Base aérienne 128 Metz-Frescaty
Base aérienne 128 Metz-Frescaty
French-roundel.svg
Code AITA Code OACI
MZM LFSF
Localisation
Pays Drapeau de France France
Coordonnées 49° 04′ 35″ N 6° 08′ 02″ E / 49.076466, 6.13391249° 04′ 35″ Nord
       6° 08′ 02″ Est
/ 49.076466, 6.133912
  
Altitude 192 m (629 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 128 Metz-Frescaty
Pistes
Direction Longueur Surface
01/19 2 400 m (7 874 ft) béton
Informations aéronautiques
Type d'aéroport Militaire
Gestionnaire Armée de l'air
Cartes SIA VAC - IAC
Catégories
Aéroports • Aéroports français

La base aérienne 128 Metz-Frescaty « Lieutenant-colonel Dagnaux » de l’Armée de l’air française est située au sud de Metz, sur les communes d'Augny et de Marly, dans le département de la Moselle.

Sommaire

Historique

Annexion allemande

La Jasta 11 de Manfred von Richthofen en 1917.

Après la défaite des troupes françaises pendant la guerre de 1870-1871, Metz et une partie de la Lorraine sont annexées par les Allemands. Ceux-ci décident, au début du XXe siècle, de créer un terrain pour dirigeables au sud-ouest de la ville de Metz, entre Augny et le château de Frescaty. La base reçoit en 1909 un hangar à zeppelins aux dimensions impressionnantes. Celui-ci, grand comme une nef de cathédrale, mesure 150 mètres de longueur, pour 50 mètres de largeur et 25 mètres de hauteur[1]. Le 4 juillet 1909, à 08 h 15, le terrain de Frescaty peut ainsi accueillir le zeppelin allemand LZ3 en provenance de Friedrichshafen[2]. À partir de 1910, le site devient un terrain d’aviation, base d’entraînement pour les futurs pilotes de la Luftstreitkräfte. Les As Oswald Boelcke et Otto Könnecke, ou encore les pilotes Alfred Keller, Friedrich Marnet et Karl Braun, y font leurs premiers essais.

Première Guerre mondiale

Des escadrilles allemandes sont basées sur le terrain militaire dès le début de la Première Guerre mondiale. En août 1914, Metz est la base arrière de la Feldfliegerabteilung 2. La section, commandée par le Hauptmann Kirch, appartient à la 2e compagnie du Flieger-Bataillon Nr. 4 de la Luftstreitkräfte. Le terrain de Metz-Frescaty reçoit par ailleurs la Festungs-Fliegerabteilung 1, les Festungs-Luftschiffer-Trupps 18, 19, 20, 21 et 22[3]. Dès le mois d'août 1914, les aviateurs français, qui décollent de Nancy, détruisent un hangar à dirigeables sur le terrain militaire, ce qui constitue le premier bombardement aérien français de la guerre[4]. Au cours du conflit, plusieurs aviateurs trouveront la mort sur l'aérodrome de Frescaty: Walter Koevel (12.07.1917), Karl Amesmaie (20.01.1918), ou encore Ewald Lottmann et karl Thurley (09.02.1918)[5]. Durant ces quatre années, l’aérodrome voit passer tous les As allemands de la Luftstreitkräfte, notamment le Baron rouge, Manfred von Richthofen, alors à ses débuts. A la fin de la guerre, après la mort du pilote, l’aérodrome accueille son escadrille de chasse, la « Jasta 11 », du 28 septembre au 8 octobre 1918. À cette date, l'escadrille compte encore dans ses rangs Lothar von Richthofen (frère cadet du Baron rouge), Ernst Udet ou Hermann Göring. Pendant toute la durée du conflit, le terrain de Frescaty est régulièrement bombardé par les escadrilles françaises, jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918. La France prend dès lors possession de la base de Frescaty.

Entre deux-guerres

Le terrain de Frescaty est immédiatement réutilisé par l’Armée française (l’Armée de l’Air n’existe pas encore) qui y crée le 1er août 1920 le 11e Régiment d’Aviation de Bombardement (RAB). Le caporal Jean Mermoz passe près d’un an à Metz-Frescaty à la 7e escadrille de ce régiment en 1921[6]. Le terrain de Frescaty devient officiellement la base aérienne 111 le 31 mai 1934. La base est le siège du commandement de la 1re Région Aérienne, abrite les états-majors des 8e et 11e Brigades Aériennes, en plus du 11e RAB.

Deuxième Guerre mondiale

P-47 détruits sur la base "Y-34" de Metz-Frescaty

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les terrains militaires de la base aérienne changent plusieurs fois de camps. Le terrain de Frescaty est évidemment utilisé par l’Armée de l’Air française après la déclaration de guerre à l’Allemagne, le 3 septembre 1939. Pendant la Drôle de guerre, le GAO 506, le GR I/22 et GR II/22 y sont basés. Le terrain est violemment bombardé par les bombardiers de la Luftwaffe en mai et juin 1940. Malgré une défense héroïque, les forces françaises sont défaites par l'Allemagne nazie.

