Bataille de france

Bataille de France

Bataille de France
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Avancée des armées allemandes entre le 13 et le 25 juin 1940 et tentative d'attaque italienne à partir du 21 juin
Informations générales
Date 10 mai- 22 juin 1940
Lieu Pays-Bas et Belgique, puis France
Issue Victoire allemande ; occupation militaire de la France et du Bénélux
Belligérants
France France
Royaume-Uni Royaume-Uni
Belgique Belgique
Pays-Bas Pays-Bas
Flag of Poland.svg Armée Polonaise de l'Ouest
Luxembourg Luxembourg
Flag of Czechoslovakia.svg Forces tchécoslovaques libres
Flag of Germany 1933.svg Troisième Reich
Flag of Italy (1861-1946).svg Italie
Commandants
Flag of France.svg Maurice Gamelin, puis
Flag of France.svgMaxime Weygand
Flag of the United Kingdom.svg Lord Gort
Flag of Belgium.svg Léopold III de Belgique
Flag of the Netherlands.svg Henri Winkelman
Flag of Germany 1933.svg Gerd von Rundstedt (Armée Groupe A)
Flag of Germany 1933.svg Fedor von Bock (Armée Groupe B)
Flag of Germany 1933.svg Wilhelm von Leeb (Armée Groupe C)
Flag of Italy (1861-1946).svg Umberto di Savoia (Armée Groupe Ouest)
Forces en présence
144 divisions
4 000 chars
3 200 avions
2 800 000 hommes
141 divisions
2 500 chars
4 000 avions
3 200 000 hommes
Pertes
Nota : Il ne s'agit ici que des pertes militaires :
France
60 000 à 90 000 tués
123 000 blessés
1 800 000 prisonniers
1 875 blindés
Belgique
7 500 tués
15 850 blessés
600 000 prisonniers Royaume-Uni
3 500 tués
13 600 blessés
48 000 prisonniers
1029 avions
Totalité du matériel lourd terrestre
Pays-Bas
2 890 tués
6 889 blessés
Allemagne :
63 682 tués[1]
111 034 blessés
1 290 avions
1 158 blindés
Italie :
1 247 tués-disparus
2 631 blessés
2 151 hospitalisés à cause du froid
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours‎
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Campagnes d'Afrique et du Moyen-Orient


Bataille de l'Atlantique


Guerre en Asie et dans le Pacifique


Guerre sino-japonaise

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de France désigne l'invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France en 1940. L'offensive commence le 10 mai 1940 en mettant fin à la « drôle de guerre », et se termine le 22 juin par la défaite des forces armées françaises et la signature de l'armistice du 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain.

Le territoire des quatre pays est alors occupé selon différentes modalités, principalement : une zone occupée par l'Allemagne au Nord et à l'Ouest, une zone occupée par l'Italie dans le Sud-Est et une zone libre sous l'autorité du gouvernement de Vichy. Ces territoires sont libérés par les offensives alliées à partir de 1944.

Sommaire

Contexte géopolitique

  • 18 juillet 1936 au 1er avril 1939[2] : la guerre d'Espagne. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain refusant d'aider le gouvernement républicain espagnol, le gouvernement de Léon Blum ne peut déroger aux accords de l'Entente cordiale franco-britannique, ce qui permet à la dictature militaire de Franco de s’établir, et à Hitler et Mussolini d’intervenir aux cotés des militaires espagnols putschistes et de tester leurs machines de guerre respectives.
  • 30 septembre 1938 : les accords de Munich[3] donnent les Sudètes à Hitler. Avant de signer cet accord, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain avait rencontré trois fois Hitler, sachant que le Royaume-Uni n'était pas suffisamment armé pour faire face aux ambitions du Troisième Reich et que les populations britannique et française ne voulaient pas d'une nouvelle guerre.

Lors de son retour à Londres, Chamberlain déclare : « Mes bons amis, pour la deuxième fois de notre histoire, un premier ministre britannique revient d'Allemagne apportant la paix dans l'honneur. Je crois que c'est la paix pour notre temps… Retournez à la maison et dormez paisiblement. » (« My good friends, for the second time in our history, a British Prime Minister has returned from Germany bringing peace with honour. I believe it is peace for our time... Go home and get a nice quiet sleep. »).

De son côté, Édouard Daladier — Président du Conseil français — amer et lucide, confiera dans l'avion du retour à Saint-John Perse, alias Alexis Léger, secrétaire général du Quai d'Orsay : « Les cons ! Ah les cons ! S'ils savaient ce qui les attend[4]... »

  • 15 mars 1939 : invasion de la Bohême-Moravie, partie occidentale de la Tchécoslovaquie par le Troisième Reich[5].
  • 1er septembre 1939, à 4 h 45 : les troupes allemandes envahissent la Pologne[6], sans déclaration de guerre, et après d'intenses bombardements. Le pays est occupé par l’Allemagne et son allié l’URSS. Le Royaume-Uni et la France ne déclarent la guerre que deux jours plus tard.

La Drôle de guerre

Article détaillé : Drôle de guerre.

À l'invasion de la Pologne en septembre 1939, les Alliés déclarent la guerre à l'Allemagne. La rapidité de l'invasion de la Pologne surprend les commandements français et britanniques sans pour autant les inquiéter. De substantielles erreurs, ou supposées telles, du commandement polonais sont identifiées. L'opinion générale est que la partie sera difficile, mais la certitude de la victoire l'emporte, l’Armée française étant réputée la meilleure au monde.

Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, laissent l'Allemagne envahir la Pologne. L’Armée française attaque mollement le 7 septembre, avec deux corps d’armée (9 de ses 102 divisions), sur la Sarre l’offensive de la Sarre dure dix jours, et n’avance que de dix kilomètres en territoire allemand. La conception des grandes unités françaises ne permet pas l'offensive à outrance, essentiellement par manque d'outil logistique adéquat. Le gouvernement polonais exprime son désappointement, alors même que la France avait signé un traité d'assistance mutuelle avec elle. Le général Gamelin n'envisage aucune attaque supplémentaire sur l'Allemagne.

L'Allemagne écrase de sa puissance mécanique l'Armée polonaise, conseillée par des Français, courageuse mais prise sur deux fronts car, à partir du 17 septembre, elle est attaquée par les Soviétiques à l'est, en application d'un protocole secret du Pacte germano-soviétique. La propagande nazie n'insiste pas sur ce détail et trouve une certaine complaisance ou naïveté chez ses ennemis où le prétendu « effondrement » de la Pologne renforce à point nommé le mythe d'une Armée allemande invincible, la France rappelle ses troupes qui quittent l'Allemagne le 17 octobre.

À part cela, la France ne fait rien de concret. Elle avait pourtant peu à craindre des Allemands car à peu près toutes leurs troupes étaient engagées dans la campagne de Pologne. Les états-major britanniques et français étaient persuadés qu'ils pouvaient bloquer les Allemands comme lors de la Première Guerre mondiale, et ce malgré la démonstration de force des stratégies allemandes. À la défaite polonaise, les troupes françaises quittèrent les avant-postes de la Sarre et se replièrent derrière la ligne Maginot et les forces du Royaume-Uni qui avait envoyé sur le continent un Corps expéditionnaire britannique (en anglais British Expeditionary Force ou BEF en abrégé) s'installèrent dans l'attente du prochain mouvement allemand, en maintenant un blocus maritime qui doit provoquer l’effondrement allemand comme en 14-18. C'est la drôle de guerre.

Cette période de trêve tacite, que l'on surnomma la Drôle de guerre, dura jusqu'au 9 avril 1940 avec l'opération Weserübung lancée par l'Allemagne sur le Danemark ainsi que la Norvège, pour devancer les Alliés qui prévoyaient d'envoyer un corps expéditionnaire à Narvik pour des raisons stratégiques.

Hitler, qui voulait une attaque sur l'Europe occidentale le 12 novembre 1939 juste après l'invasion de la Pologne, fut convaincu par son État-Major de la reporter à l'année suivante. La Wehrmacht prépara pendant ce temps les plans d'invasion.

Genèse du plan allemand

À l'origine, l’Oberkommando der Wehrmacht (grand état-major de la Wehrmacht) ou OKW envisageait une attaque du front ouest en préconisant une stratégie d'enveloppement des armées alliées par le nord ; en quelque sorte une reprise du plan Schlieffen de 1914 qui aurait amené un puissant groupe d'armées B, du général Fedor von Bock, stationné au nord du front allemand, à déborder les unités franco-britanno-belges sur leur aile gauche, par une offensive blindée à travers la Belgique et les Pays-Bas, et d'en rabattre les éléments défaits sur la région lorraine. Puis, dans un deuxième temps, il était envisagé de prendre en tenaille les troupes alliées restantes ; le groupe d'armées B venant de l'ouest les repoussant sur le groupe d'armée A du général von Rundstedt, placé face à la région nord et à l'Alsace, et qui aurait joué le rôle d'une enclume sur laquelle auraient été définitivement écrasées les meilleures divisions alliées.

Fall Gelb, l'autre plan jaune concocté par Manstein à la veille de la bataille de France.

Cependant, suite à l'écrasement des forces polonaises en moins d'un mois, et ayant pris conscience de la valeur tactique remarquable que représentait le tandem chars-aviation d'assaut, Hitler, qui espérait toujours trouver un règlement politique au conflit en cours avec les Occidentaux, ne cessait de remettre la date du début des opérations à l’Ouest[réf. nécessaire]. Ce répit ponctuel permit au général von Manstein de lui soumettre un nouveau plan. Celui-ci, baptisé par Winston Churchill « Sichelschnitt » (coup de faucille), prenait le contre-pied de la théorie précédente et préconisait une attaque en force venue, non plus du nord, mais du centre. Il partait de l'hypothèse qu'il fallait surprendre l'adversaire au défaut de la cuirasse puis, la surprise passée, le prendre de vitesse dans une avance rapide vers la Manche : le pivot de l'offensive ne pouvait se trouver qu'à travers le massif boisé de l'Ardenne, région défendue par des unités françaises de réservistes mal armés et sous-équipés et lieu précis où l'on avait arrêté la construction de la Ligne Maginot. Ce nouveau plan, par sa hardiesse même et sa logique tant tactique que stratégique, enthousiasma Hitler qui l'imposa à un OKW réticent.

Dès lors, le Fall Gelb vit le jour ; désormais le poids du succès reposait sur le groupe d'armées du centre, le groupe d'armée A, dont on s'empressa de renforcer les capacités opérationnelles en mettant à sa disposition les deux tiers des forces blindées de toute l'armée.

Forces en présence au 10 mai

Curtiss H.75 de l'Armée de l'air française durant la période 1939-1940.

