Basilique Saint-Sauveur de Rennes
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Basilique Saint-Sauveur
La photographie est prise de l'extrémité est de la rue du Guesclin, afin de souligner la mise en perspective de la façade. On voit le sommet du beffroi, mais les côtés de la façade et la tour (au nord) sont masqués par les immeubles de la rue. L'inscription christo salvatori en médaillon au dessus du portail indique la dédication de l'église au Saint-Sauveur.
Façade de l'église vue depuis la rue du Guesclin
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique mineure
Rattaché à Archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo
Début de la construction 1703
Fin des travaux 1768
Architecte(s) François Huguet (plans)
Forestier l'Aîné (façade, portail, vantaux)
Antoine Forestier le Jeune (dôme de la tour)
Daniel Chocat de Grandmaison (beffroi)
Style(s) dominant(s) Architecture classique
Protection  Inscrit MH (1942)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Ville Rennes
Coordonnées 48° 06′ 42″ N 1° 40′ 54″ W / 48.11180, -1.6817748° 06′ 42″ Nord
       1° 40′ 54″ Ouest
/ 48.11180, -1.68177
  

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La Basilique Saint-Sauveur de Rennes est une basilique mineure de l’Église catholique romaine, sous le vocable de Notre-Dame des Miracles et Vertus. Le culte de Marie y est important, plusieurs miracles lui étant attribués. La façade est située place Saint-Sauveur, en plein cœur du centre-ville historique de Rennes. Reconstruite en 1703 dans un style classique après l'effondrement de l'église médiévale, la basilique se distingue particulièrement par son mobilier : baldaquin du maître-autel, chaire en fer forgé, orgue.

Localisation

L’église est au nord-ouest du centre-ville de Rennes, au cœur du secteur sauvegardé. Située place Saint-Sauveur, elle se trouve à l’extrémité d’une perspective démarrant en bas de la place du parlement de Bretagne et formée par les rues du Guesclin, de l’Hermine et de Brillac. Elle fait en outre l’angle avec la rue Saint-Sauveur.

Seules ses façades est et sud sont visibles, le reste étant accolé d’immeubles, dont le presbytère à l’ouest, 2 rue Saint-Sauveur. La façade est donne sur la place Saint-Sauveur, alors que la façade sud s’ouvre sur la rue saint-Sauveur, et, au delà, sur le jardin de l’hôtel de Blossac.

Histoire

L'actuelle église a été construite au début du XVIIIe siècle, en remplacement d'une chapelle dont les origines se confondent avec celles de la ville. Selon une hypothèse de l'historien rennais Louis Pape, l'emplacement de cette chapelle, au croisement du cardo et du decumanus, correspondrait à celui de la basilique du temple dédié à Mars Mullo sur le forum de la cité gallo-romaine de Condate[1].

Les premières traces écrites mentionnant une chapelle Saint-Sauveur à Rennes datent du XIIe siècle. Elle est alors rattachée à la paroisse de Toussaints. Le Chapitre de Rennes en fait don à l'abbaye Saint-Georges en janvier 1230[2],[3]. L'église se développe au rythme de la ville pendant les siècles suivants, avec de multiples enrichissements mobiliers et plusieurs opérations de d'extension et de réfection. À partir du miracle de 1357 (voir ci-dessous), le culte de Notre-Dame se développe particulièrement. Une poutre de gloire supportant un crucifix et deux images des Saints est installée en 1450. Avec l'accroissement de la population, le besoin de scinder la paroisse de Toussaints, dont dépend encore Saint-Sauveur, se fait sentir : le 24 avril 1667, l'évêque de Rennes Charles-François de La Vieuville érige donc Saint-Sauveur en église paroissiale. Une confrérie est fondée en 1670 à l’initiative de saint Jean Eudes en l'honneur de Notre-Dame des Miracles et Vertus et du Saint-Cœur de Marie[4].

