Bataille de Diégo-Suarez

Bataille de Madagascar

Bataille de Madagascar
(Opération Ironclad)
Débarquement à Tamatave.jpg
Soldats britanniques débarquant à Tamatave en mai 1942.
Informations générales
Date 5 mai 1942au 8 novembre 1942
Lieu Diego-Suarez, Madagascar
Issue Victoire alliée
Belligérants
Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni

Flag of Southern Rhodesia.svg Rhodésie du Sud
Flag of British East Africa.svg Afrique orientale britannique
Flag of South Africa 1928-1994.svg Afrique du Sud
Flag of Australia.svg Australie

Drapeau de la France État français (Vichy)

Japon Empire du Japon

Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Robert Sturges Drapeau de la France Armand Léon Annet
Forces en présence
10 000 -15 000
(forces terrestres)
8 000
(forces terrestres)
Japon : quatre sous-marins, deux sous-marins de poche
Pertes

  • 107 tués
  • 280 blessés
  • pertes totales : 620 hommes au total (avec les morts de maladies)

  • 150 tués
  • 500 blessés
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Craignant une isolation de l'Inde, les forces britanniques mènent, le 5 mai 1942, l'Opération Ironclad, appelée également Bataille de Madagascar ou Bataille de Diego-Suarez. C'est une invasion amphibie de la colonie française de Madagascar, sur Diego-Suarez, commandée par le gouverneur général vichyste Armand Annet en place depuis avril 1941.

Sommaire

Préambule

Au début de l'année 1942, les dirigeants des forces alliées pensent que les ports de Madagascar pourraient être utilisés par les Japonais.

Par ailleurs, les Allemands surveillent de près si le gouvernement de Vichy fait son possible pour maintenir le pays dans la neutralité.

Après la conquête de l'Asie du Sud-Est (à l'est de la Birmanie à la fin de février 1942), le haut commandement japonais se déplace vers l'Ouest. Les sous-marins de la flotte impériale japonaise se déplacent librement dans l'ensemble de l'océan Indien.

Du 31 mars au 10 avril 1942, les Japonais mènent des raids sur les ports britanniques dans l'océan Indien en particulier sur Colombo, Trincomalee et Batticaloa situés sur l'île de Ceylan.

Ce raid conduit les britanniques à déménager dans une nouvelle base, plus lointaine: Kilindini, proche de Mombasa, au Kenya.

De ce fait le passage de la flotte britannique ouvre aux Japonais un nouvel angle d'attaque.

S'ils utilisent les bases de Madagascar, les forces navales japonaises menaceront les lignes de communication alliées dans une région qui s'étend du Pacifique à la France, au Moyen-Orient et à l'Atlantique sud, affectant également le ravitaillement de la 8e armée et de la flotte britannique de l'Est, dans les océans Indien et Pacifique.

Les commandants britanniques décident de lancer un assaut amphibie sur Madagascar. Le plan est connu sous le nom de « Opération Ironclad ».

Les forces alliées s'appuient principalement sur la British Army et la Royal Navy. Elles sont commandées par le major-général Robert Sturges des Royal Marines.

Les forces alliées navales sont composées de plus de 50 navires, établis à partir de la Force H, de la British Home Fleet et de la flotte britannique de l'Est, commandée par l'amiral Edward Neville Syfret.

La flotte comprenait l'Illustrious, son navire-jumeau l'Indomitable et le vieux Ramillies afin de couvrir le débarquement.

Polémique

Cette opération contre Diego-Suarez, fut ressentie par les Français libres comme un second Mers-el-Kébir.

Cela fait des mois que le général de Gaulle invite les Britanniques à l’aider à intervenir à Madagascar. Ils ont à chaque fois refusé pour agir seuls et sans le prévenir.

Personne n’a jugé utile d’informer Charles de Gaulle de cette opération. Il l’apprend par un coup de téléphone d’un journaliste de l‘Associated Press, le 5 mai 1942 à 3 heures du matin !

Sa réaction, face à cette atteinte à la souveraineté nationale, sera rapide, violente, extrême et sans appel.

