Basilique de Saint-Nicolas-de-Port
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Basilique Saint-Nicolas
Vue sur la façade en contre-plongée
Vue sur la façade en contre-plongée
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattaché à Diocèse de Nancy-Toul
Début de la construction 1481
Fin des travaux 1545
Style(s) dominant(s) Gothique flamboyant
Protection Monument historique (première liste de 1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Ville Saint-Nicolas-de-Port
Coordonnées 48° 37′ 54″ N 6° 18′ 14″ E / 48.63167, 6.3038948° 37′ 54″ Nord
       6° 18′ 14″ Est
/ 48.63167, 6.30389
  

La basilique de Saint-Nicolas-de-Port est une imposante basilique située à Saint-Nicolas-de-Port dans le département de la Meurthe-et-Moselle, en région Lorraine. De style gothique flamboyant, elle fut érigée aux XVe et XVIe siècles par René II duc de Lorraine et duc de Bar suite à sa victoire contre Charles le Téméraire, lors de la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, qui a permis à la Lorraine de rester indépendante.

Sommaire

Histoire

Au XIe siècle est rapportée à Saint-Nicolas-de-Port par Aubert de Varangéville une relique : la dextre bénissante de Saint-Nicolas (selon la tradition il s'agit de l'os d'une phalange de la main droite de l'évêque). Elle est conservée dans un bras reliquaire de la fin du XIXe siècle en argent, or, émaux et diamants. Une première église sera consacrée au saint au XIIe siècle.

Selon la légende, Cunon de Réchicourt un chevalier lorrain emprisonné en 1230 lors de la sixième croisade aurait été miraculeusement libéré de sa geôle dix ans plus tard par Saint-Nicolas. Transporté pendant son sommeil par le saint, il se réveilla devant le porche de l'église. Pendant la célébration de l'office qui suivit, les chaînes qui enserraient la taille et les membres du captif tombèrent d'elles-mêmes. Rentré dans son fief, le sire de Réchicourt ordonna qu'une procession ait lieu tous les ans, et on vit jusqu'à la Révolution une délégation des gens de Réchicourt lors de ces célébrations. (Cette « procession aux flambeaux » a encore lieu actuellement chaque année dans la basilique, le samedi le plus proche du 6 décembre, jour de la Saint Nicolas.)

La procession annuelle de la Saint Nicolas.

Rapidement le pèlerinage à Saint-Nicolas s'étend bien au-delà de la Lorraine, et le saint est considéré comme le saint patron des Lorrains. La légende veut que ce soit dans l'édifice précédent la basilique que vint se recueillir Jeanne d'Arc avant de partir porter son message au Dauphin de France. En réalité il est plus probable qu'elle soit passée à l'église Saint-Nicolas, afin d'y prier, après avoir rendu visite au Duc Charles II de Lorraine qui était très souffrant.

La victoire du duc René II face au « grand duc d'occident » Charles le Téméraire en 1477 lors de la Bataille de Nancy va déterminer le jeune souverain à faire édifier un édifice plus imposant pour symboliser le retour à l'indépendance de la nation Lorraine ainsi que sa reconnaissance au saint patron de la Lorraine. Le choix de Saint-Nicolas-de-Port qui s'appelait encore simplement Port fut évident, puisque la ville était le centre économique du Duché de Lorraine attirant de nombreux marchands de toute l'Europe lors des foires.

La construction de la basilique actuelle commence en 1481 en pierre calcaire blanche extraite des carrières de Viterne. Simon Moycet (14??-1520) en est le maître d'œuvre[2], et Valentin Bousch en est le maître-verrier[3].

L'édifice est inauguré presque achevé en 1544, la façade en 1545 et enfin elle fut consacrée en 1560 peu après que les deux tours-clochers, édifiées en 1544, aient reçu leurs premières coupoles de plomb.

Au cours de la guerre de Trente Ans, en novembre 1635, elle subit un grand incendie qui détruit la toiture et le mobilier et fait fondre le plomb de nombreux vitraux dont les verres s'effondrent. Noircies, bon nombre de peintures murales datant d'avant 1520 sont alors dissimulées sous un badigeon où elles seront redécouvertes lors de la restauration du XXe siècle. Une nouvelle charpente en chêne est posée vers 1664 et les tours sont recouvertes des nouveaux dômes d'ardoise en forme de bulbes qui subsistent actuellement.

En 1840, la basilique est inscrite sur la première liste des monuments historiques. Elle est consacrée basilique en 1950 par le Pape Pie XII.