Le 7 mars 1682, le pignon ouest du bâtiment s'effondre, rendant l’église impropre au culte. Après quelques mois pendant lesquels le saint-sacrement est transporté à la chapelle Saint-James, le culte reprend dans l’église partiellement démolie. Le général de la paroisse souhaite reconstruire l'église. Il faudra dix-neuf ans pour réunir les fonds et acheter les parcelles adjacentes. La première délibération en vue du lancement du chantier de reconstruction a lieu le 12 juillet 1701. En 1710, une loterie royale est organisé pour récolter 300 000 livres[5]. La première pierre est posée deux ans plus tard, le 24 juillet 1703, par l’intendant de Bretagne Louis Béchameil de Nointel.

Les plans sont réalisés par l'architecte François Huguet, également responsable du couronnement des tours de la Cathédrale Saint-Pierre voisine. Selon le souhait du général de la paroisse, le culte n'est pas interrompu par les travaux. L'architecte décide d'orienter la nouvelle église d'est en ouest, à l'inverse de l'ancienne. Les travaux commencent par le chœur : une fois celui-ci achevé, le saint-sacrement y est transporté et l'ancienne église est finalement démolie. La nouvelle orientation permet également d'ouvrir la façade sur le bas de la place du grand bout de la Cohue.

La nouvelle église est consacrée le 5 août 1719 alors que seuls le chœur est une croisée sont achevés. L'incendie de Rennes de 1720 endommage la toiture et le mobilier mais n'interrompt pas le chantier. François Huguet meurt en 1730. Plusieurs architectes lui succèdent pour achever l'édifice. Forestier dit l’Aîné apporte une importante modification aux plans : la destruction de la place du grand bout de la Cohue, remplacée par la rue de Clisson et la place Saint-Sauveur, ainsi que le percement de la rue du Guesclin dans l'axe de l'église, l'amènent à en redessiner la façade pour l'intégrer dans cette nouvelle perspective. Il produit également le plan du portail et de ses vantaux. Par mesure d'économie, le résultat final est toutefois moins ambitieux que le projet de Huguet[6]. Antoine Forestier dit le Jeune dresse les plans du dôme de la tour, alors que Daniel Chocat de Grandmaison réalise ceux du beffroi[7].

En 1793, pendant la Révolution, l'église devient temple de la Raison, puis temple de l'Être Suprême en 1794. La statue miraculeuse de Marie est détruite. S'y tiennent alors des réunions publiques. On y annonce entre autres la confirmation de Jean Leperdit à sa place de maire de la ville après la fin de la Terreur. En 1795, après l'autorisation de l'exercice public du culte catholique par la Convention nationale, une pétition citoyenne demande sans succès la restitution de l'église[8]. Néanmoins, l'évêque constitutionnel Claude Le Coz obtient du district la location des lieux, le 27 mars 1795 (7 germinal an III)[9]. Saint-Sauveur n'est officiellement rendue au culte que le 30 septembre 1802 (8 vendémiaire an XI) par le préfet d'Ille-et-Vilaine, Jean-Joseph Mounier[10].

L'église est érigée en basilique mineure le 27 avril 1916 par le pape Benoît XV[11]. Le siège de la paroisse est transféré à la Cathédrale Saint-Pierre en 1939. Avec la réorganisation en 2002 des paroisses l'archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, Saint-Sauveur retrouve une affectation paroissiale, entre la Cathédrale Saint-Pierre et l'Église Saint-Etienne.

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Miracles

Quatre récits de miracles, attribués à Marie, sont liés à l'église.

Découverte de la mine anglaise lors du siège de 1357

Au cours de la guerre de succession de Bretagne, alors que Rennes était assiégée par les troupes anglaises, la ville s'attendait à une tentative d'invasion par une voie souterraine. Selon une tradition populaire, dans la nuit du 8 février 1357, les cloches de l'église se mirent à sonner et des cierges s'allumèrent spontanément. Les défenseurs de la ville auraient alors découvert la statue de Marie désignant une dalle sur le sol. Creusant à cet emplacement, ils découvrirent une galerie percée par les troupes anglaises venues prendre la ville et repoussèrent l'invasion[12].

On connaît peu de récits distincts de cet évènement et sa datation varie. Selon certains historiens, il s'agit du siège de Rennes de 1356-1357 et la découverte de la mine est à attribuer à une ruse du capitaine de la ville, Guillaume de Penhoët, qui a permis d'alerter les défenseurs et de localiser la galerie[13],[14].

