Bataille de Ramillies

50°38′19″N 4°54′46″E / 50.63861, 4.91278

Bataille de Ramillies
King's Horse at Ramillies 1706.jpg
Les King's Horse à la bataille de Ramillies capturant un timbalier de cavalerie française.
Informations générales
Date 23 mai 1706
Lieu Ramillies (Belgique) (province du Brabant wallon)
Issue Victoire des Anglo-Hollandais
Belligérants
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la Bavière Électorat de Bavière
Flag of England.svg Royaume d’Angleterre
Provinces-Unies Provinces-Unies
Saint Empire romain germanique après 1400 Saint-Empire
Flag of Denmark.svg Royaume du Danemark et de Norvège
Commandants
Louis Nicolas de Neufville de Villeroy
Maximilien-Emmanuel de Bavière
John Churchill (Marlborough)
Hendrik van Nassau Ouwerkerk
Forces en présence
60 000 hommes 62 000 hommes
Pertes
13 000 morts ou blessés
6 000 prisonniers
1 066 morts
2 568 blessés
Guerre de Succession d'Espagne
Batailles
Carpi - Chiari - Crémone - Luzzara - Cadix - Cévennes - Friedlingen - Vigo (navale) - Kehl - Cap de la Roque - Ekeren - Spire - Schellenberg (Donauworth) - Höchstädt - Gibraltar - Höchstädt - Málaga - Marbella - Montjuïc - Barcelone - Eliksem - Cassano - Nice - Calcinato - Barcelone - Ramillies - Turin - Castiglione - Santa Cruz de Ténérife - Almanza - Xàtiva - Lérida - Gaeta - Toulon - Cap Lizard - Audenarde - Wijnendale - Lille - Malplaquet - Minorque - Gudiña - Douai - Almenar - Saragosse - Syracuse - Brihuega - Villaviciosa - Bouchain - Denain - Douai - Barcelone
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La bataille de Ramillies, livrée le 23 mai 1706, fut l'un des engagements majeurs de la guerre de Succession d'Espagne. La bataille fut un succès retentissant pour la coalition alliée, constituée par la république des Provinces-Unies, le royaume d'Angleterre et leurs « auxiliaires » danois sur l'armée franco-bavaroise. Elle fait suite à une année de campagnes indécises en 1705 au cours de laquelle l'excès de confiance de celle-ci et les hésitations bataves après le succès de Blenheim aboutirent à une campagne infructueuse le long de la Moselle qui contraignit le duc de Marlborough à renoncer à son plan de campagne en France. Cependant, en dépit de l'incapacité des Alliés d'emporter un succès décisif, Louis XIV souhaitait ardemment la paix, mais il la voulait toutefois à des conditions raisonnables. Dès lors, plutôt que de rester sur la défensive, les armées françaises passèrent à l'attaque sur tous les fronts.

L'année 1706 avait bien débuté pour les généraux de Louis XIV qui avaient remporté quelques succès préliminaires en Italie et en Alsace où le maréchal de Villars avait contraint le Margrave de Bade à la retraite au delà du Rhin. Louis poussait maintenant le maréchal de Villeroy à presser Marlborough et à forcer les Alliés à livrer bataille dans les Pays-Bas espagnols. Pour répondre aux vœux du roi, Villeroy sortit de Louvain à la tête de 60 000 hommes pour marcher de manière ostentatoire vers Zoutleeuw. Marlborough, tout aussi déterminé à chercher la bataille décisive, rassembla ses forces — quelque 62 000 hommes — près de Maastricht, avant d'avancer en direction de la Mehaigne et de la plaine de Ramillies où les Français, dans l'attente du choc, s'étaient déjà rangés en bataille.

En moins de quatre heures, l'armée de Villeroy fut totalement défaite. Les manœuvres subtiles et les changements de tempo de Malborough pendant la bataille — mouvements dont les commandants français et bavarois ne prirent conscience que trop tard — prirent totalement ses adversaires en défaut. L'armée franco-bavaroise céda et se débanda, subissant plus de 20 000 pertes. Après le succès du prince Eugène survenu par la suite lors de la bataille de Turin en Italie du Nord, les Alliés imposèrent ainsi à Louis XIV les plus importantes pertes en territoires et en moyens qu'il eût à subir pendant le conflit. De nombreuses villes et places tombèrent une par une aux mains des troupes de Marlborough et à l'issue de la campagne, l'armée française et ses alliées avaient été chassées des Pays-Bas espagnols — faisant de l'année 1706 l' « annus mirabilis » des Coalisés[1].

Sommaire

Contexte politique et militaire

Article détaillé : Guerre de Succession d'Espagne.

« Le roi, outré des mauvais succès de ses armes et qui avait mis son honneur à n'écouter rien sur la paix, dont toutefois il commençait à sentir tout le besoin, à moins qu'il n'eût la totalité de la monarchie d'Espagne pour le roi son petit-fils, avait fait les plus grands efforts pour avoir de belles et nombreuses armées et pour se procurer des victoires qui, malgré les suites de la bataille d'Hochstett, forçassent ses ennemis à terminer la guerre à son gré. Il avait excité le maréchal de Villeroy, en partant, à donner une bataille. Villeroy se sentit piqué d'être si souvent et si pressamment excité, crut qu'il y allait du sien de différer ; il se flatta de vaincre et se promit tout d'une victoire si passionnément désirée du roi, s'il n'en partageait la gloire avec personne. C'est ce qui le précipita à donner celle de Ramillies, de telle sorte que l'électeur de Bavière eut à peine le temps d'arriver à l'armée le matin même, sur le point du combat. »

— Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, Journal de la Cour du Roi Soleil

Carte des Pays-Bas pendant la Guerre de Succession d'Espagne. Le village de Ramillies se situe près de la Mehaigne, un affluent de la Meuse.

Après la désastreuse défaite de Blenheim en 1704, l'année 1705 avait apporté quelque répit à la France. Le duc de Marlborough escomptait par la campagne planifiée pour 1705 – une invasion de la France par la vallée de la Moselle – terminer le travail commencé à Blenheim et imposer la paix à Louis XIV mais son plan fut contrecarré tant par ses alliés que par son adversaire[2].

La réticence de ses alliés hollandais à voir leurs frontières dégarnies de troupes pour les engager dans un autre « coup » en Allemagne retira déjà partiellement à Marlborough l'initiative des opérations[2], mais la déclaration du margrave de Bade selon laquelle il ne pourrait pas joindre ses forces à celles du duc sonna le glas de son projet. Ce forfait était pour partie le résultat du soudain transfert de troupes depuis le Rhin vers l'Italie pour renforcer le prince Eugène de Savoie et, pour une autre, la conséquence de la détérioration de l'état de santé de Louis-Guillaume de Bade-Bade causée par des complications à une ancienne blessure au pied subie lors de la prise de Schellenberg[3]. Par ailleurs, Marlborough eut aussi à gérer les conséquences de la mort de l'empereur Léopold Ier en mai et de l'accession au trône du Saint-Empire romain germanique de Joseph Ier, ce qui ne pouvait qu'immanquablement compliquer les affaires de l'alliance[3].

