Bataille Du Pont Du Loc'h

Bataille du pont du Loc'h

Bataille du pont du Loc'h
Informations générales
Date 25 janvier 1800
Lieu Grand-Champ, Locqueltas, Locmaria
Issue Indécise
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Pavillon LouisXIV.svg Chouans
Commandants
• Olivier Harty Georges Cadoudal
Pierre Guillemot
Jean Rohu
Louis de Sol de Grisolles
Forces en présence
3 500 à 4 000 hommes
70 cavaliers,
2 canons
8 000 hommes
100 cavaliers,
2 canons
Pertes
300 morts
600 blessés
~ 100 prisonniers
(dont 32 fusillés, les autres relâchés)
400 morts
Chouannerie
Batailles
Virée de Galerne

Laval — La Gravelle — Croix-Bataille — Entrammes — Ernée — Fougères — Granville — Pontorson — Dol — Angers — La Flèche — Le Mans — Savenay


Première Chouannerie (1794-1795)

Mangolérian — Guémené-sur-Scorff


Deuxième Chouannerie (1795-1796)

Grand-Champ — Saint-Bily — Floranges — Argentré

Expédition de Quiberon

1erRocher de La Piochais — Tremblay — La Vieuxville — Boucéel — 1erSaint-James — 2eRocher de La Piochais — La Croix-Avranchin — Romagné — Romazy — Juvigné — Locminé — Saint-Hilaire-des-Landes — Le Bourgneuf — Valennes — Maison-neuve — Piré


Troisième Chouannerie (1799-1800)

Le Mans — Nantes — Saint-Brieuc — Vannes — Locminé — Mont-Guéhenno — Redon — La Tour d'Elven — 2eSaint-James — Pont du Loc'h — Les Tombettes


Quatrième Chouannerie (1815)

Sainte-Anne-d'Auray — Redon — Muzillac — Auray


Cinquième Chouannerie (1832)

Touchenault — Riaillé

La bataille du pont du Loc'h se déroula le 25 janvier 1800 et opposa les troupes républicaines aux Chouans.

Sommaire

Carte

Carte des lieux

Prélude

Le général républicain Olivier Harty était en poste à Vannes, prévenu de l'arrivée imminente du général Brune, Harty décida de tenter une attaque surprise pour dégager Vannes et briser le blocus de la ville qui mettait la population de la ville dans la misère. Harty, savait que les Chouans, dans les landes de Lanvaux, avaient accumulés des réserves de vivres abondantes, il espérait saisir les vivres pour ravitailler ses troupes, et par la même occasion, chasser Cadoudal de Grand-Champ qui était sa base principale, et ce, avant même l'arrivée du général Brune.

Le 22 janvier 1800, Harty se mit en marche à la tête de la majeure partie de la garnison de Vannes, soit 2 500 hommes issus des 22e et 81e demi-brigades, 70 cavaliers, Chasseurs à cheval et Gendarmes, ainsi que 2 pièces d'artillerie. Il fut rapidement rejoint par environ 1 000 hommes de la 52e demi-brigade venus d'Auray. Cette armée, forte de 3 500 à 4 000 hommes, prit la direction de Grand-Champ.

La bataille

Prise de Grand-Champ

Cadoudal, averti de cette avancée, et disposant de forces en sous-nombre, choisit de se replier sur Plaudren, les républicains furent donc maîtres de Grand-Champ sans avoir à combattre. Les réserves de vivres étant dispersées dans les fermes et villages environnants, Harty donna l'ordre de s'en saisir. Les habitants avaient pris la fuite face à l'avancée des républicains, l'ordre fut exécuté, mais la tâche allait prendre du temps.

Les chouans et les républicains étaient alors séparés par la rivière du Loc'h que deux ponts traversaient : celui de Penhoët et celui du Loc'h. Le premier n'était pas défendu et le deuxième, gardé par seulement 8 hommes. La cavalerie républicaine s'empara de ces deux ponts et les 8 défenseurs furent tous tués. Deux bataillons de la 22e, soit environ 1 000 hommes, prirent position sur le pont du Loc'h et les soldats de la 52e se postèrent sur le pont de Penhoët. Harty espérait également l'arrivée en renfort des généraux Gency et Grigny.

