Bataille de Dol-de-Bretagne

Bataille de Dol

Bataille de Dol
Informations générales
Date 20, 21, 22 novembre 1793
Lieu Dol-de-Bretagne, Pontorson, Antrain
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
France Républicains Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Pavillon LouisXIV.svg Chouans
Commandants
Jean Antoine Rossignol
François-Séverin Marceau-Desgraviers
François-Joseph Westermann
Jean-Baptiste Kléber
• François Muller
Bouin de Marigny
Henri de La Rochejaquelein
Jean-Nicolas Stofflet
Antoine-Philippe de La Trémoïlle de Talmont
Henri Forestier
Forces en présence
20 000 hommes 25 000 hommes
Pertes
~ 6 000 morts ~ 3 000 morts
Guerre de Vendée
Batailles
Première Guerre de Vendée (1793-1794)

1re Machecoul — Jallais — 1re Cholet — Pont-Charrault — 1re Pornic — 1re Sables d'Olonne — 2e Pornic — 2e Sables d'Olonne — Chemillé — Les Aubiers — Challans — Saint-Gervais — Vezins — Beaupréau — 2e Machecoul — Legé — Thouars — La Châtaigneraie — Palluau — 1re Fontenay-le-Comte — 2e Fontenay-le-Comte — 3e Machecoul — Saumur — 1re Luçon — Nantes — Parthenay — 1re Moulins-aux-Chèvres —1re Châtillon — Martigné-Briand — Vihiers — 2e Luçon — 3e Luçon — Chantonnay — Coron — Tiffauges — Pont-Barré — Montaigu — Saint-Fulgent — Clisson — Treize-Septiers — 2e Moulins-aux-Chèvres — 2eChâtillon — 1re Noirmoutier — La Tremblaye — 2eCholet 

Virée de Galerne

Laval — La Gravelle — Croix-Bataille — Entrammes — Ernée — Fougères — Granville — Pontorson — Dol — Angers — La Flèche — Le Mans — Savenay

Colonnes infernales

2e Noirmoutier — Gralas — Les Brouzils — Legé — 3e Cholet — Saint-Colombin — Les Clouzeaux — Les Ouleries — Chaudron-en-Mauges — Fréligné 


Deuxième Guerre de Vendée (1795-1796)

Yeu — Saint-Cyr-en-Talmondais — La Guyonnière


Troisième Guerre de Vendée (1799-1800)

Les Aubiers — La Flocellière — Chambretaud


Quatrième Guerre de Vendée (1815)

Châtillon — Aizenay — Saint-Gilles-sur-Vie — Les Mathes — Rocheservière — Thouars


Cinquième Guerre de Vendée (1832)

La Hautière — Le Chêne — La Penissière

La bataille de Dol lors de la guerre de Vendée fut en fait une successions de batailles qui dura trois jours et deux nuits dans les environs de Dol-de-Bretagne, Pontorson et Antrain.

Sommaire

Prélude

Pendant que l'armée vendéennes échouait à s'emparer de Granville, l'armée de l'ouest réorganisait ses troupes à Angers se remettant difficilement de sa défaite à la bataille d'Entrammes. Le général en chef Jean Léchelle, était de plus remplacé par le général Jean Antoine Rossignol après que Alexis Chalbos eût assuré l'intérim. Après 6 jours de réorganisation effectuée essentiellement par Kléber, l'armée était forte de 16 000 hommes. Cependant les officiers républicains durent supprimer l'armée de Mayence sur ordre du comité de Salut Public. Les Mayençais étant ensuite amalgamés à différents corps.

Le 12 novembre, l'armée fit sa jonction à Rennes avec 4 000 hommes de l'armée des côtes de Brest, de plus 6 000 hommes de l'Armée des côtes de Cherbourg dirigée par Charles Guillaume Sepher était en marche depuis la Normandie pour se joindre à l'armée de l'ouest.

Le 20 novembre, l'avant-garde républicaine, composée de cavalerie et commandée par Bouin de Marigny et François-Joseph Westermann lança une première attaque, sans en avoir reçut l'ordre, à Dol, que les Vendéens occupaient, mais fut repoussée et se replia à Pontorson.

Kléber exposa ensuite son plan aux représentants en mission Pierre Bourbotte, Prieur de la Marne et Louis Turreau. IL prévoyait d'encercler les Vendéens et de les prendre en étau grâce à la mer.

Cependant alors que ce plan venait d'être approuvé, les représentants reçurent une lettre de Westermann, celui-ci affirmait que si l'on passait immédiatement à l'attaque il était sûr de la victoire. Faisant fi du plan de Kléber, les représentants donnèrent aussitôt leur accord à Westermann.

La bataille

Le 21 novembre, à 1 heure du matin, les troupes de Westermann et Marigny se mirent en marche depuis Pontorson pour Dol-de-Bretagne tandis que les troupes de Marceau, parties depuis Antrain, faisaient route vers la même direction.

La progression des Républicains se fit en silence mais les Vendéens les repérèrent malgré tout. Les forces vendéennes se divisèrent en deux, la première dirigée par La Rochejaquelein se porta à la rencontre de Westermann, la deuxième dirigée par Stofflet alla s'opposer à la colonne de Marceau.

À quatre heures du matin, le combat s'engagea entre Stofflet et Marceau, l'affrontement dura trois heures mais Marceau finit par prendre le dessus, les Vendéens furent mis en déroute et se replièrent à Dol. Cependant les Républicains, gênés par la brume matinale n'osèrent se lancer à leur poursuite.

La fuite des Vendéens à Dol provoqua un grand mouvement de panique notamment auprès des femmes et des enfants qui étaient restés dans la ville. Mais comme à la bataille de Tiffauges, des femmes tentèrent de renvoyer leurs hommes au combat, mais cette fois-ci ce furent surtout les exortations des prêtres et notamment de l'abbé Doussin, qui parvinrent à rallier les soldats Véndéens.

Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein écrivit à ce propos dans ses mémoires:

« Les prêtres exercèrent une bien plus grande influence encore. C'est la seule fois que je les ai vus fanatiser les soldats , comme le disaient les républicains, en employant tous les moyens de la religion pour les animer. Et je ne concevrais pas qu'on pût leur en faire un reproche puisque le massacre était certain, et que l'humanité exigeait leur zèle. Pendant un instant où l'on faisait un peu de silence pour écouter le canon, le curé de Ste Marie de Rhé monta sur un tertre auprès de moi; il éleva un grand crucifix, et d'une voix de Stentor, se mit à prêcher les Vendéens. Il était hors de lui- même, et parlait à la fois en prêtre et en militaire: il demanda aux soldats s'ils auraient bien l'infamie de livrer leurs femmes et leurs enfants au couteau des Bleus : il leur dit que le seul moyen de les sauver était de retourner au combat « Mes enfans, disait-il, je marcherai à votre tête, le crucifix à la main; que ceux qui veulent me suivre se mettent à genoux, je leur donnerai l'absolution: s'ils meurent, ils iront en paradis ; mais les poltrons qui trahissent Dieu et qui abandonnent leurs familles, les bleus les égorgeront, et ils iront en enfer[1]. »

2 000 Vendéens repartirent alors au combat sous les cris de « Vive le Roi! Nous allons au paradis![2] ».

De son côté Marceau reçut les troupes de François Muller en renfort, mais celui-ci était îvre, ainsi que plusieurs de ses soldats qui jetèrent le désordre dans les rangs. Les Vendéens revenaient au combat, Marceau appela alors Kléber à l'aide. Celui-ci, accompagné de Rossignol arriva bientôt pour appuyer ses troupes, la bataille continuait dans une grande confusion lorsque les Vendéens attaquèrent les républicains sur leur flanc droit. C'était les troupes de Henri de La Rochejaquelein, qui était parvenu à surprendre Westermann et à le mettre en déroute. Dès lors les républicains furent obligés de battre en retraite et se réfugièrent à Antrain. Les Vendéens, épuisés, ne les poursuivirent pas et s'endormirent même sur le champ de bataille.

À 10 heures du soir, Stofflet fit réveiller ses hommes, il comptait bien achever la déroute des répulicains. Pendant la nuit, les Vendéens attaquèrent Antrain. Leur attaque, silencieuse, provoqua la panique des "Bleus" qui déroutèrent jusqu'à Rennes.

Plusieurs républicains se rendirent, mais à Antrain, les Vendéens apprirent le massacre de leurs blessés, dont de nombreuses femmes à Fougères, le 18 novembre. De plus plusieurs cadavres ou prisonniers républicains avaient le crâne tondu, marque de ceux qui avaient trahi leur serment de ne plus combattre les royalistes. Il s'en suivis par la suite une vague d'exécutions sommaire, freinée toutefois par La Rochejaquelein et notamment aussi par l'abbé Doussin. Plusieurs prisonniers furent libérés et renvoyés à Rennes.

Sources

  • Yves Gras, La Guerre de Vendée, éditions Economica, 1994, p.107-109.

Notes

  1. Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, p.354-355
  2. Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, p.355

Lien externe

  • Portail de la Révolution française Portail de la Révolution française
  • Portail de l’histoire militaire Portail de l’histoire militaire
  • Portail de la Bretagne Portail de la Bretagne
  • Portail de la Normandie Portail de la Normandie
Ce document provient de « Bataille de Dol ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Bataille de Dol-de-Bretagne de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Bataille de Dol — Vue d Antrain, gravure de Tome Drake. Informations générales Date 20, 21, 22 novembre 1793 Lieu Dol de Bretagne …   Wikipédia en Français

  • Bataille du Rocher de La Plochais — Bataille du Rocher de La Piochais Bataille du Rocher de La Piochais Informations générales Date 21 décembre 1795 Lieu Entre Landéan et Louvigné du désert Issue Victoire des Chouans Belligérants …   Wikipédia en Français

  • Bataille du Rocher de La Piochais — Le bataillon carré, peinture de Julien Le Blant, 1880. Informations générales Date 21 décembre 1795 Lieu Entre Landéan et Louvigné …   Wikipédia en Français

  • Bataille De Cholet — La déroute de Cholet, peinture de Jules Giradet. Informations générales Date 17 octobre 1793 Lieu Chole …   Wikipédia en Français

  • Bataille de Cholet — La déroute de Cholet, peinture de Jules Giradet. Informations générales Date 17 octobre 1793 Lieu Cholet Issue …   Wikipédia en Français

  • Bataille de cholet — La déroute de Cholet, peinture de Jules Giradet. Informations générales Date 17 octobre 1793 Lieu Chole …   Wikipédia en Français

  • Bataille De Formigny — Informations générales Date 15 avril 1450 Lieu Formigny (proximité de Bayeux) Issue Victoire française décisive …   Wikipédia en Français

  • Bataille de Formigny — Informations générales Date 15 avril 1450 Lieu Formigny (proximité de Bayeux) Issue Victoire franco bretonne décisive …   Wikipédia en Français

  • Bataille de formigny — Informations générales Date 15 avril 1450 Lieu Formigny (proximité de Bayeux) Issue Victoire française décisive …   Wikipédia en Français

  • De Kermoysan — La famille de Kermoysan est l une des plus anciennes familles de la noblesse bretonne. Famille d ancienne extraction chevaleresque, originaire du Finistère (Quimper Kermoisan), elle s est fixée au XIVe siècle sur la commune de Pommerit Le… …   Wikipédia en Français

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”