Nation nombre de divisions nombre de canons nombre de chars nombre d'avions
France 86 10 700 (a) 3 700 1 400
Royaume-Uni (b) 10 1 300 310 460
Belgique 22 1 400 100 250
Pays-Bas 9 700 1 175
Pologne 1  ?  ? ?
Total des armées alliées 145 14 100 4 111 2 285
Allemagne 141 14 000 2 550 4 020 (c)
Un piéce d'artillerie de 8 pouces de la British Army inspecté par le général français Georges à Bethune le 23 avril 1940.

(a) En ce qui concerne la France, si nous connaissons exactement le chiffre des matériels en date du 1er septembre 1939, il en va différemment pour celui du 10 mai 1940. Ainsi l'Armée française disposait, dès septembre 1939, de 2 946 blindés, dont 2 300 chars et 650 automitrailleuses, auxquels il fallait adjoindre 1 590 chars démodés (Renault FT-17 et Char 2C) et 3 700 chenillettes de transport et ravitaillement. En outre de septembre 1939 à mai 1940, 2 909 nouveaux blindés (dont 1 597 chars ; 314 lourds) avaient été produits, dont 264 livrés à la Turquie et la Roumanie, et une autre partie inachevés et restés au parc du matériel de Gien (environ 700). Quoiqu'il en fut, au 10 mai 1940, la France possédait un minimum de 3 700 chars modernes, sans compter plusieurs milliers d'autres véhicules blindés légers, automitrailleuses, chars obsolètes ou chenillettes d'infanterie.

(b) Ne sont pris en compte que l'armement et effectifs du BEF (British Expeditionary Force) en France au 10 mai.

(c) Ce chiffre ne prend en compte que le nombre d'avions réellement opérationnels.

Les armées françaises, anglaises, belges et néerlandaises réunies forment un ensemble de quelque 149 divisions soit environ 2 900 000 hommes[7]. La Wehrmacht comporte 137 divisions soit 2 750 000 hommes[7].

État des forces blindés allemandes au 1er septembre 1939 et au 10 mai 1940 :

Modèles Au 1er septembre 1939 Au 10 mai 1940
Pz I 1 445 523
Pz II 1 223 955
Pz III 98 349
Pz IV 211 278
Skoda.35 (t) 0 166
Skoda.38 (t) 0 228
Pz de commandement 0 135
Totaux 2 977 2 574

Fall Gelb (plan jaune)

Cartes des fortifications alliées
Carte de l'Europe fin 1940
Char B1 de l'Armée de terre française hors de combat en mai 1940.

La percée de Sedan

Article détaillé : Percée de Sedan.

Le 10 mai 1940, la Wehrmacht attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. La Luftwaffe procède au bombardement systématique des aéroports. Le commandement français s'y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts de choc et rapidité, couple char-avion communiquant par radio, concentration des moyens, le fer de lance de l'armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l'attaque apparut évidente) et encercle du Sud vers le Nord l'armée franco-britannique engagée en Belgique. Puis sont particulièrement visés aux bombardements les terrains d'aviations de Calais, de Dunkerque, de Metz, de Essey-lès-Nancy, de Bron et de Châteauroux. Des centaines d'appareils sont détruits au sol. En Belgique, la moitié des avions de l'Armée de l'air sont neutralisés. Au même moment, d'autres actions sont menés sur les nœuds ferroviaires et les embranchements de routes jusqu'à 400 kilomètres à l'intérieur du territoire français.

La partie nord de l'offensive, en Hollande, vise les ponts de Rotterdam, Dordecht, Moerdjik, qui sont pris par l’Armée allemande. Comme en Belgique, les troupes allemandes progressent rapidement, grâce, en partie, à l'emploi de troupes aéroportées, notamment au fort d'Ében-Émael et au Canal Albert. La Hollande submergée capitule au bout de cinq jours et les troupes allemandes atteignent Bruxelles le 17 mai, et Anvers le 18, tandis que le Grand-duché de Luxembourg est conquis sans combat.

Les forces belges tentent en vain de contenir l'ennemi lors de la bataille de la Lys. Imaginant les Ardennes et la Meuse infranchissables à un groupement motorisé, le commandement français croit avoir affaire à la répétition des plans du premier conflit mondial. Il fait avancer son aile gauche au secours de ses nouveaux alliés, en application d'un plan Dyle-Breda, engageant les meilleures et les plus mobiles des divisions franco-britanniques en Belgique.

Mais les Panzerdivisions du général von Kleist créent une surprise stratégique, en attaquant à droite de ces unités. Après avoir traversé le Luxembourg, et les Ardennes belges — non sans s'être heurtées à une assez forte résistance d'une cinquantaine d'hommes des Chasseurs ardennais à Bodange (non touchés par l'ordre de repli donné par l'armée belge en accord avec l'état-major français) et des troupes de couverture françaises — elles attaquent le front français sur la Meuse, près de Sedan. Cette partie du dispositif allié est tenue par des unités de série B, souvent incomplètement équipées. Le 13 mai, les fantassins allemands, sous le couvert d'un bombardement aérien intensif, réussissent à enfoncer le dispositif défensif de la 55e division d’infanterie (général Lafontaine) de la IIe armée du général Huntziger et à battre les meilleures unités blindées françaises lors de la bataille de Hannut. Elles exploitent ces gains, malgré une tentative de contre-attaque du 231e RI appuyé de chars FCM 36. Guderian utilise la tactique du Blitzkrieg.