La détermination de Louis XIV et les efforts de ses généraux ne firent qu'ajouter aux soucis de Marlborough[4]. Le maréchal de Villeroy, pressant le commandant hollandais, Lord Auverquerque, sur la Meuse, prit Huy le 10 juin avant de se présenter devant Liège. Avec le maréchal Villars fermement établi d'autre part sur la Moselle, le commandant allié – dont les approvisionnements se trouvaient dans un état critique – fut forcé d'annuler son projet de campagne le 16 juin. « Quelle disgrâce pour Marlborough d'avoir fait tant de vains mouvements sans aucun résultat ! » exulta Villeroy[5]. Après le départ de Marlborough pour le nord, les Français transférèrent des troupes de la Moselle pour renforcer Villeroy dans les Flandres tandis que Villars marchait sur le Rhin[6].

Les Alliés n'obtinrent que de faibles compensations à l'annulation de la campagne en Moselle, avec la victoire d'Eliksem, le franchissement des « Lignes du Brabant » dans les Pays-Bas espagnols et la reprise de Huy le 11 juillet, mais à la suite des hésitations et réticences des Hollandais, l'opportunité de contraindre la France à une bataille décisive échappa à Marlborough[7]. L'année 1705 se révéla donc fort décevante pour le duc dont les déconvenues militaires ne furent que partiellement compensées par ses entreprises sur le front diplomatique où, en démarchant les cours de Düsseldorf, Francfort, Vienne, Berlin et du Hanovre, Marlborough avait essayé de trouver de nouveaux supporters à la cause de l'alliance et d'obtenir promesses de prompte assistance pour les campagnes de l'année suivante[8].

Le Danemark resta neutre tout au long du conflit mais des troupes danoises, louées par les puissances maritimes, se révélèrent essentielles lors des succès alliés de Blenheim et Ramillies.

Les choix stratégiques des Alliés

Le commandant en chef allié John Churchill, 1er duc de Marlborough (1650–1722), par Adriaen van der Werff.

Le 11 janvier 1706, Marlborough était de retour à Londres après sa tournée diplomatique, ayant déjà planifié sa stratégie pour la campagne à venir.

La première option consistait en un transfert de ses forces des Pays-Bas espagnols vers le nord de l'Italie pour effectuer la jonction avec le prince Eugène dans le but de défaire les Français et de préserver ainsi le duché de Savoie d'une invasion[9]. La Savoie aurait alors servi de porte d'entrée en France par le biais des passages en montagne ou, à titre alternatif, de base arrière d'une invasion avec un support naval le long de la côte méditerranéenne par des opérations contre Nice et Toulon en connexion avec un effort accru des Alliés en Espagne[10]. Le duc sembla toutefois avoir préféré une reprise des opérations dans la vallée de la Moselle - où le maréchal Ferdinand de Marsin venait d'être promu au commandement des armées françaises - et de tenter une nouvelle fois une percée au cœur de la France[11]. Ces tergiversations prirent toutefois un caractère purement académique car, peu après l'arrivée de Marlborough aux Pays-Bas le 14 avril, de mauvaises nouvelles arrivèrent des autres fronts pressentis comme théâtres d'opérations.

Déterminé à démontrer aux Alliés que la France n'était pas encore abattue, Louis XIV s'activa à lancer une double offensive surprise en Alsace et dans le nord de l'Italie[12]. Sur ce dernier front, le maréchal de Vendôme écrasa les Impériaux le 19 avril à Calcinato, les refoulant en grand désordre. Les armées françaises se trouvaient dès lors en position d'entreprendre le siège de Turin depuis longtemps souhaité. En Alsace, le maréchal Villars surpris le margrave de Bade, capturant Haguenau et repoussant son adversaire au-delà du Rhin en menaçant ainsi Landau[13]. Échaudés par ces revers, les Hollandais se refusèrent à donner suite aux projets italiens du duc de Marlborough ou à toute option stratégique qui éloignerait son armée de leurs frontières[14]. Dès lors, dans le souci de maintenir la cohésion de l'Alliance, Marlborough se prépara à entrer en campagne aux Pays-Bas[14].

Marches d'approche

« Villeroy était posté à Louvain avec quatre-vingt mille hommes; au lieu de défendre la ligne de la Dyle, il voulut frapper un grand coup dès l'ouverture de la campagne; et, sans attendre Marsin qui lui amenait une division du Rhin, il s'avança entre Tillemont et Judoigne (sic), vers les sources des Ghètes, et rencontra l'ennemi entre la Mehaigne et la petite Ghète près de Ramillies »

— Théophile Lavallée, Histoire des Français depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830

[15]

Portrait de François de Neufville (1644–1730), duc de Villeroy, maréchal de France et commandant de l'armée franco-bavaroise, d'après Hyacinthe Rigaud.

Le duc quitta La Haye le 9 mai. « Dieu sait que je pars le coeur lourd » écrira-t-il six jours plus tard à son ami et allié politique en Angleterre, Lord Godolphin, « car je n'ai point l'espoir de faire quelque chose de considérable, à moins que les Français ne fassent ce que je pense qu'ils ne feront pas... » – en d'autres mots, chercher la bataille rangée[16]. Le 17 mai, Marlborough concentre ses troupes hollandaises et anglaises à Tongres, près de Maastricht. Hanovriens, Hessois et Danois, malgré leurs précédents engagements, trouvent ou inventent divers prétextes pour retarder leur intervention[13]. Marlborough envoie un appel au duc de Württemberg-Neuenstadt (en), Carl Rudolf, commandant du contingent danois, ainsi libellé : « je vous envoie ce courrier pour demander à votre Seigneurie d'amener par marche forcée sa cavalerie pour nous rejoindre au plus tôt »[17]. Par ailleurs, le roi de Prusse avait maintenu ses troupes dans leurs quartiers au-delà du Rhin en attendant que soit vidée la querelle l'opposant à La Haye à la cour de Vienne et aux États généraux des Provinces-Unies. Cependant, le duc n'envisagea pas la possibilité de voir les Français quitter leurs positions pour l'attaquer, même si Villeroy avait entre-temps reçu de substantiels renforts[18]. Il se trompa toutefois sur ce point : même si Louis XIV voulait la paix, il la souhaitait sur base de conditions honorables et avantageuses et pour cela il avait besoin d'une victoire sur le terrain qui aurait convaincu les Alliés que ses moyens militaires étaient encore respectables[19].

Après ses succès en Italie et sur le Rhin, Louis XIV espérait obtenir un résultat similaire dans les Flandres. Loin dès lors de se maintenir sur la défensive - et à l'insu de Marlborough, le souverain poussait sans cesse son maréchal à l'action. « Villeroy commença à penser que le Roy doutait de son courage » écrira par la suite Saint-Simon, « et il résolut dès lors d'engager toutes ses forces d'un coup dans l'intention de se réhabiliter. »[20]. En conséquence, Villeroy quitta Louvain à la tête de 70 bataillons et 132 escadrons de cavalerie en amenant 62 canons – force rassemblant quelque 60 000 hommes – et traversa la Dyle en cherchant l'affrontement avec son adversaire. De plus en plus confiants dans sa capacité de surpasser son vis-à-vis en qualité de commandement et aiguillonné par la détermination du roi de venger le désastre de Blenheim, Villeroy était, avec ses généraux, certain de la victoire. Il était d'ailleurs convaincu que Marlborough avait remporté la victoire de Blenheim par un coup de chance.

