Bataille de covadonga

Bataille de Covadonga

Bataille de Covadonga
Don Pelayo.jpg
Pélage, vainqueur à la bataille de Covadonga
Informations générales
Date été 722
Lieu Pics d'Europe, Cordillère Cantabrique
Issue Victoire asturienne décisive
Belligérants
Royaume des Asturies Royaume des Asturies Califat Omeyyade
Commandants
Pélage le Conquérant Munuza
Al Qama †
Forces en présence
300 hommes 800 hommes
Pertes
289 morts 600 morts
Reconquista
Batailles
Covadonga - Clavijo - Simancas - Barbastro - Sagrajas - Alcoraz - Bairén - Uclès - Valtierra - Congost de Martorell - Cutanda - Fraga - Ourique - Alarcos - Las Navas de Tolosa - Jerez - Puig de Cebolla - Tarifa - Grenade

Guadalete — Toulouse — Covadonga — Bordeaux — Poitiers — Narbonne — Roncevaux — Tourtour — Cap Colonne 


Traditionnellement, la bataille de Covadonga marque le début de la « Reconquista » de l'Espagne par les rois chrétiens. Ayant eu lieu à une époque reculée, il est difficile de faire la part du vrai, de l'inventé et de l'enjolivé dans les différentes versions.

Sommaire

Selon la tradition

Elle est établie par des textes de la fin du IXe siècle, rédigés par des Mozarabes réfugiés dans le nord de la péninsule Ibérique: les chroniques mozarabes. Selon ces textes, de nobles wisigoths élisent comme caudillo (capitaine) Pelayo (Pélage) (né en 681, élu en 718, mort en 737), fils de Favila, un ancien dignitaire de la cour du roi Egica (687-700), qui fixe sa capitale à Cangas de Onís et prend la tête d'un soulèvement contre les musulmans.

Dès le début de l'invasion musulmane, quelques résistants venant de Tolède et du sud de la péninsule cherchent à échapper à l'autorité islamique. Ils se réfugient dans cette région perdue des montagnes asturiennes, où les émigrants savent pouvoir se cacher. C'est là que Pelayo organise la rébellion. Il est entendu par les asturiens et convoque une assemblée qui le reconnaît pour chef, se conformant ainsi aux traditions des Wisigoths, dont les souverains étaient élus. En 718 il décide de se soustraire au payement du tribut et de s'en prendre aux petites garnisons de Berbères établies dans le pays.

Durant plusieurs années, il ne semble pas que cette rébellion fut prise au sérieux par les nouveaux maîtres de l'Espagne qui règnent à Cordoue. Les évènements qui se déroulent dans ces vallées éloignées — sans grand intérêt économique ni stratégique pour les musulmans — passent inaperçus. Les forces islamiques sont tout entières absorbées par leurs razzias en Narbonnaise et en Gaule. Aussi ne disposent-elles pas de troupes pour venir à bout de la révolte. D'autant moins qu'en juillet 721, un chef arabe nommé Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi est mis en fuite devant Toulouse, « théâtre du premier désastre sérieux de l’Islam en Occident ». Anbasa n'en est pas moins nommé émir et estime qu'une expédition punitive contre la rébellion asturienne peut lui fournir un succès facile, capable de rendre courage à ses troupes démoralisées.

Il ordonne donc, en 722, de mater le soulèvement. Des forces commandées par les Berbères al-Kama et Mounouça, accompagné de Oppas, évêque de Séville et frère de Witiza, sont envoyées dans le Nord. Oppas tente, en vain, de négocier la reddition de ses coreligionnaires.

Les chroniques chrétiennes décrivent un contingent de 180 000 hommes concernant l'effectif du corps expéditionnaire sarrasin placé sous le commandement d'al Qama ; quoique l'émir Ambasa ait suivi à juste compte l'importance des évènements se déroulant dans la péninsule ibérique, ces effectifs mirifiques outrepassent largement le nombre réel ; en effet grossir ces chiffres permet d'augmenter la gloire obtenue par une telle victoire.