Pendant l’Annexion, la Luftwaffe y installe une école de chasse. Le 4ème escadron de chasse nocturne, ou Nachtjagdgeschwader 4, est créé à Metz le 18 avril 1941. Le NJG4 était équipé d'avions Messerschmitt Bf 110, Dornier Do 217 et de Junkers Ju 88G. La 3e division de chasse aérienne ou 3. Jagd-Division, commandée par le Generalleutnant Werner Junck est formée le 1er mai 1942, à Metz. Le 15 septembre 1943, elle est renommée 4. Jagd-Division. Rattachée au IIe Jagdkorps, la 4e division de chasse aérienne, commandée par le colonel Carl Vieck, reste basée à Metz. Devant l'avancée des troupes américaines, la division sera dissoute le 8 septembre 1944, au début de la Bataille de Metz.

La Schlachtgeschwader 103 (SG103), une unité d'attaque au sol, y est formée le 18 octobre 1943. L'As de la Luftwaffe Herbert Bauer commande le groupe II du 103e escadron à partir de juin 1944[7]. Le terrain est bombardé à plusieurs reprises par les bombardiers Alliés, notamment les 14 et 18 août 1944. Avec l’avancée des troupes alliées, la base de Frescaty se trouve maintenant au coeur de la Bataille de Metz. Bauer reçoit alors la Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne le 30 septembre 1944, pour l’ensemble de ses missions.

Face au 11e régiment de la 5e division américaine, les hommes de la 462e Volks-Grenadier-Division, qui défendent l'ancienne forteresse du Reich[8], opposent une résistance farouche. Le 11e Infantry regiment pense être tombé dans un nid de frelons lorsque les mitrailleuses MG 34 et MG 42 allemandes, déployées sur le terrain, font entendre leurs crépitements. Les troupes du général Kittel défendent en effet avec pugnacité chaque hangar et chaque abri anti-aérien du terrain d’aviation. Sous la pression des troupes américaines, les hommes de Matzdorff finissent par se replier sur le Fort Saint-Privat ( Prinz August von Württemberg ). En ce 16 novembre 1944, alors qu’une nuit froide et humide tombe sur la base aérienne, le 11th Infantry regiment a perdu pas moins de 4 officiers et de 118 hommes sur le terrain[9]. Mais les pertes allemandes sont aussi lourdes. Retranché dans le fort, le SS-Sturmbannführer Werner Matzdorff se rendra finalement une semaine après la garnison de Metz, le 29 novembre 1944, avec 22 officiers et 488 hommes, dont 80 blessés[10]. Le drapeau à la croix gammée ne flottait plus sur la base aérienne, faisant mentir l'inscription monumentale « Der Mann kann fallen, die Fahne nie » peinte sur l'un des murs de la base[11].

À partir du 29 novembre 1944, l’United States Air Force ( USAAF ) occupe les lieux, rebaptisant la base « Y-34 ». La base aérienne, bombardée à maintes reprises, est jonchée de carcasses d'appareils, du Messerschmitt Bf 110 au Focke-Wulf Fw 190. En janvier 1945, pendant l’opération Bodenplatte, les Bf-109 des II/JG-53 et IV/JG-53 de la Luftwaffe attaquent le terrain de Frescaty où sont stationnés les P-47D du 365e Fighter Group[12]. Alors que 33 P-47 sont détruits au sol ou endommagés, la Jagdgeschwader 53 perd 13 pilotes et 20 Bf-109 au-dessus de l'objectif messin. La victoire a définitivement changé de camp.

Années 1945-2009

Tour de contrôle de la BA 128 en construction en novembre 1955

Le terrain est repris par l’Armée de l’air française le 29 mai 1945. L’Armée française entreprend aussitôt sa modernisation. De 1949 à 1995, la base aérienne formera ses nouvelles recrues au centre d’instruction militaire (CIM) du fort de Plappeville, sur les hauteurs de Metz. Sur la base, une piste en dur est inaugurée le 20 juillet 1951. Le 23 avril 1956, l’Escadron de chasse 1/9 Limousin quitte sa base de Lahr en Allemagne pour s’installer à Frescaty. Il est suivi du 2/9 Auvergne qui vole également sur F-84G Thunderjet avant de passer rapidement sur F-84F Thunderstreak. Ces deux escadrons qui composent la 9e Escadre de Chasse restent à Frescaty jusqu’au 1er juillet 1965. La base prend la dénomination de base aérienne opérationnelle 128 ou BA 128, le 1er décembre 1955. En octobre 1961, l’Escadron de Chasse 2/7 Nice installe ses Mystère IVA. Le 2/7 prend la désignation d’Escadron de Chasse 2/8 Nice le 1er février 1964 et prend ses quartiers sur la BA 120 de Cazaux.

