Bataille de Yarmouk

Bataille du Yarmouk

Avancée Arabe
Informations générales
Date 20 août 636
Lieu Rivière Yarmuk, Sud de la Mer de Galilée en Palestine
Issue Victoire des Arabes qui occuperont, en 638, Jérusalem
Belligérants
Empire Byzantin Les Arabes
Commandants
Théodore, frère de l'Empereur Héraclius Khalid ibn al-Walid
Forces en présence
près de 40000 (120000 selon les plus grandes estimations) puis 28000 (défection des alliés Ghassanides) près de 20000 puis 32000 (ralliement des Ghassanides
Pertes
peut-être la totalité (70000 sur les 120000 selon les plus grandes estimations) 3000 à 4000
Guerres entre Arabes et empire byzantin

En 636, l'empire byzantin affronte les armées musulmanes lors de la bataille du Yarmouk, dans le sud de la Syrie.

L'armée byzantine était une coalition regroupant des Grecs mais aussi des Arméniens des Slaves et des Arabes chrétiens. Les chiffres les plus divers ont été avancés à propos des effectifs engagés de part et d’autre dans cette bataille (jusqu'à 120 000 hommes pour les Byzantins). Il est cependant assez certain que les effectifs byzantins étaient au début de cette campagne de loin supérieurs à ceux des troupes musulmanes mais pour finir la victoire de ces derniers fut sans appel.

Sommaire

Les forces en présence

Les chiffres les plus vraisemblables (il s’agit d’un ordre de grandeur) seraient 40 000 hommes au départ pour la coalition byzantine et 20 000 hommes pour l’armée musulmane. Le double selon R.G.Grant.

Les 12 000 cavaliers ghassanides (des Arabes chrétiens dans l'armée byzantine) qui n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois, auraient fait défection (les musulmans leur ayant offert de payer leurs arriérés) privant ainsi les Byzantins de leur cavalerie légère. Cette défection aurait fait ainsi passer le nombre des coalisés byzantins de 40 000 à 28 000 hommes et les armées musulmanes de 20 000 à 32 000.

L'armée byzantine était commandée par le propre frère de l'empereur, Théodore, par l'arménien Georges et par un dénommé Bannes ou Behan. L'armée musulmane était commandée par Khalid ibn al-Walid, considéré comme le plus grand stratège arabe de l'époque. Parmi les musulmans il y avait alors depuis peu des Arabes chrétiens nouvellement convertis à l'islam, et comme ils avaient le teint clair, ils purent se mêler aux troupes byzantines et en ramener à Khalid la nouvelle de l'imminence de l'attaque. Khaled mit aussitôt ses troupes en place. Les fantassins furent disposés en trois lignes, une première composée d'archers, la deuxième d'hommes armés de sabres, la troisième de porteurs de lances. Des cavaliers furent disposés dans les intervalles. Pour encourager ses hommes Khalid donna également à certains vétérans, soigneusement choisis à cet effet, l'ordre de réciter les versets du Coran appropriés, au moment du combat.

Le déroulement des combats

Le 30 août à l'aube la coalition byzantine avança en ordre de bataille. La première journée commença par quelques escarmouches ou des combats singuliers. Le combat du deuxième jour débuta par une attaque de l'aile gauche byzantine sur l'aile droite musulmane. Mais les musulmans tinrent bon et les Byzantins durent être renforcés par un deuxième bataillon puis un troisième. À ce moment-là une partie de l'aile droite musulmane se replia vers le centre et l'autre recula. Lorsque Khalid remarqua la chose, il lança une contre attaque sur l'aile gauche ennemie et parvint, après plusieurs furieux assauts, à rétablir la situation. Le troisième jour, l'aile gauche musulmane connut le même sort. Le quatrième jour est appelé « la journée des borgnes » et débuta par des combats singuliers au cours desquels les musulmans prirent l'avantage. La perte de plusieurs de ses capitaines parmi les plus valeureux mit le généralissime byzantin dans une rage folle et il ordonna à ses archers de tirer « cent mille flèches d'un seul trait ». Elles tombèrent comme de la grêle sur les musulmans qui comptèrent plusieurs centaines d'éborgnés et d'aveuglés.

Le cinquième jour un événement (tempête de sable ou brouillard) handicapa gravement les mouvement de la lourde coalition byzantine. Khalid donna alors aux commandants du centre et des deux ailes le signal de l'attaque générale, puis ordonna à Qaiss Ibn Habirah (le commandant de son deuxième corps de cavalerie) d'attaquer l'aile gauche byzantine, afin, par cette manœuvre, de priver l'infanterie ennemie de son appui. L'aile gauche byzantine était composée de Slaves qui se défendirent pied à pied mais, faute d'être appuyés par leur cavalerie, ils se rabattirent sur leur centre composé d'Arméniens. Le généralissime byzantin essaya de rassembler ce qui restait de sa cavalerie pour contre-attaquer mais sa cavalerie lourde ne put rivaliser avec la rapidité et la légèreté de la cavalerie musulmane.

« les troupes du sacellaire se retirèrent alors et les musulmans, profitant de l'occasion, engagèrent le combat. Un fort vent du sud soufflant au visage des Romains, une épaisse poussière les empêcha de voir l'ennemi, et cela fut la cause de leur défaite. Ils se précipitèrent dans les ravins du Yarmouk et y périrent presque tous.[1] »

— De Goeje citant Théophane à propos de la bataille, Fragmenta historicorum Arabicorum, Mémoires sur la conquète de la Syrie

Cette version est néanmoins contestée, tout comme celle qui veut que l'infanterie byzantine ait combattu enchaînée par groupe de dix. Il semble que ceci vienne en effet d'une banale erreur de traduction. Les hommes enchaînés sont peut-être tout simplement des hommes regroupés en formation serrée. Certains historiens estiment à 70 ou 120 000 morts les pertes byzantines (contre 3 ou 4 milles musulmans). D'après Tabari plus de 120 000 byzantins périrent dans le ravin de Yakouça et se noyèrent. Théodore, le frère de l'empereur Héraclius, fut tué. L'infanterie fut complètement anéantie et il ne resta que des cavaliers éparpillés dans toutes les directions, vers Damas, vers Césarée, vers Antioche et même vers Jérusalem. La défaite de Yarmouk bien que très nette n'affecta pas outre mesure les dirigeants de Constantinople, qui s'inquiétaient davantage du péril perse ou encore bulgare. Ce fut quand même la première d'une longue suite de victoires qui allaient finir par livrer aux musulmans tout le bassin méridional et oriental de la Méditerranée. La bataille du Yarmouk scella la suprématie arabe en Syrie du Nord, où la population chrétienne monophysite perçut l'avancée musulmane comme une libération du joug byzantin.

Bibliographie

  • R.G. Grant, (dir.), Batailles, Paris, Flammarion, 2005

Références

  1. Mémoires sur la conquète de la Syrie, Théophane cité par De Goeje, p. 113
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