Pour lui, les Britanniques ne respectent pas les accords signés et abusent de la faiblesse momentanée pour évincer la France de ses colonies.

Au petit matin, de Gaulle se rend au Carlton Garden où il a convoqué tout son état-major. Il leur signifie  : « La France libre, c’est fini ! Engagez-vous dans l’armée canadienne, au moins vous combattrez les Allemands ».

Charles de Gaulle joue également la carte soviétique. Il reçoit Bogomolov, l’ambassadeur soviétique à Londres, puis rencontre Molotov qui l’assure du soutien de l’URSS à la France Libre. La constitution de l’escadrille Normandie Niemen, prévue auparavant, s’accélère.

Ces nouvelles sèment l’inquiétude à Downing Street et au Foreign Office.

De Gaulle a réussi son bluff.

Toutefois, la crise durera jusqu’en janvier 1943, date à laquelle les Forces françaises libres prennent enfin le contrôle de l’île. En effet à cette date, le général Paul Legentilhomme vient y installer le pouvoir gaulliste. Il sera remplacé en mai par le gouverneur général Pierre de Saint Mart.

L’opération Ironclad

Dans la nuit du 4 mai 1942, une puissante escadre, commandée par le contre-amiral Syfret, à bord du cuirassé Ramillies, appuyée par les porte-avions Illustrious et Indomitable, aux ordres du contre-amiral Boyd, arriva au large de la baie du Courrier face à Diego-Suarez.

La flotte britannique amarrée au large du port de Diego-Suarez

Le 5 mai 1942, à 5h10, des explosions de bombes et de torpilles détruisirent les quelques bâtiments de guerre français, qui se trouvaient dans le port de Diego-Suarez.

Certains avions lâchaient des tracts réclamant la reddition immédiate et inconditionnelle de l'île.

Tous les avions et les navires de la base furent détruits, à l'exception de l'aviso d'Entrecasteaux.

La garnison, sous le commandement du général Guillemet et du capitaine de vaisseau Maerten, d'environ 4 000 hommes, dont 800 européens réussit à contenir les assaillants durant toute la journée.

Les troupes britanniques ont débarqué dans la baie d’Ambararata et dans la baie Courrier, juste à l'ouest du grand port de Diego-Suarez, à la pointe nord de Madagascar.

Le général Sturges, commandant des troupes de débarquement, demanda au HMS Ramilllies d'éliminer le d'Entrecasteaux dont le tir précis empêchait le progression à terre.

Devant le surnombre l'aviso dû s'échouer, mais les canonniers continuèrent à riposter.

Pendant ce temps, une attaque de diversion, était organisée à l'est.

Sous le couvert de la nuit, le destroyer Anthony se glissa à l'intérieur du port et y débarqua un détachement de marines du Ramillies. Ceux-ci s'infiltrèrent en arrière des lignes et s'emparèrent de plusieurs points stratégiques.

L'attaque principale fut lancée au jour, le 6 mai, elle perça les défenses : au bout de quelques heures, la dernière batterie de côte se rendit.

Maquette de l'aviso d'Entrecasteaux. Musée national de la Marine, Paris

Le sous-marin le Héros, rappelé de l'escorte d'un convoi par le commandant Maerten, atteignit la baie du Courrier mais y fut attaqué par la corvette Genista, puis par des appareils de l'Illustrious. Il coula à 5 heures, le 7 mai, vingt-sept membres de son équipage trouvèrent la mort. Un autre sous-marin, le Monge, fut détruit le lendemain, après avoir essayer de torpiller l'Indomptable.

Le 7 mai, après de violents combats, les forces de Vichy se retirent vers le sud, Diego-Suarez est prise par les Britanniques.

Les sous-marins japonais I-10, I-16 et I -20 sont arrivés le 29 mai, trois semaines après le débarquement.

L'avion de reconnaissance de l’I-10 a repéré le HMS Ramillies ancré dans le port de Diego-Suarez, l'avion ayant été repéré, le Ramillies s’est déplacé. Toutefois l’I-20 et l’I-16 ont lancé deux sous-marins de poche, dont l'un a réussi à entrer dans le port et a tiré deux torpilles, malgré les grenades anti-sous-marines lancées par deux corvettes.