Le haut commandement allemand, s'attendant à une contre-attaque française qu'il considère comme inévitable, tente à maintes reprises de ralentir la progression vers l'ouest, au travers du dispositif français. Mais les commandants des panzerdivisions désobéissent et poussent toujours plus à l'ouest. Ils atteignent la mer le 20 mai. Le haut commandement allemand vit alors des journées d'angoisse à l'idée d'une vaste contre-offensive stratégique sur les flancs de la percée, pensant tomber dans un piège. Hitler ne peut pas imaginer que Weygand, succédant à Gamelin, a reporté de trois jours la contre-offensive prévue. Le 31 mai les Allemands réduisent la poche de Lille.

La seule grosse alerte vient de la 4e DCR commandée par le général de brigade à titre provisoire de Gaulle, qui s'enfonce quelques jours dans le flanc de la progression allemande, mais le succès n'est pas exploité, faute de soutien logistique et de renforts. Le commandement français est abasourdi par la rapidité manœuvrière de l'armée allemande et reste sans solution devant les progrès quotidiens de l'ennemi. Les unités françaises restantes sont envoyées en ordre dispersé, dans des contre-attaques locales sans réel plan d'ensemble, du fait de la nature extrêmement mouvante de la situation. Pourtant, les troupes françaises se sacrifient avec cinquante mille morts en six semaines de combats.

Le tournant de Dunkerque

Article détaillé : Bataille de Dunkerque.
Soldats britanniques n'ayant pas eu le temps d’être rapatriés et faits prisonniers

Les forces de l'aile gauche française et le corps expéditionnaire britannique sont alors enfermées dans une vaste poche autour de Dunkerque (nord de la France) et contraintes au rembarquement. Il faut le sacrifice d’une division d’infanterie française qui se fait littéralement tuer sur place, luttant à un contre quatre durant plusieurs jours jusqu'à épuisement des munitions, appuyée par l'infanterie britannique et la RAF qui a autant souffert que l'Armée de l'air française dans cette bataille[8], pour permettre l’évacuation de 340 000 hommes, Britanniques et Français, dans des conditions épouvantables. L'Armée belge, elle, capitule le 28 mai.

Fall Rot : l'invasion de la France

Le gouvernement quitte Paris le 10 juin pour Tours et ses environs. Les réfugiés qui fuient la Belgique et le Nord de la France sont alors rejoints par 2 millions de réfugiés de la région parisienne. Pour Jean-Pierre Azéma, entre le 15 mai et le 10 juin, au moins 6 millions de Français abandonnent leur domicile et participent à l'exode de 1940, se retrouvant sur les routes sous les attaques de la Luftwaffe et ruinant la logistique militaire française. La bataille de France est perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités comme pendant la bataille d'Amiens du 24 mai au 9 juin 1940 (les 16e et française stoppent plus de 3 Panzerkorps pendant 9 jours et causent la perte de 196 panzers).

Le 5 juin, l'offensive reprend alors vers le sud avec une supériorité numérique écrasante. Malgré une résistance héroïque de certaines unités françaises, l'avance allemande est très rapide. Les forces allemandes arrivent au bord du Cher (« frontière » de la future ligne de démarcation).

Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, alors en pleine déroute militaire : l'attaque italienne est qualifiée à l'époque de « coup de poignard dans le dos »[9].Les troupes italiennes, commandées par le prince héritier Umberto di Savoia, ne parviennent cependant pas à avancer à travers les Alpes : sur le front des Alpes, la ligne Maginot a joué son rôle, et l’Armée des Alpes résiste victorieusement face aux armées italiennes à l’est, et allemande au nord (voir bataille des Alpes). Franco, sollicité, refuse d'entrer en guerre contre la France, même lorsque l'effondrement français est patent.

L'effondrement et la demande d'armistice

Article connexe : Conférence de Briare.

C'est la panique en France dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l'armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux Britanniques, en s'appuyant sur l’Empire et notamment l'Algérie.

C'est le premier camp, soutenu par le général Maxime Weygand, le maréchal Pétain, Pierre Laval et François Darlan, qui l'emporte. Le général de Gaulle, secrétaire d’État à la Défense, partisan de la poursuite de la guerre, rejoint Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France libre se constitue alors, avec d'autres volontaires français. D'autres personnalités se sont aussi réfugiées en Amérique. Le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui aussi voulait continuer la lutte, choisit finalement de démissionner le 16 juin 1940.

Le président de la République Albert Lebrun nomme alors Philippe Pétain président du Conseil. Le lendemain, ce dernier annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l’armistice. Signé seulement le 22 juin (voir armistice du 22 juin 1940), le long intervalle permet à l’Armée allemande de faire prisonniers 1,5 millions de soldats français. Le gouvernement Philippe Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le Parlement vont s'installer en juillet à Vichy, ville disposant de grandes capacités hôtelières.

Le 14 juin, les blindés atteignent Paris déclarée ville ouverte.

Le 22 juin 1940, la délégation française signe l’armistice dans la clairière de Rethondes, dans le wagon de l'Armistice, celui-là même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première Guerre mondiale et devant le monument qui parlait de l'« orgueil criminel de l'Empire allemand vaincu par les peuples qu'il voulait asservir ». Hitler fait ensuite filmer l'explosion du monument. Quant au wagon il est envoyé à Berlin et exposé avant d'être détruit en 1945. Hitler entendait ainsi effacer la défaite de la Première Guerre mondiale et humilier la France.

Malgré la signature de l'armistice, les Allemands poursuivent leur avancée militaire jusqu'au 24 juin 1940 minuit ce qui fait que les 2/3 de la France sont envahis ainsi que les Îles anglo-normandes britanniques[10].