Fortement détériorée lors de la Seconde Guerre mondiale par le bombardement du 19 juin 1940, elle est restaurée dès 1983 grâce au legs d'une riche Portoise mariée à un Américain : Camille Croué Friedman. La restauration prit quinze années pour redonner à l'édifice sa splendeur initiale.

Architecture

La nef
Clochers à bulbes de la Basilique

La basilique possède les proportions d'une véritable cathédrale de style gothique flamboyant (onze travées, une nef principale et deux latérales avec deux bas-côtés terminés par deux absidioles). Ces dimensions sont pour le moins impressionnantes :

  • une nef culminant à 30 m au-dessus du sol,
  • au niveau du transept : deux colonnes élancées de 21,50 m (les plus hautes de France) dont l'une est torsadée afin de masquer un faux aplomb de vingt centimètres,
  • deux tours de 85 et 87 m respectivement coiffées de clochers à bulbes.

L'édifice est d'une grande homogénéité de style, d'une sobriété rare à la fin de l'époque gothique, du fait de sa construction assez rapide (environ 60 ans) pour ses dimensions avec respect des plans initiaux. Elle possède d'harmonieux volumes. On y retrouve des influences champenoises dues au premier architecte, Michel Robin : le plan du chœur s'inspire de la basilique Saint-Urbain de Troyes et la coursière qui permet de faire le tour intérieur de l'édifice à la base des fenêtres basses, à sept mètres du sol, est un véritable passage champenois. Toutefois la tradition lorraine reste respectée puisqu'on peut noter l'absence de déambulatoire derrière le chœur ou les cinq pans de l'abside pourvus de très hautes fenêtres comme dans la cathédrale Saint-Étienne de Toul.

Particularité bien visible dès l'entrée : l'axe de la nef n'est pas rectiligne, mais accuse une déviation de six degrés vers la droite. Cette déviation a suscité quelques hypothèses, certaines fantaisistes, d'autres plus sérieuses notamment celle évoquée par Dom Calmet écrivant que « les bâtisseurs n'étant pas maitres du terrain ont cru devoir donner cette tournure à l'édifice ». Les contraintes cadastrales (disponibilité du terrain) semblent, encore à ce jour, être les meilleures candidates à l'explication de cette déviation.

À l'extérieur, côté nord, la déclivité du terrain a permis d'insérer, sous le sol des chapelles latérales, six loges ouvrant sur la rue et destinées à l'origine au commerce.

Vitraux, fresques et orgues

Une chapelle latérale
Le buffet de Joseph Cuvillier

Bien qu'une grande partie des vitraux ait été détruite pendant le saccage de la ville et l'incendie des toitures de l'église provoqué par les pilleurs en 1635, la basilique dispose encore d'une part non négligeable de vitraux XVIe siècle, œuvres attribuées à Valentin Bousch, Nicolas Droguet, Georges Millereau ou anonymes.

De nombreuses peintures sur pierre sont également visibles sur les colonnes (descente de Croix, Job, Saint Yves, Saint Martin, Sainte Aprône, Saint Didier) ou en fresques (ravissement de Sainte Marie-Madeleine).

L'orgue actuel est le cinquième de la basilique. Reconstruit en 1994, il comporte 3 673 tuyaux répartis en 54 jeux y compris les deux tremblants pour 4 claviers et pédalier, traction mécanique suspendue, le tout installé dans un buffet de style troubadour de 16 mètres de hauteur et 7 mètres de large érigé en 1848 par le facteur d'orgue nancéien Joseph Cuvillier (1801-1893) d'après un dessin[4] de Désiré Laurent ; buffet classé monument historique en 1980. Un aigle grandeur nature symbolisant Saint Jean l'Évangéliste est disposé, comme sur un lutrin, à la base de la tribune en encorbellement.

L'instrument est situé à mi-hauteur dans le bras nord du transept, le plancher de tribune à environ sept mètres du pavé de l'église.

Les cloches de la basilique

La basilique possède 18 cloches, dont 12 peuvent sonner à la volée, ce qui constitue l'un des ensembles campanaires les plus grands de France.

La tour Sud abrite la plus grosse cloche, le bourdon "Joseph-Auguste-Edmond", coulé à Nancy en 1898 et qui donne la note sol 2, pour un poids de près de 5 tonnes.

