Bataille de la forêt de Teutberg

Bataille de Teutobourg

52° 24′ 29″ N 8° 07′ 46″ E / 52.4080, 8.1294

« Germania » devant le monument à Arminius (carte postale, 1909)

La bataille de Teutobourg, également connue sous les noms de bataille du Teutoburger Wald ou bataille de Teutberg (Schlacht im Teutoburger Wald, Varusschlacht ou Hermannsschlacht en allemand) (clades Variana en latin) désigne la destruction de trois légions de l'Empire romain commandées par Publius Quinctilius Varus en l'an 9 par une alliance de tribus germaniques menée par le chef chérusque Arminius, dans le cadre de la conquête de la Germanie sous le Principat d'Auguste.

Les circonstances de la destruction des trois légions, ainsi que la localisation de l'événement, sont mal connues et donnent lieu à des querelles d'experts.

Sommaire

La bataille

Arminius, jeune chef des tribus germaniques (monument achevé en 1875)

À l'automne de l'an 9 ap. J.-C., Arminius, alors âgé de vingt-cinq ans, et les tribus germaniques qui avaient constitué une alliance (Chérusques, Marses, Chattes et Bructères), tendirent une embuscade à l'armée romaine qui comprenait les XVIIe, XVIIIe et XIXe légions ainsi que trois détachements de cavalerie alae et six cohortes de troupes auxiliaires, au total environ 20 000 à 25 000 hommes sous le commandement de Varus. Les cohortes d'auxiliaires trahirent, des légionnaires en fuite se réfugièrent dans le camp romain proche d'Aliso, des légionnaires furent capturés certains pendant 30 ans, les autres soldats romains furent exterminés et les trois Aigles emblématiques des légions furent capturées. Numonius Vala tenta de s'enfuir à la tête de la cavalerie mais en vain, Ceionius se rendit, Lucius Eggius, Préfet du camp romain, mourut à la tête de ses troupes et Varus se suicida sur son épée. Tous les camps romains de la rive droite du Rhin furent pris par les Germains, à l'exception d'Aliso qui résista jusqu'à une sortie des survivants vers Castra Vetera (Xanten) sur le Rhin. La tête de Varus fut envoyée aux Marcomans par les Chérusques pour les entraîner dans le soulèvement. Ceux-ci refusèrent sagement et transmirent la tête de Varus à Rome où elle fut inhumée.

Cette défaite traumatisa l’empereur. Suétone écrit : « À ce qu’on raconte, enfin, Auguste fut tellement abattu par ce désastre, que plusieurs mois de suite il ne se coupa plus la barbe ni les cheveux, et qu'il lui arrivait de se frapper de temps en temps la tête contre la porte, avec ce cri: « Quintilius Varus, rends-moi mes légions ! » Ce fut le coup d'arrêt à l'expansion romaine en Grande Germanie (Germania Magna) durant son règne; plusieurs siècles plus tard, l'armée romaine n'avait toujours pas reconstitué les légions XVII, XVIII et XIX.

Le contexte de la bataille de Teutoburg

Carte de la Germanie antique

Voir page Germanie sur la conquête romaine de la Grande Germanie à l'est du Rhin. En 7 après JC, Varus est nommé Gouverneur de la Germanie avec pour mission le maintien de la paix et la mise en place de l'administration fiscale et judiciaire ; ces mesures impérialistes, globalement acceptées par les peuples méditerranéens, se révèleront incompatibles avec la mentalité d'homme libre et de guerrier des Germains de l'est du Rhin ; on observera ultérieurement l'efficacité géopolitique des Germains de l'est du Rhin qui permettra aux Francs de créer l'empire mérovingien puis carolingien, socle de l'Europe occidentale moderne. La localisation de la bataille de Teutoburg est rendue possible par la citation de Tacite (Annales I 60) ductum inde agmen ad ultimos Bructerorum, quantumque Amisiam et Lupiam amnis inter vastatum, haud procul Teutoburgiensi saltu in quo reliquae Vari legionumque insepultae dicebantur (ensuite l'armée s'avança jusqu'aux dernières limites des Bructères, et tout fut ravagé entre l'Ems et la Lippe, non loin de la forêt de Teutoburg où, disait-on, gisaient sans sépulture les restes de Varus et de ses légions). La traduction, controversée sur les noms des rivières et sur le mot saltus, aboutit à plusieurs centaines de thèses de localisation, dont les principales sont les suivantes :