Aucun des adversaires n'avait réellement prévu l'affrontement à l'endroit et au moment où il survint[21]. Les Français s'avancèrent dans un premier temps vers Tirlemont comme pour menacer Zoutleeuw qu'ils avaient abandonné en octobre 1705, avant de faire conversion vers le sud en direction de Jodoigne, ce mouvement amenant l'armée de Villeroy sur la petite bande de terre entre la Mehaigne et la Petite Gette près des villages de Ramillies et de Taviers. Aucun n'avait non plus pris l'exacte mesure des déplacements et de la localisation précise de son opposant : Villeroy pensait encore le 22 mai que les Alliés se trouvaient à une pleine journée de marche alors qu'ils campaient à Corswaren attendant l'arrivée des escadrons danois tandis que Marlborough pensait Villeroy encore à Jodoigne alors qu'il approchait le plateau du Mont-Saint-André avec l'intention de s'établir près de Ramillies[21]. L'infanterie prussienne manquait toutefois à l'appel et Marlborough écrira à Lord Raby, le résident anglais à Berlin : « S'il plait à Dieu de nous donner la victoire sur l'ennemi, les Alliés seront peu redevables au roi (Frédéric Ier de Prusse) de leur succès »[22].

William Cadogan (en), Quartermaster-General (Chef d'État-major) du Duc de Marlborough.

Le lendemain, à une heure du matin, Marlborough détacha le général de cavalerie irlandais William Cadogan (en), son Quartermaster-General, avec une avant-garde pour reconnaître le terrain vers lequel l'armée de Villeroy se dirigeait, contrée bien connue du duc de par ses précédentes campagnes. Deux heures plus tard, il arrivait lui-même sur place à la tête du gros de son armée : 74 bataillons d'infanterie, 123 escadrons de cavalerie, 90 pièces d'artillerie et 20 mortiers, soit un total de 62 000 hommes[23]. Vers huit heures, après que Cadogan a dépassé Merdorp, ses forces viennent au contact d'un parti de hussards français fourrageant aux limites du plateau de Jandrenouille. Après un bref échange de tirs, les Français se retirent et les dragons alliés pressent vers l'avant. Profitant d'une brève éclaircie dans la brume, Cadogan aperçoit bientôt les lignes impeccablement rangées de l'avant-garde de Villeroy à quelque six kilomètres et envoie une estafette avertir Marlborough. Deux heures plus tard, le duc, accompagné par Lord Overkirk, le général Daniel Dopff et l'état-major allié rejoignent Cadogan pour apercevoir à l'horizon occidental les rangs serrés des troupes françaises se déployant pour la bataille sur un front de plus de six kilomètres[23]. Marlborough dira plus tard que « l'armée française lui apparut comme la meilleure qu'il ait jamais vue »[24].

La bataille

Le 23 mai 1706, jour de la Pentecôte, les deux armées se font face, les Franco-bavarois occupant les hauteurs. Profitant des dispositions du terrain et du déploiement favorable de son corps de bataille, le duc de Marlborough déplace ou engage méthodiquement quelque partie de ses troupes pour trouver le point faible de son adversaire. L'ayant localisé face à son aile gauche, il déclenche alors une vigoureuse attaque de cavalerie sur le flanc droit de son adversaire tout en menant des actions de diversion sur sa propre droite. Le maréchal de Villeroy tombe dans le piège : il dégarnit son flanc le plus faible pour renforcer les troupes engagées contre les Alliés dans d'autres secteurs moins décisifs. C'est alors que Marlborough envoie le gros de ses troupes sur la partie du front dégarnie par son adversaire, qu'il enfonce aussitôt. La bataille tourne rapidement à son avantage, l'armée de Villeroy, complètement désorganisée, se repliant en désordre et abandonnant près de 6 000 prisonniers.

Le champ de bataille

La Mehaigne est un petit affluent de la Meuse arrosant la Hesbaye.

Le champ de bataille de Ramillies est très semblable à celui de Blenheim, situé dans une vaste région de terres agricoles - la Hesbaye - peu encombrée de bois ou de haies[25]. L'aile droite de Villeroy s'appuie sur les villages de Franquenée et de Taviers, avec la petite rivière Mehaigne protégeant son flanc. Une vaste plaine ouverte large de quelque deux kilomètres s'étend entre Taviers et Ramillies, mais, à l'inverse de Blenheim, aucun cours d'eau ne vient la couper pour empêcher les manœuvres de cavalerie. Son centre est dominé par le village de Ramillies situé sur une légère éminence offrant une vue dégagée vers le nord et l'est.

L'aile gauche française est protégée par des terrains vagues et par la Petite Gette coulant dans une ravine encaissée. Sur la rive française, le terrain monte légèrement vers le village d'Offus sur lequel, avec celui d'Autre-Église plus au nord, s’appuie l'aile gauche de Villeroy. À l'ouest de la Petite Gette s'élève le Mont-Saint-André. Une autre plaine, surmontée par le plateau de Jandrenouille – sur lequel se masse l'armée alliée - s'étend vers l'est[25].

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Le déployement initial

À onze heures, Malborough ordonna à son armée de se déployer en bataille. À l'extrême droite, dans la direction de Folx, les bataillons et escadrons britanniques s'établirent en une double ligne près du ruisseau du Jauche. Le centre était formé par la masse des Hollandais, Allemands, Protestants suisses et infanterie écossaise – près de 30 000 hommes – faisant face à Offus et Ramillies. Face à Ramillies, le duc installa également une puissante batterie de trente pièces de 24-pounders, amenées sur places par des bœufs. D'autres batteries vinrent couronner la Petite Gette. À leur gauche, sur la large plaine entre Taviers et Ramillies – où Marlborough pressentit que se livrerait le combat décisif[27] – Overkirk rassembla les 69 escadrons de cavaleries hollandaise et danoise, supportés par 19 bataillons d'infanterie batave et deux pièces d'artillerie[28].

Entre-temps, Villeroy avait modifié son dispositif. Dans Taviers sur sa droite, il plaça deux bataillons du régiment suisse de Greder, avec un détachement avancé à Franquenée, le dispositif étant protégé par les accidents du terrain traversé par la Mehaigne qui prévenait ainsi un débordement flanquant par les Alliés[29]. Entre Taviers et Ramillies, il déploye 82 escadrons sous le commandement du général de Guiscard supportés par plusieurs brigades d'infanterie française, suisse et bavaroise. Le long de la ligne Ramillies–Offus–Autre Eglise, Villeroy positionne son infanterie wallonne et bavaroise, supportée par les 50 escadrons bavarois et wallons de l'Électeur de Bavière Maximilien II installés à l'arrière sur le plateau de Mont-Saint-André. Ramillies, Offus et Autre-Eglise furent bien garnis de troupes et mis en état de défense avec les chaussées barricadées et les murs percés de meurtrières[30]. Villeroy installa également de puissantes batteries près de Ramillies, ces canons couvrant les approches du plateau de Jandrenouille par lesquelles l'infanterie alliée devait passer.

Marlborough nota cependant quelques faiblesses dans le dispositif français[31]. S'il est tactiquement impératif pour Villeroy d'occuper Taviers à sa droite et Autre-Eglise à sa gauche, en procédant de cette manière, il a considérablement étiré ses forces[32]. Plus encore, le dispositif français – concave face à l'armée alliée – permet à Marlborough de former une ligne plus ramassée, déployée sur un front plus court entre les pointes de l'arc français permettant ainsi de délivrer une poussée plus compacte et puissante. Accessoirement, ce déploiement lui offrait la possibilité de repositionner plus facilement ses unités par le jeu des lignes intérieures, un avantage tactique qui allait se révéler déterminant pour la suite de la journée[32]. Bien que Villeroy disposait de la possibilité d'envelopper les flancs alliés deployés sur le plateau de Jandrenouille – menaçant ainsi la Coalition d'encerclement – le duc diagnostiqua de manière très pertinente que le commandement français, très prudent comme à son habitude, entendait avant tout livrer une bataille défensive le long de sa ligne[33].

