Bataille de Belgique (1940)

Campagne des 18 jours

Campagne des 18 jours
Informations générales
Date 10 - 28 mai 1940
Lieu Belgique
Issue Victoire allemande
Belligérants
Flag of Germany 1933.svg Allemagne Flag of Belgium.svg Belgique
Commandants
Flag of Germany 1933.svg Fedor von Bock Flag of Belgium.svg Léopold III
Seconde Guerre mondiale, Bataille de France
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours‎
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La campagne des 18 jours débuta le 10 mai 1940 avec l'invasion de la Belgique par les troupes nazies.

  • La prise d'Ében-Émael. Au début de la campagne des 18 jours, se produisent deux faits contrastés et qui relèvent des surprises de la guerre. Tout d'abord, le Fort d'Ében-Émael, réputé imprenable est pris le 11 mai grâce à l'utilisation de charges creuses, des planeurs et des parachutistes. La nouvelle de la chute du fort porte un coup terrible au moral de l'armée qui, pourtant se reprend.
  • Surprenante résistance à Bodange.

À l'autre extrémité du pays, une petite compagnie de 50 chasseurs ardennais retranchés dans Bodange, non touchés par l'ordre de repli, résistent pendant huit heures à la masse des blindés allemands qui accomplissent de ce côté la véritable attaque. De fait, la 1re Division de chasseurs ardennais stationnait le long de toute la frontière entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg. Mais après avoir détruit les ponts et créé les obstacles de toutes les sortes à l'avance d'une armée blindée, elle avait l'ordre de se retirer, laissant la place à des unités françaises, en accord avec l'état-major français, Les 50 chasseurs de Bodange ne seront pas touchés par l'ordre de repli.

Les six premiers jours de la campagne: les panzers passent la Meuse
A la veille de la bataille de la Lys

Sommaire

Les panzers passent la Meuse, la Bataille de la Lys

L'héroïque et surprenante résistance de Bodange donne à penser. Il fallut, pour réduire cette poignée d'hommes pas moins de trois milles soldats allemands appuyés par un groupe d'artillerie et cela après huit heures de combat, alors que les 50 soldats ardennais ne disposaient ni d'armes antichars, ni de leur artillerie divisionnaire (motorisée) qui servait en fait d'appui à la 7e DI en place sur le Canal Albert. Ce fait démontre que l'armée allemande de 1940 n'était pas aussi invincible qu'on ne le croit.[1]

Il n'empêche que l'attaque des Allemands vers la Meuse (fleuve) (en direction de Sedan et Dinant) leur permettra, en raison de la défense médiocre des divisions françaises en Ardenne et sur la Meuse à Sedan et Dinant de couper les forces alliées en deux en parvenant à Abbeville, sur l'Atlantique, le 21 mai.

Le plan de l'armée belge était de se retirer derrière une ligne de défense allant d'Anvers à Wavre. Le trou entre cette ville et Namur (et sa position fortifiée: troupes et forts), était à combler également par des éléments français et alliés. Mais comme les panzers ont passé la Meuse dès le 13 et le 14 mai, la position fortifiée de Namur doit être abandonnée et même la ligne Anvers-Wavre. L'armée belge effectue son repli vers l'Escaut puis il est décidé qu'elle mènera une bataille d'arrêt sur la Lys (même si certains auteurs militaires belges estiment, comme le fit le général Weygand le 21 mai qu'il aurai mieux valu se battre sur l'Yser, coupure plus facile à défendre).

Malgré ces reculs qui s'opèrent en fonction de la situation générale (mais aussi, de la prise d'Ében-Émael qui a contraint plusieurs divisions à abandonner la défense de Liège et du Canal Albert), l'armée belge mène un combat déterminé (qui n'apparaît qu’a posteriori comme désespéré) durant 18 jours. Son artillerie est supérieure à l'artillerie allemande. Elle se défend courageusement à la bataille de la Lys la moitié des soldats tués dans la campagne des 18 jours le furent là : ce combat qui a pu être jugé vaillant par des Flamands admiratifs des régiments wallons: De Waalse regimenten die hier aan de Leie dapper vochten spreken dan ook vaak en terecht over La Lys Sanglante! (Tr.fr. Les régiments wallons qui se battirent ici, à la Lys, avec vaillance, parlent souvent et à juste titre de ‘’la Lys sanglante’’).

Dunkerque, défense, rembarquement jusqu'au 4 juin
Fichier:Dunirk arrival in england.jpg
Arrivée au Royaume-Uni des soldats, après l'évacuation de Dunkerque

La capitulation du 28 mai, la bataille de Dunkerque

La faiblesse au combat de certaines divisions d'infanterie flamandes, la reddition sans combat de certaines d'entre elles, la pression des bonnes troupes de l'armée allemande, expliquent que le front sur la Lys soit percé au milieu de la journée du 27 mai.

Dès ce moment, Léopold III envisage de capituler malgré l'opposition de son conseiller militaire, le général Raoul Van Overstraeten (cf. bataille de la Lys). Après la capture des forts par les soldats allemands (le dernier - le fort de Tancrémont-Pépinster résiste même jusqu'au 29 mai, par ignorance de l'acte de capitulation du 28), - suite à l'envoi d'un plénipotentiare dans les lignes allemandes où l'on demande de se rendre sans conditions et d'ouvrir l'accès à la mer, le roi Léopold III décide la capitulation, contre l'avis du gouvernement qui se réfugie à Londres. L'armée belge cesse le combat le 28 mai à 4h du matin.

Elle est capturée en sa quasi totalité. Mais les Français et les Britanniques vont défendre à proximité, un périmètre autour de Dunkerque jusqu'au 4 juin et gagner cette bataille de Dunkerque qui permettra le rembarquement des troupes britanniques et de nombreux Français. Pour le professeur Henri Bernard, une meilleure liaison avec les Alliés aurait permis à l'armée belge de tenir plus longtemps et de faire passer au Royaume-Uni jusqu'à l'équivalent de 5 ou 6 divisions. [2]

La campagne des dix-huit jours a coûté la vie à 12 033 belges, dont plus de la moitié étaient des civils. Pour les militaires belges, leur sort ne fut pas certain dès la capitulation. Les Allemands ne savaient pas encore ce qu'ils allaient faire d'eux. Ce fut la captivité qui fut choisie et à partir de la fin mai 225 000 furent transportés en Allemagne, en train ou en bateau. Les officiers furent internés dans les Oflags (Offizierslager), principalement à Prenzlau, Tibor et Lückenwalde. Les autres militaires furent envoyés dans les stalags (Stamm-lager camp de base).

Dans le cadre de la Flamenpolitik, Hitler libéra les miliciens, sous-officiers et officiers de réserve néerlandophones. De nombreux militaires francophones, dont pratiquement tous les Bruxellois, réussirent à passer le test linguistique et perçurent le Entlassingsschein leur permettant regagner leur foyer. Au total, quelques 70 000 militaires restèrent prisonniers jusqu'à la fin de la guerre, dont 2 500 néerlandophones.

Lien externe

Mémorial Mai 1940, Musée de la Bataille de la Lys, à Kuurne, près de Courtrai


Références

  1. Eric Simon, Que valait véritablement la Wehrmacht en 1940?, in Bulletin d'information, du Centre liégeois d'Histoire et d'Archéologie militaire, Tome IX, fascicule 6, Liège, juin 2005; pp. 53-71
  2. * Henri Bernard, Panorama d'une défaite, Duculot, Gembloux, 1984.
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