Le 24 juin 1940, la France doit aussi signer un armistice avec l'Italie qui avait de son côté envahi plusieurs zones frontalières très limitées de la Savoie et à Menton. Après cette catastrophe, et malgré la signature de l'armistice, les soldats de la ligne Maginot poursuivirent la lutte, estimant n'avoir pas été vaincus, et pour certains jusqu'à la mi-juillet. L'Armée des Alpes n'a de son côté pas failli, en repoussant assez facilement tous les assauts de l’Armée italienne jusqu'aux derniers jours de combat.

La plus grande partie de la France est occupée par les troupes allemandes, le pays est divisé en une zone occupée et administrée militairement par l'Allemagne (nord, ouest et sud-ouest), et en une zone libre (centre et sud). Le gouvernement de Vichy du maréchal Pétain administre l’ensemble du territoire français et l’Empire[11].

Les prisonniers de guerre

Au cours de la campagne de France (mai-juin 1940), 1 800 000 soldats de l'armée française sont capturés par les troupes allemandes avant d'être internés dans différents types de camps. Un grand nombre de prisonniers tentent de s'évader, 70 000 réussissant sur l'ensemble de la période, sans compter ceux évadés dés les premiers mois avant leur transfert vers l'Allemagne.[12]

Conditions d’armistice

Hitler et ses officiers, avec la Tour Eiffel en arrière plan
Hitler et les officiers nazis regardant la statue du maréchal Foch, avant d'entrer dans le wagon où va être signée l'armistice de 1940.
Parade des troupes allemandes à Paris.

Dès que la décision de demander l’armistice fut prise par le nouveau gouvernement Pétain, le 17 juin, chacun s'attendit au pire. Il suffisait de se rappeler les conditions drastiques qui avaient accompagné l'accord allié fait aux plénipotentiaires allemands de novembre 1918, pour envisager une terrible réaction des autorités du Troisième Reich.

Il en allait tout autrement pour la France de juin 1940 : non seulement les armées alliées avaient été détruites ou capturées, mais encore, près des deux-tiers du territoire national était occupé par la Wehrmacht. La convention d’armistice précise que la souveraineté française s'exerce sur l'ensemble du territoire et sur son Empire colonial[11], laisse de côté la flotte française mais son armée est réduite à 100 000 hommes (comme l'armée du traité de Versailles). Les Allemands obligent leur allié italien à retirer certaines de leurs exigences, particulièrement celles concernant la flotte et la Tunisie.

Paradoxalement, et avant qu'un tel état de chose n'empire, c'est l'opération Catapult, menée en juillet 1940, en vue de neutraliser définitivement le risque que représentait la flotte française, et qui aboutit au bombardement de la flotte à Mers-el-Kébir, qui devait amener les autorités allemandes à plus de souplesse dans leur relation avec le gouvernement Pétain, allant jusqu'à envisager à la demande de celui-ci une politique de collaboration.

Les conditions de l'armistice sont motivées par les préoccupations d'Hitler à cette époque : il faut bien sûr, empêcher de façon durable que la France ne redevienne une grande puissance militaire, mais à court terme, il faut veiller à ce que sa flotte ne rejoigne pas le Royaume-Uni qui reste le dernier pays à vaincre ou à séduire, car un accord de paix avec le Royaume-Uni reste souhaité en cette fin du mois de juin. Enfin, il ne faut froisser ni l'allié italien, ni le potentiel allié espagnol. Hitler a rencontré Mussolini le 18 juin à Munich pour le convaincre d'accepter les instructions de Weygand, qu'il avait devinées : le Duce voulait occuper la France jusqu'au Rhône, s'emparer de la flotte et annexer Nice, la Corse et la Savoie. Ce sont toutes ces considérations complexes qui déterminent le contenu de la convention d'armistice, un texte bref de vingt-quatre articles, qui contient notamment les clauses suivantes :

La France coupée en quatre : zone libre, zone occupée, départements annexés et Nord de la France directement sous administration militaire allemande, plus les zones interdites littorale et de l'est.
  • Les prisonniers de guerre (plus de 1,5 million d'hommes) restent en captivité jusqu'à la signature d'un accord de paix.
  • La moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande : c'est la zone occupée, qui couvre à peu près les trois cinquièmes du territoire. Le reste constituant la « zone libre », c'est-à-dire non occupée, regroupée essentiellement au sud de la Loire. Les deux zones étant séparées entre elles par la ligne de démarcation.
  • La France doit pourvoir à l'entretien de l'armée d'occupation. Il s'avéra que le montant de ces indemnités allait être fixé de façon quasi-discrétionnaire par les Allemands, et leur montant s'éleva, en moyenne, à 400 millions de francs par jour.
  • Dans la zone libre, l'Armée française est limitée à 100 000 hommes et les troupes sont désarmées.
  • La souveraineté française s'exerce sur l'ensemble du territoire, y compris la zone occupée, mais dans la zone occupée, il est stipulé que l'Allemagne exerce « les droits de la puissance occupante », ce qui implique que l'administration collabore avec elle d'une « manière correcte ». il n'est pas question d'annexion de territoires français par l'Allemagne.
  • L'Empire colonial français reste également sous l'autorité du gouvernement français.
  • Les vaisseaux de guerre rejoignent leurs ports d'attache du temps de paix, dont certains, comme Brest, se trouvaient en zone occupée.
  • La France doit livrer les réfugiés politiques allemands ou autrichiens présents sur son sol.

En outre, l'Italie bien que revendiquant l'ancien comté de Nice et la Savoie, dont elle n'est pas parvenue à s'emparer, doit se contenter de Menton (armistice du 24 juin 1940). Les autres territoires revendiqués ne sont occupés par l'armée italienne que le 11 novembre 1942, lors de l'invasion de la zone antérieurement non occupée.