Mais Cadoudal n'était pas resté inactif et préparait une contre-attaque. Réfugié d'abord à Plaudren, puis au château de Beauchêne à Trédion, il rassembla les légions de Bignan, Vannes et Auray, de plus la Légion de Muzillac et de Redon commandée par Sol de Grisolles était en marche pour rejoindre le combat. Cadoudal s'aperçut également que les troupes républicaines étaient assez distancées et que Harty n'avait pas fait protéger la route de Vannes, un encerclement était donc possible. Dans la nuit du 24 janvier, les chouans se mirent en mouvement. Pierre Guillemot, à la tête de la légion de Bignan, franchit les collines qui séparaient la vallée de la Claye et celle du Loc'h et fit camper sa troupe à quelques centaines de mètres du pont du Loc'h, près du château de Coëtcandec et de la chapelle de l'Ermitage. Cadoudal, de son côté, gagna les landes de Parc-carré. Les chouans formaient un demi-cercle autour des lignes républicaines, si Sol de Grisolles arrivait à temps, les républicains étaient encerclés.

Attaque de Guillemot

Le 25 janvier, à 7 heures du matin, les chouans passèrent à l'attaque. Guillemot, à la tête de la légion de Bignan, attaqua d'abord le village de Kercadio, les républicains se replièrent immédiatement avec la perte de 5 hommes et se regroupèrent de l'autre côté de la rivière, et en un instant la rive droite fut prise. Rapidement les chouans parvinrent à traverser la rivière à Camezon et forcèrent les républicains à se replier encore. Si Sol de Grisolles était arrivé à ce moment, le 22e aurait été mis en déroute mais à ce moment Sol était encore loin, car un accrochage avec le général Grigny près de Muzillac le retarda. Depuis Locmaria, Harty avec des réserves se porta à la rencontre de Guillemot. Les deux troupes s'affrontèrent sur la lande de Morboulo, près de Locqueltas. Les combattants, dissimulés derrière des talus, échangèrent des tirs pendant une heure, jusqu'à ce qu’une colonne de chouans commandée par le lieutenant-colonel Gomez contourna et attaqua le flanc droit des républicains. Dés lors ce fut la débandade, les bleus prirent immédiatement la fuite vers Locmaria mais ils purent rallier les réserves ce qui les sauva du désastre. Une centaine de républicains furent tués dans cette action et une quarantaine d’autre furent fait prisonniers. Malgré tout, les républicains restaient en nombre et Guillemot furieux de ne pas avoir été appuyé par Cadoudal et surtout de ne pas avoir vu Sol de Grisolles apparaître, ne voulut pas sacrifier la vie de ses hommes, il rassembla ses forces et regagna ses positions initiales de la chapelle de l'Ermitage.

Attaque de Cadoudal

Cadoudal commandait les légions d'Auray et de Vannes. Guillaume Gambert se posta avec son bataillon près de Meucon afin de repousser d'éventuels renforts venus de Vannes. Sur le flanc droit les bataillon de Audran et de Duchemin occupèrent les villages de Brembis et de Trémériau. Les 1 200 grenadiers commandés par La Haye Saint-Hilaire avançaient sur la grand route. La légion d'Auray commandée par Jean Rohu arriva à proximité de Grand-Champ au moment ou les troupes républicaines quittaient le bourg pour combattre au pont du Loc'h. Si les chouans prenaient ce bourg, les républicains seraient pris à revers.

Cependant une méprise des grenadiers contrecarra la réalisation de ce plan. Le brouillard s'était levé le matin et Harty avait envoyé une colonne de 110 hommes du 52e escorter un convoi de 17 charrettes de grain pour Vannes. Les deux troupes se croisèrent entre Talhouët en Locmaria et Meucon, à cause du brouillard, les grenadiers chouans crurent avoir affaire à tout la demi-brigade et lancèrent l'attaque. Les républicains, totalement dépassés par le nombre prirent la fuite avec la perte de 17 hommes, tués ou prisonniers. 50 à 60 autres parvinrent à regagner Vannes sans encombre mais 33 autres, parvenant à percer les lignes chouannes, se retranchèrent dans le village de Guernic. Les 33 républicains réussirent à tenir leurs positions face à 800 chouans jusqu'à ce que des renforts venus de Vannes ne leur vinrent en aide et ne pousse les chouans à se retirer. Le retrait des grenadiers du champ de bataille fut très préjudiciable à la cause des chouans, Cadoudal eut beau envoyer courrier sur courrier à La Haye Saint-Hilaire, les grenadiers n'obéirent pas à leurs chefs, sans doute parce que Saint-Hilaire n'avait pris que récemment la tête de cette troupe, et que, originaire de Haute Bretagne, il ne parlait pas le breton.