  • Le seul récit contemporain des faits (avant 1387) est la chanson de Bertrand du Guesclin du trouvère Cuvelier[15]. Cette chanson de geste dont l'objectivité est discutée[16] ne relate que le stratagème de Guillaume de Penhoët et n'évoque aucun miracle.
  • Le récit suivant se trouve dans l'édition de 1532 des Chroniques de Bretagne d'Alain Bouchart[17]. Il situe le miracle en 1343 et cite la sonnerie des cloches et l’allumage des cierges, mais pas le mouvement de la statue.
  • En 1634, le miracle est officiellement reconnu par l'évêque de Rennes, Mgr Pierre Cornulier. Le procès-verbal de cette reconnaissance est perdu, mais il est repris par un procès-verbal du 19 juillet 1658 de Mgr Henri de La Mothe-Houdancourt, son successeur[18]. L'année indiquée est 1345, les trois faits sont cités.
  • En 1637, le père Albert Le Grand relate dans la vie des Saints de Bretagne-Armorique un récit légèrement différent[19], dans lequel le sacristain découvre la statue et prévient les défenseurs, en 1356 cette fois.
  • Enfin, un récit en vers, anonyme et non daté, est repris par le père Fautrel dans son Histoire de Notre-Dame des Miracles de 1658[20]. Ce poème avance la date de février 1345 et cite les trois faits.
  • Les éditions postérieures de la vie des Saints de Bretagne-Armorique reprennent le récit du père Fautrel[21].

Incendie de 1720

Tableau votif représentant Marie arrêtant l’incendie

Lors de l’incendie de 1720, malgré l’effondrement du toit et la destruction d’une partie du mobilier, la même statue est retrouvée intacte. Les habitants des quartiers voisins attribuent à Marie l’arrêt de l’incendie.

Guérison de Marie Richelot du 18 février 1742

Un procès-verbal anonyme relate la guérison instantanée de Marie Richelot au cours d’une messe le 18 février 1742. La jeune femme souffrait du genou gauche depuis le 20 septembre 1738. Son ex-voto, un tableau la représentant, a été conservé.

Guérison de Magdeleine Morice en 1761

Les registres des délibérations du général de la paroisse mentionnent la guérison instantanée de Magdeleine Morice, atteinte de gangrène au pied droit, au cours de d'une messe le mercredi de Pâques 1761. Un procès-verbal dressé à la demande de l'intéressée est conservé aux archives de Porcaro.

Héraldique

En tant que basilique mineure, Saint-Sauveur a le droit de posséder son propre blason. Celui-ci se retrouve notamment sur l’imposte de la porte principale ainsi que sur un vitrail.

Blason Blasonnement
Écartelé, au premier de gueule à la croix latine d’argent, au deuxième d’azur à la cloche d’argent, au troisième de gueule à deux cierges d’argent, et au quatrième d’azur à la couronne d’épine d’argent et trois clous de même.

Architecture

Cette basilique fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 2 mars 1942[culture 1],[culture 2],[culture 3].

Extérieurs

Le style extérieur de l'édifice rappelle, à une moindre échelle, celui de l'Église du Gesù de Rome ou encore de la Basilique Notre-Dame-des-Victoires de Paris[6]. De superficie modeste (43 m × 26 m), l'église a une forme de croix latine à multiples découpures, avec une nef à trois travées et deux collatéraux, une abside à pans coupés et un transept peu saillant[22].

Si le projet original prévoyait un portail très saillant à doubles colonnes, l'incendie de 1720 a entraîné une modification des plans de la façade : le portail définitif, à pilastres géminés peu saillants, est plus modeste. La porte, au linteau en plate-bande, est surmontée d'un arc en anse de panier dont le tympan porte le nom de l’église (« Christo Salvatori »). Une tablette en linteau porte les armes (une cloche d'argent et deux flambeaux ardents sur fond d'azur) et la devise de l'église (« Ad Jesum per Mariam »). De part et d'autre, deux niches semi-circulaires encadrées de pilastres sont destinées à recevoir des statues mais laissées vides, probablement par manque de fonds. Sur une frise nue surmontée d’une corniche, le second niveau ne comprend qu'une grande fenêtre en plein cintre entre deux paires de pilastres et deux ailerons. Enfin, une architrave appareillée soutient un fronton triangulaire surhaussé, couronné d'un amortissement portant une croix. L'ensemble est d'ordre toscan. Cette façade à l'italienne typique du XVIIIe siècle se retrouve dans d'autres édifices contemporains : Église du Val-de-Grâce, Basilique Notre-Dame-des-Victoires, Église des Billettes ou encore Église Saint-Thomas-d'Aquin[6].