Pelayo qui prévoit qu'il ne peut tenir tête en rase campagne aux troupes des « Sarrasins » s'est retiré avec ses propres forces dans les gorges de Covadonga, au pied des Pics d'Europe, région inexpugnable où il est aisé de résister à des ennemis supérieurs en nombre. Dans ce site caché, il attire les forces commandées par al-Kama. Sitôt que les musulmans ont pénétré dans les gorges de Covadonga, un groupe de rebelles asturiens leur coupe la retraite, Pelayo pouvait ainsi vaincre les troupes Maures, rendus incapables de manœuvrer en raison de l'exiguïté des lieux. al-Kama est tué dans la bataille.

Le miracle de Cosgaya

Privées de leur chef, toute retraite coupée et incapables de rejoindre leurs bases, les troupes musulmanes vaincues, pourchassées par les montagnards asturiens, commencent alors une longue manœuvre de fuite à travers monts et vallées. Durant deux jours et deux nuits, elles franchissent cinq cols, situés entre 1200 et 1500 mètres. Cherchant à sortir de ce labyrinthe inextricable dans lequel les ont attirées les résistants, elles couvriront près de cinquante kilomètres à pied, sans cesse en butte aux escarmouches et aux guets-apens, qui sont la ressource première des troupes de guérilla.

Arrivées près de Cosgaya, alors qu'elles cheminent sur la rive escarpée de la rivière Deva, il se produit un glissement de terrain ou un éboulement, et les survivants de la déroute de Covadonga sont emportés avec des masses de rochers et de terre et engloutis dans les flots. Telle est la fin dramatique de cette expédition destinée à châtier la rébellion asturienne. Inutile de dire que cet éboulement providentiel est bientôt attribué à une intervention miraculeuse.

Mais il n'est pas interdit de penser que le miracle fut grandement favorisé par les hommes, et que les montagnards rebelles y prirent une part active. Il semble en tout cas que les musulmans n'avaient aucune chance d'échapper à leurs poursuivants. La voie qu'ils suivaient les conduisait en effet à la vallée de Liébana, où les populations ne les auraient pas laissés pénétrer.

Pour la première fois, les chrétiens d'Espagne remportent une victoire sur les musulmans. Toute marginale qu'elle est, cette bataille marque, aux yeux des Espagnols, la naissance de la résistance et les débuts de la Reconquête. Covadonga devient un symbole, appelé à effacer l'humiliation de Guadalete. Une lueur ténue d'espoir rend courage aux chrétiens soumis aux occupants islamiques. Cet anéantissement d'une armée de l'Islam, en 722, soit exactement un siècle après l'Hégire, ne pouvait manquer de frapper les esprits, qui y virent un évènement prophétique. Pélage, premier roi des Asturies indépendantes, devint le chef naturel des chrétiens contre l'envahisseur. Ils serrèrent les rangs à ses côtés, éprouvant le sentiment d'être «le petit reste du peuple de Dieu» promis au salut.

La Grotte de Covadonga


Désormais, des renforts chrétiens allaient arriver sans cesse sous forme de nouveaux contingents de réfugiés du sud, émigrant vers le nord pour échapper à l'oppression et retrouver l'indépendance. Car la défaite d'un contingent musulman à Covadonga — qui passe inaperçue dans les chroniques arabes — représente pour les chrétiens la possibilité de perpétuer la fiction de la survie du « peuple des Goths », comme l'exprime la Chronique d'Alphonse III le Grand (né en 836, roi des Asturies en 866 et mort en 911.)

Attribuant sa victoire à la protection de la Vierge, Pelayo fait élever un autel en son honneur dans la grotte del Auseba qui a servi d'abri aux siens. La grotte prend le nom de Cova Dominica, la grotte de Notre-Dame, qui, par altération, deviendra Covadonga.

Selon les chroniqueurs musulmans

Pelayo essaye bien d'organiser la résistance mais à la tête de « trente ânes sauvages » qui ne peuvent, en aucun cas, présenter une menace réelle pour le pouvoir musulman. Cette expédition est présentée comme un succès total ; les rebelles sont châtiés et l'ensemble des Asturies est reconquis.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes


Batailles de la Reconquista
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