Les pertes

Pour la plupart des pays participant aux combats, les pertes militaires sont bien connues[13] :

  • Belgique : 7 500 morts, 15 850 blessés ;
  • Pays-Bas : 2 890 morts, 6 889 blessés ;
  • Royaume-Uni : 3 458 morts, 13 602 blessés, 48 052 disparus ou prisonniers (dont 45 000 prisonniers à Dunkerque) ;
  • Allemagne : 54 706 morts, 111 034 blessés, 18 384 disparus ou prisonniers.

À ces morts aux combats, s’ajoutent les pertes civiles : victimes de bombardements, d’exécutions sommaires, de massacres :

  • 2 500 morts aux Pays-Bas[14] ;
  • 21 000 morts en France[15].

Pour la France, le chiffre précis des pertes militaires n’est pas connu. Le seul chiffre fiable est celui des morts pour la France, au nombre de 123 426, total qui agrège de nombreuses catégories (prisonniers morts dans un camp, civils tués de fait de guerre, etc.). Les estimations faites par les historiens varient entre 89 000 et 123 000 morts, et entre 120 000 et 250 000 blessés[16]. Parmi ces historiens, un certain nombre retranchent environ 39 000 morts en captivité, et 5 200 disparus[17] ; ce chiffre de 120 000 morts comprend également 21 000 civils[15] et les morts de l’armée de Vichy jusqu’en 1942 (combats du Levant et d’Afrique du Nord). Les pertes militaires françaises pour la seule période de mai-juin 1940 sur le front franco-belge sont donc évaluées par Jean-Jacques Arzalier à au moins 50 000 et au plus 90 000 soldats morts au combat et 123 000 blessés. La période équivalente de 1914, les six premières semaines de combat, qui est souvent comparée sous cet aspect-là à la bataille de France, avait fait perdre 700 000 hommes à l’Armée française (tués, blessés, prisonniers), dont 313 000 morts[18].

Outre les pertes humaines, les pertes en moyens militaires sont énormes :

  • l’armée britannique abandonne tout son matériel à Dunkerque[19] ;
  • la RAF perd plus de 1 000 appareils dans la bataille[19] ;
  • l’armée française perd 320 000 de ses 400 000 chevaux[20] ;
  • la flotte française réussit à sauver la plus grosse partie de ses navires de combat (235 des 291 navires à flot, 95 % du tonnage[21]) ; mais tous les ports et arsenaux de la côte atlantique sont sabotés et elle se retrouve pratiquement sans infrastructures de soutien, donc avec un niveau opérationnel limité. De plus, 148 des navires évacués s’abritent dans des ports britanniques (38 % du tonnage évacué)[22], et sont finalement retenus par le Royaume-Uni (22 juin)[23]. De plus, de nombreux navires en construction ou en réparations ont été sabordés ou saisis par les Allemands, le tonnage des ces pertes s’élevant à 170 000 tonnes[24]. Et surtout, le plus grave est que les navires français ayant rejoint les ports de l’Empire colonial devant selon les conditions d’armistice rejoindre la France, alors que la France avait promis à son allié britannique que sa flotte ne tomberait pas aux mains de l’Allemagne, la menace pour le Royaume-Uni est telle qu’elle rend inévitable l’opération Catapult (Mers el-Kébir)[25].

Les raisons de la défaite française

Parade nazie sur l'avenue Foch déserte (1940)

En dépit d'une idée courante, l'Armée française était loin d'être inférieure à l'armée allemande en qualité et en quantité, exception faite des domaines de l'aviation et de la défense antiaérienne. Le ciel non plus n’est pas vide, comme il a souvent été dit, même si les chasseurs français vraiment capables de rivaliser avec leurs homologues allemands sont encore trop peu nombreux au sein des unités, comme le Dewoitine D520, avec seulement trente-six exemplaires. Cependant, les aviateurs et la défense antiaérienne parviennent à des résultats : 20% des Messerschmitt-109 alignés en avril 1940 ont été abattus. L'artillerie française, contrairement au premier conflit mondial et à la guerre de 1870-1871, n'a rien à envier à son homologue allemande.

Malgré un mythe répandu, les Panzers de la Wehrmacht n'ont rien d'invincibles en eux-mêmes, bien au contraire. La France dispose des SOMUA S35 et les B1/B1 bis qui sont parmi les plus puissants chars d'Europe. Leur blindage résiste à tous les canons antichars allemands de l'époque, ainsi qu'aux canons des Panzer II, III et Panzers IV et leur armement surpasse celui de la majorité des Panzers. S'il est vrai que la majorité des chars en service sont des blindés légers, c'est également le cas dans les divisions blindées allemandes, où le char le plus puissant, le Panzer IV, seul capable de rivaliser avec les chars Somua S-35 et B1 bis français, ne représente qu'environ 10 % des blindés en service. Lors de la première bataille de chars de l’histoire (la bataille de Hannut), les chars français font jeu égal avec les Panzers.

Article détaillé : bataille de Hannut.

C’est aux niveaux stratégique et tactique, principalement la doctrine d'emploi des armes, en particulier des blindés, et de la liaison chars-avions, que l’armée française se révèle inférieure. Alors que les 2 592 Panzers allemands sont regroupés au sein de dix divisions très autonomes et cohérentes, d'environ 250 blindés soutenus par de l’infanterie, du génie et de l’artillerie motorisés, plus des deux tiers des 4 002 chars français sont répartis en Groupements de bataillons de chars d'une centaine d'engins aux diverses armées, sans aucune autonomie opérationnelle ni appui. Pour l’état-major français de l'époque, le blindé reste principalement, comme en 1918, un élément d'accompagnement et de soutien de l'infanterie.