Une tour se trouve accolée au nord de la façade. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont de plan carré, le second niveau à angles rabattus. La tour est coiffée d'un dôme à pans avec une lanterne supportant elle-même une croix.

Les façades nord et sud sont percées de deux rangées de fenêtres cintrées sans meneaux éclairant les bas-côtés et la haute nef et correspondant à chaque travée et au chœur. Des contreforts concaves coiffés de pinacles s'élèvent des bas-côtés et séparent les baies de la nef. Les murs en retour des croisillons sont également percés de fenêtres en hauteur, mais les murs nord et sud du transept sont aveugles.

La toiture du vaisseau principal est en bâtière à forte pente avec un retroussis. Elle s'achève en croupe sur l'abside et les croisillons. Les bas-côtés ont un toit à un seul versant de plus faible pente. L'ensemble est couvert d'ardoise. Une tour-lanterne se trouve à la croisée du transept. Une corniche à modillons couronne l'ensemble de l'édifice.

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Intérieurs

La basilique est composée d’une nef dotée de deux collatéraux, d’un transept peu développé et d’un chœur à pans coupés. Une frise ponctuée de triglyphes (trait gravé en creux dans un ornement) et de gouttes ainsi qu’une corniche à denticules courent le long de l’édifice au-dessus des arcades. Le maître-autel est rythmé par quatre colonnes à chapiteau corinthien de marbre rouge, en provenance de Saint-Berthevin, et par un baldaquin en bois doré à gloire trinitaire.

« L'église de St.-Sauveur, sans avoir rien d'extraordinaire, me paraît la plus jolie de Rennes. Un mauvais tableau y représente la Vierge préservant de l'incendie de cette ville la place des Lices, qui ne fut pas atteinte par le feu. C'est une offrande faite par les habitants du quartier épargné. Un beau baldaquin, supporté par quatre colonnes de marbre de Saint-Berthevin, forme, avec une belle chaire en fer, tout ce que l'intérieur a de plus curieux[23]. »

— Régis Jean François Vaysse de Villiers, Itinéraire descriptif ou description routière, géographique, historique et pittoresque de la France et de l'Italie, 1822

« Il n'y a de remarquable que la décoration intérieure : un maître-autel surmonté d'un baldaquin reposant sur quatre colonnes de marbre ; une chaire et une grille, magnifique travail de serrurerie ; une bonne copie de la Transfiguration, de Raphaël, et le tableau offert par les habitants des rue et place Saint-Michel, représentant la Vierge et l'Enfant Jésus préservant de l'incendie de 1720 le quartier des Lices[24]. »

— Adolphe Orain, Guide du voyageur dans Rennes et ses environs, 1867

Statue de Notre-Dame des Miracles et des Vertus

La statue de Notre-Dame des Miracles et des Vertus, souvent appelée simplement Notre-Dame des Miracles, est une Vierge à l'enfant. Installée en 1876[12], elle vient remplacer la statue originelle vénérée depuis le XIVe siècle et détruite durant la Révolution française[25].

La statue originelle est mentionnée dès le XIVe siècle, dans le cadre d'un miracle qui serait survenu lors d'un siège de la ville. Il s'agit déjà d'une Vierge à l'enfant en bois peint. Elle est repeinte en 1445, puis ses mains sont restaurées en 1522. En 1658, le père Fautrel la décrit ainsi :