Localisations possibles

La thèse de la localisation à Detmold dans l'Osning

Cette thèse a pour origine la redécouverte des écrits de Tacite en 1505. Au 16ème siècle, dans le cadre du pangermanisme et de la création du mythe du héros Arminius, renommé Hermann, le site de la bataille a été officiellement localisé dans la région de l'Osning, à proximité de Detmold. L'Osning a été rebaptisé Forêt de Teutoburg. Un mémorial Hermannsdenkmal controversé a été érigé en 1875 (photo ci-dessus).

La thèse de la localisation à Hildesheim

Cette thèse est étayée par le butin romain trouvé à proximité d'Hildesheim en 1868. Jürgen Regel et Marianne Zocher défendent l'hypothèse que Drusus aurait franchi la Weser très tôt, avant d'atteindre l'Elbe. Cette thèse situe Arbalo, Teutoburg, Aliso et Idistaviso à proximité de Hildesheim. [1]

La thèse de la localisation à Kalkriese

Reconstitution du site hypothétique de la bataille à Kalkriese

Depuis 1885, l'historien allemand Theodor Mommsen situe la bataille de Teutoburg à Kalkriese Bramsche. Ce site de fouille archéologique, situé à 16 km au nord d'Osnabrück, Land de Basse-Saxe, a révélé depuis le 18e siècle des monnaies romaines datées de l'époque d'Auguste (collection Familie von Bar). A partir de 1987, l'archéologue amateur Tony Clunn utilise un détecteur de métaux et découvre d'autres monnaies et trois plombs de fronde attribués à des troupes auxiliaires romaines. Des fouilles systématiques ont exhumé plus de 6 000 objets parmi lesquels : en 1990 un masque de casque cérémonial d'officier romain de cavalerie et en 1992 un fourreau d'épée identifié en 2007 comme appartenant à la LPA - Legio Prima Augusta (Legio I Germanica). À une distance de 10km du site des fouilles ont été découverts les restes d'une chaussée en bois (Pontes Longi) datée de 15 ap. JC par dendrochronologie.

Plusieurs éléments récents pourraient désigner Kalkriese comme site de la bataille de Pontes Longi, de préférence à celui de la bataille de Teutoburg : découverte des restes d'une chaussée en bois, participation attestée par Tacite de la Legio I Germanica commandée par Caecina à la bataille de Pontes Longi en 15 ap. JC, présence attestée par Tacite (Annales II, 20) d'auxiliaires frondeurs au sein de l'armée de Germanicus, et analyse fine de l'origine des monnaies par légion[réf. nécessaire].

L'économiste Siegfried Schoppe, de l'Université d'Hambourg, et ses fils contestent radicalement le site de la localisation de la défaite de Varus à Kalkriese[2].

La thèse de la localisation à Paderborn

La récente théorie de Peter Oppitz[3], situe la défaite de Varus à l'intérieur d'un camp d'été ; ce camp d'été serait situé au centre-ville de Paderborn, lieu des sources de la rivière Pader, affluent de la Lippe ; la défaite de Varus serait intervenue en deux temps : d'abord, une attaque surprise des Chérusques d'Arminius, en période de paix, à l'issue d'un repas et d'une assemblée, réunissant l'état-major des trois légions et les Germains dans le camp d'été ; ensuite, les défaites successives des cohortes réparties dans les camps militaires le long de la rivière Lippe, occupées à des travaux quotidiens, non mobilisées et privées d'encadrement. La théorie de Paderborn est issue de la relecture critique de Florus, de Velleius Paterculus et de Tacite, ainsi que de l'abandon de Dion Cassius. Cette théorie de légions démobilisées explique enfin comment la redoutable force de trois légions a pu être totalement défaite. Par ailleurs, cette théorie situe le camp mythique d'Aliso à proximité immédiate de Paderborn, sur l'importante route militaire ouverte par Drusus, de Xanten à la Weser puis à l'Elbe.