Au sud : le combat de Taviers

À treize heures, les batteries donnèrent et un peu plus tard, deux colonnes alliées surgirent des extrémités de leurs lignes pour mener l'assaut contre les ailes de l'armée franco-bavaroise[34].

Au sud, les gardes hollandaises, menées par le colonel Wertmüller, s'avancèrent avec leurs deux canons de campagne pour s'emparer du hameau de Franquenée. La petite garnison suisse, bousculée par cet assaut soudain et abandonnée par les bataillons déployés en arrière, fut rapidement refoulée sur le village de Taviers. Taviers était une position-clé dans le dispositif franco-bavarois : il protégeait le flanc de la cavalerie du général de Guiscard exposé du côté de la plaine tout en permettant à l'infanterie française de menacer ceux de la cavalerie hollando-danoise pendant son déploiement[35]. Les Suisses avaient à peine rejoint leurs camarades occupant le village que les gardes hollandaises l'attaquaient à son tour. Le combat dans la bourgade tourna rapidement en une furieuse mêlée à la baïonnette et à l'empoignade mais la puissance de feu supérieure des Hollandais fit pencher la balance en leur faveur. Le très expérimenté colonel de l'armée française Jean Martin de la Colonie, assistant à la scène depuis la plaine, écrira par la suite : « ce village vit l'ouverture de l'engagement et le combat là fut presque aussi meurtrier que tout le reste de la bataille »[36] Vers quinze heures, les Suisses étaient chassés du village et repoussés dans les marécages situés derrière lui.

L'aile droite de Villeroy sombra dans le chaos et était désormais exposée et vulnérable[37]. Avisé de la situation, de Guiscard ordonna une attaque immédiate avec 14 escadrons de dragons français stationnés à l'arrière. Deux autres bataillons du Régiment de Greder furent également engagés, mais l'attaque fut mal coordonnée et s'étiola. Le commandement coalisé envoya alors des dragons hollandais démontés dans Taviers, d'où, avec les gardes hollandaises et leur canons de campagne, ils arrosèrent les troupes françaises d'un feu de mousqueterie et de boîtes à mitraille, le colonel d'Aubigni tombant ainsi mortellement blessé à la tête de son régiment[38].

Alors qu'un flottement se faisait sentir dans les rangs français, les escadrons de tête de la cavalerie danoise, maintenant à l'abri de tout tir en écharpe partant des villages, furent lancés à l'attaque et tombèrent sur le flanc exposé de l'infanterie et des dragons franco-suisses[39]. De la Colonie, avec son régiment de Grenadiers Rouges réunis à la garde de Cologne, ayant reçu l'ordre de se porter en avant depuis sa position au sud de Ramillies afin d'appuyer la contre-attaque défaillante ne put que constater le chaos en arrivant sur place : « mes troupes ne conservèrent que difficilement leur cohésion quand les Suisses et les dragons qui nous avaient précédé refluèrent sur mes bataillons dans leur fuite... Mes propres hommes virent volte-face et les accompagnèrent dans leur repli. »[38]. De la Colonie réussit finalement à rallier quelques-uns de ses grenadiers, avec les restes des unités de dragons français et des Suisses des bataillons Greder mais il ne s'agissait là que d'une manœuvre de détail n'apportant somme toute qu'un fragile secours au flanc droit malmené de Villeroy[40].

Au nord : les combats d'Offus et d'Autre-Eglise

Tandis que se développait au sud l'affaire de Taviers, le Comte d'Orkney (en) lançait la première ligne de son contingent anglais au-delà de la Petite Gette dans une attaque appuyée contre les villages fortifiés d'Offus et d'Autre-Eglise situés devant la droite alliée. Villeroy, se postant lui-même près d'Offus, surveilla anxieusement l'avance des Redcoats, gardant à l'esprit le conseil reçu le 6 de Louis XIV lui-même : « Prêtez une attention particulière à la partie de la ligne qui subira le premier choc des troupes anglaises »[34]. Obnubilé par cet avertissement, le commandant français commença à transférer des bataillons du centre vers sa gauche, en comblant les vides ainsi créés dans cette partie de son dispositif par des prélèvements compensatoires sur sa droite pourtant déjà affaiblie[39].

George Hamilton, 1st Earl of Orkney (en) (1666–1737), par Martin Maingaud. Il dirigea personnellement les attaques de l'infanterie anglaise contre Offus et Autre-Eglise.

Alors qu'ils descendaient les pentes douces de la vallée de la Petite Gette, les bataillons anglais se retrouvèrent nez à nez avec l'infanterie wallonne particulièrement disciplinée du major général de la Guiche, dépêchée vers l'avant depuis Offus. Après plusieurs salves de mousqueterie qui prélevèrent un lourd tribu dans les rangs anglais, les Wallons se retirèrent sur la ligne de crête en bon ordre. Cependant, les Anglais purent reformer leurs rangs sur la rive « française » du cours d'eau et gravir la pente de la berge en direction des bâtiments et barricades la couronnant[41]. La vigueur de l'assaut anglais fut telle qu'il menaça de percer la ligne des villages et de déboucher sur le plateau du Mont-Saint-André au-delà. Ceci se révéla cependant potentiellement dangereux pour l'assaillant qui se serait ainsi retrouvé à la merci des escadrons de cavalerie wallons et bavarois de l'Électeur de Bavière qui, déployés sur le plateau, attendaient l'ordre de faire mouvement[42].

Bien que la cavalerie britannique d'Henry Lumley (en) soit parvenue à se frayer un chemin dans la zone marécageuse entourant la Petite Gette, il devint évident aux yeux de Marlborough qu'il ne pourrait disposer ici d'une cavalerie suffisante et que la bataille ne pourrait donc être gagnée sur l'aile droite alliée[43]. En conséquence, il rappela l'attaque contre Offus et Autre-Eglise et pour être sûr qu'Orkney obéirait à ses ordres, Marlborough lui envoya son Quartermaster-General en personne pour les lui signifier. En dépit des protestations de son interlocuteur, Cadogan se montra inflexible et Orkney finit, de mauvaise grâce, par donner l'ordre à ses troupes de revenir sur leurs positions de départ sur les bords du plateau de Jandrenouille. Il est difficile toutefois de savoir si l'attaque d'Orkney n'était ou non qu'une feinte : selon l'historien David Chandler (en), il serait plus exact de parler de « coup de sonde » donné par Marlborough dans le but de tester les possibilités tactiques dans ce secteur du front[39]. Néanmoins, cette attaque avortée avait servi ses desseins : Villeroy avait porté toute son attention personnelle sur cette partie du champ de bataille et distrait vers celui-ci d'importants moyens en infanterie et cavalerie qui aurait été mieux employés dans le combat décisif au sud de Ramillies[44].

Ramillies

Le Duc de Marlborough à la bataille de Ramillies.

Entre-temps, l'assaut contre Ramillies avait pris de l'ampleur.