« Et, pour dire quelque chose en particulier de [l'image de la Vierge de] Saint-Sauveur, elle n’est que de simple bois, que l'on a enrichy de quelque dorure, plus pour sa conservation, que son embellissement. Il est vrai que sa forme sent son antiquité ; mais, après tout, fors certain air de dévotion qui s'y remarque, elle n'a rien de bien extraordinaire, & c'est une figure assise & de moyenne grandeur, qui tient son Christ sur ses genoux, le supportant doucement de la main gauche ; pour ce qui est de la main droite, qu'elle avait autrefois posée sur le sein, à ce que nous dit la tradition, elle s'en voit, à présent, détachée, montrant directement, de ses trois premiers doigts, le lieu de la mine (qui se voit vers le centre, loin de dix à douze pas), n'y ayant nulle apparence qu'elle aie été taillée de la sort ; mais, en mémoire du miracle, elle est demeurée ainsi[20]. »

— Georges Fautrel, L’histoire de Notre-Dame des Miracles, honorée à Rennes en l’église Saint-Sauveur

L'incendie de 1720 détruit en partie l’église en cours de reconstruction mais épargne la statue. Celle-ci est transportée à la chapelle des Augustins (devenue Théâtre du Vieux Saint-Étienne) jusqu'à son retour à Saint-Sauveur en 1731.

Au court de la Révolution, alors que l'église accueille le culte révolutionnaire, la statue est détruite[26]. Elle n'est remplacée qu'en février 1876 à l'initiative et sur les fonds de l'abbé Lelièvre. La nouvelle statue, réalisée par le sculpteur rennais Charles-Pierre Goupil, est faite de bois et de pierre, dans le style néoroman. Le peintre décorateur rennais Auguste Louis Jobbé-Duval en réalise le décor polychrome. L'archevêque de Rennes en obtient le couronnement le 25 mars 1908. Le chanoine Louis Raison fait la description suivante de la statue :

« La Vierge est assise « en majesté ». Ses épaules sont recouvertes d'un manteau couleur d'azur et sa tête d'un voile blanc, surmonté d'un diadème aux élégants fleurons, orné de pierres précieuses. La robe bleue est à demi cachée par un peplum, couleur rouge pâle, terminé par une riche broderie. Les pieds de la Vierge sont chaussés de mules rouges rehaussées au milieu, d'un galon d'or. De la main gauche, la Vierge soutient l'Enfant Jésus. La main droite est abaissée. L'index se dirige vers la terre, suivant la donnée traditionnelle.

L'Enfant Dieu repose sur les genoux de sa Mère. Sa tête est entourée du nimbe circulaire et crucifère. Ses pieds sont nus. Ces deux attributs rappellent sa divinité, suivant les règles de l'iconographie. De la main droite, il bénit, à la manière latine. De la gauche, il soutient un livre grand ouvert sur ses genoux et présentant un texte du Magnificat : Fecit mihi magna qui potens est et sanctum nomen ejus[27]. »

— Louis Raison, Notre Dame des Miracles et Vertus — Son histoire – Son culte

Orgues

Deux orgues se trouvent dans l’église : un orgue de chœur et un orgue monumental en tribune.

L'orgue de chœur est formé deux corps symétriques placés en oblique. Chaque corps comprend deux plates-faces, respectivement de treize et trois tuyaux. Les corps sont surmontés de chapeaux de gendarme ornés d'une coquille. Il est le premier orgue à transmission électrique installé à Rennes. Construit par Louis Debierre et reçu le 11 mars 1894, il est inauguré par les organistes de la cathédrale, Eugène Henry et Louis Lepage, et par le maître de chapelle de l'église, l’abbé Damour. L'orgue est remanié au cours de plusieurs campagnes conduites par la maison Merklin et Yves Sévère, au cours desquelles la transmission électrique est remplacée par une traction pneumatique[28].

L'orgue de tribune, classé au titre des monuments historiques[culture 4],[culture 5],[culture 6], date du XVIIe siècle[29]. Le buffet à volets peints est en chêne (partie centrale) et sapin (ailes) sculptés dans le style Louis XIV. Il compte quatre plates-faces de six, douze, douze et six tuyaux, séparées par des tourelles de cinq tuyaux. Les plates-faces sont surmontées de volutes en amortissement, les claires-voies comportent des motifs de cornes d'abondance et de têtes d'angelots. La tourelle centrale est surmontée d'une statue de saint Georges terrassant le dragon, les tourelles latérales de pots à feu à godrons. L'ensemble est peint en imitation chêne recouvrant les polychromies d'origine[29].

