Bataille de courtrai (1302)

Bataille de Courtrai (1302)

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Bataille de Courtrai (1302)
Bataille des éperons d'or (étude), Nicaise de Keyser, 1836
Bataille des éperons d'or (étude), Nicaise de Keyser, 1836.
Informations générales
Date 11 juillet 1302
Lieu Courtrai
Issue Victoire flamande
Belligérants
Blason Nord-Pas-De-Calais.svg Miliciens flamands
Armoiries Brabant.svg Duché de Brabant
Namur Arms.svg Comté de Namur
Blason pays fr FranceAncien.svg Ost royal de France
Commandants
Namur Arms.svg Jean Ier de Namur
Guillaume de Juliers
Artois Arms.svg Robert II d'Artois
Forces en présence
8 000 9 000
Pertes
100 1 000

La bataille de Courtrai, ou bataille des éperons d'or, opposa l'armée du roi Philippe IV de France aux milices communales flamandes le 11 juillet 1302, près de Courtrai.

Sommaire

Préalable

L'industrie textile faisait la prospérité de la Flandre, province du nord du royaume de France. Elle utilisait la laine, essentiellement importée de Grande-Bretagne. Les artisans tisserands et commerçants estimaient que les taxes levées par le roi Philippe le Bel pour gêner l'Angleterre étaient trop élevées.

Gui de Dampierre, Comte de Flandre, qui avait pris le parti de ses tisserands, foulons et autres drapiers, a été attiré et emprisonné à Paris.

Après les « Matines brugeoises » les rebelles tenaient le pays sauf deux places fortes importantes, Cassel et Courtrai.

Bataille

La ville de Courtrai est prise par Gui de Namur dans les premiers jours de juillet et la garnison française se réfugie dans le château. Entretemps le roi Philippe le Bel a levé une armée à la tête de laquelle se trouve le comte Robert d'Artois.

Le neveu de Gui de Namur, Guillaume de Juliers, rejoint alors son oncle au siège de Courtrai ainsi que le frère de celui-ci Jean de Namur. Le 8 juillet 1302, les deux armées se font face. Les forces en présence sont déséquilibrées. Les troupes flamandes, les « Klauwaerts » [1] sont composées de 20 000 combattants, des hommes à pied munis du goedendag, lourde lance hérissée d'une pointe métallique. Ils prennent position sur un plateau bordé par la Lys d'une part et des marécages d'autre part, le long d'un fossé en demi-lune. Derrière eux se trouvent les murailles du château de Courtrai. Les troupes françaises (environ 50 000 hommes d'après Giovanni Villani [2]) s'amassent dans la plaine de Groeninghe. Cette armée est constituée d'archers italiens, de fantassins et de chevaliers. Elle se partage en trois corps, l'un commandé par le connétable Raoul de Nesles, l'autre par Robert d'Artois et le dernier par le Comte de Saint-Pol. Le comte Robert d'Artois, sûr de la victoire, rejette la suggestion de contourner l'armée flamande.

Le 11 juillet au matin, les archers italiens entament les hostilités avec un certain succès. Après un échange de flèches et de carreaux d'arbalètes, les Français font avancer leurs fantassins jusqu'au fossé. Les chevaliers français, impatients de récolter les fruits d'une victoire qu'ils jugent facile, s'élancent et dans la précipitation s'embourbent dans les marécages. Le corps d'armée de Raoul de Nesles puis celui de Robert d'Artois s'engouffrent dans ce piège. Les chevaliers trop lourdement armés ne peuvent s'extirper du bourbier. Le fossé en arc de cercle les empêche de contourner l'obstacle. L'arrière-garde, commandée par le comte de Saint-Pol, décide alors de rebrousser chemin.

Les combattants flamands, peu au fait des us et coutumes de la guerre, massacrent les chevaliers à terre sans chercher à faire de prisonnier. Périssent ainsi dans la bataille un grand nombre de chevaliers français dont le comte Robert d'Artois, le comte de Nesles, le comte Jean d'Aumale et le négociateur Pierre Flote. Les troupes victorieuses ramènent comme trophées les éperons d'or de tous les chevaliers tombés dans la bataille. Ces trophées orneront l'église Notre-Dame de Courtrai avant d'être récupérés par la France et installés à Dijon.

Les milices flamandes bénéficieront d'une aide appréciable des Brabançons et des Namurois venus leur prêter main-forte pour défaire le suzerain français, comme le confirment de nombreux historiens. Cet aspect historique semble quelque peu effacé aujourd'hui, dans le but de nourrir le combat pour l'émancipation de la culture flamande [3],[4],[5].

Après la bataille

Pour les Flamands, cette victoire sonne le début de leur indépendance. Guy de Dampierre est bientôt de retour à la tête de son comté et organise le mouvement de libération qui gagne plusieurs grandes villes de Flandre.

Le roi Philippe le Bel sort très affaibli par cette défaite. D'une part, il y a perdu une grande partie de sa chevalerie, ses deux maréchaux de France (Simon de Melun et Guy Ier de Clermont de Nesle), d'autre part il y a perdu du prestige. Financièrement, il est contraint de lever des impôts pour reconstituer une armée. Il gardera par la suite une grande méfiance vis à vis de la capacité de résistance des troupes flamandes. Lorsque, deux ans plus tard, il prend sa revanche à la bataille de Mons-en-Pévèle (18 août 1304), la sagesse lui fera préférer une paix négociée.

Cette bataille est immortalisée par le peintre Nicaise de Keyser (Bataille des Éperons d'Or 1836[6]). On trouve aussi des détails de cette bataille sur les panneaux en bois d'une malle : la malle de Courtrai.

Le souvenir de cette bataille, romancé notamment par Henri Conscience dans son roman le lion de Flandre de 1838, est resté présent en Flandre jusqu'à nos jours. Cet événement a acquis une valeur symbolique puisque le jour de la bataille (11 juillet) a été choisi comme date de la fête annuelle de la communauté flamande en Belgique.

Notes et références

  1. Troupes de la commune par allusion aux griffes du lion qui ornent la bannière de Gui de Dampierre
  2. Cronica, de Giovanni Villani chroniqueur italien
  3. Goedendag et Eperons d'Or, de Henri Störm
  4. Les Eperons d'Or en version française dans La Libre Belgique
  5. Anne MORELLI dir., Les Grands mythes de l'Histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, Bruxelles, Vie ouvrière, 1995
  6. Tableau détruit lors du bombardement de Courtrai en 1944 (voir étude sur Catalogue de vente de Drouot du mercredi 26 novembre 2006, pp 54-56.ou une analyse dans le Compte-rendu du salon d'exposition de Bruxelles, 1836 de Louis Alvin, pp16-30).

Liens externes

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