La tour Nord quant à elle contient 14 cloches dont 8 de volée : quatre ont été coulées dans les Vosges en 1853, quatre autres coulées à Nancy ont été ajoutées en 1896. Les six dernières, servant uniquement à un usage de carillon datent de l'an 2000 et ont été coulées par la fonderie Paccard en Haute-Savoie.

Le clocheton qui surplombe le chœur abrite trois autres cloches, en volée manuelle, coulées pour l'une en 1856, pour les deux autres en l'an 2000.

La chapelle des fonts

La basilique étant à l'origine exclusivement dévolue au pèlerinage (la ville de Saint-Nicolas-de-Port ne deviendra paroisse qu'en 1803), les habitants de Saint-Nicolas-de-Port devaient se rendre en l'église de Varangéville pour les baptêmes. Pendant l'érection de la basilique fut construite contre l'absidiole nord, en contrebas, une chapelle baptismale destinée à la population et qui servit également pour la continuation du pèlerinage lequel ne fut jamais interrompu pendant les quelque 60 années que dura l'édification de la basilique. Cette chapelle, de style gothique flamboyant, présente une remarquable voûte avec pendentif et un magnifique retable exposant notamment le Christ et les douze apôtres.

Association

Une association, intitulée Connaissance et renaissance de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, a été créée le 7 avril 1973[5] et reconnue d'utilité publique par un décret du 9 mars 1981[6]. Elle se donne pour missions de contribuer à la connaissance et à la restauration de la basilique. Elle fait paraître trois fois par an la revue La Gargouille (ISSN 1278-2327).

Divers

Les clochers de la basilique constituent pour l'IGN des points géodésiques d'ordre 5 dans le système NTF[7].

Références

  1. Notice no PA00106362, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  2. Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Champagne et Lorraine, Nonette, Créer, coll. « La sculpture flamboyante », 1990, 366 p. (ISBN 2-902894-72-4), p. 50  [lire en ligne]
  3. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REFM&VALUE_98=PV004015
  4. archives municipales de Nancy Ville de Nancy - Carte Jeunes Nancy Culture, recueil de dessins de l'architecte Prosper Morey
  5. Présentation de l'association, sur le site de l'association.
  6. Code 54.000.1349 dans Liste des associations reconnues d'utilité publique, sur le site du ministère de l'Intérieur. Publiée le 8 avril 2008, mise à jour en juin 2009. Consultée le 13 juillet 2009.
  7. Saint-Nicolas-de-Port I, site no 5448301, service Géodésie et nivellement, IGN. Consulté le 13 juillet 2009.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Charles-Georges Balthasar, Notice historique et descriptive sur l'église de Saint-Nicolas du Port, Paris, 1847, 12 p.
  • Auguste Digot, Notice sur l'église de Saint-Nicolas-de-Port, Vagner, Nancy, 1848, 20 p.
  • Auguste Digot, Inventaire des objets contenus dans le trésor de l'église de Saint-Nicolas de Port, publié avec des notes, A. Hardel, Caen, 1849, 16 p.
  • Jean Cayon, Église de Saint-Nicolas-de-Port en Lorraine, P. Trenel, Saint-Nicolas-de-Port, 1835, 16 p. ; éd. en fac-similé C. Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2006 (ISBN 2-7504-1211-0)
  • Léon Germain, La statue de Saint Nicolas à l'église de Saint-Nicolas de Port, R. Vagner, Nancy, 1904, 7 p.
  • Félix Raugel, Les grandes orgues de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, Floury, Paris, 1949, 16 p.
  • Pierre Marot et André Philippe, Saint-Nicolas-de-Port : La « grande église » et le pèlerinage, Berger-Levrault, Nancy, 1963, 175 p.
  • Marcel Thiriet, Francis Roussel, Serge Saunier, Pierre-Marie Marquet, Pierre Gérard, Alain Brix, François de Vienne, La Basilique de Saint-Nicolas en Lorraine, Association Connaissance et renaissance de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, Saint-Nicolas-de-Port, 1979, 206 p.
  • Pierre Colas, « La Basilique de Saint-Nicolas de Port », dans Monuments historiques, CNMHS, no 141, octobre-novembre 1985, p. 86–90 (ISSN 0242-830X) 
  • Michel Hérold, Les vitraux de Saint-Nicolas-de-Port, Comité français du Corpus vitrearum, CNRS, 1993, 219 p. (ISBN 2-222-04735-8)
  • Cyrille Bronique, Découvrir la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, Association Connaissance et renaissance de la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port, Saint-Nicolas-de-Port, 2008, 32 p. (ISBN 2-9525452-2-7)

Article connexe

Liens externes


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