L'orgue est construit de 1653 à 1655 et installé à l'abbaye Saint-Georges par Jacques Lefebvre, Pierre Désenclos et Coquillar. Son buffet est réalisé par Jean Mongendre. L'orgue est relevé dès 1658, puis encore en 1662. Parallèlement, l'église Saint-Sauveur installe un orgue dans le bas de la nef en 1493. Il est refait à neuf en 1536 et 1590, puis est remplacé vers 1650 par un nouvel orgue construit par Nicolas Bricet et installé dans la tribune du fond. Son buffet est ensuite agrandi en 1654 par Julien Brillet. Cet orgue est détruit en 1682 lors de l’effondrement d'une partie de l’église. Quand commence la Révolution, l'église récemment reconstruite ne possède pas d'orgue. Avec la nationalisation des biens de l'Église, l'orgue de l'église Saint-Aubin lui est attribué mais la paroisse demande, sans succès, à l'échanger pour celui des Carmes ou des Cordeliers. Elle achète finalement l’orgue de l'abbaye Saint-Georges, également mis en vente[29].

Le transfert est réalisé par Pierre Tessier le 7 août 1792. Il agrandit la tribune pour accueillir l'orgue et ajoute les pots à feu aux tourelles latérales. Guillaume Cateline remonte le buffet en en refaisant les dorures. L'orgue est totalement reconstruit entre 1865 et 1866 par la maison Merklin-Schütze en ajoutant des ailes au buffet. L'orgue reconstruit est inauguré le 7 août 1866 par Gabriel Fauré, qui fut organiste de l’église de 1866 à 1870[30]. L'orgue est encore relevé en 1906 par Merklin puis en 1933 par Victor Gonzalez et la maison Bossard-Bonnel. Othon Wolf le modifie en 1955. Enfin, la Direction régionale des Affaires culturelles commande sa restauration par Lucien Simon entre 1991 et 1992. Il est rétabli à son état d'après la reconstruction par Merklin, avec le maintien de la voix céleste et de la machine pneumatique ajoutées entre temps[29].

Illustrations

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Mobilier monument historique

L’église contient treize objets classés en tant que monuments historiques.

Monument historique Auteur Époque Localisation Protection Date de la protection Référence
Orgue Jacques Lefebvre, Pierre Désenclos, Coquillar, Jean Mongendre XVIIe siècle tribune classé 23 juillet 1962, 30 octobre 1989 Notice no PM35001009
Buffet d'orgue XVIIe siècle tribune classé 23 juillet 1962 Notice no PM35000467
Claviers d'orgue XVIIe siècle tribune classé 30 octobre 1989 Notice no PM35000470
La multiplication des pains classé 23 avril 1981 Notice no PM35000500
La résurrection de Lazare copie de Jouvenet classé 10 mars 1994 Notice no PM35000499
La pêche miraculeuse copie de Jouvenet classé 23 avril 1981 Notice no PM35000498
Jésus chassant les marchands du temple copie de Jouvenet classé 23 avril 1981 Notice no PM35000497
Le repas chez Simon le pharisien copie de Jouvenet classé 23 avril 1981 Notice no PM35000496
Vierge à l’Enfant Inconnu XVe siècle classé 15 avril 1966 Notice no PM35000469
Le vœu des habitants de Rennes à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle Leroy c. 1721 1re travée du bas-côté sud classé 15 avril 1966 Notice no PM35000468
Chaire ferronnerie de Jean Guibert sur les plans d'Albéric Graapensberger 1781 pilier sud-est de la nef classé 23 juillet 1962 Notice no PM35000466
Autel et baldaquin Albéric Graapensberger 1768 chœur classé 23 juillet 1962 Notice no PM35000465
Clôture des fonts baptismaux Jean Guibert 1780 chapelle baptismale classé 28 février 1948 Notice no PM35000464

La mise au tombeau (par le Guerchin), classé en 1919 a été déclassé en 1923[culture 7].

Liste des curés

Jusqu’au XVIIe siècle, Saint-Sauveur n’était qu’une chapelle appartenant à la paroisse de Toussaints. Elle devient paroisse à son tour le 24 avril 1667. En 1939, le siège de la paroisse est transféré à la Cathédrale Saint-Pierre.

