Basilique-Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon

Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon

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Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
43° 57′ 03″ Nord
       4° 48′ 48″ Est
/ 43.95082, 4.813333
 
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Ville Avignon
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Évêché d'Avignon (siège)
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux Modifications aux XIVe et XVIIe siècles
Style(s) dominant(s) Roman
Classé(e) Monument historique (1840)
Patrimoine mondial (1995)

La Cathédrale Notre-Dame des Doms est située à Avignon (Vaucluse), à côté du Palais des Papes. De style roman provençal, elle date de 1150, puis fut agrandie aux XIVe et XVIIe siècles par des chapelles latérales.

Sommaire

Localisation

La Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon est située sur la partie nord d'Avignon intramuros[N 1]. Elle a été construite sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône.

Sa position sur le rocher, sa flèche imposante surmontée d'une vierge et sa proximité du Palais lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vue de très loin. L'un des meilleurs point de vue, et ce n'est pas un hasard, se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Elle est aussi visible, tout comme le Palais, depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud.

Histoire

Le palais avec derrière Notre-Dame des Doms en 1617 alors que Jean-François de Bagni était vice-légat, dessin du père jésuite Martellange

Elle date de 1150, puis agrandie aux XIVe et XVIIe siècles par des chapelles latérales.

Dès 1336, Giacomo Stefaneschi, le cardinal de Saint-Georges passe commande à Simone Martini, le plus gothique des peintres italiens considéré comme le chef de file de l’École de Sienne, des fresques du porche de Notre-Dame-des-Doms. Celui-ci, qui avait été l’élève de Duccio de Buoninsegna, vint sur place avec son épouse Giovanna et son frère Donat. Elles furent achevées avant la mort du commanditaire en 1343.

Sous Benoît XIII, Avignon fait l'objet d'un siège. En dépit de la surveillance dont il était l'objet, le pontife réussit à quitter le palais et sa ville de résidence le 11 mars 1403, après un éprouvant siège de cinq ans[1].

Pour faciliter la défense, la démolition de toutes les maisons situées entre le grand et le petit palais fut autorisée. C'est ce que l'arlésien Bertrand Boysset note dans son journal :

« L’an MCCCCIII, du mois de décembre, janvier et jusqu’à mai, furent démolies les maisons qui étaient entre le grand et le petit palais, jusqu’au pont du Rhône ; et après on commença à bâtir de grands murs sur la Roque de Notre-Dame des Doms grâce auxquels étaient reliés le grand palais au petit palais et à la tour du pont, de telle façon que le pape Benezey et les autres après lui puissent entrer et sortir du palais[2]. »

Si Benoît XIII ne revint jamais plus à Avignon, il avait laissé sur place ses neveux, Antonio de Luna avec la charge de recteur du Comtat Venaissin, et Rodrigo. Celui-ci et ses Catalans s'installèrent dans le palais pontifical. Le mardi 27 janvier 1405, à l’heure de vêpres, le clocher pyramidal de Notre-Dame des Doms s’écroula et écrasa dans sa chute l’antique baptistère dédié à saint Jean. Les Catalans furent accusés de cette action et ils en profitèrent pour établir une plateforme sur ces ruines afin d'installer leur artillerie[3].

Architecture

Le porche à l'antique

Alors que le Palais des Papes est considéré comme le plus grand ensemble gothique du moyen age, Notre-Dame des Doms, juste à côté, est un des chefs-d'oeuvre de l'art roman provençal.

Elle possède de nombreuses caractéristiques stylistiques inspirées de l'antique :

Le porche et le clocher
Colonne cannelée et chapiteau à feuilles d'acanthe
Détail des pilastres du clocher

Ornements et mobilier

Notre-Dame-des-Doms : La Vierge doré veille sur la ville et sur le Christ qui regarde l'ange
Sinopia figurant le Christ Rédempteur en Gloire entouré par des anges - travail préparatoire à l’encre rouge, étape majeure dans le travail de peinture à fresque, tympan triangulaire supérieur du porche de la Cathédrale Notre-Dame-des-Doms (réalisé dans les années 1340) - Palais des Papes
Sinopia de Simone Martini ayant servi à peindre la fresque du porche de Notre-Dame des Doms
panneau exposé dans la salle du Consistoire du palais des Papes

Représentation de Notre-Dame des Doms au fil du temps

Le « Retable du crucifix » d'Antoine Rozen, peint en 1520 est considéré comme la seconde plus ancienne représentation réaliste du palais et de Notre-Dame des Doms.