Les représailles romaines

De 10 à 14 après JC, Auguste fait renforcer la frontière du Rhin par Tibère puis par Germanicus. De 14 à 16 après JC, Tibère devenu empereur ordonne des représailles et confie à Germanicus huit légions soutenues par une flotte de mille navires. Germanicus visite le site de la bataille de Teutoburg, récupère deux des trois Aigles emblématiques chez les Bructères et les Marses, bat Arminius à Idistaviso sur la Weser et capture son épouse Thusnelda. En 37 après JC, Lucius Pomponius bat les Chattes et délivre des légionnaires prisonniers depuis la bataille (Tacite, annales, xii 27). Enfin, en 41 après JC, la troisième Aigle emblématique est récupérée par Publius Gabinius chez les Chauques.

Les sources historiques

  • Ovide, Les Tristes, rédigé en 10 et 11.
  • Marcus Manilius, Les Astronomiques, rédigé au 1er siècle.
  • Strabon, Géographie, rédigé vers 18.
  • Velleius Paterculus, Histoire romaine, rédigé en 30.
  • Tacite, Annales, rédigé au début du 2ème siècle
  • Suétone, Vie des 12 Césars, rédigé en 121.
  • Florus, Epitomé, rédigé au 2ème siècle.
  • Dion Cassius, Histoire romaine, rédigé au 3ème siècle.

Les sources historiques proviennent exclusivement d'historiens romains, en l'absence de sources germaniques ou tierces. Parmi les historiens romains, le plus détaillé est peu crédible (Dion Cassius), le plus fiable est fragmentaire sur le sujet (Tacite), d'autres se contentent de citer l'événement (Ovide, Manilius, Strabon) et les derniers ne le décrivent pas avec précision (Paterculus, Suétone, Florus). La relecture des auteurs fiables conclut à la disparition de trois légions plus qu'à la défaite militaire d'une armée en campagne.

Il semble qu'Auguste ait commis l'erreur de confier à son proche parent Varus une mission d'intégration de la Germanie à l'Empire, alors que le territoire n'était pas encore pacifié. Il semble également que Varus ait commis l'erreur de débuter l'administration fiscale et judiciaire du territoire, sans réellement mobiliser ses trois légions en terrain hostile. Il est enfin surprenant de mal connaître l'histoire des trois légions avant leur destruction. Cette situation aurait entraîné les historiens romains, peu soucieux d'encourir les foudres du pouvoir impérial, à pratiquer l'auto-censure (mollesse de Varus, traitrise d'Arminius, terrain défavorable, etc...) voire d'imaginer des détails exonérant l'empereur de ses responsabilités (Dion Cassius).

Une source historique remarquable : Velleius Paterculus

Contemporain des faits, chargé de commandement militaire en Germanie, Velleius Paterculus a rédigé une Histoire romaine. Né vers 19 av.J.C. et mort vers 31 ap.J.C., Velleius Paterculus fut tribun militaire, puis légat dans l'armée de Tibère, en particulier en Germanie, puis préteur. Bien que manquant d'impartialité envers Tibère, Velleius Paterculus, fournit de précieuses indications sur la mort de Varus, le massacre de trois légions, de trois corps de cavalerie et de six cohortes ; de façon étonnante, il refuse de donner des détails sur les circonstances de cet affreux désastre (se proposant de les exposer en détail dans un ouvrage plus étendu, mais inconnu des historiens) et il loue les remarquables qualités de l'armée la plus courageuse et qui se distinguait par sa discipline, sa vigueur, et son expérience de la guerre; il dénonce avec force la perfidie de l'ennemi et la traîtrise d'Arminius ; il dénonce également en détail les faibles qualités militaires de Varus, son imprévoyance, son apathie, son manque de discernement et sa faible combativité. Cette source historique la plus proche des faits est compatible avec les autres sources historiques, sauf avec Dion Cassius. L'analyse de cette source révèle le caractère anormal de l'événement, la difficulté de l'historien à le décrire et donc la probable censure.

