Base de sous-marins de Lorient

Base sous-marine de Lorient

Base sous-marine de Lorient
Lorient
Lorient Keroman III.jpg
La base sous-marine de Lorient actuellement
Type d'ouvrage base sous-marine
Construction 1941
Architecte Organisation Todt
Matériaux utilisés béton armé, béton, granit
Hauteur 25 mètres
Utilisation base sous-marine, stockage, réparation
Appartient à municipalité de Lorient
Contrôlé par Allemagne nazie
Guerres et batailles Seconde Guerre mondiale

La base de sous-marins de Lorient est un immense bunker de la Seconde Guerre mondiale, destiné à abriter les 2e et 10e flottilles de U-boots de la Kriegsmarine. Elle s'inscrit dans le contexte du Mur de l'Atlantique. Dans l'usage, on parle de la "Base de sous-marins de Kéroman" ou de la "B. S. M.", le nom de Kéroman étant un quartier au sud de Lorient.

Sommaire

Histoire

La base en construction en 1942

Avant le début de la seconde guerre mondiale, Lorient est un port important de la côte Atlantique avec un port de pêche et un arsenal militaire.

L'armée allemande arrive à Lorient le 21 juin 1940 et l'amiral Karl Dönitz prend la décision d'installer la 2e flottille de U-boots. Le premier sous-marin allemand à arriver à Lorient est le U-30, il y parvient le 7 juillet 1940.

Les infrastructures portuaires et l'arsenal sont remis en état pour recevoir les sous-marins. Les slipways sont utilisés pour mettre en carène les U-boots, mais sont limités par leurs capacités et seuls les U-boots de type II C peuvent s'en servir

Après le raid aérien de la Royal Air Force le 27 septembre 1940, l'Allemagne engage la construction d'une base sous-marine afin de protéger les sous-marins des bombardements aériens anglais. Les travaux sont confiés à l'organisation Todt (Oberbauleitung Süd) et va mettre en œuvre 15 000 ouvriers.

Autour du slipway avec sa plaque tournante sont construits 2 dôme-cathédrales (Dom-Bunker en allemand) pour protéger les U-boots à terre. Pour résister aux impacts des bombes de l'époque, les murs mesurent 1,5 mètres d'épaisseur et la forme de l'ouvrage est étudiée pour dévier les bombes loin de la structure. le bâtiment se ferme au moyen d'une énorme porte blindée à 2 battants coulissants (de) Bild:Westl. Dombunker (0123 0120).jpg.

Caractéristiques

  • Dimensions :
    • longueur : environ 84 m
    • largeur : environ 16 m
    • hauteur : environ 25 m
    • épaisseur toit: 3,5 m
  • 1 alvéole de 60 m de long

En parallèle, afin de protéger les sous-marins plus longs et plus lourds, est construit un abri bétonné U-Bunker en allemand) avec 2 alvéoles à l'arsenal même sur la rive gauche du Scorff, chacune pouvant accueillir deux sous-marins.

Caractéristiques

  • Dimensions :
    • longueur : environ 145 m
    • largeur : environ 51 m
    • hauteur : environ 15 m
    • épaisseur toit : 3,5 m
  • 2 alvéoles
    • longueur : environ 99,5 m
    • largeur : environ 17,5 m

Quant à la base sous-marine, elle est construite sur la presqu'île de Kéroman à la position géographique de 47°43′45″N 3°22′13″O / 47.72917, -3.3702847°43′45″N 3°22′13″O / 47.72917, -3.37028 sur un site de 26 hectares près du port de pêche en face de la citadelle de Port-Louis. Les travaux débutent en février 1941, avec la construction du premier bunker appelé Kéroman I et achevé en septembre, suivi par un second, Kéroman II en mai 1941. En décembre 1941 l'ensemble des deux bunkers est occupé par la Kriegsmarine. La nature du sol impose un procédé particulier de construction. Des centaines de pieux en béton sont enfoncés dans le sol au niveau des futurs murs. Si ce système permet une édification rapide de l'ouvrage, il ne pourra supporter de charge supplémentaire au niveau du toit, avec pour conséquence une épaisseur de dalle limitée à 3.50 mètres.

Kéroman I

Kéroman I peu après l'achèvement des travaux

Caractéristiques

  • Dimensions :
    • longueur : environ 120 m
    • largeur : environ 85 m
    • hauteur : environ 18,5 m
    • épaisseur toit : 3,5 m
    • surface : environ 10 200 m²
  • Volume de béton coulé : m³
  • 3 puits de défense aérienne de 20 mm, (2 sur le toit du slipway et 1 sur le toit du bunker)
  • 5 alvéoles, numérotés de 1 à 5 d'ouest en est:
    • chaque alvéole mesure 82 m de long, 15 m de large et 10 m de haut. Au bout de chaque alvéole se trouve un atelier:
      • alvéole 1 - atelier de petite tôlerie
      • alvéole 2 - atelier de menuiserie
      • alvéole 3 - atelier de tôlerie
      • alvéole 4 - atelier d'artillerie
      • alvéole 5 - atelier transmission

Kéroman II

Le U-67 rentré dans une alvéole

Caractéristiques

  • Dimensions :
    • longueur : environ 120 m
    • largeur : environ 138 m
    • hauteur : environ 18,5 m
    • épaisseur toit : 3,5 m
    • surface : environ 16 560 m²
  • Volume de béton coulé : m³
  • 7 alvéoles, numérotés de 6 à 12 d'ouest en est + 1 alvéole numéroté 6A pour la protection du chariot du slipway, avec au dessus un casernement sur plusieurs niveaux d'une capacité de 1000 personnes :
    • chaque alvéole mesure 82 m de long, 15 m de large et 10 m de haut.

