Barbe
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Exemple d'une barbe complète avec une moustache
1 : la barbe de trois jours, 2 : la moustache, 3 : la barbiche, 4 : le bouc, 5 : les favoris, 6 : Souvarov, 7 : Impériale, 8 : Complète.

La barbe (du latin barba, issu d'un mot indo-européen reconstitué *bharda) est l’ensemble des poils recouvrant le menton, les joues et la mâchoire de l'homme. De tout temps, les hommes barbus se sont vu attribuer des vertus diverses comme la sagesse, la virilité, un statut social élevé, bien qu'au début du XXIe siècle, aucune étude statistique ou scientifique n'ait permis de prouver ces croyances. Cependant, la barbe peut être aussi perçue comme un manque de propreté et est synonyme de contact piquant lorsqu'elle est taillée, mais peut être appréciée lorsqu'elle est longue et douce.

Généralement, la barbe apparait progressivement à partir de la puberté, comme la plupart des autres poils du corps humain. Toutefois, s'agissant d'un caractère sexuel secondaire, beaucoup de jeunes garçons possèdent déjà une moustache très sommaire plusieurs années avant leur puberté. La vitesse d'apparition des poils, en particulier ceux des joues, est très variable d'un individu à l'autre. Certaines personnes mettent plusieurs années avant d'obtenir une barbe drue. Dans quelques rares cas, il arrive que des bébés naissent avec une fine barbe qui s'estompe au fil des premiers mois.

Chez un individu de sexe masculin adulte, on trouve jusqu'à 500 poils au cm², contre 120 chez une femme, pour laquelle la plupart sont invisibles. Les femmes à barbe sont des femmes atteintes d'hirsutisme au niveau du visage.

La pilosité est variable dans les divers groupes humains. Les Amérindiens n'ont pas de barbe et les populations asiatiques en ont très peu. L'aspect des conquistadors espagnols barbus surprit autant que leurs chevaux à leur arrivée.

Sommaire

La barbe à la mode

La barbe fut à la mode à certaines époques :

La Grèce

Dans la mythologie grecque, de nombreux dieux et héros portent la barbe. Les personnages historiques ne sont pas en reste.

L'Empire romain

Chez les Romains, la barbe était discréditée au premier siècle de l'Empire puis réapparait progressivement comme canon esthétique à partir d'Hadrien, d'abord pour les hommes de plus de 40 ans, associée à la vieillesse et à l'expérience[1]. À partir de Constantin, au début du IIIe siècle, elle souffre à nouveau d'un certain discrédit à tel point que l'empereur Julien, moqué par le peuple d'Antioche au sujet de sa barbe[2] compose en 363 un texte spirituel justifiant son choix, le Misopogon ce qui peut se traduire par L’ennemi de la barbe[3].

La Russie des Tsars

Au XVIIIe siècle, Pierre Ier de Russie, dit Pierre le Grand, mit fin à la tradition du port de la barbe en instituant un impôt sur la barbe[4].

Barbe et religions

Judaïsme et christianisme originel

Le port de la barbe dans le judaïsme est un sujet discuté. Pour une raison qui n'est pas claire, le Lévitique[5], interdit de tailler sa barbe : « Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe » . Néanmoins, pour différents épisodes de la Torah, se raser était signe de deuil comme dans le Livre d'Ezéchiel : « Et toi, fils de l’homme, prends un instrument tranchant, un rasoir de barbier ; prends-le, et passe-le sur ta tête et sur ta barbe »[6]. Pour le Talmud, « La barbe est l’ornement de l’homme ». Dans les faits, le port ou non de la barbe a cependant fortement varié dans les communautés juives selon les lieux, les époques, les modes et les interprétations[7].

Églises d'Orient

Dans l'Église orthodoxe et les Églises catholiques orientales, il est de coutume que les religieux portent une barbe.

Islam

1- Dans certains hadiths, le terme "'A'foû" a été employé. Abdoullaâh Ibné Oumar rapporte ainsi que Mahomet a dit : "'A'foul louhâ" ("Laissez poussez (vos) barbes.") (Hadith cité dans les six recueils authentiques). Le verbe "A'foû" en arabe, lorsqu'il est employé au sujet de la barbe (comme c'est le cas dans ce hadith) signifie: "Laisser pousser la barbe jusqu'à ce que les poils soient bien longs." (Réf: "Tâdj oul Ouroûss")

2- Dans d'autres, c'est le terme "Awfoû" qui a été utilisé. C'est notamment le cas dans le hadith rapporté par Ibné Oumar et cité dans l'Authentique de Mouslim et qui dit: "Awfoul louhâ", qui signifie "Laissez pousser complètement (vos) barbes."