Une source archéologique, le centurion Marcus Caelius

Pierre tombale de Marcus Caelius

Marcus Caelius était centurion de la legio XVIII Augusta. Il nous est connu par sa pierre tombale, trouvée à Castra Vetera (Xanten), qui indique sa mort à la bataille de Teutobourg. Pendant longtemps, cette pierre tombale fut la seule trace archéologique de la bataille. Caelius est représenté en uniforme de parade, portant ses insignes : phalères (plaques de métal), armillae (colliers) et couronne civique. De la main, il tient son bâton de commandement (cep de vigne). Il est entouré de ses deux affranchis qui ont vraisemblablement trouvé la mort avec lui pendant la bataille.

Inscription latine :

M(arco) Caelio T(iti) f(ilio) Lem(onia tribu) Bon(onia)
[I] o(rdini) leg(ionis) XIIX ann(orum) LIII
[ce]cidit bello Variano ossa
[lib(ertorum) i]nferre licebit P(ublius) Caelius T(iti) f(ilius)
Lem(onia tribu) frater fecit

Traduction :

À Marcus Caelius, fils de Titus, de la tribu Lemonia, de Bononia (Bologne), Centurion d'ordre 1, 18ème Légion, âgé de 53 ans. Tombé pendant la guerre de Varus. Les corps des affranchis pourront reposer ici. Publius Caelius, fils de Titus, de la tribu Lemonia, son frère, a fait (cette tombe).

La pierre tombale est exposée au Rheinisches Landesmuseum de Bonn.

D'autres légions romaines défaites par les Germains

Dans le cadre de la Guerre des Gaules, la Legio XIV Gemina est détruite en 54 av.JC à la bataille d'Aduatuca, à proximité de Tongres (dans l'actuelle Belgique), par les Eburons commandés par Ambiorix. Cette humiliation romaine sera suivie de très lourdes représailles effectuées par César à l'encontre des Eburons, Ambiorix se réfugiant chez les Germains. La Légion XIV, créée en 57 av.JC, sera immédiatement reconstituée, combattra à Alésia en 52 av.JC. et cessera son existence sur le Danube en 430.

Dans le cadre de l'organisation de la conquête de la Gaule par Auguste, la Legio V Alaudae (Alouette) est détruite en 16 av.JC à la bataille clades Lolliana, à proximité de Tongres ou de Maastricht, par une coalition de Germains : Sicambres, Tenctères et Usipètes. Venus de la rive droite du Rhin, les Germains se heurtent au gouverneur romain Marcus Lollius, qu'ils battent en s'emparant (provisoirement) de l'Aigle emblématique de la légion. Cette humiliante défaite déclenche la visite d'Auguste en Gaule en 16 av.JC, pour une durée de trois ans, consacrée à la réorganisation de la Gaule en Trois Gaules et au projet de conquête de la Germanie jusqu'à l'Elbe. La Légion V, créée en 52 av.JC, sera reconstituée et cessera d'exister à l'occasion de la révolte des Bataves en 70 ap.JC.

La révolte des Bataves débute en septembre 69 ap.JC par le siège de Castra Vetera (Xanten) défendu par la Legio V Alaudae et par la Legio XV Primigenia. Suite au suicide de Néron et à la guerre civile (Année des quatre empereurs), les cohortes d'auxiliaires germains Bataves se rebellent, commandés par Civilis leur prince héréditaire, par ailleurs officier romain. Après la reddition de Castra Vetera en 70 ap.JC, les 2 légions sont anéanties par les Bataves. Une armée de 8 légions vaincra la rébellion et détruira Nimègue. Par ailleurs, suspectées d'infidélité, la Legio I Germanica sera démantelée et la Legio XVI Gallica sera transformée.