Une torpille a gravement endommagé le Ramillies, tandis que la seconde a coulé le pétrolier britannique Fidélité, qui fut renfloué plus tard.

Le Ramillies, a été, par la suite, réparé à Durban et Plymouth.

Leur sous-marin de poche (M-20b) échoué, à Nosy Antalikely, le lieutenant Saburo Akieda et maître Masami Takemoto, se déplacent à l'intérieur des terres, près du Cap Amber, pour se cacher. Toutefois, repérés, quand ils ont acheté de la nourriture dans un village, ils ont été tués dans une fusillade avec les Royal Marines, trois jours plus tard.

Le deuxième sous-marin de poche a été perdu en mer et le corps de l'un des membres d'équipage a été retrouvé, le lendemain.

La bataille de Madagascar

François Darlan alors chef du gouvernement de Vichy ordonne de résister jusqu'au bout, y compris par des actions de guérilla. Les hostilités se poursuivront pendant plusieurs mois.

En remplacement des deux brigades de la 5e division d'infanterie britannique transférées en Inde, le 22 juin, la Brigade de l’Afrique de l'Est (King's African Rifles), la 7e brigade motorisée Sud Africaine de la 3e division d'infanterie et la 27e Brigade d'infanterie Rhodésienne arrivent à Madagascar.

Le 10 septembre la 29e Brigade et un groupe de la 22e brigade débarquent à Majunga, dans le nord-ouest, afin de relancer les opérations offensives alliées.

La progression britannique est lente à cause, des petites escarmouches avec les forces armées de Vichy, et des dizaines d'obstacles érigés sur les routes principales. Toutefois les forces françaises combattent si mollement que c’est sans trop d'opposition que les alliés capturent la capitale, Antananarivo, puis la ville de Ambalavao.

Le 18 octobre, Andriamanalina tombe.

Le 8 novembre 1942, le gouverneur général Armand Annet capitule près de Ihosy, dans le sud de l'île[1].

Les Allemands peuvent avoir l'impression que Madagascar a été bien défendue. Sur les 1 200 Français faits prisonniers, 900 se rallient à la France libre.

Forces en présence

Pertes

Françaises

  • 150 tués
  • 500 blessés

Les navires français se trouvant dans la rade sont coulés :

Tous les appareils furent détruits sur le terrain d'aviation, soit :

Ces combats entraînent la mort de l’aviateur Jean Assolant qui avait établi la première liaison aérienne entre Madagascar et la métropole.

Sur 1 200 Français prisonniers, 900 se rallient à la France libre.

Britanniques

pertes totales :

  • 620 hommes au total (avec les morts de maladies) dont :
    • 107 tués (30 tués dans les opérations à l’intérieur de l’île).
    • 280 blessés (90 blessés dans les opérations à l’intérieur de l’île).

Bilan

Pendant toute la durée de l'opération, de Gaulle ne décolère pas.

Les FFL ne sont pas impliquées et, sur place, les Français qui se sont ralliés ne sont pas utilisés.

Interprétation 

On a l'impression qu'à la France de Vichy et à la France libre, s'ajoute une troisième France, administrée par les Anglais.

Si l'on considère, comme le fait Paxton, que l'opération de Madagascar est en quelque sorte une répétition pour tester la réaction de Vichy à une invasion alliée, comme ce sera le cas, quelques mois plus tard en Afrique du Nord, force est de constater que ce schéma de la troisième France est une préfiguration de la situation en Afrique du Nord entre novembre 1942 et avril 1943.

Le Général Paul Legentilhomme de la France libre est nommé Haut Commissaire pour Madagascar. Il sera remplacé en mai par le gouverneur général Pierre de Saint Mart.

Annexes

Bibliographie

  • Charles de Gaulle, Mémoires de guerre
  • Divers sites internet cités en Liens externes
  • Amiral Raymond Maggiar, Les Fusiliers Marins de Leclerc, France-empire, 1984

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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