Bataille de Narvik
Bataille de Narvik
Battle of Narvik.jpg
Reconstitution de la bataille.
Informations générales
Date du 10 au 13 avril 1940
Lieu Narvik (Norvège)
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau de Norvège Norvège
Drapeau de France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la Pologne Pologne
Drapeau : Allemagne Reich allemand
Commandants
Bernard Warburton-Lee
William Whitworth
Général Béthouart
Général Audet
Général Bohusz-Szyszko
Friedrich Bonte
Erich Bey
Eduard Dietl
Forces en présence
corps expéditionnaire mixte (naval et terrestre) :24 500 hommes 5 600 hommes
Pertes
343 tués 300 tués
Seconde Guerre mondiale
Batailles
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La bataille de Narvik est la première victoire alliée du début de la Seconde Guerre mondiale. Bataille navale puis bataille terrestre, après une mise à terre des troupes depuis une force maritime franco-britannique, elle a lieu en deux temps, les 10 et 13 avril 1940, ce qui fait parfois parler des batailles de Narvik, distinguant la première bataille et la seconde bataille de Narvik.

Un corps expéditionnaire composé des 6e et 27e demi-brigades de chasseurs alpins, 14e compagnie divisionnaire antichar et une section de radio de renforcement, aux ordres du colonel Béthouart, commandant la 6e demi-brigade puis d'un groupement de haute montagne qui prendra le nom de 13e demi-brigade de Légion étrangère, en majorité composée d'anciens républicains espagnols, et de bataillons de chasseurs polonais (Brigade autonome de chasseurs de Podhale) y furent engagés.

Sommaire

Déroulement

La campagne allemande en Norvège commence dès les premiers jours d'avril 1940. Narvik est la dernière cible stratégique pour les Allemands après avoir rapidement conquis le sud du pays. Ils arrivent à Narvik avec 10 destroyers et balayent sommairement les gardes-côtes faisant face à l'entrée du fjord.

Carte

Ils n'eurent que peu de répit une fois amarrés au port de Narvik puisque le 10 avril, 5 destroyers britanniques font leur apparition à l'entrée du fjord. Ils transforment le port en véritable cimetière pour bateaux. Cependant la flotte allemande parvient à les repousser mais accuse de sérieux dégâts.

Trois jours plus tard, les alliés envoient cette fois 8 destroyers et 1 cuirassé pour déloger l'expédition allemande. En infériorité, les Allemands reculent et sabordent leurs derniers navires dans le fjord pour sauver les marins rescapés. Ceux-ci se réfugient dans les montagnes enneigées qui bordent Narvik laissant la ville aux mains des alliés.

Quelques jours plus tard, les Alliés reçoivent des renforts et comptent désormais 24 500 hommes. Les Allemands sont 5 fois moins nombreux. Mais ces derniers, entraînés aux conditions de l'Arctique, résisteront jusqu'au départ des troupes alliées réquisitionnées pour la bataille de France. Ils reprendront ainsi la ville de Narvik jusqu'à l'invasion soviétique en 1944.

Enjeux

Narvik est un port norvégien par lequel transite le fer en provenance des mines de Kiruna, en Suède, par une ligne de chemin de fer qui lui est affectée. En hiver, il est le seul port praticable en raison des glaces qui obstruent les autres ports de la région, et offrant un accès direct à l'océan Atlantique par lequel le fer suédois peut être exporté. Or 50% des importations en fer de l'Allemagne proviennent de Narvik. Le Royaume-Uni en importe lui aussi, à hauteur de 10% de sa consommation globale.

L'objectif pour les Allemands est donc de sécuriser cette ligne d'approvisionnement et d'en priver les Britanniques. Pour les Alliés, il s'agit de la couper.

Contexte

L'Allemagne nazie a envahi la Norvège en avril 1940 afin de sécuriser le transport du fer suédois avant d'engager la bataille de France, le 10 mai. Les Alliés avaient quant à eux déjà pensé à occuper la Norvège afin de contrer les visées allemandes sans se décider. Belligérants : 24 500 soldats alliés contre 5 600 soldats allemands.

La Légion dans la bataille

Un groupement de haute montagne de la Légion étrangère est créé en Afrique du Nord et comprend : un état-major de groupement, une compagnie hors rang, une section de commandement et 2 bataillons du type haute montagne, l’un devant être formé par les 2e, 3e, 4e régiments étrangers (1er bataillon, CHR et CDT) l’autre par le 1er régiment étranger (2e bataillon). L’effectif de chaque bataillon comporte 930 officiers, gradés et légionnaires avec une section de skieurs. Le groupement de haute montagne est commandé par le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, qui deviendra Monclar lors de son ralliement aux FFL.

Le 22 mai, vers 23 h30, le colonel Magrin-Vernerey, les chefs de bataillon, les commandants de compagnie, le chef d’escadron du GAAC, participent à une reconnaissance au large de Langstrand. Ces officiers embarquent à Seynes, sur un ponton à moteur, puis sont ensuite transbordés sur le torpilleur britannique « Fame ». Le bâtiment met immédiatement le cap sur la pointe sud de la presqu’île de Narvik.