Selon une Tradition citée par Ibné Kathîr dans "Al Bidâyah Wan Nihâya" (Volume 4 / Page 269), il est dit qu'une fois, deux émissaires perses se présentèrent devant Mahomet à Médine. Ils avaient la barbe rasée et portaient une épaisse moustache. Mahomet se détourna d'eux et leur questionna au sujet de ce qui les incitait à agir ainsi (au sujet de leur apparence physique). Ils répondirent que c'était leur empereur et maître. Mahomet dit alors : "Mais moi, mon Seigneur m'a ordonné de laisser pousser ma barbe et de tailler ma moustache."

Il y a quatre grands avis chez les savants concernant le fait de tailler la barbe :

Premier avis : tailler ce qui dépasse du poing. Cela est authentifié d’Ibn ‘Umar et c’est l’avis de l’école hanafite. Un groupe de savants hanbalites comme Ibn Muflih et Al-Mardaway ont été d’avis que cela n’était pas détestable. C’est aussi l’avis de Al-Ghazâlî, Ibn Al-‘Arabî et Al-Mallâ ‘Alî Al-Qârî qui dit : « Il est recommandé de tailler sa barbe en longueur et en largeur, mais uniquement après qu’elle a dépassé la longueur du poing. Quant au fait de la tailler avant qu’elle n’ait poussé (et dépassé le poing), les savants ont dit qu’il n’était pas permis de la tailler de peur que cela ne devienne un défiguration. Je dis : et cela doit se faire progressivement jusqu’à arriver à la taille du poing qui est la sunna et la pondération reconnue, et non pas la tailler d’une seule fois et que cela soit une défiguration. » (Sharh Al-Masâbîh).

Deuxième avis : tailler les poils qui flottent au vent, isolés ou excessivement longs. C’est l’avis de l’école Malékite, ainsi que cela apparaît d’un groupe de savants ayant fait l’explication de Al-Muwatta’ comme Al-Qurtubî, Az-Zarqânî, Al-Bâjî et d’autres.

Troisième avis : laisser pousser la barbe sauf lorsqu’on accomplit le hajj ou une ‘umrah. Ibn Hajar a dit : « C’est ce qui est rapporté de As-Shâfi’î. At-Tabarî a dit : un groupe de savants a été d’avis qu’il était détestable d’en prendre quoi que ce soit, sauf pour le hajj et la ‘umrah. » (Al-Fath, 10/35) Cela est également authentifié de ‘Atâ’ et c’est l’avis de At-Tabarî.

Quatrième avis : Laisser la barbe telle qu'elle et ne rien tailler. Al-Kandahlawî a dit : « C’est l’avis de l’école Shaféite, de An-Nawawî et un des deux avis le plus adopté par les adeptes de l’école hanbalite. » C’est également l’avis de Al-Khattâbî, et d’un grand nombre de savants passés et contemporains, plus encore c’est l’avis de la majorité des savants. Après avoir cité les différents termes utilisés dans les hadiths pour ordonner de laisser pousser la barbe, Al-‘Irâqî a dit : « Ce sont les preuves utilisées par la majorité des savants pour montrer qu’il faut laisser la barbe telle qu’elle est et ne rien en couper, et c’est l’avis de As-Shâfi’î et de ses adeptes. »

Records

Le père Coulon (Vandenesse 1826 - Montluçon 1916), ou Louis Coulon de son vrai nom, était un ouvrier aux Usines Saint-Jacques à Montluçon. En 1889, selon la revue La Nature, il arborait déjà une barbe de 2,32 m[8]. Le 24 février 1899, il figura sur la page de couverture du Journal Illustré : il portait alors une barbe de 3,35 mètres qu'il allait laver dans les eaux du Cher, rivière traversant Montluçon.

Citations

  • Molière, L'École des femmes (acte III, scène 2, Arnolphe à Agnès) :

« Le mariage, Agnès, n’est pas un badinage :
À d’austères devoirs le rang de femme engage,
Et vous n’y montez pas, à ce que je prétends,
Pour être libertine et prendre du bon temps.
Votre sexe n’est là que pour la dépendance :
Du côté de la barbe est la toute-puissance. »

Notes et références

  1. cf. H. Leclerq, articles Barbe in Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, éd. F. Cabrol, 1910. Voir La barbe et les cheveux des empereurs romains d'après leurs portraits monétaires, sur le site sacra-moneta.com
  2. « [prince] tendant son menton orné d'une barbe de bouc » in Ammien Marcellin, Res Gestae, XXII, 14
  3. Traduction française sur le site remacle.org
  4. Les Pièces de l'Impôt sur la Barbe sous Pierre Le Grand
  5. Lv 19. 27
  6. Ez 5. 1
  7. Yeshaya Dalsace, La question de la barbe dans le Judaïsme, sur le site massorti.com
  8. Une barbe extraordinaire, La Nature, 1889.

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes


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  • barbe — Barbe, f. penacut. Est proprement le poil qui croist aux joües, levres et menton, soit à l homme, soit à la femme, quand par grande virilité elle est ainsi velue, Barba, dont ledit mot est prins, car le poil qui croist en la teste et autres… …   Thresor de la langue françoyse

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