Les dates entre parenthèses indiquent le début et la fin de la charge[31].

  1. Nicolas Le Febvre (16671687)
  2. Antoine Baudet (16871701)
  3. Louis Méheut (17011730)
  4. René-François Halligon (1730-1739)
  5. Pierre-Félix d'Oultremer du Margat (17391767)
  6. Joseph-Jean Le Barbier (17681792)
  7. Joseph-Elisabeth Lanjuinais (17921793)
  8. Jean Olliviero (18031825)
  9. Michel Beaulieu (18251848)
  10. Joseph Thébault (18481860)
  11. Jean-Marie Lelièvre (18601891)
  12. Théodore Hévin (1891 – 18 mars 1926)[32]
  13. Marie-Joseph Lagrée (1926 – 17 décembre 1938)[33]

Références

Bases du Ministère de la Culture

  1. Notice no PA00090673, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  2. Notice no IA00130940, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  3. Notice no IA00130940, sur Glad, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  4. Notice no PM35001009, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  5. Notice no PM35000467, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  6. Notice no PM35000470, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  7. Notice no PM35000896, sur la base Palissy, ministère de la Culture

Bibliographie

Par ordre chronologique de publication.

Ouvrages

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

XVIe siècle

XVIIe siècle

  • Georges Fautrel, L’histoire de Notre-Dame des Miracles, honorée à Rennes en l’église Saint-Sauveur, Rennes, Guillaume Vatar, 1658 
  • Albert Le Grand, Vie des saints de la Bretagne-Armorique, Rennes, Jean Vatar, 1659 (1re éd. 1637) [lire en ligne], « De la fondation de Bonne-Nouvelle », p. 365–366 
    Édition proche de l'originale avec le récit initial du miracle, situé en 1356.

XIXe siècle

  • Régis Jean François Vaysse de Villiers, Itinéraire descriptif ou description routière, géographique, historique et pittoresque de la France et de l'Italie, t. 13 : Route de Paris à Rennes, 1822 
  • Cuvelier (trouvère) et Ernest Charrière (éditeur scientifique), Chronique de Bertrand du Guesclin, t. I, Paris, Firmin-Didot frères, 1839 [lire en ligne (page consultée le 30 octobre 2011)] 
  • Émile Ducrest de Villeneuve et Dominique Maillet, Histoire de Rennes, Rennes, Edouard Morault, 1845 [lire en ligne (page consultée le 6 avril 2011)] 
  • Paul Jausions, Vie de l'abbé Carron, t. 2, Paris, Charles Douniol, 1866 [lire en ligne (page consultée le 6 avril 2011)], chap. 4 (« Le concordat et la Petite Église »), p. 118 
    Une note de bas de page reproduit l’arrêt préfectoral affectant l'église Saint-Sauveur au culte catholique.
  • Adolphe Orain, Guide du voyageur dans Rennes et ses environs, L. Guillet, 1867, 2e éd., 97 p. [lire en ligne (page consultée le 7 avril 2011)], chap. 18 (« Églises et paroisses ») 
  • François Plaine, Histoire du culte de la Sainte Vierge dans la ville de Rennes, Rennes, Guillaume Vatar, 1872 
  • Louis-Arthur Le Moyne de La Borderie, Histoire de Bretagne, t. III : de l'an 995 après J.-C. à l'an 1364, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1899, chap. 13 (« Suite de la troisième période de la guerre de Blois et de Montfort »), p. 552–553 
  • Léon Thébault, Histoire de Notre-Dame des Miracles en l'église Saint-Sauveur de Rennes, par un prêtre du clergé de la paroisse, Rennes, Imprimerie de F. Simon, 1er mai 1899, 209 p. 
    Reproduction de l'Histoire du culte de la Sainte Vierge dans la ville de Rennes de François Plaine en ce qui concerne la Vierge de Saint-Sauveur, enrichie du récit de fêtes ayant eu lieu en 1876.