Il s'avère que les trois légions perdues en 9 ap.JC par Varus, Legio XVII, Legio XVIII et Legio XIX, sont très mal connues des historiens, à l'inverse des autres légions romaines, laissant planer des doutes sur la nature de leur existence en 9 ap.JC. La lugubre lamentation d'Auguste demandant à Varus, décédé, de "rendre les légions" (ou de rendre compte de l'utilisation des ressources), accrédite l'hypothèse d'une existence plus administrative que militaire. La non-reconstitution définitive des trois légions détruites, décision unique dans l'histoire militaire romaine, confirme le caractère anormal de la situation.

D'autres batailles entre Romains et Germains à proximité de Teutoburg

  • 11 av.JC : bataille d'Arbalo. Selon Pline (Nat XI, XXVIII, 55), Obsequens et Florus (II 30 BG 24) au retour de la deuxième campagne de Drusus vers l'Elbe, embuscade des Chérusques à proximité de la Weser. Importantes pertes romaines.
  • 14 ap.JC : vallée de la Lippe. Selon Tacite (I, 51), suite aux mutineries des légions du Rhin, au retour d'un raid de représailles contre les Marses, Germanicus et ses 4 légions sont attaqués par une coalition de Bructères et d'Usipètes qui est repoussée.
  • 15 ap.JC : bataille de Pontes Longi. Selon Tacite (Annales I,63), au retour de la campagne de Germanicus contre les Bructères et les Chérusques (libération de Segeste, capture de Thusnelda, visite de Teutoburg), les 4 légions (I Germanica, V Alaudae, XX Valeria Victrix, and XXI Rapax) du général Caecina sont attaquées par les Chérusques d'Arminius, qui sont mis en fuite mais qui infligent des pertes aux Romains. Selon Tacite, ce Pons Longus (pluriel Pontes Longi, route en madriers confectionnée pour traverser les marécages) avait été construit par Ahenobarbus en l'an 2 av.JC au sein du pays des Chérusques.
  • 16 ap.JC : bataille de Campus Idistaviso (ou bataille de la Weser). Selon Tacite (Annales II,16), à l'occasion d'une campagne (mettant en œuvre 8 légions, 2 cohortes prétoriennes, 1 corps de cavalerie d'élite, de l'infanterie légère, des auxiliaires gaulois et germains, des archers à cheval et des alliés), Germanicus sort vainqueur d'une bataille rangée à proximité de la Weser contre Arminius (qui sera blessé) et lui inflige de lourdes pertes.
  • 16 ap.JC : bataille d'Angrivarierwall (ou Angrivarian wall). Selon Tacite (Annales II, 19), seconde bataille entre Germanicus et Arminius, à proximité d'une fortification et d'un fleuve séparant les Angrivariens(ou Ampsivariens) des Chérusques. Lourdes pertes des Germains mais retour difficile des Romains par la voie fluviale et par la mer du Nord.

Les peuples de la bataille de Teutoburg

La plupart de ces peuples germains se regrouperont aux IIe siècle et IIIe siècle et formeront la confédération des Francs de la rive droite du Rhin (ou Francs Ripuaires). Ultérieurement, ils s'allieront aux Francs de la rive gauche du Rhin (ou Francs saliens) et formeront la souche des deux dynasties des Mérovingiens puis des Carolingiens.