Le jeune frère de Marlborough, le général d'infanterie Charles Churchill (en), envoya quatre brigades pour attaquer le village soit 12 bataillons d'infanterie hollandaise sous les ordres des major-généraux Schultz et Spaar, deux brigades de Saxons sous ceux du comte Schulenburg (en), une brigade écossaise au service des Hollandais dirigée par le second duc d'Argyle (en) et une brigade de protestants suisses[45]. Les 20 bataillons français et bavarois occupant Ramillies, supportés par des dragons irlandais et une petite brigade de Gardes de Cologne et bavaroises, sous le commandement du marquis de Maffei (en), opposèrent une défense résolue, repoussant même d'emblée les assaillants en leur infligeant de lourdes pertes[46].

Voyant Schultz et Spaar faiblir, Marlborough ordonna à la seconde ligne d'Orkney - les bataillons danois et anglais qui n'avaient pas pris part à l'assaut contre Offus et Autre-Eglise - de faire mouvement vers le sud en direction de Ramillies. Profitant d'un léger repli du terrain dérobant ses troupes aux vues de l'ennemi, leur commandant, le brigadier-général van Pallandt, ordonna de laisser les étendards déployés sur les bords du plateau de Jandrenouille pour faire croire aux Français qu'elles n'avaient pas quitté leur position initiale. Ceux-ci restant dans l'expectative quant à l'importance et aux intentions des forces déployées face à eux sur l'autre berge de la Petite Gette, Marlborough lança tous ses moyens contre Ramillies et la plaine au sud. Villeroy continuait entretemps à diriger plus de réserves d'infanterie dans la direction opposée, vers son aile gauche, ne percevant que très lentement et tardivement la subtile manœuvre de changement d'aile de son adversaire[47]

Vers 15 heures 30, Overkirk fait avancer la masse de ses escadrons sur la plaine en appui de l'attaque de l'infanterie sur Ramillies. Les escadrons disciplinés des Alliés - 48 Hollandais supportés sur leur gauche par 21 Danois - avancèrent à allure modérée vers l'ennemi, en prenant soin ainsi de ne pas fatiguer prématurément leurs montures, avant de se lancer au trot pour gagner l'élan nécessaire à leur charge[48]. Le marquis de Feuquières, décrivant la scène, écrira après la bataille : « ils avancèrent en quatre lignes... En s'approchant, ils avancèrent leurs deuxième et quatrième lignes dans les intervalles des première et troisième lignes, de sorte qu'en approchant sur nous, ils formaient un seul front continu, sans espaces intermédiaires »[49]

Le choc initial fut favorable aux escadrons néerlandais et danois. Le déséquilibre des forces - aggravé par Villeroy qui continuait à vider les rangs de son infanterie pour renforcer son flanc gauche - a permis aux Alliés de rejeter la première ligne de cavalerie française sur ses escadrons de deuxième ligne. Cette dernière se retrouva à son tour mise sous sévère pression pour être finalement elle aussi refoulée sur la troisième et les quelques bataillons qui restaient sur la plaine[50]. Mais ces cavaliers français comptaient parmi l'élite de l'armée de Louis XIV - la Maison du Roi [note 1] - appuyés par quatre escadrons de cuirassiers d'élite bavarois. Bien dirigée par de Guiscard, la cavalerie française se rallia, refoulant les escadrons alliés par quelques contre-attaques locales victorieuses[51]. Sur le flanc droit d'Overkirk, près de Ramillies, dix de ses escadrons rompirent soudain les rangs et furent dispersés, courant tête baissée vers l'arrière pour retrouver leur ordre et laissant le flanc gauche de l'attaque des Alliés sur Ramillies dangereusement exposé. Malgré l'absence de soutien d'infanterie, de Guiscard jeta ses cavaliers en avant en une tentative de diviser l'armée alliée en deux. Une crise menaçait le centre allié mais Marlborough, bien placé, réalisa rapidement la situation [43]. Le commandant allié rappela dès lors la cavalerie de son aile droite pour renforcer son centre, ne laissant que les escadrons anglais en appui d'Orkney. Sous couvert du nuage de fumées et exploitant adroitement un terrain favorable, ce redéploiement passe inaperçu aux yeux de Villeroy, qui ne fait aucune tentative de transfert de l'un de ses 50 escadrons inutilisés[43].

En attendant l'arrivée des renforts frais, Marlborough se jeta lui-même dans la mêlée, ralliant une partie de la cavalerie hollandaise qui reculait en désordre. Mais son implication personnelle mena presque à sa perte. Quelques cavaliers français, en reconnaissant le duc, s'avancèrent dans sa direction. Le cheval de Marlborough chuta et le duc fut jeté à terre - « Milord Marlborough fut culbuté  », écrira plus tard Orkney[52]. Ce fut un moment critique de la bataille : « Le major-général Murray ... le voyant tomber, marcha en toute hâte avec deux bataillons suisses pour le sauver et arrêter l'ennemi, qui bousculèrent tout sur leur chemin » se souviendra plus tard un témoin oculaire[53]. Fort heureusement, le tout nouvel aide de camp de Marlborough, Robert, 3ème vicomte Molesworth, arriva à la rescousse au galop, hissa le duc sur son cheval et réussi à l'évacuer avant que la troupe disciplinée de Murray ne rejette les cavaliers français le poursuivant[53]. Après une courte pause, l'écuyer de Marlborough, le colonel Bringfield (ou Bingfield), lui amena un cheval de rechange, mais tout en aidant le duc à se remettre en selle, le malheureux Bringfield fut frappé par un boulet de canon qui lui arracha la tête. Une anecdote raconte que le boulet a filé entre les jambes du capitaine-général avant de frapper l'infortuné colonel, dont le corps est tombé aux pieds de Marlborough[53].

Néanmoins, le danger était passé, ce qui permit au duc d'assister au déploiement des renforts de cavalerie arrivant de son flanc droit - un dangereux changement dont Villeroy resta parfaitement inconscient[54].

La percée

Il était environ 16 heures 30, et les deux armées étaient étroitement au contact sur les six kilomètres de front, entre les escarmouches dans les marais dans le sud, le combat de cavalerie sur la vaste plaine, la lutte acharnée pour Ramillies au centre et autour des hameaux d'Offus et Autre-Eglise au nord où Orkney et de la Guiche se faisant face de part et d'autre de la Petite Gette étaient prêts à reprendre les hostilités.

Vue actuelle sur le tumulus d'Hottomont et la plaine qui l'entoure, théâtre du combat de cavalerie qui sera l'évènement majeur de la bataille.

L'arrivée des escadrons de renfort commençait à faire pencher la balance en faveur des Alliés. La fatigue, le nombre croissant des pertes et l'infériorité numérique des escadrons de Guiscard combattant dans la plaine commençaient à peser[55]. Après de vains efforts pour tenir ou reprendre Franquenée et Taviers, le flanc droit de Guiscard était dangereusement exposé et une brèche fatale avait été ouverte sur la droite de la ligne française. Tirant avantage de celle-ci, la cavalerie danoise de Wurtemberg se porta vers l'avant pour tenter de percer le flanc de la Maison du Roi, occupée à essayer de contenir les Hollandais. Balayant tout sur leur passage sans presque rencontrer de résistance, les 21 escadrons danois se reformèrent derrière les rangs français près du Tumulus d'Hottomont, faisant face au nord vers le plateau de Mont-Saint-André en direction du flanc maintenant exposé de l'armée de Villeroy[56].

