 1795, pendant les guerres de la Chouannerie. Ce fut la bataille la plus meurtrière pour les Républicains en Ille-et-Vilaine depuis la Virée de Galerne.

Sommaire

Le siège de Saint-Georges-de-Reintembault

Le 17 décembre 1795, les chouans attaquent Saint-Georges-de-Reintembault. Cette petite ville, peuplée de 4 000 habitants est un bastion patriote aux milieux de paroisses contrôlées par les chouans. Cependant la place dispose de solides fortifications que les chouans, dépourvus d'artillerie, ne peuvent espérer mettre à bas. En outre elle est défendue par une forte garnison de 300 à 400 soldats et gardes territoriaux. Ces derniers, connaissant bien le pays, lancent plusieurs incursions dans les paroisses blanches. Au cours de l'un des ces raids plusieurs Chouans, capturés à leurs domiciles, sont exécutés sommairement[1].

Ces exactions décident Aimé Picquet du Boisguy à attaquer Saint-Georges-de-Reintembault. Pour se faire, il réunit 2 000 de ses hommes. Boisguy tente tout d'abord de provoquer les patriotes afin de les pousser à faire une sortie, mais sans succès. Estimant que l'importante population de Saint-Georges peut donner des difficultés à la commune pour se ravitailler, il décide de faire le blocus de la ville et d'y mettre le siège, espérant que la faim poussera les républicains à se rendre. Auguste Hay de Bonteville est chargé de surveiller Fougères avec ses 1 200 soldats, il repousse plusieurs détachements. Finalement, après quelques jours de siège, les patriotes engagent des pourparlers avec les chouans. Boisguy exige d'eux la remise des armes et des munitions, la promesse de ne plus combattre contre les royalistes et la reconduite des soldats réguliers, sans armes, sur Fougères[1].

Rapport de l'administration républicaine
Récit de Toussaint du Breil de Pontbriand

L'armée de secours

À Fougères, les forces de la garnison sont trop faibles pour secourir Saint-Georges-de-Reintembault, cependant une colonne de 300 soldats en route pour Avranches gagne la ville le 20 décembre. L'adjudant-général Bernard, commandant de Fougères, décide alors de profiter de ce renfort pour envoyer des secours à Saint-Georges, il ajoute à cette colonne une partie de la garnison de Fougères[2], composée de soldats du bataillon de carabiniers du commandant Joré[1]. Le lendemain, la colonne, forte ainsi de plus de 500 hommes, se met en route, avec ordre de ravitailler en vivres et en munitions la place de Louvigné-du-Désert, puis de protéger l'évacuation du cantonnement de Saint-Georges-de-Reintembault[2].

Cette colonne arrive alors que les Bleus de Saint-Georges étaient peut-être sur le point d'accepter la capitulation[1]. Mais pendant la nuit, du Boisguy a été informé par Bonteville de l'arrivée à Fougères de ces renforts, aussitôt il décide de lever le siège et donne l'ordre à Bonteville de se porter sur Landéan. À l'aube, tous les chouans se rassemblent et s'embusquent au Rocher de La Piochais. La quasi-totalité de la divison de Fougères est rassemblée pour ce combat, elle est commandée personnellement par du Boisguy, secondé Auguste Hay de Bonteville, Jean Isidore de Saint-Gilles, dit « Du Guesclin », Dauguet, dit « Fleur-de-Rose », Michel Larchers-Louvières, dit « Hoche » et François Poirier dit « Sans-Chagrin ». La troupe républicaine est, selon Pontbriand, commandée par un général de brigade qui n'est pas nommé et secondé par le commandant Joré[1].

Rapport de l'administration républicaine
Récit de Toussaint du Breil de Pontbriand

Forces en présence

Selon le rapport républicain, leurs troupes sont fortes de plus de 500 hommes, dont 300 de la colonne d'Avranches, et les chouans sont au nombre de 6 000 à 8 000[2], cette dernière estimation est certainement surrévaluée, il est impossible que Boisguy ait pu avoir de troupes aussi nombreuses. Selon le colonel chouan Pontbriand il y a 2 800 hommes dans chaque camp, (pour les Républicains ; 1 800 hommes de la colonne d'Avranches renforcés par environ 1 000 hommes de la garnison de Fougères)[1].