Pendant ce temps, Harty avait envoyé sa cavalerie et 4 compagnies de la 52e soutenir le détachement. Il se heurta à la légion de Rohu. Cadoudal s'occupait alors de réorganiser ses forces, regroupant une partie des grenadiers ainsi que des soldats de Guillemot s'étant trop écartés lors de la poursuite. L'affrontement fut à l'avantage de Rohu, les chouans de la légion d'Auray, soutenus par deux canons, résistèrent à la décharge en se mettant à couvert puis lancèrent une charge victorieuse sur les républicains qui prirent la fuite.

Percée de Harty

Harty regroupa ses forces entre Locqueltas et Locmaria, seule la 22e restait au pont du Loch qu'elle avait réoccupée. Les républicains étaient de plus en plus resserrés et harcelés par les cavaliers chouans, aussi, le général décida de tenter une percée. Il était alors midi et le 3e bataillon de la 22e, épaulé par un canon, fut envoyé au secours des 4 compagnies de la 52e afin de protéger leur fuite. Les chouans de Rohu, dispersés dans la poursuite, durent reculer. Mais La Haye Saint-Hilaire parvint à regrouper le corps entier des grenadiers et put rejoindre les troupes de Cadoudal et Sol de Grisolles arriva enfin sur le champ de bataille. Une sortie tentée par la garnison de Vannes avait également été aisément repoussée. Les républicains étaient dans une situation critique mais les chouans manquaient d'organisation. Si Grisolles étaient enfin arrivé, ses soldats, épuisés et peu enthousiastes, ne voulurent pas passer à l'attaque, quelques autres compagnies, notamment celles d'Audran et Duchemin, agirent de même, quant à Guillemot, il ne réapparut pas.

Harty, constatant le manque d'entente entre les différents chefs chouans se décida à lancer sa percée. Le 1er bataillon stoppa le mouvement de contournement des chouans et tout le reste de l'armée, cavalier en tête, artilleurs au centre, et fantassins en queue chargèrent le centre des lignes chouannes. Les cavaliers chouans, la plupart anciens soldats républicains ayant désertés, chargèrent les chasseurs à cheval républicains: Rendus sur la lande nos hussards[1] désertés d'Hennebont se battirent avec acharnement contre leurs anciens camarades. Ils se connaissaient et on les entendait se provoquer et s'appeler par leurs noms. écrivit Rohu dans ses mémoires. La percée fut réussie mais les pertes furent lourdes et les républicains durent lutter jusque sous les murs de Vannes.

Conséquences

Au final, les chouans restaient maîtres du terrain mais n'avaient pu détruire l'armée de Harty. De plus, les républicains étaient parvenus à se saisir de grandes quantités de vivres. Les corps des chouans morts furent enterrés dans les cimetières de Locqueltas et de Locmaria, ceux des républicains furent enterrés dans les landes de Morboulo et du Burgo.

Selon Jean Rohu, les Chouans eurent 400 tués et il manquait 900 hommes aux Républicains au lendemain de la bataille. Un autre chouan, Le Louer, parla de 1 100 républicains tués. Cependant le rapport républicain n'avoua que 22 morts et 161 blessés contre 500 à 600 Chouans tués. Selon François Cadic les républicains eurent probablement 300 morts.

Les Chouans avaient également fait plusieurs dizaines de prisonniers pendant le combat. Si Guillemot donna la liberté aux soldats de lignes, il exigea des représailles pour les exécutions de 16 de ses hommes par des volontaires la veille de la bataille. Il fit donc fusiller les 32 volontaires capturés par ses hommes. Cadoudal fit libérer tous ses prisonniers et donna un écu de trois livre à ceux qui avaient été blessés.

Sources

  • François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, édition Terre de brûme.

Note

  1. Rohu fit erreur, il s'agissait en fait de chasseurs à cheval.
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