En extrémité de chaque alvéole, la partie technique avec des ateliers. Les sous-marins pouvaient être déplacés en fonction des types de réparations:

      • alvéole 6 - atelier des lance-torpilles
      • alvéole 7 - atelier des torpilles
      • alvéole 8 - atelier d'électricité
      • alvéole 9 - atelier mécanique
      • alvéole 10 - atelier mécanique
      • alvéole 11 - atelier mécanique
      • alvéole 12 - atelier T.S.F., dépôt de bouteilles de gaz

Kéroman III

Caractéristiques

  • Dimensions :
    • longueur : environ 170 m
    • largeur : environ 138 m
    • hauteur : environ 20 m
    • épaisseur toit : 7,5 m
    • surface : environ 23 460 m²
  • Volume de béton coulé : m³
  • 3 puits de défense aérienne de 20 mm sur le toit
  • 5 alvéoles doubles, numérotées de 13 à 22 et 2 alvéoles simples numérotées de 23 à 24 d'est en ouest:
    • alvéoles 13 à 14 - atelier de tôlerie et chaudronnerie
    • alvéoles 15 à 16 - atelier de recharge des accus
    • alvéoles 19 à 20 - atelier de torpilles,commandement de la base
    • alvéoles 21 à 22 - atelier d'artillerie,périscope,T.S.F.

Kéroman IV

La construction de Kéroman IV débute en 1944 au nord-est de Kéroman I et II. Tous ces travaux ont été abandonnés en avril 1944.

K IV se compose en fait de deux constructions édifiées dans l'alignement de K I et K II. A côté de Keroman II, on trouve Keroman IV b, et en face Keroman I et Keroman IV a.

Au niveau du sol une double voie ferrée pour l'acheminement des marchandises (munitions, ravitaillement, personnels...) et au dessus, sur plusieurs niveaux (d'où les encoches dans les murs devant supporter les futures poutrelles) un important casernement. Il y avait la même chose de prévu en face entre Keroman II et keroman IV b. Ensuite on trouve un inter-boxe, c'est la construction que nous pouvons voir aujourd'hui, avec ses différents niveaux, comme à Saint-Nazaire par exemple. Les ouvertures avec les fenêtres permettaient tout simplement d'économiser du béton sans affaiblir la structure du bâtiment. On retrouve cela avec les murs entre les alvéoles. Keroman IV a devait abriter un second moyen de mise hors d'eau des sous-marins. Les allemands abandonnent le système du slipway, trop long à construire et trop gourmand en béton... A sa place, dans l'avéole d'extrémité un imposant monte-charge remplace la longue pente du slipway. Le sous-marin entre dans l'alvéole au fond de laquelle est disposée le support. L'eau est évacuée puis l'ensemble brancard et sous-marin monte au niveau du sol puis sort sur le terre-plein. On retrouve alors le même moyen pour faire glisser le sous-marin en face de l'alvéole prévue. Les destructions récentes sont celles des deux arches de béton reliant les anciennes et les nouvelles, futures, alvéoles.

La base après-guerre

Très rapidement, après la reddition de l'Allemagne le 8 mai et de la poche de Lorient le 10 mai, la Marine nationale française prend possession des lieux le 19 mai 1945.

Le 6 juillet 1946, la base sous-marine de Lorient prend le nom de base Jacques Stosskopf en hommage à cet Ingénieur Général du Génie Maritime qui feignait de collaborer avec l'ennemi tout en informant les forces alliées des départs des U-boots de la base de Lorient. Il fut arrêté le 21 février 1944 et fusillé le 2 septembre 1944 au camp du Struthof .

La base devient le port d'attache de l'Escadrille des sous-marins de l'Atlantique mais les sous-mariniers doivent jusqu'en août 1947 loger provisoirement sur un grand voilier pris aux allemands et rebaptisé Duchesse Anne[1].

En 1995, l'abandon du site est annoncé par le ministère de la défense dans le cadre de son plan de restructurations. Le 11 février 1997, le dernier sous-marin, la Sirène de la classe Daphné quitte Lorient pour Toulon.

La base aujourd'hui

Depuis l'abandon de la base par la Marine nationale, la mairie de Lorient a de nombreux projets afin de réhabiliter cette zone.

Le bloc Keroman III est ouvert au public, tandis que certaines parties de la base ont été, soit désaffectés, soit occupés par des sociétés privées.

Anecdotes

  • Avec 900 000 m³ de béton, l'ensemble des constructions pour sous-marins de Lorient est la plus importante base allemande de la Seconde Guerre mondiale.
  • Il a fallu 15 000 ouvriers et 2 000 camions pour la construction de la base.
  • Sur les 168 U-boots affectés à la base sous-marine de Lorient, 135 ont été coulés.
  • Les bombardiers britanniques ont lâché en vain, de mi-janvier à mi-février 1943, plus de 4 000 tonnes de bombes sur la ville pour essayer de détruire la base.
  • Environ 60 000 bombes ont été lancées sur la base, dont 10% n'ont pas explosé.

Voir aussi

Bibliographie

  • La Base Sous-Marine de Lorient de Jean-Paul Pallud des Editions Heimdal - ISBN 2-840481-04-9
  • Le mur de l'Atlantique de Patrick Anderson Bo des Editions Ouest-France - Pages 72 à 76 - ISBN 2-737312-91-4

Sources

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « U-Boot-Bunker in Lorient ».
  1. Jean-Louis Molle, Le Trois-mâts carré Duchesse Anne, ex voilier-école allemand Grossherzogin Elisabeth, Punch Éditions, mai 1999, p.86 et Daniel Le Corre, Décadence et grandeur de la Duchesse Anne, in Chasse-marée (revue), 1997, n° 107, p. 47

Références

Liens externes

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