Les derniers renforts alliés pour le duel de cavalerie étant enfin en place, la supériorité de Marlborough sur sa gauche ne pouvait plus maintenant être contestée et les évolutions rapides et inspirées de son plan de bataille en faisait indéniablement le maître de la lice. Villeroy tente alors, mais beaucoup trop tard, de redéployer ses 50 escadrons inutilisés, mais une tentative désespérée pour former une ligne de bataille faisant face au sud, entre Offus et le Mont-Saint-André, s'empêtre dans les bagages et les tentes du camp français négligemment laissés là après le déploiement initial[57]. Le commandant allié ordonna à sa cavalerie de se porter en avant contre la cavalerie franco-bavaroise maintenant surclassée numériquement. Le flanc droit de de Guiscard, sans un soutien d'infanterie adéquat, ne peut plus résister à l'assaut et, tournant bride vers le nord, ses cavaliers prennent la fuite dans un complet désordre[58]. Même les escadrons que Villeroy est en train de rassembler derrière Ramillies ne peuvent résister à l'attaque. « Nous n'avions pas parcouru quarante yards en retraite quand les mots « Sauve qui peut » coururent à travers la plus grande partie, sinon toute l'armée, et tournèrent tout à la confusion » raconta le capitaine Peter Drake, mercenaire irlandais au service de la France[59].

Dans Ramillies, l'infanterie alliée, maintenant renforcée par les troupes anglaises ramenées du nord, a enfin percé. Le Régiment de Picardie a tenu bon mais a été pris en tenaille entre le régiment hollando-écossais du colonel Borthwick et les renforts anglais. Borthwick a été tué de même que Charles O'Brien, vicomte irlandais de Clare au service de la France, tombé à la tête de son régiment[60]. Le marquis de Maffei tenta une dernière résistance à la tête des Gardes de Bavière et de Cologne mais en vain. Remarquant un flot de cavaliers venant rapidement du sud, il raconta par la suite : «  Je suis allé vers le plus proche de ces escadrons pour donner mes ordres à ses officiers, mais au lieu d'être écouté, [je fus] immédiatement entouré et pressé de demander merci  »[61].

La débâcle de Villeroy

La citadelle de Namur que la France réussit à conserver à l'issue de la désastreuse campagne de 1706.

Les routes menant vers le nord et l'ouest étaient maintenant encombrées de fuyards. Orkney renvoya ses troupes anglaises au-delà de la Petite Gette pour un nouvel assaut contre Offus où l'infanterie de la Guiche avait commencé à sombrer dans la confusion[62]. À la droite de l'infanterie, les Scots Greys de Lord John Hay ont également franchi la rivière pour charger le régiment du Roi dans Autre-Église. « Nos dragons, poussant dans le village ... ont fait un terrible carnage à l'ennemi » écrira par la suite un officier anglais[62]. Les grenadiers à cheval bavarois et les Gardes de l'Électeur reculent pour protéger celui-ci et Villeroy mais sont dispersés par la cavalerie de Lumley. Coincés dans la masse des fuyards abandonnant le champ de bataille, les commandants français et bavarois échappent de justesse à la capture par le général Wood Cornelius, qui, ignorant tout de leur identité, dût se contenter de la capture de deux lieutenants-généraux de Bavière[63]. Plus au sud, les restes de la brigade de la Colonie se dirigent dans la direction opposée, vers la citadelle de Namur, tenue par les Français[64].

La retraite tourne à la déroute[65]. Les commandants alliés mènent personnellement leurs troupes à la poursuite de l'ennemi vaincu, ne lui laissant aucune chance de récupérer. L'infanterie alliée ne peut bientôt plus suivre, sa cavalerie la laissant au large dans la nuit tombante pour se précipiter sur les points de passage de la Dyle[66]. À la fin, cependant, Marlborough met un terme à la poursuite, peu après minuit, près de Meldert à 12 kilomètres du champ de bataille[66]. « C'était vraiment un spectacle affligeant de voir les tristes restes de cette puissante armée réduite à une poignée » constatera un capitaine anglais[67].

Ayant manifestement fait preuve d'une mésestimation coupable des mouvements et intentions de son adversaire et ensuite de manque de sang-froid en se laissant déborder par les évènements, le vaincu de Ramillies ne trouva aucune grâce aux yeux des mémorialistes du temps ni des historiens militaires français postérieurs. « Son trop de confiance en ses propres lumières fut plus que jamais funeste à la France » écrira Voltaire dans son Siècle de Louis XIV[68]. « Il eût pu éviter la bataille. Les officiers généraux lui conseillaient ce parti ; mais le désir aveugle de la gloire l'emporta. Il fit, à ce que l'on prétend, la disposition de manière qu'il n'y ait pas un homme d'expérience qui ne prévit le mauvais succès. Des troupes de recrue, ni disciplinées ni complètes étaient au centre : il laissa les bagages entre les lignes de son armée ; il posta sa gauche derrière un marais, comme s'il eût voulu l'empêcher d'aller à l'ennemi. »[69]. S'il admet plus loin que « l'histoire est en partie le récit des opinions des hommes », la charge acerbe, fondée sur une ré-interprétation a posteriori, de Voltaire n'en paraît pas moins excessive, Théophile Lavallée, faisant sienne l'opinion de l'illustre polémiste et philosophe rajoutant : « il prit des dispositions si mauvaises, qu'il semblait chercher une défaite... »[70]. « Le roi n'avoit rien tant recommandé au Maréchal de Villeroy que de ne rien oublier pour ouvrir la campagne par une bataille. » temporise Saint-Simon[71]. « Le génie court et superbe de Villeroy se piqua de ces ordres si réitérés. Il se figura que le roi doutoit de son courage puisqu'il jugeoit nécessaire de l'aiguillonner si fort ; il résolut de tout hasarder pour le satisfaire, et lui montrer qu'il ne méritoit pas de si durs soupçons. »[72]. Mais, selon ce dernier, Villeroy commit l'erreur de précipiter les choses sans attendre les renforts de Marsin, comme il le lui avait été recommandé par les ordres écrits pressants du souverain, ses pairs lui reprochant par ailleurs le choix d'un mauvais champ de bataille[73].

Les pertes françaises

Le nombre total des victimes françaises n'a pu être fixé avec précision, si complet a été l'effondrement de l'armée franco-bavaroise ce jour-là[74]. David Chandler dans ses ouvrages Marlborough as Military Commander et A Guide to the Battlefields of Europe donne pour décompte des victimes françaises les chiffres de 12 000 morts et blessés ainsi que quelque 7 000 prisonniers. James Falkner, dans Ramillies 1706: Year of Miracles, donne également le chiffre de 12 000 morts et blessés mais fait état de 10 000 prisonniers. The Collins Encyclopaedia of Military History, sous la plume de Dupuy, établit les pertes de Villeroy à 8 000 hommes morts et blessés, avec 7 000 autres capturés. Les mémoires de John Millner – « Compendious Journal » (1733) – sont plus précises en citant 12 087 tués ou blessés et 9 729 prisonniers. Dans son Marlborough..., Correlli Barnett (en) avance des chiffres totaux de pertes aussi élevés que 30 000 hommes - 15 000 morts et blessés et 15 000 captifs. Trevelyan estime les pertes de Villeroy à 13 000, mais il ajoute que « les désertions pourraient avoir doublé ce nombre ». La Colonie ne donne aucun chiffre dans ses Chroniques d'un vieux troupier mais Saint-Simon dans ses Mémoires fait état de 4 000 tués, ajoutant que « de nombreux autres ont été blessés et de nombreux personnages importants ont été faits prisonniers », tandis que Voltaire dans son Histoire du Siècle de Louis XIV écrit : « les Français ont perdu là vingt mille hommes ».