La bataille

Les troupes républicaines paraissent au matin, mais elles repérent l'embuscade et ne tombent pas dans le piège. Les soldats se mettent en formation en lançant des railleries et des insultes à leurs ennemis, puis marchent baïonnette au canon. Les chouans les laissent s'approcher jusqu'à une distance de 12 mètres, puis ouvrent le feu. La décharge est meurtrière et le général ordonne la retraite, et les républicains rétrogradent en bon ordre malgré le feu des chouans. Au même moment à l'autre bout de la colonne, Boisguy, à la tête de 400 hommes, enfonce l'arrière-garde et se saisit des voitures de vivres et de pains destinés à ravitailler Saint-Georges. Les républicains sont alors encerclés, les marais sur leurs flancs les empêchent de se replier. À l'avant-garde, le général met sa troupe en formation au carré, Joré fait de même à l'arrière-garde après avoir rallié les fuyards. Mais les soldats républicains, à découvert, restent constamment sous le feu des chouans, protégés par les marais et embusqués derrière les fossés et les haies. Bonteville, Saint-Gilles et Dauguet lancent alors une charge sur le carré de l'avant-garde, les chouans en nette supériorité numérique, l'écrasent rapidement. Le carré de Joré et de ses carabiniers résiste plus longtemps, les chouans y pénétrent un instant, puis en sont délogés, avant qu'une deuxième attaque ne s'avère décisive. Les lignes républicaines sont disploquées et les soldats en déroute, s'enfuient vers Fougères. Les Républicains subissent ce jour là leur plus lourde défaite face aux chouans en Ille-et-Vilaine[1].

Rapport de l'administration républicaine
Récit de Toussaint du Breil de Pontbriand

Pertes

Il est certain que cette bataille se termina par une victoire écrasante des chouans. Le rapport républicain avoue que « l'escorte a perdu au moins la moitié des soldats qui la composaient », soit au moins 250 hommes[2]. Selon Pontbriand, les Chouans ont 39 tués et environ 40 blessés, il porte également le nombre des tués républicains à plus de 1 200, et estime qu'il n'y eût pas 200 hommes à rentrer sans blessure à Fougères[1]. Les corps des soldats républicains auraient été enterrés à la prairie de Chevaux-Morts[3].

Récit de Toussaint du Breil de Pontbriand

Conséquences

Cette défaite fut en tout cas vécue comme une véritable catastrophe par les républicains de la région. La conclusion du rapport du commissaire provisoire de Fougères à l'administration du département exagère grandement une situation pourtant dramatique, et témoigne de la panique des patriotes :

Rapport de l'administration républicaine

Ces supplications furent entendues, le général de brigade Jean Humbert dut arriver en urgence à Fougères depuis Vitré avec 800 hommes.

En outre Gabriel d'Hédouville, général en chef de l'Armée des côtes de Cherbourg, envoie une colonne commandée par le général Rey renforcer la place de Fougères, le général Bonnaud arrive également avec 400 hommes pour renforcer les cantonnements, enfin l'adjudant-général Bernard reçoit l'ordre de maintenir à Fougères, les survivants de la bataille de la Plochais[2].

Carte

Carte des lieux

Bibliographie

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, édition Plon, Paris, 1897 (réimpr. Y. Salmon, 1988) , p. 249-254.
  • Théodore Lemas, Le district de Fougères pendant les Guerres de l'Ouest et de la Chouannerie 1793-1800, Rue des Scribes Éditions, 1894 , p. 229-230.
  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, 1989 , p. 477-483.
  • Marie-Paul du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, édition Honoré Champion, Paris, 1904 (réimpr. La Découvrance, 1994) , p. 236-254.
  • François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, t. II, éditions Terre de Brume, 2003 , p. 87-88.

Références


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