Les chars français sont donc conçus en conséquence et, en dépit de leur blindage et de leur armement supérieur, souffrent de nombreuses lacunes par rapport à leurs rivaux allemands : absence quasi-totale de système de communications radiophoniques, et souvent peu fiables. En comparaison, tous les chars allemands disposent de radios modernes et fiables. Leur autonomie est réduite toujours du fait de leur conception en tant que soutien d'infanterie, qui se combine avec la faiblesse du système de ravitaillement en carburant. On note aussi la prédominance de tourelles monoplaces où le chef de véhicule est surchargé. De même, le canon de nombreux modèles est placé sous casemate, et non sous tourelle. D'une certaine façon, le pire côtoie le meilleur. On voit néanmoins des succès francs, voire retentissants, comme à Stonne, avec plus de 100 chars allemands détruits, dont douze par un seul char B1 bis, ou encore Hannut et Montcornet (offensive de De Gaulle). Mais les chars français ont cependant peu d'opportunités de montrer leur supériorité et ne peuvent influer sur le cours des événements, car la guerre menée par les Allemands va plus vite qu'eux.

Un des plus gros défauts des chars français était leur tourelle à un seul homme (quand les chars allemands (panzer III et IV) avaient trois hommes) : le soldat, seul dans sa tourelle, était comme l'homme-orchestre, submergé par les tâches à accomplir.

Si l'emploi combiné de l'aviation et des blindés explique en partie la défaite française, elle est insuffisante à elle seule. Élaborée et mise en pratique sur le plan tactique par les Allemands lors de la campagne en Pologne en 1939, son efficacité contre l’armée française était encore sujette à caution au sein du commandement allemand avant le déclenchement des opérations. Même si elle y reçoit un écho peu favorable, en raison du conservatisme idéologique de l’État-Major, elle est connue aussi en France et pourrait être appliquée, par certains de ses théoriciens, comme le colonel Charles de Gaulle. La France dispose en mai de sept divisions blindées : les 1re, 2e et 3e divisions légères mécaniques et 1re, 2e, 3e et 4e divisions cuirassées. Certes, les deux dernières ont été constituées à la hâte après le début du conflit, mais la plupart sont plus puissantes que leurs équivalentes allemandes, même si elles sont moins bien organisées.

Cette idée d'une tactique allemande irrésistible, la Blitzkrieg, a été mise en avant après la défaite par les chefs militaires français, pour minimiser leur responsabilité dans la débâcle française, leurs erreurs sur le plan stratégique ayant été nombreuses et graves ; dès le procès de Riom, les autorités vichystes qui ont à juger les « fautifs » de la grande débâcle du printemps 1940 vont jusqu'à avancer les chiffres (pour le moins fantaisistes) de 7 500 chars et de plus de 5 000 avions mis en ligne par la Wehrmacht. Les historiens, en particulier anglo-saxons, tels Kenneth Macksey ou John Keegan, portent aujourd'hui un regard neuf sur cet épisode historique, et remettent de plus en plus en cause la supériorité allemande. Les historiens allemands font de même, comme Karl-Heinz Frieser qui, quand il rend compte du transfert quelques mois avant 1940 des moyens motorisés de très nombreuses divisions allemandes aux seules divisions chargées d'appliquer le plan d'Hitler, use de cette métaphore : « L'armée allemande ressemblait à une lance avec une pointe d'acier trempé, dont le manche, en bois, paraissait d'autant plus pourri qu'il était long [...] Pourtant cette pointe d'acier porta un coup mortel aux Alliés[26]. »

On peut s'interroger sur la possibilité qu'avait la France de continuer la lutte. Les forces allemandes ont subi en juin des pertes journalières (4 500 morts/jour) supérieures à celles observées dans l'opération Barbarossa, et elles étaient dans une situation périlleuse sur le plan logistique lors de l'armistice.

Un rapport de Guderian transmis à l’état-major de l’armée de terre (OKH) début octobre 1940 indique que les forces allemandes engagées en France avaient besoin de 4 à 6 semaines d'arrêt avant de reprendre l'avancée vers le sud :

  • état du carburant : 15 % des besoins ;
  • état des munitions : 17 % des besoins ;
  • état des transport par camions : 25 % à 30 % du nombre requis.

Dans ces conditions, plusieurs historiens estiment que l'on aurait pu ralentir l'avance allemande suffisamment longtemps pour que les forces françaises puissent se replier en Afrique du Nord avec une marine intacte.[Qui ?] De plus, même après la signature de l'armistice, des unités françaises continuent à se battre, refusant la démission des chefs. La majorité des ouvrages de la ligne Maginot restent invaincus, refusant de se rendre, et il faut de nombreuses injonctions du nouveau gouvernement, menacé par les Allemands de représailles et de l'annulation de l’armistice, pour qu'ils déposent les armes seulement après le 10 juillet.

L’armée des Alpes a également tenu les Italiens en échec jusqu'au bout, puis les Allemands qui l’attaquaient à revers.