Les principaux acteurs de la bataille de Teutoburg

  • Publius Quinctilius Varus (v. 46 av. JC - 9 ap. JC) : Gouverneur romain en Gaule et en Germanie, il commande les trois légions détruites à la Bataille de Teutoburg où il se suicide.
  • Arminius (16 av. JC - 21 ap. JC) : Prince chérusque, chef de troupes auxiliaires romaines, il trahit Varus, organise une embuscade et remporte la Bataille de Teutoburg.
  • Auguste (63 av. JC - 14 ap. JC) : Empereur romain, il décide la conquête de la Germanie jusqu'à l'Elbe, nomme Varus en Germanie, puis abandonne la conquête de la Germanie.
  • Segeste : Prince chérusque, allié des Romains à qui il reste fidèle.
  • Tibère (42 av. JC - 37 ap. JC) : Général romain victorieux en Germanie puis Empereur romain, il ordonne les représailles après la Bataille de Teutoburg, puis il ordonne la cessation des opérations militaires en Germanie.
  • Nero Claudius Drusus (38 av. JC - 9 av. JC) : Général romain victorieux en Germanie, frère de Tibère, il débute la conquête de la Germanie où il meurt accidentellement.
  • Germanicus (15 av JC - 19 ap. JC) : Général romain en Germanie, fils de Drusus, il effectue les raids de représailles en Germanie.
  • Caecina : Général romain en Germanie pendant 40 années.
  • Thusnelda : Princesse chérusque, fille de Segeste, épouse d'Arminius, capturée par Germanicus.
  • Gnaeus Domitius Ahenobarbus (17 av. JC - 40 ap. JC),  : Général romain en Germanie.

Filmographie

La bataille de la forêt de Teutberg a déjà été représentée trois fois au cinéma :

  • la première fois dans les années 1922 et 1923, comme film muet, sous le titre de Hermannschlacht. La mise en scène dirigée par Leo König était tournée non loin du monument d'Arminius et des Externsteine. Cette version, que la critique a généralement considérée comme une œuvre nationaliste, fut projetée au théâtre régional de Lippe, à Detmold, le 27 février 1924. Elle a longtemps passé pour disparue, et c'est seulement après la chute de l'Union soviétique qu'on l'a redécouverte dans une filmothèque de Moscou.
  • La deuxième adaptation cinématographique porte en allemand le titre de Hermann der Cherusker – Die Schlacht im Teutoburger Wald. Il s'agit d'une co-production italo-germano-yougoslave qui a été réalisée à Zagreb en marge d'autres péplums sous la direction de Freddy Baldwin (pseudonyme de Ferdinando Baldi). Bien que cette œuvre eût été réalisée dès les années soixante avec Hans von Borsody dans le rôle d'Hermann, il a fallu attendre dix ans pour qu'elle fût présentée pour la première fois en Allemagne, le 3 février 1977.
  • Dans les années 1993-1995 a paru la troisième version cinématographique. Les producteurs et auteurs étaient Christian Deckert, Hartmut Kiesel, Christoph Köster, Stefan Mischer et Cornelius Völker. La bataille a été tournée dans la forêt de Teutobourg et en Rhénanie. À côté des acteurs principaux et de centaines de figurants, les artistes Markus Lüpertz, Tony Cragg et Alfonso Hüppi ainsi que l'historien de l'art Werner Spies jouent dans ce film comme acteurs. La première de Die Hermannsschlacht a eu lieu en mai 1995 à Düsseldorf et est sortie sur DVD en 2005, dans une édition accompagnée d'une notice sur le tournage et commentée par Werner Broer, spécialiste de philologie classique, et l'archéologue Martin Schmidt.