Le 1er juillet 1965, l’État-major de la Force Aérienne Tactique (FATAC) est transféré de la base de Dijon à Frescaty le 1er juillet 1965. Le 1erjanvier 1966, l’Escadron de liaison aérienne 41 est créé sur la BA128, suivi quelques mois plus tard, le 1er juillet 1966, de l’Escadrille électronique 1/54 Dunkerque. Enfin, l’Escadron d’hélicoptères 2/67 Valmy de Saint-Dizier arrive à Frescaty le 1er septembre 1972. Il y restera jusqu’à sa dissolution le 31 août 2004.

Aujourd'hui

Armée de l'air

Transall Gabriel de l’EEA 1/54

La base aérienne 128 supporte toujours l’état-major de la force aérienne de combat. Pour assurer les missions de liaison, elle dispose d’unités équipées de Transall C160 G Gabriel, de Nord 262 Frégate, de TBM 700 et d’hélicoptères Fennec AS 555. La base accueille les deux escadrons navigants suivants :

Le Centre d’instruction des équipages d’hélicoptères 341 (CIEH.341) est installé sur la BA128 depuis le 1er septembre 2006. La cérémonie de remise du brevet de pilote aux neuf premiers élèves a eu lieu le 15 décembre 2006.

Le Plan de Modernisation de la Défense annoncé en juillet 2008 par le Premier Ministre François Fillon prévoit la fermeture de la BA128 en Août 2012[13].

Gendarmerie

On y trouve également le Groupe des Formations Aériennes Gendarmerie de Metz (GFAG EST) dont dépendent les unités suivantes :

L’écusson du GFAG EST

- Section Aérienne Gendarmerie (SAG) de Metz :

  • Détachement Aérien Gendarmerie (DAG) de Metz (BA128 Metz Frescaty) : 1 EC135 T2+
  • Détachement Aérien Gendarmerie (DAG) de Colmar ( Colmar-Meyenheim) : 1 EC135 T2+

- Section Aérienne Gendarmerie (SAG) de Dijon :

Utilisation civile

Des vols civils sont effectués à partir d’une petite aérogare civile située sur la partie orientale de la piste. Au début des années 1980 il accueillait 100 000 passagers par ans, avec des lignes régulières vers Paris, Lille, Mulhouse, Lyon et Mönchengladbach[14]. En 2001 et 2002, 4921 et 5133 mouvements commerciaux sont enregistrés[15]. Les vols commerciaux ont cessé avec la mise en service de l’aéroport régional de Metz-Nancy-Lorraine.

Liens externes

Notes et références

  1. Grosdidier de matons: Guide de Metz, Metz, 1936. (p 69)
  2. L’Express n°2937 du 18 octobre 2007, Dossier Metz en 1900
  3. 5. Armee (Deutscher Kronprinz) sur frontflieger.de
  4. Les débuts des bombardements stratégiques français [1]
  5. [Datenbank (Gefallene Flieger) sur flieger-album.de
  6. (fr)Histoire de Jean Mermoz sur AC Nancy Metz. Consulté le 2 mars 2010
  7. (en)Aces of the Luftwaffe - Herbert Bauer sur Luftwaffe. Consulté le 2 mars 2010
  8. Le 2 septembre 1944, Metz est déclarée "Forteresse du Reich" par Hitler. La place forte doit donc être défendue jusqu’à la dernière extrémité par les troupes allemandes, dont les chefs ont tous prêté serment au Führer ( René Caboz, La bataille de Metz, Editions Pierron, Sarreguemines, 1984, p.132 )
  9. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p. 442)
  10. Anthony Kemp, Lorraine - Album mémorial - Journal pictorial : 31 août 1944 - 15 mars 1945, Heimdal, 1994, (p.400).
  11. « L'homme peut tomber, le drapeau jamais », inscription en lettres gothiques encadrée par les runes SS "Treue" à gauche et "Wolfangel" à droite. Anthony Kemp, Lorraine - Album mémorial - Journal pictorial : 31 août 1944 - 15 mars 1945, Heimdal, 1994, (pp.352-353)
  12. (fr)[PDF]Attaque de la JG-53 sur Aéro Stories. Consulté le 2 mars 2010
  13. (fr)Discours du premier ministre sur la modernisation de la défense sur Portail du gouvernement (07/2008). Consulté le 2 mars 2010
  14. François Reitel, La Lorraine, Paris, PUF, 1982 [détail de l’édition]  p86
  15. (fr)Statistiques Metz-Frescaty sur Les aéroports français. Consulté le 2 mars 2010

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