Chronologie

  • 10 mai 1940 : l'Armée allemande lance une offensive sur le front ouest, avec 141 divisions, 2 flottes aériennes comprenant presque 4 020 avions et 1 corps de blindés
  • 15 mai : les Pays-Bas capitulent
  • 17 mai : entrée des troupes allemandes à Bruxelles
  • 18 mai : entrée des troupes allemandes à Anvers
  • 20 mai : les blindés allemands approchent d'Abbeville
  • 28 mai : capitulation de l'Armée belge
  • 14 juin : entrée des blindés allemands à Paris
  • 22 juin : signature de l’armistice franco-allemand
  • 24 juin : signature de l’armistice franco-italien
  • 25 juillet : annexion de facto par l'Allemagne des départements de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.

Notes et références

  1. Dominique Lormier, Histoire de la France militaire et résistante 1939-1942, Éditions du Rocher, Paris, 2000 (ISBN 2268034216), p. 131, citant des chiffres des Bundesarchiv, Coblence et la Bildarchiv, Berlin
  2. 18 juillet 1936 au 1er avril 1939
  3. accords de Munich
  4. « Munich, 1938 », d'après un article d'Élisabeth du Réau dans L'Histoire, no 218, février 1998
  5. Invasion de la Tchécoslovaquie
  6. Invasion de la Pologne
  7. a  et b ( Archives 39-45 « Dunkerque 1940, Calais, boulogne, Watten, le canal de l'Aa », Historica, no 80, septembre 2004 )
  8. Henry Amouroux, Le peuple du Désastre, 1976, (ISBN 2-7242-2109-5), p. 91
  9. Expression utilisée à l'époque par Franklin Delano Roosevelt pour qualifier la démarche de Mussolini, et depuis couramment utilisée cf : La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales, Revue historique des armées
  10. France est
  11. a  et b La convention d'armistice, sur le site de l'Université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 29 novembre 2008. Voir l'article 3.
  12. Yves Durand, les prisonniers de guerre dans les Stalags, les Oflags et les Kommandos, 1939-1945, Paris, Hachette, 1994.
  13. Jean-Jacques Arzalier, « La campagne de mai-juin 1940. Les pertes ? », in Christine Levisse-Touré (directeur de publication), La campagne de 1940, Paris, Actes du colloque du 16 au 18 novembre 2000, Tallandier, 2001, p. 428-430
  14. J.-J. Arzalier, op. cit., p. 428
  15. a  et b J.-J. Arzalier, op. cit., p. 439
  16. J.-J. Arzalier, op. cit., p. 437
  17. J.-J. Arzalier, op. cit., p. 438
  18. J.-J. Arzalier, op. cit., p. 442
  19. a  et b J.-J. Arzalier, op. cit., p. 429
  20. J.-J. Arzalier, op. cit., p. 433
  21. Philippe Lasterle, « Autopsie d’un exode maritime : l’évacuation des ports par la marine », in ' Christine Levisse-Touré (directeur de publication), La campagne de 1940, Paris, Actes du colloque du 16 au 18 novembre 2000, Tallandier, 2001, p. 271
  22. Philippe Lasterle, op. cit., p. 277
  23. Philippe Lasterle, op. cit., p. 281
  24. Philippe Lasterle, op. cit., p. 273
  25. Philippe Lasterle, op. cit., p. 283
  26. Le mythe de la guerre-éclair. La campagne de l'Ouest de 1940, Belin, Paris, 1995, p. 47-48

Annexes

Bibliographie

  • Ward Rutherford (trad. François Lourbet), La Bataille de France, E.P.A., Paris, 1980 (ISBN 2-85120-097-6)
  • Lt-Col. Eddy Bauer, Col. Rémy, Les terribles journées de mai 1940, Christophe Colomb, Glarus, 1984 (ISBN 2-88097-107-1)
  • Marc Bloch, L'Étrange Défaite, 1940, Franc-tireur, Paris, 1946
  • (en) Lt. Robert M. Gerard, Tank-Fighter Team, Washington, 1943
  • Jacques Benoist-Mechin, Soixante jours qui ébranlèrent l'Occident , Robert Laffont, 1981, (ISBN 2221502027)
  • Commandant Pierre Lyet, La Bataille de France, mai-juin 1940, Payot, Paris, 1947
  • (en) Maier et al, Germany and the Second World War, vol. 2, Oxford, 1994 (ISBN 0198228856)
  • (en) Dear et al, the Oxford companion to the Second World War, Oxford, 1995 (ISBN 0192141686)
  • Gilbert Foël, Les « miracles » de 40, éd. Salvador, Paris, 1998 (ISBN 2706701781)
  • Mai-juin 1940, Défaite française, victoire allemande sous l'œil des historiens étrangers, Autrement, Paris, 2000 (ISBN 2-862609-91-9); version courte (minimaliste) dans Historia, juin 2005, p. 46-48.
  • Dominique Lormier, Comme des lions – Mai juin 1940 – Le sacrifice héroïque de l'Armée française, éd. Calmann-Lévy, Paris, 2005, 329 p. (ISBN 2702134459 et ISBN 978-2702134450)
  • Jon Kimche, 1939 la bataille escamotée, Fayard
  • Karl-Heinz Frieser, Le mythe de la guerre éclair, 479 p., Belin, 2003, (ISBN 2701126890)
  • Général René Chambe, « L'aviation en 1940 », dans La Revue des Deux Mondes, no 11 et 12, 1er et 15 juin 1958
  • René-Gustave Nobécourt, Les Soldats de 40 dans la première bataille de Normandie, Bertout, Luneray, 1986, 397 p. (ISBN 286-743-045-3) 
  • Jacques Belle, La défaite française, un désastre évitable. Tome 1 : 16 mai 1940, il fallait rester en Belgique, Économica, 2007, 346 p.

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