Le dessin du palais des papes en 1617 par le père jésuite Étienne Martellange parfaitement réaliste laisse apparaitre de peu de différences au niveau de la Cathédrale.

Parmi les représentation plus récentes, dans un style artistique différent, plusieurs peintres ont peint l'ensemble Rhône - pont d'Avignon - Palais des papes / Notre-Dame des Doms - rocher des Doms, mettant tour à tour en avant l'un ou l'autre. Lorsque James Carroll Beckwith peint Le palais des papes et le pont d'Avignon, Notre-Dame des Doms fait jeu égal avec le palais qui n'est présent que dans le coin supérieur droit sur moins d'un 1/6e du tableau alors que le Rhône en couvre la moitié. Paul Signac, avec son tableau Le Palais des papes représente une vue sensiblement orientée de la même manière, mais même si la proportion accordée au pont d'Avignon (sur la gauche du tableau) reste sensiblement la même, l'angle choisi recentre le palais, le rendant beaucoup plus important et gommant presque du fait le rocher de doms. Les proportions choisie par l'auteur semblent même exagérée afin de lui donner une importance plus grande. Notre-Dame des Doms y est bien détaché, créant ainsi un effet de mise en valeur des deux entités architecturales. Avec une orientation différente, vraisemblablement depuis l'ile de la Barthelasse ou Villeneuve-lès-Avignon, Adrian Stokes pour son Le palais des papes d'Avignon écrase le palais et le pont sur la moitié droite du tableau pour faire ressortir la colline du rocher des doms, et y ajout même de la végétation et Notre-Dame des Doms n'y est que très peu visible.

Étude du palais et de la cathédrale par Viollet-le-Duc

Plan du palais des Papes d'Avignon

A, église Notre-Dame des Doms, rétablie dans sa forme première et avant l'adjonction des chapelles.
B & H, tours
b, corps de logis avec au dessous, la salle des festins
C, cour du cloître
D, cour d'honneur
e, mâchicoulis défendant le bâtiment E
G, grande salle entièrement voûtée qui servait de chapelle.
I, escalier d'honneur donnant entrée à la chapelle et dans les appartements des corps de logis à l'occident et au levant.
K, escalier desservant un couloir de service qui longe les pièces de l'aile occidentale et communique avec les défenses supérieures par les vis L, aboutit au-dessus de la poterne P, et met l'aile occidentale en communication avec le logis E.
F, les grandes cuisines (premier étage).

Vue générale depuis l'ouest (Notre-Dame des Doms est à Gauche)

Notes

  1. « Intramuros » signifie « à l'intérieur des murs », c'est-à-dire qualifie la partie de la ville située à l'intérieur des remparts.

Références

  1. Les exigences de Benoît XIII pour la restauration des remparts d'Avignon
  2. L. Bonnement, Mémoires de Bertrand Boysset. Contenant ce qui est arrivé de plus remarquable particulièrement à Arles et en Provence depuis 1372 jusqu’en 1414, Le Musée. Revue arlésienne, historique et littéraire, 1876-1877.
  3. Daniel Bréhier, La métropole Notre-Dame des Doms, Éd. Beaulieu, Art et tradition, 2002.
  4. Oeuvre de James Pradier
  5. http://www.cathedrale-avignon.fr/cathedrale_presentation/cathedrale-Notre-Dame-des-Doms-et-Notre-Dame-de-Tout-Pouvoir.htm

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, publié par Banc, 1864 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Daniel Bréhier, La métropole Notre-Dame des Doms, Éd. Beaulieu, Art et Tradition, Lyon, 2002. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi

Liens internes

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