Le « Fame » contourne la presqu’île, longe à moins de 300 m les rives nord et pénètre dans le Rombaken. Il est violemment pris à partie par une pièce de 77 montée sur wagon plateau. Deux obus traversent la passerelle sans éclater. Restent seuls sur la passerelle le commandant de bord, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, le commandant Boyer-Resses et le capitaine Dimitri Amilakvari. Les canonniers se précipitent à leurs pièces. Le capitaine Amilakvari, qui a repéré l’objectif, commande le feu. En quelques minutes, le 77 est réduit au silence.

Le « Fame » passe lentement devant le mamelon d’Orneset. Au premier plan, ce mouvement de terrain se détache du massif imposant du Taraldsvik par un palier très prononcé où passe la voie ferrée. Les pentes est du mamelon, plongent doucement dans le Fjord. Cette plage est choisie par le général Béthouart comme point de débarquement.

La tête de pont sera organisée sur le mamelon d’Orneset. Plus au Sud, on distingue, au second plan, la Cote 79, qui masque la ville de Narvik. Derrière se profile la pointe de Lillevik.

Revenu à terre, le général Béthouart convoque ses subordonnés pour mettre au point les détails d’exécution de la manœuvre.

Le 26 mai, le commandant Boyer-Resses réorganise son bataillon. Quatre groupements de fusiliers et voltigeurs sont constitués. La compagnie d’accompagnement est partagée entre différents échelons. Le capitaine Guillemain fait mouvement dans la soirée, avec un détachement comprenant la section de commandement de la CAB 1, deux sections de mitrailleuses, la section d’engins et le groupement du lieutenant Boucher. Ils s’installent dans le bois au Sud-ouest de la Cote 115, pour y passer la nuit.

Le 2/13DBMLE et le GAAC, déjà en place, la première vague, comprenant le chef de bataillon Boyer-Resses, une section de mitrailleuses et la 3e compagnie, quittent les emplacements de repos vers 21 heures. La piste de Bjerkvik à Oijord est la seule voie de communication de la presqu’île. Elle longe les rives de l’Herjangfjord, au bas des montagnes enneigées. Le détachement s’écoule lentement en deux colonnes de chaque côté de la route. Des petits chevaux norvégiens traînent les voiturettes de mitrailleuses et de mortiers. Au milieu de la route passent rapidement des estafettes à motocyclette.

Le commandant Boyer-Resses, et son officier adjoint, le lieutenant Vichot, ont précédé le bataillon pour reconnaître les points d’embarquement à Seynes. Les pontons blindés attendent au bord de l’eau. Les premiers éléments arrivent et montent à bord avec beaucoup de difficultés. Le premier échelon est enfin embarqué vers 22h30. Dans la direction est, la flotte britannique se profile. L’enseigne de vaisseau Duff, officier de liaison, donne le signal du départ à 23h39. Un à un, les bateaux s’éloignent de la côte. La petite flottille dépasse bientôt la pointe d’Oijord. Arrivés à 300 m de la côte, les vaisseaux britanniques et le GAAC ouvrent le feu sur les entrées du tunnel, les remblais et les organisations susceptibles des résistances allemandes. L’ennemi, surpris, ne répond pas.

Les premières embarcations accostent. L'échelon de tête débarque aussitôt. La 3e compagnie, entraînée par le capitaine Gilbert et le lieutenant Burtin, gravit rapidement le piton d’Orneset. A mi-pente, les légionnaires sont arrêtés par le tir de soutien du GAAC. Le capitaine Gilbert envoie aussitôt la fusée « allongez le tir ». L’assaut reprend bientôt, les défenseurs du piton d’Orneset n’ont pas le temps d’utiliser leurs armes automatiques, peu efficaces dans cet amas de rochers. Quelques-uns résistent encore à la grenade. Impressionnés par le mordant des assaillants, rapidement débordés, ils abandonnent la position.

La 3e compagnie s’organise défensivement face à Narvik, au Sud-ouest et au massif du Taraldsvik, au Sud-est. Le chef de bataillon Boyer-Resses installe son poste de commandement à mi-pente du mamelon. Dans cette première phase de l’opération sur Narvik, les défenseurs d’Orneset sont prisonniers. Les légionnaires sont émerveillés par les installations. Chaque îlot allemand est relié par téléphone. D’importantes réserves de munitions, de vivres et de tabac sont stockées. Cependant, la deuxième vague du bataillon, comprenant la 2e compagnie et le reliquat de la compagnie d’accompagnement, procède à son embarquement sur la jetée d’Oijord.