Les débris de l'armée de Villeroy étaient totalement démoralisés, le déséquilibre dans la balance des pertes subies démontrant plus qu'amplement le désastre connu par l'armée de Louis XIV. Par ailleurs, des centaines de soldats français avaient fui, la plupart d'ailleurs ne rejoignant plus leurs unités par la suite. Villeroy avait également perdu 52 pièces d'artillerie et tout son matériel de pontage du génie[74]. Selon les mots mêmes du maréchal Villars, la défaite française à Ramillies fut « la plus honteuse, la plus humiliante et la plus désastreuse des déroutes »[75].

Conséquences militaires et politiques

« Villeroy perdit la tête: il ne s'arrêta ni sur la Dyle, ni sur la Senne, ni sur la Dender, ni sur l'Escaut; il évacua Louvain, Bruxelles, Alost, Gand, Bruges, tout le Brabant, toute la Flandre; enfin il se retira sur Menin et jeta les débris de son armée dans quelques places. L'ennemi n'eut qu'à marcher en avant, étonné de ce vertige; il entra à Bruxelles, il entra à Gand; il prit Anvers, Ostende, Menin, Dendermonde, Ath. Il ne resta d'autres grandes places aux Français que Mons et Namur »

— Théophile Lavallée, Histoire des Français depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830

[76]

Conséquences militaires

Le Duc de Marlborough se voit présenter les étendards capturés pendant la bataille.
Les remparts de Menin. La plupart des remparts, casemates et poternes visibles à l'heure actuelle datent de la période hollandaise mais ont été établis sur les fortifications construites par Vauban.

Après la victoire des Alliés à Ramillies, les villes et places belges tombèrent les unes après les autres entre leurs mains : Louvain tomba le 25 mai 1706 et trois jours plus tard, ils entraient à Bruxelles, alors capitale des Pays-Bas espagnols. Marlborough réalisa la grande opportunité que lui offrait sa victoire : « Nous avons maintenant tout l'été devant nous et avec la bénédiction de Dieu, je ferai le meilleur usage de celui-ci » écrit le duc à Robert Harley (en) depuis Bruxelles[77]. Malines, Lierre, Gand, Alost, Damme, Audenarde,Bruges, et Anvers le 6 juin, toutes passent ensuite aux mains de l'armée victorieuse de Marlborough et, comme Bruxelles, se choisissent le candidat autrichien pour le trône d'Espagne, l'archiduc Charles, pour souverain. Villeroy est impuissant à arrêter le processus d'effondrement. Lorsque Louis XIV apprend la catastrophe, il rappele le maréchal de Vendôme du nord de l'Italie pour prendre le commandement dans les Flandres, mais il faudra des semaines avant que celui-ci ne change effectivement de mains.

La nouvelle du triomphe des Alliés se propageant, les contingents prussiens, hessois et hanovriens, longtemps retenus par leurs maîtres respectifs, se joignirent avec empressement à la poursuite des forces françaises et bavaroises en déroute, entraînant des commentaires assez désabusés de Marlborough[78]. Entre-temps, Overkirk s'était emparé du port d'Ostende le 4 juillet, ouvrant ainsi un accès direct à la Manche pour les communications et l'approvisionnement, mais les Alliés marquèrent le pas devant Termonde dont le gouverneur, le marquis de Valée (en), résistait obstinément. Ce n'est que plus tard, quand Cadogan et Churchill prirent les choses en main, que sa résistance fléchît[79].

Louis-Joseph de Vendôme prit officiellement le commandement en Flandre le 4 août[80]. Villeroy, son malchanceux et malheureux prédécesseur, ne recevra plus jamais de commandement important, déplorant amèrement : « Je ne peux compter un jour heureux dans ma vie sauf celui de ma mort »[81]. Louis XIV se montra cependant indulgent, consolant son vieil ami avec des paroles aimables : « À notre âge, maréchal, il ne faut plus s'attendre à bonne fortune »[82]. Pendant ce temps, Marlborough investit la formidable forteresse de Menin qui, après un siège coûteux, capitula le 22 août. Termonde a finalement succombé le 6 septembre, suivie par Ath - la dernière conquête de 1706 - le 2 octobre[83]. Au moment où se clôt la campagne de Ramillies, Marlborough avait privé la France de la plus grande partie des Pays-Bas espagnols (correspondants grosso modo à l'actuelle Belgique) située à l'ouest de la Meuse et au nord de la Sambre - un incomparable triomphe opérationnel pour le duc anglais[81].

Pendant que se déroulait cette funeste campagne des Flandres, sur le Haut-Rhin, Villars avait été contraint à la défensive à mesure que ses bataillons étaient envoyés un par un au nord pour renforcer les forces françaises engagées contre Marlborough, le privant ainsi de toute possibilité de reprendre Landau[84]. D'autres bonnes nouvelles parvinrent aux Coalisés d'Italie du Nord où, le 7 septembre, le prince Eugène avait mis en déroute une armée française devant Turin, chassant les forces franco-espagnoles de la région. Seule l'Espagne apporta quelques heureuses nouvelles à Louis XIV, António Luís de Sousa (en) ayant été forcé à la retraite hors de Madrid vers Valence, ce qui avait permis à Philippe V de rentrer dans sa capitale le 4 octobre. Dans l'ensemble, cependant, la situation avait considérablement empiré et Louis XIV commença à chercher le moyen de mettre fin à ce qui était en train de devenir une guerre ruineuse pour la France. Pour la reine Anne également, la campagne de Ramillies avait une importance capitale en permettant d'espérer la paix[85]. Mais des fissures dans l'unité des Alliés allaient permettre au roi de France de compenser certains des revers majeurs subis à la suite de Turin et de Ramillies[86].

Conséquences politiques

Suite à cette défaite Maximilien-Emmanuel de Bavière, gouverneur des Pays-Bas espagnols, est contraint d'abandonner définitivement Bruxelles et de se réfugier à Mons, puis en France.

La question politique immédiate qui se posait donc aux Alliés maintenant était de savoir comment régler le sort des Pays-Bas espagnols, un sujet sur lequel les Autrichiens et les Hollandais étaient diamétralement en conflit[87]. L'empereur Joseph Ier, parlant au nom de son jeune frère le roi Charles III qui se trouvait à ce moment en Espagne, fit valoir que le Brabant et la Flandre reconquis devaient être placés immédiatement sous l'autorité d'un gouverneur nommé par lui-même. Mais les Hollandais, qui avaient fourni la majeure partie des troupes et des fonds pour assurer la victoire - les Autrichiens n'ayant offert ni l'un ni l'autre, réclamèrent le gouvernement de la région jusqu'à la fin de la guerre et, une fois la paix revenue, le droit de maintenir des garnisons dans la ligne des forteresses plus fortes que celles déployées précédemment et qui n'avaient pu s'opposer efficacement aux forces de Louis XIV en 1701.