Les dates de l'histoire de la Bataille de Teutoburg

  • 58-51 av.JC : conquête de la Gaule jusqu'au Rhin par César
  • 55 av.JC : intervention de César contre les Usipètes et la Tenctères, premier franchissement du Rhin contre les Suèves
  • 54 av.JC : destruction de la Legio XIV Gemina par les Eburons d'Ambiorix
  • 53 av.JC : représailles de César contre les Eburons, deuxième franchissement du Rhin
  • 38 av.JC : Agrippa gouverneur de la Gaule (1), transfert des Ubiens sur la rive gauche du Rhin à Cologne
  • 27 av.JC : Octave empereur sous le nom d'Auguste
  • 20 av.JC : Agrippa gouverneur de la Gaule (2), construction de routes militaires et en particulier de la route militaire Lyon-Metz-Trèves-Cologne
  • 16 av.JC : clades Lolliana, destruction de la Legio V Alaudae par les Sicambres et leurs alliés
  • 16-13 av.JC : Auguste sur le Rhin, réorganisation des Trois Gaules (capitale Lyon), décision de fortification de la rive gauche du Rhin et de conquête de la Germanie jusqu'à l'Elbe
  • 12-9 av.JC : 4 campagnes de Drusus jusqu'à l'Elbe par la mer du Nord, par la Lippe et par le Main
  • 9 av.JC : mort accidentelle de Drusus sur la Weser, remplacé par Tibère
  • 9 av.JC : création de la Germania Magna (capitale Cologne), campagnes de pacification, transfert de 40 000 Sicambres à l'ouest du Rhin
  • 6-2 av.JC : campagnes de Ahenobarbus jusqu'à l'Elbe, création de la chaussée Pontes Longi
  • 1-4 ap.JC : soulèvement des Chattes et des Bructères (immense bellum) réprimé par Tibère qui atteint l'Elbe
  • 4-5 ap.JC : hivernage de Tibère en Germanie, Arminius et son frère Flavus otages Chérusques des Romains
  • 6-9 ap.JC : soulèvement en Pannonie qui annule le projet majeur de guerre contre les Marcomans
  • 7 ap.JC : Varus succède à Saturninus comme Gouverneur de la Germanie avec pour mission le maintien de la paix et la mise en place de l'administration fiscale et judiciaire
  • 9 ap.JC : destruction des légions XVII, XVIII et XIX par Arminius à la Bataille de Teutoburg, perte des camps militaires à l'est du Rhin à l'exception d'Aliso
  • 10-13 ap.JC : commandement militaire de Tibère en Germanie et interventions dans la vallée de la Lippe, remplacé par Germanicus
  • 14 ap.JC : mort d'Auguste, Tibère devient empereur, mutinerie des légions de Germanie
  • 14-16 ap.JC : 3 raids de représailles par Germanicus jusqu'à la Weser : bataille de Pontes Longi, capture de l'épouse d'Arminius, visite de Teutoburg, victoire d'Idistaviso sur Arminius, récupération de l'Aigle de la Legio XIX chez les Bructères et de l'Aigle de la Legio ? chez les Marses
  • 17 ap.JC : cessation des offensives militaires à l'est du Rhin par Tibère, guerres civiles entre Germains
  • 21 ap.JC : assassinat d'Arminius par des Germains
  • 37 ap.JC : Caligula empereur, raid contre les Chattes en 39 et libération de légionnaires prisonniers
  • 41 ap.JC : récupération de l'Aigle de la Legio ? chez les Chauques
  • 69-70 ap.JC : révolte des Bataves commandés par Civilis

Notes et références

  1. (de) Jürgen Regel: Site de la thèse d'Hildesheim
  2. (de)Site de S. Schoppe et ses fils
  3. Peter Oppitz, Das Geheimnis der Varusschlacht, Zadara-Verlag, 2006

Voir aussi

Bibliographie

  • Michel Reddé, Siegmar von Schnurbein (Hg.): Alésia et la bataille du Teutoburg. Un parallèle critique des sources. Jan Thorbecke Verlag, Ostfildern 2008 (Beihefte der Francia, hrsg. vom Deutschen Historischen Institut Paris, Bd. 66), ISBN 978-3-7995-7461-7
  • Peter Oppitz, Das Geheimnis der Varusschlacht, Zadara-Verlag, 2006, ISBN 3-00-019973-X : thèse de Paderborn comme site de la bataille.
  • Yann Le Bohec, La “bataille” du Teutoburg, 9 ap. J.-C., Illustoria, Les éditions Maison, Nantes, 2008.
  • Luc Mary, " Les légions perdues de Varus ", Larousse, à paraître en février 2010.

Liens externes

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