XXe siècle

  • Albert Le Grand, Vie des saints de la Bretagne-Armorique, Quimper, J. Salaün, 1901 (1re éd. 1637) [lire en ligne], « Histoire de Notre Dame des Miracles », p. 476–493 
    Compilation de documents antérieurs : histoire générale reprise du livre du père Fautrel, poème cité par celui-ci, procès verbal d'approbation du culte à Notre Dame des Miracles, circonstances du don d'un fragment de la Vraie Croix.
  • Louis Raison, Notre-Dame des Miracles et Vertus : Son histoire Son culte, Rennes, Imprimerie du nouvelliste, 1934, 266 p.  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Henri-François Buffet, Rennes, Ville d'art et d'histoire, Rennes, Société archéologique aux archives d'Ille-et-Vilaine, 1967, 85 p. 
  • Michel de Mauny, L'ancien comté de Rennes ou pays de Rennes, Paris, Roudil, 1974, 135 p., p. 12 
  • Émile Bonnelière et Charles Grosset, 600 ans de Dévotion Mariale : Notre-Dame des Miracles et Vertus — Saint-Sauveur de Rennes, 1980, 96 p.  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gwenaëlle de Carné, L'église Saint-Sauveur de Rennes : Mémoire de Maîtrise en Histoire de l'Art, Rennes, Université de Haute-Bretagne, UER des arts, sciences historiques, politiques et économiques, 1981, 184 p.  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Meyer (dir.), Histoire de Rennes, Toulouse, Éditions Privat, 1984 (ISBN 978-2-7089-4750-4) (LCCN 73301104) 
  • Henri Bourde de la Rogerie, Fichier Bourde de La Rogerie : artistes, artisans, ingénieurs... en Bretagne, Bruz, Association pour l'inventaire Bretagne, 1998 (ISBN 2905064269) 
  • Paul Banéat, Le vieux Rennes, Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », 1999, 656 p. (ISBN 2844350429) 
  • Collectif, Le Patrimoine des Communes d'Ille-et-Vilaine, Paris, Éditions Flohic, 2000 (ISBN 978-2-84234-072-8) (LCCN 2001332557), p. 1241–1243 

XXIe siècle

Articles

  • François Plaine, « Le siège de Rennes par les Anglais (1356–1357) », dans Revue de Bretagne et de Vendée, Nantes, 3e série, vol. 10, no 2, 1871, p. 5–28, 93–110 (ISSN 11495340) [texte intégral] 
  • P. Janvier, « Histoire religieuse du district de Rennes sous la Convention », dans Annales de Bretagne, vol. 26, no 4, 1910, p. 741-757 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 12 juin 2011)] 

Articles issus du Ouest-Éclair

  • « Mort de Mgr Hévin : Curé de Saint-Sauveur », dans L'Ouest-Éclair, Rennes, no 8916, 19 mars 1926, p. 4 [texte intégral] 
  • Georges Nitsch, « L’église Saint-Sauveur de Rennes », dans L'Ouest-Éclair, Rennes, no 12436, 24 novembre 1930, p. 4-5 [texte intégral] 
    Conférence de la Société d’Instruction Populaire.
  • « Mort de M. le chanoine Lagrée : Curé-doyen de Saint-Sauveur », dans L'Ouest-Éclair, Rennes, no 15378, 18 décembre 1938, p. 7 [texte intégral] 

Articles issus du Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine

  • Paul de la Bigne-Villeneuve, « Cartulaire de Saint-Georges de Rennes », dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, vol. 9, 1875, p. 173 [texte intégral (page consultée le 30 mars 2011)] 
L’auteur mentionne le titre établissant le don la chapelle Saint-Sauveur à l’abbaye Saint-Georges par le Chapitre de Rennes.
  • Paul de la Bigne-Villeneuve, « Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes », dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, vol. 10, 1876, p. 35–36 [texte intégral (page consultée le 30 mars 2011)] 
Est transcrit, en latin, le titre original de 1230.
  • Paul Parfouru, « Inventaires des archives de la paroisse Saint-Sauveur de Rennes par Gilles de Languedoc — 1720 », dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, Rennes, Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, vol. 28, 1899, p. 205–289 (ISSN 07501412) [texte intégral (page consultée le 9 août 2011)] 
  • Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, « Procès-verbaux », dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, vol. 60, 1934, p. passim (ISSN 07501412) [texte intégral (page consultée le 6 octobre 2001)] 

Communication apostolique

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