Marlborough joua les médiateurs entre les deux parties, mais en favorisant la position hollandaise. Pour influencer l'opinion du duc, l'empereur Joseph Ier lui offrit le poste de gouverneur des Pays-Bas espagnols. Il s'agissait d'une offre alléchante, mais au nom de l'unité des Alliés, Marlborough la refusa[88] En fin de compte, l'Angleterre et les Provinces-Unies assurèrent conjointement le contrôle du territoire nouvellement acquis pour la durée de la guerre, après laquelle il devait être remis sous l'autorité directe de Charles III, sous la réserve d'une présence militaire hollandaise dont les modalités devaient encore être précisée [note 2].

Après Höchstadt et Ramillies, le duc de Marlborough, assisté par les troupes autrichiennes du Prince Eugène, remportera la victoire d'Audernarde en 1708 sur le duc de Vendôme, et livrera l'année suivante la bataille très disputée de Malplaquet contre le maréchal de Villars.

Mémorabilia

  • Le duc de Marlborough étant devenu la bête noire des Français, ceux-ci inventeront la chanson bien connue « Marlbrough s'en va-t-en guerre,.. » afin de le dé-diaboliser.
  • Un monument dans l'aile nord de l'Abbaye de Westminster commémore la mort tragique du colonel Bingfield.
  • Cette bataille fut un modèle de stratégie dont, dit-on, Napoléon s'inspira à plusieurs reprises.
  • La victoire à Ramillies eut un grand retentissement en Grande-Bretagne : différents navires de la Royal Navy reçurent ainsi le nom de Ramillies comme nom de baptême. Par la suite, lors de la construction de la voie de chemin de fer entre Tamines et Landen en 1862, l'entrepreneur écossais E. Preston insista pour que la ligne passe en partie sur le territoire de la commune afin d'y construire une gare qui portera par la suite de nom « la Croix de Hesbaye »[89].
  • Le champ de bataille de Ramillies constitue, avec celui de Waterloo, un des sites militaires historiques majeurs de Belgique, riche par ailleurs de vestiges gallo-romains (chaussée romaine, tumulus) et il est aussi une étape importante sur les voies migratoires ornithologiques. Menacé par divers projets - dont notamment l'implantation d'un parc d'éoliennes - il fait l'objet de diverses actions en vue de son classement éventuel[90].

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

En français.
En anglais.

Voir aussi

Articles connexes

  • Gardes-Françaises
  • Gardes wallonnes
  • La bataille du 23 mai 1706 se déroula non loin du site gallo-romain du Tumulus d'Hottomont situé au sud du champ de bataille, derrière l'aile droite française. Point le plus élevé de la plaine, Villeroy y établit un moment son état-major.

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. La cavalerie de la Maison du Roi engagée à Ramillies comprenait les Gardes du Corps , le Royal Carabiniers, les Mousquetaires, la Compagnie des Grenadiers à Cheval et la Compagnie des Gendarmes.
  2. Les Hollandais espéraient que les Belges contribueraient au coût de la guerre et à l'entretien des garnisons. Par la suite, le sentiment d'oppression ressenti par les Belges amena de sérieux revers militaires quand, en 1708, Bruges et Gand changèrent de camp.

Références

  1. Voir entr'autres: Saint-Simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence — Volume 5, Chap. X, pp 168 et suiv. dans l'édition Hachette de 1856.
  2. a et b Barnett: Marlborough, p. 140
  3. a et b Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 154
  4. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 18
  5. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 157
  6. Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 298
  7. Barnett: Marlborough, p. 152
  8. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 164
  9. Barnett: Marlborough, p. 158
  10. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 102.
  11. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 169
  12. Barnett: Marlborough, p. 159
  13. a et b Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 168
  14. a et b Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 33
  15. p. 384.
  16. Barnett: Marlborough, p. 160
  17. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 38
  18. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 170
  19. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 103
  20. Saint-Simon: Memoirs, vol I, p. 298
  21. a et b Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 172
  22. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 104
  23. a et b Barnett: Marlborough, p. 161
  24. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 106
  25. a et b Barnett: Marlborough, p. 162
  26. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 177
  27. Barnett: Marlborough, p. 163
  28. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 173
  29. Falkner: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 50
  30. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 51
  31. Chandler: A Guide to the Battlefields of Europe, p. 30
  32. a et b Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 304
  33. Falkner: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 55
  34. a et b Chandler: A Guide to the Battlefields of Europe, p. 31.
  35. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 57
  36. La Colonie: The Chronicles of an old Campaigner, p. 306
  37. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 61
  38. a et b La Colonie: The Chronicles of an old Campaigner, p. 309
  39. a, b et c Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 175
  40. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 65
  41. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 69
  42. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 71
  43. a, b et c Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 176
  44. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 109
  45. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 75
  46. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 77
  47. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 78
  48. La Colonie: The Chronicles of an old Campaigner, p. 313
  49. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 80
  50. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 81
  51. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 82
  52. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 83
  53. a, b et c Barnett: Marlborough, p. 168
  54. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 85
  55. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 87
  56. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 177. Trevelyan qualifie cette charge de « manœuvre décisive de la journée »
  57. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 116. Quand la retraite devint générale, plus de catastrophes et de confusion résultèrent encore de la présence de ces voitures brisant leurs essieux dans la boue : l'artillerie ne put pas passer, entraînant la perte de la plupart des canons de Villeroy.
  58. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 92
  59. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 115
  60. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 94.http://www.triskelle.eu/lyrics/claresdragoons.php?index=080.010.020.030&rec=142 (Archive, Wikiwix, que faire ?)
  61. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 95
  62. a et b Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 98
  63. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 178
  64. La Colonie: The Chronicles of an old Campaigner, p. 316
  65. Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 306
  66. a et b Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 102
  67. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland p. 118
  68. Voltaire:Le Siècle de Louis XIV - Chap XX, p. 213 dans l'édition de Dodsley (1752)
  69. Voltaire:Le Siècle de Louis XIV, Id.
  70. Théophile Lavallée : Histoire des Français depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830 J. Hetzel et Paulin, 1842 Volume 3 p.333. Voir aussi son contemporain Charles-Théodore Beauvais de Préau, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français Livre VII, p.468 et suiv.
  71. Saint Simon : Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, Volume 5, p. 171 de l'édition Hachette 1856.
  72. Saint-Simon : Mémoires ... p.171
  73. Saint-Simon : Mémoires ... p.171-172.
  74. a et b Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 105
  75. Barnett: Marlborough, p. 170
  76. pp. 384-385
  77. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 179
  78. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 116
  79. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 118
  80. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 181. Lynn donne le 1er août
  81. a et b Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 308
  82. Falkner: Ramillies 1706: Year of Miracles, p. 119
  83. Chandler: Marlborough as Military Commander, p. 182
  84. Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 309
  85. « Now we have God be thanked so hopeful a prospect of peace ». Gregg : Queen Anne, p. 216
  86. Lynn: The Wars of Louis XIV, 1667–1714, p. 312
  87. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 132
  88. Trevelyan: England Under Queen Anne: Ramillies and the Union with Scotland, p. 135. Marlborough n'abandonna cependant jamais complètement l'espoir de devenir un jour gouverneur des Pays-Bas espagnols. C'est d'ailleurs cette ambition personnelle qui créa un sentiment de suspicion mutuelle entre le duc et les Hollandais.
  89. ASBL Ramillies 1706-2006
  90. la bataille pour la sauvegarde du site et son enjeu



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