Malgré les précautions prises par les légionnaires, un tir allemand, efficace et ajusté, est exécuté, par une pièce de 77 en batterie, sur la voie ferrée, dans la région du tunnel Djupviken. Le capitaine Guillemain, trois légionnaires sont tués ; plusieurs blessés graves jonchent la plage. Les barcasses blindées viennent se mettre à l’abri de la pointe de Toftmoen et l’embarquement du groupement Boucher se termine sans autre incident. Aussitôt débarquée, la 2e compagnie se porte, de part et d’autre du tunnel d’Orneset. Sous l’impulsion du capitaine de Guittaut, ancien chef de groupe franc de la campagne 1914-1918, du lieutenant Vadot, déjà blessé au combat de Bjerkvik, les légionnaires escaladent les pentes escarpées du Taraldsvik. Le groupement Boucher, qui colmate le dispositif entre la 2e et la 3e compagnie, face à Narvik, est soumis à des feux nourris. Dès son débarquement, le canon de 25 mm est traîné par ses servants à hauteur de la voie ferrée et aussitôt mis en batterie devant l’entrée du tunnel. Quelques coups bien ajustés obligent la garnison du tunnel, comprenant deux sous-officiers et huit marins allemands, à se rendre. La lutte continue plus âpre, l’ennemi étant remis de sa surprise.

L’intervention du bataillon de Norvégiens se fait attendre, la cadence d’embarquement étant de plus en plus lente. À son arrivée au poste de commandement, le chef de bataillon norvégien Ulmo, reçoit du commandant Boyer-Resses les renseignements sur la situation et le terrain. Protégés par la 2e compagnie et le groupement Boucher, ils doivent dépasser ces éléments et s’emparer de la Cote 457. Le mouvement s’effectue lentement.

Le colonel Magrin-Vernerey et une partie de son état-major ont rejoint le poste de commandement du bataillon, et reconnaissent du Piton d’Orneset le terrain d’attaque du 2e bataillon en direction de Narvik. Il est cinq heures environ, le commandant Paris, chef d’état-major du général Béthouart, vient prendre la liaison auprès du chef de bataillon Boyer-Resses. Après avoir apprécié les résultats obtenus par la Légion, il redescend vers la plage pour rejoindre le quartier général. À ce moment, une violente rafale de mitrailleuses provenant des crêtes dominant le tunnel, balaye le terrain conquis par les légionnaires. Le commandant Paris reçoit une balle en pleine tête. Il est tué.

Une contre-attaque, menée avec vigueur par deux compagnies, tombe sur les éléments du premier échelon. La lutte est dure. Les Allemands attaquent à la grenade et aux pistolets-mitrailleurs. Le capitaine de Guittaut, le lieutenant Garoux sont mortellement blessés. Privée de ses chefs, la 2e compagnie se replie légèrement. La section du lieutenant Jouandon, menacée sur trois côtés, tient bon et arrive à freiner la poussée ennemie. Le légionnaire Melis, au cri de « En avant la Légion », entraîne quelques voltigeurs. Les Norvégiens suivent. L’ennemi se replie en abandonnant ses morts. La fusillade reprend par intermittence. La situation reste confuse. Le chef de bataillon Boyer-Resses charge son officier adjoint d’aller examiner la position des éléments de l’échelon, de réorganiser le commandement des unités. Trois groupements, Boucher, Burtin et Vadot, sont formés sur place en fonction du dispositif des sections.

Le bataillon est très éprouvé, tant par la perte que par la fatigue due aux efforts incessants que la troupe a dû fournir pour progresser dans ce terrain chaotique. L’occupation et le nettoyage de Narvik sont effectués par le 2/13e DBMLE. L’ennemi, poursuivi par le 1er bataillon sur la voie ferrée de Narvik à Luléa, bat en retraite jusqu’à la station de Sildvik.

Sur ordre de l’amirauté britannique, le corps expéditionnaire français rembarque pour la France, le 7 juin 1940.

Suite et contexte

Article détaillé : Campagne de Norvège.

L'opération Alphabet, évacuation de Narvik par les Alliés, fait suite à la bataille de Narvik.

Sources

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Voir aussi

Bibliographie

  • (de) Daniel Gethmann, Das Narvik-Projekt : Film und Krieg, Bouvier, H. Grundmann, Bonn, 1998, 287 p. (ISBN 3-416-02778-7)
  • (en) Geirr H. Haarr, The German invasion of Norway : April 1940, Annapolis, Md. : Naval Institute Press, Annapolis, Md., 2009, 474 p. (ISBN 978-1-591-14310-9)
  • (en) Polish troops in Norway, a photographic record of the campaign at Narvik, published for the Polish Ministry of Information by M.I.Kolin (Publishers) Ltd. Londres 1943
  • (fr) La Légion étrangère à Narvik (avant-propos du général de Gaulle), Flammarion, Paris, 1945, 157 p.
  • (fr) Jean Mabire, La Saga de Narvik : combats au-delà du cercle polaire : printemps 1940, Presses de la Cité, Paris, 1990, 341 p. (ISBN 2-258-03147-8)
  • (fr) Johann Waage, La Bataille de Narvik (traduit du norvégien par Raymond Albeck), R. Laffont, Paris, 1965, 264 p.

Liens externes


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